En course
laurent Joffrin
QUOTIDIEN : lundi 3 décembre 2007
Ségolène Royal veut reprendre sa couronne. Malmenée, dénigrée par ses aînés, l'ex-candidate socialiste refuse l'effacement auquel la promettait ce tir de barrage et sa baisse dans les sondages. Le djinn est sorti de la bouteille il y a deux ans.
Même s'il fascine moins, il refuse d'y rentrer. «Jeanne d'Arc» renaît. Tel est le sens de ce livre-récit que ses premiers lecteurs jugent de bonne
facture. Comme un médecin de Molière disait «le poumon!, le poumon!» en guise d'unique diagnostic, Ségolène Royal crie «le PS! le PS!» pour expliquer sa défaite. Non qu'elle esquive le
mea culpa. Mais dans une manière très mitterrandienne, elle glisse sur l'autocritique, préférant battre sa coulpe sur la poitrine de ses camarades ou de son ancien compagnon, qui n'ont tout de
même pas tous les torts. Le plaidoyer a sa logique: Royal continue. Pourquoi pas? 47% des voix et beaucoup de volonté sont un viatique acceptable. Mais d'autres peuvent
concourir, Laurent, François et bien sûr Bertrand. La compétition est légitime. Encore faut-il qu'elle soit lisible. Une course s'engage ; elle doit se conclure vite, sur des options neuves,
avec une stratégie limpide. L'opposition ne peut rester longtemps, sauf à déséquilibrer le jeu démocratique, dans le marasme obscur actuel. Un congrès, une ligne, un patron (ou une
patronne): c'est la seule voie. Nul ne comprendrait que la guerre des chefs et des cheftaines socialistes se poursuive longtemps sur fond de jeux de masques, de papes de transition et de motions
nègre-blanc.
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Et bien le problème c'est que c'est pas réciproque !