Désirs d'Avenir 76 Comité de Seine-Maritime
 
 
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Ségolène Royal

"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas"" Ségolène ROYAL Paris, le 6 mai 2007
 

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"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas,
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« Chères amies, chers amis,

vous trouverez ici la contribution que nous déposons au Parti socialiste le 2 juillet. Elle est le résultat d’un long travail collectif, d’une large participation de militants, de chercheurs et de femmes et d’hommes politiques.

Vous pouvez y apporter votre signature en cliquant sur le lien prévu à cet effet. Soyons nombreux à porter le changement avec nous. »

                                                                                Ségolène Royal


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Mercredi 21 novembre 2007
Faute de se moderniser et de se réunifier, nos syndicats sont condamnés
 comme en témoignent les grèves actuelles - à une posture purement défensive

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En plus de leur office traditionnel de défense des intérêts ouvriers, les syndicats exercent dans la société française une fonction particulière : celle d'exprimer le mécontentement de la population, notamment quand les partis de gauche sont incapables de le faire. On a déjà vu cela dans les débuts de la Ve République.

C'est de nouveau le cas aujourd'hui. Au fond, la fameuse ouverture n'a pas marché du tout. Elle a permis de recaser quelques hommes de gauche en fin de carrière, mais elle n'a nullement empêché les cheminots, les fonctionnaires, les étudiants de faire la grève comme des malades. Car le gouvernement Sarkozy n'est ni celui de la réduction de la dette (ça, non...) ni celui de l'augmentation du pouvoir d'achat. Le voilà en butte, comme ses prédécesseurs, à la montée des revendications catégorielles, sans autre solution que de lâcher du lest. Sa chiraquisation est en marche.

La réforme des régimes spéciaux de retraite ou la loi sur l'autonomie des universités - deux mesures pourtant nécessaires et tenues pour telles par chacun six mois plus tôt - ne sont apparues soudain aussi intolérables que parce que Sarkozy décevait la population. C'est cette fonction de sismographe qui donne au mouvement syndical français son allure si particulière.

1 - Le syndicalisme français est tourmenté
A la différence de ses frères étrangers, ce n'est pas un long fleuve tranquille. C'est un torrent de montagne, souvent à sec, qu'un gros orage change soudain en une rivière puissante aux eaux tumultueuses, charriant le meilleur et le pire, emportant tout sur son passage. D'où la difficulté de le gérer. Par beau temps, ses chefs s'efforcent en vain d'entraîner les travailleurs dans l'action. Dans la bourrasque, ils sont réduits à courir derrière ceux-ci. On a vu cela en 1920, en 1936, en 1945, en 1968.

D'où aussi la difficulté à apprécier la représentativité des syndicats. En termes d'effectifs, ce sont les plus faibles d'Europe : environ 5% de salariés dans le privé ! Beaucoup plus dans le public, où ils rendent des services à la personne. Dans l'Education nationale, ils contrôlent peu ou prou les promotions et les mutations individuelles : chacun pense donc avoir un intérêt personnel à se syndiquer. Conséquence : en régime de basses eaux, c'est le public qui est le moteur de la machine revendicative. Les ouvriers du privé, longtemps symboles du mouvement ouvrier, seront bientôt la seule catégorie sociale à ne pas se mettre en grève, moins que les étudiants et les magistrats...
 
Fort heureusement, la représentativité des syndicats est supérieure à ce qu'indiquent leurs effectifs. La masse des non-syndiqués, qui les néglige, se reconnaît en eux, surtout quand ils sont unanimes et qu'une grande confrontation sociale se présente. Le danger, pourtant, existe de les voir se transformer, faute d'effectifs suffisants, en simples intermédiaires, en arbitres assurant l'interface entre le patronat, privé ou public, et la masse des travailleurs.

2 - Le syndicalisme français est désargenté
Et cela, de façon congénitale, en raison du faible nombre de ses cotisants. Sans une intervention de Jaurès auprès de Millerand, ministre de Waldeck-Rousseau, Fernand Pelloutier, son véritable fondateur, serait mort de faim... Naturellement, ses camarades, qui n'étaient pas fichus de nourrir leur unique permanent, ne manquèrent pas de l'accuser d'être vendu à l'Etat bourgeois. C'est que les travailleurs français sont prêts à verser leur sueur, parfois même leur sang, pour la cause qu'ils défendent; leur argent, jamais. Les travailleurs sont des Français comme les autres.

Après cela, étonnez-vous que les syndicats ne joignent les deux bouts qu'avec les subventions de leur adversaire, ceux du public grâce aux emplois fictifs que leur accorde généreusement l'Etat, ceux du privé grâce à la caisse noire de l'UIMM... Ils ont beau mordre la main qui les nourrit, ils donnent plus d'une fois l'impression de surjouer leur révolte.

3 - Le syndicalisme français est divisé

Parce qu'il vit intensément toutes les crises de la société française, il porte sur sa carcasse des cicatrices indélébiles. La division entre CGT et FO (cette dernière s'appelle toujours CGT-FO !) est un héritage de la guerre froide et du stalinisme heureusement disparus; elle ne signifie plus rien pour les nouvelles générations. La division CFDT-CFTC n'a pas plus de raison d'être, l'action de la seconde n'étant pas plus «chrétienne» que celle de la première. Quant à SUD, issu pour partie du «recentrage» de la CFDT et du conflit de 2003 sur les retraites - toujours les retraites ! -, il a inventé un bizarre corporatisme révolutionnaire qui n'a pas d'équivalent dans le reste du monde. C'est un syndicalisme à la fois jeune et archaïque, qui ne vit que de la division entre grandes centrales. («Centrales, quel drôle de nom, me disait un jour Michel Foucault, on se croirait à Clairvaux !»)

Dans l'idéal, une sorte d'Epinay syndical - c'est à Epinay que le PS fut refondé en 1971 par François Mitterrand - serait nécessaire pour redonner au syndicalisme français la puissance, la cohésion, l'indépendance, le pouvoir contractuel qui lui manquent aujourd'hui cruellement. Pour le moment, la CFDT est la seule à avoir compris qu'une page des relations sociales dans ce pays était en train de se tourner et que, faute de se donner les moyens de négocier en force, les syndicats sont condamnés à une posture purement défensive et même convulsive. Les grèves actuelles en sont une parfaite illustration.

Ne rêvons pas. L'Epinay syndical n'est pas pour demain. Aussi, le gouvernement serait bien inspiré d'engager sans attendre la révision des critères de représentativité des syndicats à laquelle il songe. C'est en organisant un vote dans les entreprises sur cette représentativité que Franklin D. Roosevelt, lors du New Deal, redonna aux syndicats la force et l'autorité qui leur manquaient. Ce n'est pas seulement la classe ouvrière, ce n'est pas seulement la gauche, c'est la société française tout entière qui a besoin d'un syndicalisme rénové et puissant.
 
Jacques Julliard  Le Nouvel Observateur

par Yvon GRAIC publié dans : Société
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