Un an après la Chilienne Michèle Bachelet, c'est au tour de l'Argentine de décliner la présidence au féminin. Le 28 octobre 2007, Cristina Fernandez de Kirchner a été élue, dès le premier tour, à la tête de l'Etat, remportant 44,8 % des suffrages. La candidate péroniste prend donc la succession de son président de mari, Juan Domingo Peron, dont le bilan très positif - la croissance aura marqué son mandat - fut l'un des principaux arguments durant sa campagne.
Avocate de formation, la sénatrice devient ainsi la première présidente élue d'Argentine. L'événement, notable en soi, confirme également le tournant qui s'opère à la tête de plusieurs Etats, où les femmes parviennent enfin à s'imposer. Signe des temps, c'est d'ailleurs contre la députée libérale chrétienne Elisa Carrio que la candidate péroniste l'a emporté.
Phénomène récent et encore rare, l'ouverture du pouvoir à la gent féminine touche toutes les régions du monde. Au Nord du continent américain, Hillary Clinton entend bien être la prochaine à accéder à la plus haute magistrature. L'ancienne première dame des Etats-Unis se trouve d'ailleurs en position de force, seule femme face à sept hommes, pour obtenir l'investiture démocrate et devenir ainsi officiellement la première candidate à la Maison Blanche. Les intentions de vote la créditent d'ores et déjà de 50 % des voix pour les primaires, qui se dérouleront en janvier 2008, soit onze mois avant l'élection présidentielle.
A l'autre bout du monde, Benazir Bhutto n'est pas véritablement en campagne mais bataille pour revenir sur le devant de la scène politique pakistanaise. Forçée de s'exiler durant huit ans à Dubaï, l'ancien Premier ministre du Pakistan est revenue dans son pays le 18 octobre 2007. Echappant, peu après son arrivée, à un attentat suicide à l'origine de la mort de 139 personnes, Benazir Bhutto a été accueillie triomphalement par ses compatriotes et espère désormais participer au rétablissement de la démocratie. Elle escompte notamment conduire son parti aux élections législatives de janvier 2008 et négocier un partage du pouvoir avec le général-président Pervez Musharraf.
L'Europe n'est pas en reste. Si Ségolène Royal a échoué aux portes de l'Elysée en France, l'Irlande, la Lettonie et la Finlande ont placé une femme à la tête de leur Etat - sans compter la chancelière allemande, Angela Merkel.
Pour autant, sur 231 pays, moins de 5 % étaient dirigés par des femmes en 2006. Et nombre d'entre elles sont soit "femme de" (comme Cristina Fernandez de Kirchner, Hillary Clinton...), soit "fille de" (comme Benazir Bhutto). Une parenté qui pose - souvent à tort - la question de leur légitimité, alors même que la plupart ont désormais derrière elles une solide carrière politique. L'évolution est sans doute en marche, mais les préjugés - notamment sur l'image - ont la vie dure.
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