L'Identité nationale déjà en crise
A peine nommé ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement, Brice Hortefeux
doit faire face à une crise. Vendredi, huit des douz
e historiens composant le comité d'histoire de la future Cité
nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI) ont démissionné pour protester contre la création d'un ministère associant immigration et identité nationale. «Il n'est
pas dans le rôle d'un Etat démocratique de définir l'identité», affirment ces chercheurs parmi les plus prestigieux (dont Patrick Weil et Gérard Noiriel). «Ce
rapprochement s'inscrit dans la trame d'un discours stigmatisant l'immigration, dénoncent-ils. Là où le pari de la CNHI était celui du rassemblement tourné vers
l'avenir, autour d'une histoire commune que tous étaient susceptibles de s'approprier.»
A priori, la démission de ces historiens ne remet pas en cause l'ouverture de la CNHI. Ce musée, voulu par Jacques Chirac, doit en effet ouvrir cet été.
«Ces chercheurs ont pris une position d'historiens indépendants. Il ne s'agit pas d'une prise de position contre le projet [de création de la Cité de l'immigration,
ndlr]», insiste Patricia Sitruk, directrice générale du musée.
Hier, les membres du collectif Uni(e)s contre une immigration jetable ont également critiqué la création d'un tel
ministère, affirmant que lorsque «l'Etat s'approprie l'identité nationale, la xénophobie est là». France Terre d'asile s'interroge pour sa part sur la «cohérence» d'un
ministère réunissant immigration, intégration et codéveloppement. Ce dernier n'ayant, selon l'association, aucune «vocation à la maîtrise des flux migratoires», il ne peut
«s'inscrire dans une logique sécuritaire de fermeture de frontières».
Par Catherine COROLLER
Par Catherine COROLLER
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