Je vous prie de bien vouloir trouver ci-dessous l'intervention que j'ai prononcée à l'occasion du conseil national du PS du samedi 27 octobre 2007. J'ai souhaité faire part
du malaise que l'on peut ressentir à la base.
Pour me présenter rapidement, je fais parti du « tiers renouvelable » du conseil
national, c'est le tiers que l'on change à chaque congrès dans le cadre de la
rénovation ... les deux autres tiers, vous le savez bien, sont figés et absents. Je suis par ailleurs secrétaire section et à ce titre j'ai un certain nombre de points à
aborder.
Tout d'abord, on n'en a ras-le-bol, à la base, des petites phrases, des critiques acerbes
vis à vis des uns et des autres. Il y a un vrai malaise. Car, lorsqu'on attaque un (ou une) socialiste en particulier dans la
presse, ce sont tous les socialistes que l'on affaiblit. Aussi, les camarades souhaitent que nos responsables nationaux utilisent le temps qui leur est consacré dans les médias pour s'opposer et
proposer face à la politique qui est actuellement mis en oeuvre par le régime SARKOZY. Il y a des instances de débat au sein du parti socialiste pour exprimer ses différences, encore faudrait-il
que ceux qui prennent des responsabilités y siègent, ce qu'ils ne font pas aujourd'hui.
Ensuite, je veux parler du processus de rénovation. Il ne faudrait pas nous prendre pour des imbéciles. On veut bien animer des débats internes dans les sections, des débats publics, des cafés débats, ce que
vous voulez mais quand on adresse des contributions locales, merci de ne pas nous répondre par un simple accusé de réception. Prenez connaissance de nos propositions et évitez le classement
vertical, ça nous évitera d'avoir l'impression d'avoir travailler pour rien si ce n'est d'avoir donné une légitimité à la forme (l'image de la rénovation) mais de ne pas avoir pu participer au
fond. Nous souhaitons que des réponses précises soient apportées à chaque proposition qui émanera des sections et des fédérations. Dans cette perspective, nous lancerons, avec plusieurs
secrétaires de section, une initiative car dans ce parti, si vous n'êtes pas organisés, on ne vous prend pas au sérieux.
De plus, nous devons faire front commun face à la machine de guerre qui est en place au
sommet de l'Etat. Il est temps, grand temps, de passer du socialisme de l'inventaire au socialisme de l'invention. Je
suis fier du bilan qui a été accompli par le gouvernement de Lionel JOSPIN même s'il comporte des ombres, il y a des lumières. Je suis fier de ce qu'ont réalisé les socialistes aux congrès de
Dijon et du Mans, en 2004 lors des élections régionales et européennes. Je suis beaucoup moins fier de l'image que nous avons donné en 2005 lors du référendum ou pendant la campagne interne de
2006 et externe de 2007. Tirons les conséquences de nos erreurs, respectez le vote des militants, et ensemble construisons enfin un parti socialiste fort, ouvert. Respectons tout simplement nos
engagements de congrès validés par les militants. Quand on est incapable de respecter le vote de quelques centaines de milliers d'adhérents, comment peut-on être crédible vis à vis de millions
d'électeurs ?
Enfin, il est temps de remettre en route une campagne nationale d'adhésion.
J'en ai entendu un certain nombre siffler lorsque la proposition a été émise à l'occasion du dernier conseil national. J'en ai même entendu jouer
aux enchères (« 6 euros, 5 euros, ... etc »). Depuis, il semble qu'au plan national, il y ait eu beaucoup de défections. Eh bien, je vous invite à réfléchir et surtout à agir, à ne pas
avoir peur des nouveaux adhérents car ce sont eux qui feront le parti socialiste, ce sont eux qui participeront à nos campagnes (notamment municipales et cantonales de mars 2008), ce sont eux qui
représenteront le renouvellement. Si vous refusez ce principe aujourd'hui, alors cela signifie que le conseil national n'est devenu que la chambre de résistance face au mouvement de
rénovation qui traverse le PS mais aussi toute la gauche. Le conseil national serait-il devenu à l'image du Sénat ? Une vieille institution conservatrice qui est vouée à la
décrépitude.
Laurent GRANDGUILLAUME