Au lendemain du souhait du président Nicolas Sarkozy de mettre fin aux 35 heures, l'ex-candidate
du PS à l'élection présidentielle a affirmé que "le maintien des 35 heures à l'hôpital est absolument indispensable".
Elle venait de discuter près d'une heure, en présence de la presse, avec l'équipe soignante du service d'hématologie, dotée d'une unité de soins intensifs et qui pratique des greffes de moëlle
osseuse.
La dirigeante socialiste a fait valoir que les personnels hospitaliers exercent "des métiers difficiles où l'équilibre personnel compte beaucoup". Dans les 35 heures, "beaucoup
(de soignants) ont vu une vraie respiration, la possibilité de concilier vie professionnelle et vie familiale".
"Les 35 heures nous ont permis de ne plus travailler sept jours d'affilée", elles nous ont donné "un souffle de vie", "pour être une bonne infirmière, il faut qu'on se
ressource", ont témoigné plusieurs infirmières, en présence de la directrice de l'hôpital, Isabelle Lesage.
"On a déjà l'impression de travailler plus", a répondu l'une d'elles lorsque Mme Royal a demandé à l'assistance si elle était prête à travailler plus "pour gagner plus".
Toutes ont dit travailler en fait plus de 35 heures par semaine, car c'est "un métier où on ne compte pas son temps", tout en ayant renoncé à comptabiliser et demander le
paiement du temps dépassant le contingent légal.
La présidente du Poitou-Charentes a invoqué "la justice élémentaire" de la rémunération du travail accompli, pour lancer : "Avant de mettre en cause les 35 heures, commençons par payer
les heures supplémentaires qui ne sont pas payées".
Dans une allusion aux propos de M. Sarkozy la veille, Mme Royal en a conclu qu'"on peut pas, par des déclarations intempestives, perturber des personnels qui donnent déjà beaucoup plus
que les 35 heures".
L'ancienne ministre du gouvernement Jospin a toutefois reconnu que "les 35 heures ont été faites beaucoup trop rapidement à l'hôpital", ce qui "a déstabilisé" le fonctionnement
hospitalier.
"Les moyens supplémentaires doivent être donnés", a encore déclaré Ségolène Royal, pour qui "l'hôpital public doit avoir la réforme sérieuse et globale qu'il mérite".
d'une "politique de civilisation"
La "politique de civilisation", c'est faire en sorte que la politique soit "toujours en
situation de rectifier, de réparer les dégâts qui accompagnent les progrès quantitatifs", a expliqué Mme Royal sur LCI.
Or, a-t-elle poursuivi, Nicolas Sarkozy "fait le contraire. Il annonce la suppression des 35 heures comme ça, brutalement, c'est-à-dire en déstabilisant les petites et moyennes
entreprises qui souvent se sont donné beaucoup de mal pour les mettre en place", a-t-elle dénoncé.
Mme Royal a une nouvelle fois critiqué "la provocation" et "l'improvisation" du chef de l'Etat sur les 35 heures, affirmant que "son entourage est déjà obligé de rectifier" ses
propos.
Annoncer la fin des 35 heures, "c'est un coup porté aux salariés" et "je crois que c'est non seulement une grande déception, mais une grande colère qui est en train de
couver dans le pays", a ajouté la présidente de la région Poitou-Charentes.
Elle a par ailleurs accusé le président de la République d'avoir "déstabilisé le service public" en annonçant la fin de la publicité sur les chaînes publiques, le soupçonnant d'avoir
"derrière la tête tout simplement l'idée de privatiser France 2".


