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Jeudi 3 juillet 2008

« Le conseil municipal ne sert finalement à rien », estime l'élu marseillais Jacques Boulesteix

POLITIQUE. L’astrophysicien Jacques Boulesteix travaille sur la « cinématique des galaxies », et il n’a pas l’air de découvrir des étoiles dans le ciel politique. « Le conseil municipal ne sert finalement à rien », estime ce scientifique élu (sans étiquette) sur les listes de Jean-Noël Guérini (PS).

« Tout ceci est un grand gâchis », assure-t-il sur son blog à l’issue de la séance de lundi.

Il s’explique :

« On pourrait penser que le rapport inédit des forces (51 sièges pour la droite, 49 pour la gauche) aurait amené un rôle nouveau, intéressant, innovant du conseil municipal, un lieu d’expériences. Il n’en est rien. Le conseil fonctionne comme si le rapport était 90/10. A l’exception d’un ou deux cas, tous les rapports sont votés, (…), aucune proposition d’amélioration ne sont pris en compte. Notre conseil municipal n’est, en fin de compte, qu’une chambre d’enregistrement dotée d’une caisse de résonance. »

Et il observe :

« Si on faisait fonctionner comme ça les conseils de laboratoires, (…) on irait sans doute droit dans le mur, car la valeur ajoutée d’une réunion de conseil municipal est très faible. »

« Conseil ? le terme est d’ailleurs inapproprié : le conseil municipal n’est pas un conseil (qui conseille-t-il en fait ?), c’est une assemblée délibérante décisionnelle où la conviction, l’initiative personnelle, l’indépendance d’esprit, n’ont pas leur place. Il n’y a, en fait, aucun véritable débat. Tout est prévisible : le contenu des rapports, les prises de parole, les votes. »

Déjà élu municipal de 1989 à 1995 avec le maire Robert Vigouroux (ex-PS), le scientifique plaide pour un changement radical :

« Je suis profondément convaincu qu’on ne rend pas un bon service au système actuel en reproduisant des fonctionnements hérités de décennies. » Il appelle « à une nécessaire modernisation ».

Ses remarques ne valent pas que pour la ville de Marseille. Mais manifestement, il y a du boulot. Car les règles semblent immuables :



« Au-delà des enjeux politiques, qui sont réels, c’est bien aussi de théâtre, d’un jeu savamment formaté, dont il s’agit. (…)  Les élus aiment le verbe et la surenchère. (…) En dehors de la séance, les relations cordiales, sinon amicales, sont de règle entre les membres des deux camps, qui se connaissent depuis longtemps, se tutoient, voire se donnent l’accolade. Mais en séance, l’attitude personnelle s’efface devant l’intérêt clanique. (…) Comme dit la chanson, En séance, chez ces gens-là, Monsieur, on ne se mélange pas. »

M.H.

Lire l’intégralité du texte sur le blog de Jacques Boulesteix.

ndlr. un exemple Marseillais que l'on peut appliquer à toutes les grandes municipalités et Agglos

Par Yvon GRAIC - Publié dans : Libre expréssion
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