Désirs d'Avenir 76 Comité de Seine-Maritime
 
 
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Ségolène Royal

"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas"" Ségolène ROYAL Paris, le 6 mai 2007
 

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Le 6 mai et après 
avec Ségolène !

"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas,
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nous allons le continuer ensemble" 

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« Chères amies, chers amis,

vous trouverez ici la contribution que nous déposons au Parti socialiste le 2 juillet. Elle est le résultat d’un long travail collectif, d’une large participation de militants, de chercheurs et de femmes et d’hommes politiques.

Vous pouvez y apporter votre signature en cliquant sur le lien prévu à cet effet. Soyons nombreux à porter le changement avec nous. »

                                                                                Ségolène Royal


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Jeudi 3 avril 2008
Il y a un problème entre Nicolas Sarkozy et la politique économique. S'exprimant récemment à un colloque au Sénat, le président déclarait que, contre les conseils de tous ceux qui lui disaient de pratiquer une politique de l'offre, il avait heureusement choisi de faire, avec les heures supplémentaires, et son slogan "travailler plus pour gagner plus", une politique de la demande, devançant ainsi George Bush face au ralentissement mondial, et que, au demeurant, il n'avait jamais bien compris la différence entre une politique de la demande et une politique de l'offre.

 

Cela se voit. Toute économie de marché chemine sur une ligne de crête bordée de deux précipices : d'un côté, si elle croît trop vite, elle tombe dans l'inflation ; de l'autre côté, si elle croît trop lentement, elle tombe dans le chômage. Entre ces deux écueils, l'équilibre est difficile à trouver. En France, pendant les "trente glorieuses" de croissance à 5 %, nous avons souffert de l'inflation. Puis, après 1974, durant les trente années suivantes de croissance à 2,5 %, nous avons souffert du chômage. Pas facile de piloter une économie !

Les recettes sont pourtant connues : en période d'inflation, il faut libérer l'appareil productif par une politique de l'offre de production en faveur des entreprises. En période de chômage, il faut injecter du pouvoir d'achat par une politique de demande en faveur des ménages. Quand on a, comme en 2008, à la fois un peu trop d'inflation et un peu trop de chômage, on peut chercher un dosage des deux politiques.

Or, que dit M. Sarkozy ? Il entend faire une politique de la demande en donnant du pouvoir d'achat grâce aux heures supplémentaires. Profonde erreur ! "Travailler plus pour gagner plus", c'est une politique de l'offre. On agit en faveur des entreprises pour qu'elles accroissent leur production et distribuent ensuite plus de salaires. La politique de la demande serait l'inverse : "Gagner plus pour travailler plus." C'était la découverte géniale de John Maynard Keynes de montrer que, si on commence par distribuer du pouvoir d'achat, celui-ci est alors consommé et permet à la machine économique de redémarrer.

Rappelons-nous la crise de 1930 : tout s'arrêta et les gouvernements, devant la chute de leurs recettes fiscales, se dirent avec "bon sens" que, quand on a moins de recettes, il faut réduire ses dépenses, ce qui eut l'effet inverse. Le "bon sens" mena à la catastrophe : l'Etat, en réduisant ses dépenses, aggrava la crise. Keynes montra alors qu'il fallait continuer à dépenser, en acceptant un déficit, jusqu'à ce que l'économie redémarre. La leçon fut suivie avec succès durant toutes les décennies ultérieures.

Aujourd'hui, les choses sont moins simples pour deux raisons : la France s'est tellement endettée qu'elle ne peut plus accepter de déficits budgétaires nouveaux ; et, surtout, la mondialisation fait que, si on distribue du pouvoir d'achat aux Français, ils en utilisent une bonne part à acheter des produits chinois, indiens ou coréens, et que cela fait tourner les usines, mais pas en France.

FAIRE SAUTER LES BLOCAGES

Alors ? Alors, il faut se faire à l'idée que, en politique économique, les idées simples sont en général fausses. Toute décision de politique économique doit être examinée, non sur son effet immédiat, mais sur la réaction en chaîne qu'elle induit ensuite sur les comportements des ménages et des entreprises. En ce début d'année 2008, morose sur le plan mondial, il est vain de ramer à contre-courant en France par des mesures à court terme. Augmenter les prestations sociales serait une folie budgétaire. Augmenter le smic au-delà de son indexation légitime ne servirait qu'à créer de nouveaux smicards.

Seules des réformes de structure au niveau de l'offre peuvent remettre en marche l'économie française et réduire les déficits budgétaire et extérieur catastrophiques. On ne peut plus se contenter de contourner les obstacles : les 35 heures par les heures supplémentaires, ou l'aberrant impôt sur la fortune par le bouclier fiscal... Il faut d'urgence faire sauter les blocages, non par idéologie, mais au nom de ce pragmatisme dont se prévaut, à juste titre, Nicolas Sarkozy.

A l'Elysée, le président s'appuie sur un pôle international solide piloté par un professionnel reconnu, Jean-David Levitte, et sur un pôle social solide piloté par un professionnel reconnu, Raymond Soubie. Mais il n'y a pas de pôle économique équivalent. A défaut, le président devrait, comme le font certains de ses collègues, s'entourer d'un tout petit groupe consultatif de professionnels reconnus, pour lui fournir un diagnostic régulier de la situation française, très complexe en ce moment, et des mesures à prendre, dans le cadre d'une stratégie d'ensemble claire, lisible, et surtout continue, ce qui n'est pas le cas pour l'instant. Pour que l'économie française reparte dans le bon sens, il faut aujourd'hui plus que du bon sens.

Lionel Stoléru est économiste, ancien ministre.
par Yvon GRAIC publié dans : Libre expréssion
 

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citation

"Plus les hommes seront éclairés plus ils seront libres." Voltaire


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