"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas,
ce que nous avons commencé ensemble,
nous allons le continuer ensemble"
"Combattre et proposer"
vous trouverez ici la contribution que nous déposons au Parti socialiste le 2 juillet. Elle est le résultat d’un long travail collectif, d’une large participation de militants, de chercheurs et de femmes et d’hommes politiques.
Vous pouvez y apporter votre signature en cliquant sur le lien prévu à cet effet. Soyons nombreux à porter le changement avec nous. »
Ségolène Royal
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n'oubliez pas la vôtre !
Les recettes sont pourtant connues : en période d'inflation, il faut libérer l'appareil productif par une politique de l'offre de production en faveur des entreprises. En période de chômage, il faut injecter du pouvoir d'achat par une politique de demande en faveur des ménages. Quand on a, comme en 2008, à la fois un peu trop d'inflation et un peu trop de chômage, on peut chercher un dosage des deux politiques.
Or, que dit M. Sarkozy ? Il entend faire une politique de la demande en donnant du pouvoir d'achat grâce aux heures supplémentaires. Profonde erreur ! "Travailler plus pour gagner plus", c'est une politique de l'offre. On agit en faveur des entreprises pour qu'elles accroissent leur production et distribuent ensuite plus de salaires. La politique de la demande serait l'inverse : "Gagner plus pour travailler plus." C'était la découverte géniale de John Maynard Keynes de montrer que, si on commence par distribuer du pouvoir d'achat, celui-ci est alors consommé et permet à la machine économique de redémarrer.
Rappelons-nous la crise de 1930 : tout s'arrêta et les gouvernements, devant la chute de leurs recettes fiscales, se dirent avec "bon sens" que, quand on a moins de recettes, il faut réduire ses dépenses, ce qui eut l'effet inverse. Le "bon sens" mena à la catastrophe : l'Etat, en réduisant ses dépenses, aggrava la crise. Keynes montra alors qu'il fallait continuer à dépenser, en acceptant un déficit, jusqu'à ce que l'économie redémarre. La leçon fut suivie avec succès durant toutes les décennies ultérieures.
Aujourd'hui, les choses sont moins simples pour deux raisons : la France s'est tellement endettée qu'elle ne peut plus accepter de déficits budgétaires nouveaux ; et, surtout, la mondialisation fait que, si on distribue du pouvoir d'achat aux Français, ils en utilisent une bonne part à acheter des produits chinois, indiens ou coréens, et que cela fait tourner les usines, mais pas en France.
FAIRE SAUTER LES BLOCAGES
Alors ? Alors, il faut se faire à l'idée que, en politique économique, les idées simples sont en général fausses. Toute décision de politique économique doit être examinée, non sur son effet immédiat, mais sur la réaction en chaîne qu'elle induit ensuite sur les comportements des ménages et des entreprises. En ce début d'année 2008, morose sur le plan mondial, il est vain de ramer à contre-courant en France par des mesures à court terme. Augmenter les prestations sociales serait une folie budgétaire. Augmenter le smic au-delà de son indexation légitime ne servirait qu'à créer de nouveaux smicards.
Seules des réformes de structure au niveau de l'offre peuvent remettre en marche l'économie française et réduire les déficits budgétaire et extérieur catastrophiques. On ne peut plus se contenter de contourner les obstacles : les 35 heures par les heures supplémentaires, ou l'aberrant impôt sur la fortune par le bouclier fiscal... Il faut d'urgence faire sauter les blocages, non par idéologie, mais au nom de ce pragmatisme dont se prévaut, à juste titre, Nicolas Sarkozy.
Lionel Stoléru est économiste, ancien ministre.
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