La guerre, dit-il...
1 - Donc, il faudrait se préparer à la guerre ! L'usage de cette expression churchillienne ne saurait être innocent. Aussi; et en
dépit des dernières atténuations diplomatiques, faut-il prendre au sérieux Bernard Kouchner lorsqu'il affirme qu'il n'est pas de plus grande crise à l'heure actuelle que celle du programme
nucléaire iranien. A la condition tout de même de savoir pourquoi il choisit de le dire aujourd'hui et sur un ton si alarmé et alarmiste. Il a bien précisé qu'il ne croyait pas au risque d'un
bombardement immédiat de l'Iran par les Etats-Unis. Mais, en fait, il est clair qu'il entend répandre partout l'idée que des plans sont bel et bien étudiés pour que cette menace soit mise à
exécution un jour ou l'autre, et il est non moins clair qu'il tient à ce que les Iraniens en redoutent l'éventualité. Bernard Kouchner a donc décidé de jouer les cassandres, d'abord pour alerter
l'Europe et aussi pour mettre en garde Ahmadinejad.
La menace des Etats-Unis n'était-elle pas suffisante ? George Bush aurait-il besoin d'une surenchère européenne ? Le problème est que le mouvement en faveur de la fermeté à l'égard de l'Iran ne
prospère aux Etats-Unis qu'à l'intérieur des milieux qui avaient préconisé l'intervention en Irak. Et c'est un fait que l'on voit réapparaître les arguments en faveur d'une guerre préventive, en
particulier l'idée qu'il ne faut pas perdre de temps ni laisser trop de chances à l'ennemi pour éviter le chaos.
Sans doute la situation actuelle n'est-elle en rien identique à celle qui a précédé la guerre d'Irak. Les armes de destruction massive absentes en Irak ne sont pas loin d'être détenues en Iran. Les intentions agressives et anti-occidentales des dirigeants iraniens sont autrement plus crédibles que les soupçons que l'on pouvait avoir sur les arrière-pensées de Saddam Hussein. Tout cela est essentiel à préciser dès qu'il s'agit de spéculations sur l'éventualité d'un conflit avec Téhéran. C'est d'ailleurs pour être plus libre dans sa réflexion qu'un auteur comme François Heisbourg précise, dès le début de son précieux dernier livre (1), que le fait même d'avoir désapprouvé totalement l'intervention en Irak l'autorisait à ne pas sous-estimer la crise que pourrait provoquer la détention par l'Iran de la force nucléaire.
Le regain d'inquiétude manifesté dans certains articles du «New York Times» et dans la dernière déclaration de Bernard Kouchner semble venir d'un constat établi par la plupart des intéressés : toutes les propositions de négociation faites aux autorités iraniennes se seraient heurtées à une fin de non-recevoir, tantôt rusée et tantôt provocante. Ce n'est pas l'avis, cependant, de Mohamed ElBaradei, directeur de l'AIEA, très gêné par les propos de Bernard Kouchner, qui compromettent, selon lui, sa mission en faveur d'un compromis. En fait, le prix Nobel égyptien se rapproche de la solution que propose comme dernier recours James Baker, ancien secrétaire d'Etat de George Bush père : entreprendre une négociation d'ensemble avec l'Iran sur toutes les matières et dans tous les domaines, sauf celui du nucléaire, et voir comment les avantages fournis aux Iraniens pourraient nourrir chez certains de leurs dirigeant une tentation de retour à la sagesse. Pour Bernard Kouchner, les compromis avec les Iraniens sont à rechercher sans relâche, mais aucun ne conduira à la paix s'il n'est accompagné d'une menace crédible.
2 - L'idée de recourir au test d'ADN pour vérifier la filiation d'un candidat à l'immigration n'est pas seulement absurde et repoussante, comme nous le signalons par ailleurs (1), elle est surtout une occasion inespérée, pour les opposants systématiques, de renoncer à toute réflexion sur une politique d'immigration. Car tout n'est pas mauvais, évidemment, dans les dispositions annoncées par Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale (sic) et du Codéveloppement. Le contrôle des flux migratoires est une chose qui s'impose depuis des années, et plus spécialement depuis que les mécanismes intégrateurs de l'école, de l'armée, du syndicalisme et de l'Eglise sont grippés. Nous ne l'avons que trop répété ici. Mais ce qui gêne le plus, au fond, dans cette politique, c'est sa présentation, donc son inspiration.
Une certaine lucidité visionnaire et une spontanéité humaniste devraient conduire à présenter d'une façon qui pourrait être fraternelle les restrictions à l'entrée des immigrés et l'impossibilité de régulariser automatiquement tous les sans-papiers.
J'imagine très bien un discours s'adressant à tous ceux qui veulent immigrer. Pour les remercier du choix qu'ils font, pour leur dire qu'ils sont nos frères en humanité et en proximité, que c'est avec eux que l'on va construire l'avenir puisque, pour longtemps, il n'y aura pas d'autres solutions, mais que c'est d'abord et surtout dans leur intérêt que nous allons préparer la manière de les accueillir dignement, c'est-à-dire de leur donner un toit, un travail, une éducation et une façon de vivre avec nous. J'ai dit cela, à Grenoble, à Fadela Amara. Je crois qu'elle comprenait.
