Ségolène : « Les hommes politiques parfois craignent de dénoncer un système de connivence, parce qu'ils craignent les rétorsions. Moi j'ai dit des choses [dans mon livre] qui sont sans doute même en-dessous de la vérité. De toutes façons les français l'ont biensenti, ils vont de plus en plus voir sur internet, à la source de l'information, pour se faire eux-même leur propre avis. (...) C'est vrai qu'il y a un système médiatico-financier - la France est le seul pays où les grands groupes de presse sont adossés aussi à des intérets industriels et financiers forts, et il y a des connivences et des amitiés, entre Nicolas Sarkozy et les grands patrons de presse. »
- « C'est avec effroi, et honte, que l'on revit, sous la plume de Royal, le récit détaillé des heures de l'entre deux tours où tous les grands médias audiovisuels fermèrent leurs portes, par peur ou sur ordre, à l'organisation d'un débat Royal-Bayrou » (Daniel Schneidermann, ici)
Ségolène : « Le patron de l'AFP, qui était [mot inaudible]un militant UMP : (...) c'est quand même lui
qui a lâché, le soir des résultats des élections législatives (qui n'étaient pas mauvaises pour le PS), l'annonce de ma séparation !
Durand : - On a cru que c'était vous, à l'époque.
Ségolène: - On a cru que c'était moi. C'est à dire que tous les français quiétaient devant leur poste de télévision en train d'écouter les résultats des élections législatives - et
notamment les élus - ontpensé que pour m'amuser sans doute, et pour faire diversion, j'avais lâché cette information le soir des élections législatives. Or c'est une initiative prise par le
directeur de l'AFP, que j'avais eu au téléphone l'après-midi, [en lui demandant] de ne pas diffuser cette information. (...)
Durand : - Vous pensez qu'ils l'ont fait délibérément pour des raisons politiques ?
Ségolène : - Oui je pense, bien sûr.
Durand : - Et qu'OpinionWay faisait délibérément des sondages validant la politique de Nicolas Sarkozy ?
Ségolène : - C'est plus subtil, d'ailleurs ça continue... Quand vous voyez il y a 2-3 jours la "une" du Figaro, sur "les français à fond derrière Sarkozy", et puis que vous
regardez en détail les questions d'OpinionWay (parce que les questions font souvent les réponses), par exemple :"Nicolas Sarkozy a-t-il eu raison de parler du pouvoir d'achat
?"Réponse, 80% des français disent "ben oui"... (...) Quand on en déduit que les français sont à fond derrière Nicolas Sarkozy, vous avouerez que c'est quand même assez limite... Et quand il
faut regarder de près la toute petite phrase qui dit en revanche que 51% des français ne croient pas en l'efficacité des mesures annoncées, c'est pas ça qui fait le titre du Figaro... Ce processus il a fonctionné pendant toute la campagne présidentielle. C'est-à-dire il y avait les
sondages d'OpinionWay, avec le type de questions que je viens d'évoquer, relayés par Le Figaro et relayés ensuite par LCI. »
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