Désirs d'Avenir 76 Comité de Seine-Maritime
 
 
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Ségolène Royal

"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas"" Ségolène ROYAL Paris, le 6 mai 2007
 

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"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas,
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« Chères amies, chers amis,

vous trouverez ici la contribution que nous déposons au Parti socialiste le 2 juillet. Elle est le résultat d’un long travail collectif, d’une large participation de militants, de chercheurs et de femmes et d’hommes politiques.

Vous pouvez y apporter votre signature en cliquant sur le lien prévu à cet effet. Soyons nombreux à porter le changement avec nous. »

                                                                                Ségolène Royal


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Lundi 5 novembre 2007

Sarkozy et le Tchad: les risques de l'"hyperprésident"

Il est heureux que les journalistes français et les hôtesses de l'air espagnoles aient été libérés au Tchad: ils n'auraient jamais dû être mise en cause dans l'affaire de l'Arche de Zoé. Mais comment croire qu'il fallait réellement un déplacement personnel du président de la République pour obtenir ce résultat qui constitue, à l'arrivée, un respect minimum du droit élémentaire? Ou que le déploiement dans l'est du Tchad de la force européenne pour le Darfour était à ce point mis en danger par l'action des "Pieds Nickelés humanitaires" qu'il fallait ce voyage éclair pour le sauver?

Cette personnalisation de l'exercice du pouvoir est inhérente au style de Nicolas Sarkozy avant même son élection à la Présidence. Elle avait un sens alors qu'il était en campagne permanente pour se faire élire; elle devient ambigüe, voire dangereuse dès lors qu'il s'agit du fonctionnement quotidien des institutions de l'Etat.

Assurément efficace pour dévérouiller certains dossiers, ce recours permanent et tous azimuts au chef de l'Etat a pour effet premier de délégitimer les autres responsables dès lors que chacun sait qu'il faut remonter au sommet pour être efficace. Qu'il s'agisse du Premier ministre qui semble avoir cessé de lutter pour exister à côté d'un "hyperprésident", et dont la chute dans les sondages est proportionnellement liée à l'espace que lui laisse Nicolas Sarkozy. Qu'il s'agisse du ministre des Affaires étrangères dont l'absence du dossier de l'Arche de Zoé ne peut se justifier par son seul voyage en Asie, mais qui se retrouve tout simplement sur la touche chaque fois que l'Elysée lui retire micros et caméras. Qu'il s'agisse, enfin, des collaborateurs directs du Président, rapidement traités d'"imbéciles" dès que quelque chose ne tourne pas rond.

Cette déresponsabilisation de l'appareil d'Etat n'en est qu'à ses débuts. Les travaux du Comité Balladur sur la réforme des institutions vont dans le sens, attendu, du renforcement des pouvoirs du Président. Mais il suggère également des droits accrus pour le Parlement. C'est peu dire qu'aujourd'hui, ce contrôle parlementaire est défaillant, voire inexistant sur de nombreux sujets de la vie publique, à commencer, bien sûr, par la politique étrangère et de défense, les "domaines réservés" historiques du chef de l'Etat. La politique africaine, ses coups fourrés et ses affaires de gros sous, n'ont pas attendu Nicolas Sarkozy pour échapper au débat public et à la vigilance parlementaire. Une situation indigne qui n'a que trop duré dans un Etat moderne.

L'Arche de Zoé fait partie de ces dossiers évidents sur lesquels le parlement doit assumer ses responsabilités de contrôle de l'action gouvernementales. Le gouvernement a demandé aux ministres des Affaires étrangères et de la défense de déterminer ce que savaient leurs services. Mais ce travail-là doit être aussi fait devant la représentation nationale, afin que les nombreuses zones d'ombre soient levées. La dérive présidentielle serait inacceptable sans un réel contrepoids du Parlement. L'époque de "l'Etat c'est moi" devrait être révolue.

Pierre Haski

par Yvon GRAIC publié dans : Dans la presse
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