Ségolène Royal (AFP)
Les socialistes ont repris des couleurs, mardi soir 29 mai, lors d'un grand meeting parisien qui a donné le véritable
départ de leur campagne législative, dans un climat d'unité entre tous ses dirigeants dont Ségolène Royal, plébiscitée par les militants.
La candidate malheureuse à l'Elysée, François Hollande, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius et le maire de Paris Bertrand
Delanoë se sont affichés côte à côte au Zénith devant quelque cinq à six mille personnes enthousiastes. On ne les avait jamais vus sur la même scène pendant la campagne présidentielle.
Alors que les sondages prédisent une majorité absolue à l'UMP du président Nicolas Sarkozy dans la
nouvelle Assemblée nationale, Ségolène Royal a appelé les Français à se mobiliser lors du scrutin des 10 et 17 juin pour "construire une opposition forte" et arrêter "le rouleau compresseur de
la droite". "Nous repartons au combat", a-t-elle lancé.
Ensemble
Les cinq ont fait leur entrée ensemble, Ségolène Royal, veste rose vif et jupe noire, en tête, au son du chant des partisans italiens,
"Bella Ciao".
Devant un immense panneau rouge où s'inscrivait le slogan de la campagne du PS
"la gauche qui agit, la gauche qui protège", les cinq leaders socialistes se sont passés symboliquement le relais pour marquer leurs retrouvailles, une rose circulant de main en main.
L'image a plu à la salle ("tous ensemble, tous ensemble, socialistes!"). Elle rompait avec les
"petites phrases" échangées depuis la défaite du 6 mai.
Ségolène Royal s'est gardée de se
proclamer leader de la rénovation. "Nous allons construire la nouvelle opposition dont la France a besoin", a-t-elle sobrement affirmé, ajoutant que "tout le PS est rassemblé derrière son
premier secrétaire", François Hollande, son compagnon.
"Ségolène, merci"
L'ex-candidate à la présidentielle a été longuement acclamée à la fin de son discours. "Ségolène, merci", a scandé la
foule.
Le public a réservé à Laurent Fabius un accueil révélateur de son état d'esprit
tourné vers l'unité. "J'entends partout: "ne vous divisez pas, soyez unis!", j'entends partout: "ne soyez pas défaitistes, soyez combatifs"", a déclaré le député de Seine-Maritime sous les
vivats.
Le premier secrétaire François Hollande a trouvé une nouvelle légitimité dans
l'ovation que lui a réservée la salle. "Quand les socialistes sont rassemblés, rien ne peut les arrêter", a affirmé le numéro un du PS, souhaitant l'avènement d'"une majorité de gauche" le 17
juin.
"Merci Bertrand, merci Laurent, merci Dominique d'être là, merci Ségolène pour cette
belle campagne (...)", a-t-il lancé.
Cicatrices
La réunion a cependant montré que les cicatrices des batailles internes n'étaient pas refermées, notamment chez les nouveaux
adhérents -au comportement "plus individualiste", notait un responsable- qui n'ont pu réprimer des mouvements d'hostilité.
Il y a eu des sifflets lorsque Bertrand Delanoë a salué "le rassemblement de ceux qui sont une part de nous-mêmes: Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Pierre
Mauroy".
Un peu plus tard, avant d'être très applaudi, Dominique Strauss-Kahn, dont
l'intervention très critique le 6 mai au soir avait été mal accueillie par une partie des socialistes, a essuyé des sifflets. Le message d'unité de Lionel Jospin, très hostile à la conception
"ségoléniste" de la politique, a connu le même sort.
Le meeting s'est néanmoins achevé dans
l'allégresse, dirigeants, candidats et simples militants se retrouvant sur le podium où Laurent Fabius a esquissé quelques pas de danse, tandis que des centaines de ballons rouges étaient
lâchés.
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