A force d'en parler, finiront-ils par la réaliser ? "Rénovation", le mot est sur toutes les lèvres au sein du Parti socialiste, mais tarde à prendre forme. Huit mois après la défaite de Ségolène Royal à la présidentielle, l'heure semble encore aux querelles intestines, illustrées par une série de publications, signées de la main de diverses personnalités de gauche, peu amènes envers le PS et ses ténors.
Un climat délétère auquel François Hollande tente, sans grand succès, de mettre un terme. Organisé à son initiative, un premier Forum de la rénovation, sur le thème de la nation, se déroulait à Avignon, le 24 novembre 2007. Si le premier secrétaire national, aux commandes du parti depuis dix ans, espérait redorer un blason quelque peu terni, la déception aura été grande : la majeure partie des personnalités socialistes - des "éléphants" -, de Ségolène Royal, Bertrand Delanoë ou Laurent Fabius aux réformateurs tels que Manuel Valls, a en effet boudé le rassemblement.
Une absence pour le moins invalidante. "On ne peut pas répéter qu'il faut rénover le PS et ne pas participer au travail collectif engagé pour le faire", tempête ainsi Stéphane Le Foll, bras droit de François Hollande. Il est vrai qu'à l'aube des municipales de mars 2008, les regards des socialistes semblent davantage tournés vers l'échéance printanière, considérée comme une nouvelle chance de regagner le terrain perdu.
Pour autant, la réflexion s'est engagée au cours de ce premier forum, auquel se sont joints près d'un millier de militants. Destinée à dépoussiérer et à clarifier une idéologie vacillante, la rencontre d'Avignon sera suivie de deux autres réunions à Paris : l'une, le 15 décembre, consacrée au marché et la mondialisation, et l'autre, le 20 janvier, sur l'individu et la société.
Blâmé pour son apathie lors du conflit social déclenché en réponse à la réforme des régimes spéciaux de retraite, le Parti socialiste entend donc lancer l'offensive. Une fois n'est pas coutume, il grille la politesse à Nicolas Sarkozy, en dévoilant une liste de dix propositions pour développer le pouvoir d'achat, deux jours avant que le président ne s'exprime officiellement sur ce sujet.
La rénovation est-elle désormais en marche ? Nombreux sont ceux qui attendent une profonde modernisation du logiciel du parti et estiment que le système actuel du PS ne
peut plus guère fonctionner. Fidèle à ce mouvement politique, Michel Rocard reste, quant à lui, optimiste. Le parti, dit-il "a survécu à tout".![]()


