"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas,
ce que nous avons commencé ensemble,
nous allons le continuer ensemble"
"Combattre et proposer"
vous trouverez ici la contribution que nous déposons au Parti socialiste le 2 juillet. Elle est le résultat d’un long travail collectif, d’une large participation de militants, de chercheurs et de femmes et d’hommes politiques.
Vous pouvez y apporter votre signature en cliquant sur le lien prévu à cet effet. Soyons nombreux à porter le changement avec nous. »
Ségolène Royal
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n'oubliez pas la vôtre !
La chronique de Jacques Julliard
Au fait, pourquoi «l'ouverture» ? Pourquoi Nicolas Sarkozy, au grand dam de ses partisans, continue-t-il de faire les yeux doux à ses adversaires
d'hier ? Pour une raison simple : parce qu'il entend parvenir à une maîtrise totale de la scène politique française.
Vis-à-vis de l'opposition, tout d'abord, à qui il chipe les uns après les autres tous ses dirigeants. Rares sont ceux qui résistent aux sirènes de «l'intérêt général». C'est fou comme, en
quelques mois, des dirigeants farouchement socialistes, au sein d'un parti qui faisait un crime à quelques-uns des siens de vouloir dialoguer avec Bayrou, ont été gagnés par le souffle puissant
de «l'intérêt général». On en pleure d'attendrissement. Chacun est aujourd'hui à même de mesurer la fermeté de leurs convictions passées à l'aune de leurs renoncements présents. On ne se lassera
pas de le répéter : la crise du socialisme est d'abord une crise de la moralité de ses dirigeants. Et puis ouvrir les portes du gouvernement à Jack Lang ou à Claude Allègre, cela coûte tout de
même moins cher que d'augmenter le smic !
Cette ouverture vers les socialistes a un autre avantage : faire cautionner par la gauche une politique de droite, comme on le voit avec les affaires étrangères ou l'immigration. Le retour au
bercail atlantique, l'absolution donnée à Bush pour sa politique irakienne, le durcissement envers les immigrés, avec la bénédiction ou le consentement de tous les ralliés - Kouchner, Besson,
Jouyet, Attali, Allègre, Lang, sans oublier DSK (1) -, aucun auteur de politique-fiction ne serait allé jusque-là. En vérité, il n'y a pas d'ouverture véritable parce qu'il n'y a pas eu de
négociation avant ralliement. Sarkozy les voulait à poil, il les a eus à poil. A aucun moment l'un quelconque des ralliés n'a obtenu de Sarkozy le moindre infléchissement vers la gauche de son
programme.
Le gouvernement ressemblera bientôt à un vaste cimetière d'éléphants. A terme, ce nettoyage par le vide rend service au PS, où il ne
restera que Ségolène Royal, Hollande, Fabius, Emmanuelli. C'est bien assez.A droite, maintenant. Le souci de tout président, après avoir fait
exploser son opposition, est de mater sa majorité. C'est pourquoi, naguère, il dissolvait à temps et à contretemps. Il en va autrement depuis l'instauration du quinquennat. Elue dans la continuité de
sa propre élection, sa majorité ne devrait lui causer aucun souci : elle est éminemment sarkozyste. Seulement voilà : Nicolas n'est pas plus sarkozyste que le Bon Dieu n'est pratiquant. C'est
pourquoi il a symboliquement sacrifié quelques chevaulégers comme Devedjian qui demandaient précisément un gouvernement sarkozyste.Si disciplinée
qu'elle soit, la majorité UMP ne pouvait voir sans frémir Nicolas Sarkozy s'autonomiser vis-à-vis d'elle, prendre de la distance, de la hauteur, en un mot, se chiraquiser à grande allure. D'où le
succès qu'elle fait actuellement au Premier ministre.
Entre victimes de l'ingratitude, on se comprend. Voilà François Fillon devenu champion de la rupture de droite plutôt que de l'ouverture à gauche. Premier collaborateur du maître ou statue du
Commandeur face à Don Juan- Sarkozy ? Au bout de quatre mois, la guérilla inscrite dans les textes entre le président et son Premier ministre est déjà en place.Que conclure de ce jeu de rôles ? Il est trop tôt pour le dire. Ceci pourtant : si j'appartenais à la commission Balladur, je me poserais des questions. Tandis que
celle-ci travaille à la réforme des institutions, on voit Sarkozy la mettre déjà en pratique. La commission hésite devant le régime présidentiel ? Il l'a déjà institué. Le jour où elle s'y
résignera, nous serons déjà dans le pouvoir personnel.
(1)Je n'y inclus pas Védrine, dont le rapport au président sur la politique étrangère est impeccable et sans
concession
Jacques Julliard
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