"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas,
ce que nous avons commencé ensemble,
nous allons le continuer ensemble"
"Combattre et proposer"
vous trouverez ici la contribution que nous déposons au Parti socialiste le 2 juillet. Elle est le résultat d’un long travail collectif, d’une large participation de militants, de chercheurs et de femmes et d’hommes politiques.
Vous pouvez y apporter votre signature en cliquant sur le lien prévu à cet effet. Soyons nombreux à porter le changement avec nous. »
Ségolène Royal
Télécharger la contribution (pdf)
Voir les signataires
Déjà plus de 6000 signatures
n'oubliez pas la vôtre !
Formulons une hypothèse : l'effondrement de Nicolas Sarkozy dans les sondages marque d'abord la défiance du peuple à l'égard de sa personne, tandis que la défaite municipale de dimanche révèle surtout la désapprobation à l'égard de sa politique. Et si le désaveu est moins massif dans le second cas, c'est que Nicolas Sarkozy a été proprement exfiltré de la campagne électorale au cours des deux dernières semaines. Sanglant échec pour un homme qui est passé en quelques mois du statut de potion magique de la droite à celui de mouton noir ! Echec d'autant plus cuisant qu'il lui a été infligé par ses propres troupes. Cette fois-ci, on ne pourra plus, comme on l'a fait impudemment un peu plus tôt, imputer l'impopularité du président à la presse. Ce sont les notables de droite; ce sont les électeurs de droite qui répétaient en choeur : «Surtout, surtout, M. Sarkozy, restez chez vous; reposez-vous un peu, vous en avez grand besoin.» Telle est la première leçon d'un scrutin, qu'avec le sens de l'humour qu'on leur connaît, les leaders de la droite ont qualifié dimanche de purement local, sans incidence sur la politique générale de la France. Si les choses continuent ainsi hypothèse de Jean-François Kahn formulée ici même il y a quinze jours -, François Fillon sera bientôt en situation de faire la peau à Sarkozy, comme celui-ci l'avait faite précédemment à Jacques Chirac.
Deuxième leçon de la campagne : le MoDem a réussi à exister, mais à un niveau modeste. Cette existence traduit essentiellement la répugnance d'une partie des classes moyennes à se reconnaître dans la droite. Mais la stratégie du ni droite ni gauche prônée par François Bayrou trouve, à l'épreuve des élections, ses limites naturelles. Elle peut séduire un large électorat à l'occasion d'une élection présidentielle où ce sont d'abord des hommes qui sont en concurrence. Mais dans toute autre élection, le jeu de bascule entre la gauche et la droite se révèle illisible. Le ni droite ni gauche devient, au gré des situations locales, un oui droite oui gauche. Une incohérence qui traduit l'absence d'une stratégie autonome. Le MoDem n'est qu'un réseau entièrement dépendant de la stratégie personnelle de François Bayrou.
Troisième enseignement, le plus important : il concerne l'avenir du Parti socialiste. Une suggestion à François Hollande : il serait bien inspiré, avant de quitter la Rue-deSolférino, d'y faire élever dans la cour une statue à l'électeur socialiste inconnu. Ou mieux peut-être : à l'électeur socialiste méconnu. Cet électeur, en dépit de la double défaite, présidentielle et législative de l'an dernier; en dépit surtout des incessantes luttes d'appareil et du flou de la doctrine conserve à son parti une fidélité inébranlable.
Voilà des troupes vaillantes, des notables solides au poste qui n'ont pas toujours les chefs qu'ils méritent. En tout cas, leur choix est fait : pendant toute la campagne, électeurs et notables socialistes ont plébiscité Ségolène Royal, réclamée un peu partout pour soutenir les candidats et accueillie en leader légitime. C'est ainsi qu'elle a parlé dimanche soir, préconisant, comme allant de soi, des alliances de second tour avec le MoDem. Et si François Bayrou s'y refusait, une nouvelle fois après la présidentielle, il faudrait néanmoins faire appel sans hésitation à l'électorat de son mouvement.

En d'autres temps, cela se serait appelé : «plumer la volaille centriste». Seules les vieilles chaisières d'une union de la gauche cadenassée à double tour renâclent devant cette évidence. Une gauche structurellement minoritaire dans l'électorat français se trouve devant l'occasion historique de s'élargir sur sa droite, et elle la repousserait ! Dans sa tombe, François Mitterrand doit en hausser les épaules.
Comme Ségolène Royal fut dimanche soir la seule dirigeante socialiste à préconiser une tactique qui a l'appui des troupes, elle se trouve dans la posture qu'elle affectionne : seule contre tous les autres. Je ne connais d'ailleurs pas de dirigeant socialiste qui se prive à l'échelon local de la tactique qu'il récuse au niveau national. Comme si au PS le double langage était devenu une seconde nature.
Jacques Julliard
Le Nouvel Observateur
Commentaires
Aucun commentaire pour cet article










