LA ROCHELLE (AFP) — Le premier secrétaire du PS François Hollande a déclaré dimanche à La Rochelle travailler pour qu'"une nouvelle étape s'ouvre" au sein du PS, coïncidant avec son départ.
"Je ne suis pas dans le discours +je lègue un héritage+, je suis là pour qu'une nouvelle étape s'ouvre, c'est ça que je veux faire", a déclaré à la presse M. Hollande, qui devait prononcer son dernier discours de premier secrétaire à l'université d'été.
Il a souhaité que son parti, "en ce moment difficile pour les Français, fasse preuve de cohésion". "Il y a du travail à faire. Chacun doit prendre ses responsabilités. Nous ne sommes pas là pour choisir l'un ou l'une (qui me succèderait, ndlr), mais pour que ça corresponde à une dynamique collective", a-t-il souligné.
Le député de Corrèze a appelé les socialistes à "partir de l'acquis" de succès électoraux comme les municipales de mars dernier, "pour (se) projeter vers l'avenir". "Si les socialistes essaient de voir la paille dans l'oeil du voisin putôt que de regarder ce que nous pouvons bâtir ensemble, alors les Français peuvent se détourner de nous. C'est pourquoi mon rôle c'est d'appeler à la cohésion, à la cohérence, à des choix clairs", a dit M. Hollande. "Il faut un peu plus d'âme collective", a-t-il ajouté.
Il a jugé "normal" que dans la préparation d'un congrès, "il y ait des rencontres, des discussions, des éventuelles convergences" car "c'est une organisation démocratique, le Parti socialiste".
Le premier secrétaire a relevé que "tous ceux qui sont candidats pour l'instant (à sa succession) étaient d'ailleurs dans la majorité du PS. Donc ils en sont forcément comptables et responsables même s'il faut qu'il y ait un changement". A ceux qui disent que le PS "n'a pas assez travaillé" ces dernières années, il a répondu que "ce qu'il faut, c'est faire du bon travail (...) travailler mieux, pas forcément travailler
plus".
François Hollande a affirmé que la principale menace qui guette le PS est
celle de "l'ingouvernabilité", à dix semaines du Congrès de Reims qui doit désigner son successeur. "Il faut que ce parti soit dirigé, il faut un pôle central, on ne peut pas être dans la dispersion, la fragmentation, dans l'émiettement", c'est "l'ingouvernabilité qui peut être la menace principale", a affirmé le premier secrétaire.
"J'ai toujours voulu la cohésion, l'unité, l'esprit collectif et je mets en garde tous ceux qui seraient tentés de faire l'inverse", a prévenu M. Hollande. "Il ne faut pas porter d'exclusive, nous avons besoin de tous au PS", a-t-il dit ajoutant: "Il faut "reconnaître les différences quand elles existent, mais marquer les convergences quand elles s'imposent". Selon M. Hollande, "il faut situer la question des personnes à sa juste place", sinon ce sera "une compétition entre nous sans portée politique".
"Le PS, c'est jamais un fleuve tranquille surtout qu'il a plusieurs rivières et même quelques torrents!", a plaisanté le patron du parti. M. Hollande qui prononce son dernier discours à une université d'été du PS a affirmé qu'il éprouve de "l'émotion, pas de nostalgie". "J'assume ce que j'ai fait, je prends toute ma part des défaites, j'assume aussi nos victoires collectives", a-t-il dit.