3 - Lionel Jospin, pour qui j'ai toujours gardé un amical respect, nous met, avec son procès de Ségolène Royal, dans une position embarrassante. Pour lui, semble-t-il, la défaite de Ségolène n'est explicable que par les seules insuffisances de la candidate. Je n'ai jamais appliqué ce raisonnement à Lionel Jospin. J'ai défendu - avec lui - l'idée qu'il avait été trahi et non vaincu. Est-il interdit de penser qu'il peut en avoir été de même pour Ségolène ?
Tests ADN : Martin Hirsch
"compte sur le Sénat"
Les députés ont adopté dans la nuit le projet de loi sur "la maîtrise de l'immigration" intégrant cette mesure qui est assortie d'une période expérimentale de deux ans.
"Je ne suis pas favorable à cette idée et je compte sur le Sénat (...) pour ne pas s'engager dans cette voie", a expliqué sur RTL Martin Hirsch, troisième membre "d'ouverture" du gouvernement a exprimé ses réserves, après Bernard Kouchner (Affaires étrangères) et Fadela Amara (Ville).
"Les principes éthiques qu'on a mis en place pour l'ensemble de la population française ou ayant envie de vivre en France font partie de l'identité nationale. Défendre cette identité, cela veut dire parfois renoncer à des techniques nouvelles ou séduisantes", a-t-il ajouté.
Lors d'un discours devant une salle comble à l'Université de Montréal, Ségolène Royal a livré, mercredi 19 septembre, un plaidoyer en faveur d'un renforcement de la Francophonie et une lettre d'amour au Québec. Plus d'un millier d'étudiants s'étaient déplacés pour entendre l'allocution de l'ex-candidate socialiste à la présidentielle sur le besoin d'un "nouveau souffle" pour revitaliser la Francophonie.
"Pour certaines élites promptes à épouser les conformismes dominants, la francophonie serait dépassée, hors de la modernité. Quel contre-sens!
Je crois, moi, à la modernité de cet espace (...) dessiné par le partage d'une langue et la volonté de la défendre, de la promouvoir, dans le concert du monde", a déclaré Ségolène Royal qui
effectue depuis lundi une tournée au Québec.Elle a dit souhaiter que le prochain sommet de la Francophonie, à l'automne 2008 dans la ville de Québec, "débouche sur des actions concrètes" dont la création d'une "université francophone", d'un "Erasmus francophone" et un "contrat politique" pour "protéger l'environnement".
L'ex-candidate socialiste a notamment fait un lien entre la diversité culturelle, enjeu majeur de la francophonie, et le renouvellement de la gauche en France.
S'inspirer de l'expérience des autres
"Je vais vous faire une confidence: c'est en ouvrant toutes grandes ses portes et ses fenêtres sur l'expérience des autres que la gauche française renouera avec son temps et formulera, à sa manière, une proposition politique en phase avec les attentes actuelles des Français", a affirmé Ségolène Royal.
Elle a dit être "curieuse" de l'expérience québécoise pour actualiser le "modèle social" français et constaté au Québec un "pragmatisme dont la tradition française est moins familière et qui est pourtant (...) une condition de l'efficacité des politiques publiques".
La présidente de la région Poitou-Charentes, au coeur d'une polémique en début d'année en raison de ses propos sur la "souveraineté" du Québec, a salué le "courage" et l'"extraordinaire esprit bâtisseur" de la province francophone.
Devant des ténors du mouvement indépendantiste québécois
"Grâce à votre ténacité, les "quelques arpents de neige" dont parlait Voltaire ont vu émerger une société moderne dont le dynamisme et l'ouverture sont souvent cités en exemple", a-t-elle déclaré devant une salle dont les premières rangées étaient occupées par des ténors du mouvement indépendantiste québécois.
Depuis lundi, Ségolène Royal a rencontré le Premier ministre québécois Jean Charest, le chef de l'opposition Mario Dumont (ADQ, droite) et Pauline Marois, leader des indépendantistes du Parti québécois.
Sa visite au Québec, qui défraye la chronique dans les médias locaux, se termine jeudi.
« La France a un lien charnel avec son agriculture, avec sa terre. Le mot "terre" a une signification française et j'ai été élu pour défendre l'identité nationale française. Et dans cette identité nationale française, il y a le rapport des Français avec la terre, avec leurs ancêtres, avec leurs grands-parents. Toutes les familles de France ont des grands-parents qui, à un moment ou un autre, ont travaillé la terre. L'agriculture a façonné nos paysages. L'agriculture a donné à notre patrie une partie de son âme. C'est avec ses convictions à l'esprit que nous allons ensemble oeuvrer pour l'avenir. »
Ces phrases m’ont rappelé un autre discours, celui prononcé à la radio le 25 juin 1940 par le Maréchal Pétain :
« La terre, elle, ne ment pas. Elle demeure votre recours. Elle est la patrie elle-même. Un champ qui tombe en friche, c’est une portion de France qui meurt. Une jachère à nouveau emblavée, c’est une portion de France qui renaît ».
Bernard Poignant Député Européen


