L’interview de Ségolène Royal à paraître dans le prochain numéro de VSD.
Parfois, elle étonne. Quand, par exemple, elle raconte l'histoire du mille-pattes qui l'a fait rires, avec ses enfants, pendant tout l'été. Rien qu'à cette évocation elle repart d'un éclat sonore dans l'ascenseur qui la mène à sa chambre d'hôtel dans le vieux Québec. Consternée de voir que son hilarité n'est pas partagée, elle s'excuse presque en expliquant qu'elle raconte mal les blagues. Surtout en public. Puis, mine de rien, elle glisse, un peu plus tard, qu'elle a beaucoup d'humour. Comme pour corriger cette impression de froideur et de distance qu'elle dégage souvent au premier contact. Ségolène Royal se méfie. De ses adversaires politiques, bien sûr, mais de la presse aussi. Peur d'être instrumentalisée, ridiculisée, bafouée, elle qui a déjà essuyé tant de coups durant ces derniers mois. Alors, pour ce premier voyage officiel après les élections, quatre jours au Québec, la présidente de Poitou-Charentes se surveille en permanence.
SANS LANGUE DE BOIS SUR HIER, AUJOURD'HUI... ET DEMAIN
... Une visite avec le Premier Ministre du Québec, une rencontre culturelle pour la préparation
d'un show sur le 100ème anniversaire de la belle province, un cocktail au consulat de France. Allées venues, questions-réponses, sourires écoute, Ségolène Royal est emportée dans la vie
politique. Elle ne demande que cela.
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VSD : dans son livre, Lionel Jospin se livre à une charge féroce contre vous. Ces attaques ne sont-elle pas un hommage involontaire à la place que vous occupez au sein du PS ?
SR : (Rires.) Je préfère les hommages positifs, c'est plus agréable. Plus sérieusement, je crois surtout que ces propos renvoient à la campagne où un certains nombres de leaders socialistes, et non des moindres, n'ont pas été au rendez-vous. Jai pensé que, puisque j'étais désignée par 60 % des militants, tout le monde se rangerait derrière moi pour que la gauche l'emporte. Je voyais bien que des réticences existaient, mais je n'avais pas imaginé que la violence du ressentiment pouvait atteindre une telle intensité. Certains leaders m'ont même dit en pleine bataille présidentielle - sans doute pour une fois de plus, me renforcer - que je n'arriverais pas au second tour. S'ils avaient fait fi de leur égoet constitué un bloc autour de moi, alors peut-être aurions-nous eu la dynamique suffisante pour gagner. Il faudrait en tirer les leçons.
VSD : Estimez-vous que Lionel Jospin est fondé ces critiques alors qu'il n'est pas parvenu au econd tour ?
SR : Je ne ferai aucune remarque désobligeante sur lui. J'ai le sens de la hiérarchie, des fonctions, je n'ai jamais dit de mal du Premier Ministre. C'est ma morale politique. Je m'y tiens, je parle des idées, pas des personnes. En revanche,s'il exprime les choses de façon aussi cruelle, c'est que d'autres les ont pensées aussi.
Ils n'acceptent pas la mutation de la France, celle du PS, les idées neuves que j'ai développées pendant la campagne, en particulier sur la question de l'ordre juste, de l'adaptation de la valeur travail. Lorsque j'ai dénoncé l'assistanat, on m'a rétorqué que cette critique ne correspondait pas à la tradition de la gauche... Quand j'ai parlé de la nation, du drapeau tricolore, il s'agissait presque de gros mots pour certains socialistes. Ils ont attaqué les jurys citoyens, alorsque Gordon Brown est en train de les mettre en place.
VSD : Avez-vous l'impression que l'on cherche à vous détruire ?
SR : C'est clair, certains ont commencé la bataille du congrès. Il faut être drôlement slide pour encaisser ces chocs : ceux de la campagne, de l'après-campagne et la tristesse des millions d'électeurs qui voulaient que la gauche gagne. Je la porte en moi, je m'en sens comptable aujourd'hui encore. Mais je n'ai pas le droit de m'écrouler, ne serait-ce que pour défendre la dignité des femmes.....
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PARIS (AFP) - Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a "vécu
comme une provocation" les déclarations de François Fillon appelant à des "ajustements" du dispositif "carrières longues" qui permet à ceux
qui ont commencé à travailler tôt de partir à la retraite avant 60 ans.
Le Premier ministre a estimé, mardi, que des "ajustements" étaient probables pour le dispositif "carrières longues", une des mesures phares de la réforme des retraites de 2003. M. Fillon a justifié ces éventuels "ajustements" par le coût "important" de ce dispositif.
