RTL - Chronique d'Alain Duhamel - lundi 27 août 2007
Ségolène Royal a choisi d'effectuer sa rentrée la première, dès ce week-end dans son fief de Melle. Pourquoi cette offensive estivale avant tout le monde ?
C'est en effet la première fois que Ségolène Royal organise une réunion publique de ses supporters les plus fervents, une semaine avant l'université
d'été rituelle du Parti socialiste. La raison, elle est extrêmement simple. C'est que Ségolène Royal ne renonce à rien, n'abandonne rien, n'abdique rien, qu'elle considère que son avenir
politique est devant elle, et pas derrière elle, que ce qui s'est passé à l'occasion de l'élection présidentielle, c'est un encouragement, et non pas une déception. Mais, comme elle a les yeux en
face des trous, elle a bien compris que cette fois-ci, les choses ne se joueront pas en lisière du Parti socialiste, voire le cas échéant, contre le Parti socialiste, mais au cOEur du Parti
socialiste. Et comme elle sait que les cartes vont y être battues, que François Hollande quittera ses fonctions après les élections municipales, que le Parti socialiste engage une tentative de
modernisation, rénovation, voire refondation, elle veut être la première rénovatrice, la première modernisatrice, la première refondatrice, et elle le veut d'autant plus qu'au lendemain de
l'élection de Nicolas Sarkozy, elle a traversé une mauvaise passe, qu'elle a commis plusieurs bévues, et que son fameux charisme, son étrange charisme, mais son charisme réel, il a été
effiloché.
Est-ce que vous avez remarqué, vous qui l'avez écouté en détails, des inflexions dans son discours ?
Oui, d'abord il y a l'esquisse d'une autocritique, l'esquisse de l'esquisse, disons. Mais c'est vrai qu'elle reconnaît qu'il faut, par exemple, dans une campagne présidentielle, moins d'improvisation ou d'impréparation, et même elle dit qu'il faut jouer collectif, ce qui n'est pas quand même une grande nouvelle.
Jouer collectif, c'est certainement l'ardeur de la nouvelle convertie, du coup elle dit : "mais je n'ai pas de concurrence au sein du Parti socialiste". Bien entendu, elle le sait parfaitement, les concurrents, ils ne manqueront pas. Il y aura Dominique Strauss-Kahn qui s'en va peut être pour mieux revenir. Il y aura François Hollande, qui débarrassé de ses fonctions et cessant d'être ligoté, sera probablement davantage lui-même. Il y aura sans doute Bertrand Delanoë, s'il est réélu maire de Paris l'année prochaine. Et puis, il y aura des jeunes quadragénaires comme Arnaud Montebourg ou Manuel Valls, qui ne manquent ni de talent, ni en réalité d'appétit.
Sur le fond, ce qui est intéressant, c'est qu'on voit bien que Ségolène Royal veut pousser dans le sens d'un social-libéralisme assumé, d'un social-libéralisme à la française, mais d'un social-libéralisme assumé. Et ce qu'elle disait par exemple, du marché ou de l'individualisme, va tout à fait dans ce sens.
Ça n'empêche pas certains de ses camarades, je pense à Marie-Noëlle Lienemann, à Jean-Luc Mélenchon aussi, de la critiquer assez durement ?
Alors eux, c'est différent. Ce sont des spécialistes du mitraillage automatique, ce sont des tontons flingueurs irrépressibles. Ils s'en prenaient à Jospin avant, ils s'en prennent à Ségolène Royal maintenant, ils s'en prendront, peut être, à François Hollande, enfin, sûrement, François Hollande, et sans doute Dominique Strauss-Kahn, demain. Je dirais que de leur part, le fait d'être attaqué, pour eux, s'agissant d'un leader socialiste, c'est une bonne chose.
Est-ce que vous avez remarqué, vous qui l'avez écouté en détails, des inflexions dans son discours ?
Oui, d'abord il y a l'esquisse d'une autocritique, l'esquisse de l'esquisse, disons. Mais c'est vrai qu'elle reconnaît qu'il faut, par exemple, dans une campagne présidentielle, moins d'improvisation ou d'impréparation, et même elle dit qu'il faut jouer collectif, ce qui n'est pas quand même une grande nouvelle.
Jouer collectif, c'est certainement l'ardeur de la nouvelle convertie, du coup elle dit : "mais je n'ai pas de concurrence au sein du Parti socialiste". Bien entendu, elle le sait parfaitement, les concurrents, ils ne manqueront pas. Il y aura Dominique Strauss-Kahn qui s'en va peut être pour mieux revenir. Il y aura François Hollande, qui débarrassé de ses fonctions et cessant d'être ligoté, sera probablement davantage lui-même. Il y aura sans doute Bertrand Delanoë, s'il est réélu maire de Paris l'année prochaine. Et puis, il y aura des jeunes quadragénaires comme Arnaud Montebourg ou Manuel Valls, qui ne manquent ni de talent, ni en réalité d'appétit.
Sur le fond, ce qui est intéressant, c'est qu'on voit bien que Ségolène Royal veut pousser dans le sens d'un social-libéralisme assumé, d'un social-libéralisme à la française, mais d'un social-libéralisme assumé. Et ce qu'elle disait par exemple, du marché ou de l'individualisme, va tout à fait dans ce sens.
Ça n'empêche pas certains de ses camarades, je pense à Marie-Noëlle Lienemann, à Jean-Luc Mélenchon aussi, de la critiquer assez durement ?
Alors eux, c'est différent. Ce sont des spécialistes du mitraillage automatique, ce sont des tontons flingueurs irrépressibles. Ils s'en prenaient à Jospin avant, ils s'en prennent à Ségolène Royal maintenant, ils s'en prendront, peut être, à François Hollande, enfin, sûrement, François Hollande, et sans doute Dominique Strauss-Kahn, demain. Je dirais que de leur part, le fait d'être attaqué, pour eux, s'agissant d'un leader socialiste, c'est une bonne chose.
par Yvon GRAIC
publié dans :
Sur les ondes