"Je vis cela comme une provocation", a indiqué M. Chérèque dans un entretien au Monde daté de jeudi.
"Que se passe-t-il au gouvernement ? Nicolas Sarkozy nous fait des gentillesses pour nous amadouer, et le Premier ministre durcit le ton", poursuit le dirigeant de la CFDT, qui avait accepté le "compromis" de 2003 en raison de la mise en place de ce dispositif.
"Soit ils (MM. Sarkozy et Fillon, ndlr) sont d'accord entre eux et il faut qu'ils fassent très attention, soit ils sont en désaccord et ils doivent mettre de l'ordre dans la maison", poursuit M. Chérèque, pour qui "il n'est pas question de remettre en cause" ce dispositif.
M. Chérèque critique également les déclarations de M. Fillon sur un passage à 41 années de cotisations à partir de 2012. "Le chef du gouvernement est en train de transgresser sa propre loi puisque l'augmentation de la durée de cotisation à 41 ans doit faire l'objet d'un examen par le Conseil d'orientation des retraites, avant que le gouvernement et le Parlement ne la transcrivent éventuellement dans un décret", estime-t-il.
"S'ils touchent à ces éléments, la CFDT s'opposera à la réforme, c'est tout simple", conclut M. Chérèque.
La présidente (CFE-CGC) de la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav), Danièle Karniewicz, juge de son côté, dans La Tribune, qu'il est "légitime de poser la question d'un réajustement des durées d'activité, en fonction de l'âge auquel les salariés ont commencé à travailler".
Selon le quotidien, la présidente de la Cnav a dans le collimateur le mode d'attestation prouvant qu'un assuré peut prétendre au dispositif "carrières longues", jugé trop laxiste.
Le déficit de la branche vieillesse de la Sécurité sociale devrait atteindre cette année 4,6 milliards d'euros, contre 1,9 milliard d'euros en 2006.
Bouclé dans un climat économique morose, le projet de loi de finances (PLF) pour 2008 permet de financer le "paquet fiscal" présidentiel (8,9
milliards d'euros en 2008). Il prévoit aussi de supprimer quelque 23 000 emplois dans la fonction publique de l'Etat. Et reste d'une grande prudence en matière de finances publiques, avec un
déficit budgétaire fixé à 41,7 milliards, et une quasi-stabilisation de la dette publique et du déficit public.
C'est un "budget insincère", a martelé, mercredi, le Parti socialiste, en relevant, comme la Cour des comptes, que "le maintien du déficit public sous 3 % du PIB en 2006 et peut-être en 2007 n'a été réalisé que par la comptabilisation de recettes exceptionnelles". "Aujourd'hui, analyse le premier secrétaire, François Hollande, la véritable question n'est pas celle de l'échec de cette politique, mais celle de la perspective d'un plan de rigueur."
Les socialistes s'attendent à une rafale de "nouveaux impôts" au lendemain des municipales de mars 2008 : création d'un "impôt plancher" pour les hauts revenus, destiné à "corriger les injustices" du "paquet fiscal", hausse de la CRDS pour combler une partie des déficits sociaux, ou mise en place d'une TVA sociale "comprise entre trois et cinq points". Le PS pense que le Grenelle de l'environnement débouchera sur la création de plusieurs taxes : M. Hollande cite notamment une "écoredevance" sur le transport routier de marchandises, une vignette annuelle sur les véhicules particuliers assortie d'un bonus-malus selon le degré de pollution, une contribution à la pompe distincte de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP), une hausse de la taxe sur le tabac, voire l'instauration de taxes sur les boissons sucrées.
"C'est un budget idéologique", tonne Jean-Pierre Brard, député (app. PCF) de Seine-Saint-Denis. Le gouvernement, assure-t-il, a organisé, avec l'allégement de la fiscalité des plus riches, "le siphonnage des caisses publiques pour pouvoir démanteler le service public et justifier des politiques d'austérité". "Entre 2002 et 2007, on a cédé le quart des actifs vendables de l'Etat pour cacher les cadeaux fiscaux. Sarkozy continue sur cette voie", ajoute le maire de Montreuil.
A l'UMP, Gilles Carrez, rapporteur général du budget, préfère parler de "continuité" dans les règles de gestion, de "pari" sur la croissance et de "pause réelle dans le rythme de baisse du déficit". Vivement 2009, semble-t-il penser, qu'on en revienne à l'objectif de retour à l'équilibre.


