a déploré vendredi "l'immobilisme" du PS,
"Or, a-t-il ajouté, ceux qui contrôlent l'appareil ont décidé de figer les choses. Jack Lang, il y a encore quelques jours, soutenait cette stratégie-là", a-t-il noté. "Nous payons la facture de cet immobilisme", a-t-il dit, citant notamment les défaites électorales et "la désertion de talents". Il a appelé le parti "à muter sans heurts et sans querelles internes".
Partisan d'une VIè République, il a jugé vendredi le discours de Nicolas Sarkozy à Epinal "assez conservateur" et soupçonné le chef de l'Etat de vouloir "capter à son profit" une partie des pouvoirs du Premier ministre.
Dans son discours sur les institutions, prononcé jeudi à Epinal, Nicolas Sarkozy a "transformé la Vè République en objet de culte". C'est un discours "assez conservateur finalement", a commenté sur RTL le député de Saône-et-Loire. Soulignant les risques d'"isolement" des dirigeants, il a estimé que le système politique avait "besoin aujourd'hui d'être reconstruit".
Il a exprimé la crainte que la future réforme des institutions ne "vise à concentrer encore plus de pouvoir et finalement à capter une partie des prérogatives du Premier ministre". Selon lui, Nicolas Sarkozy aspire "à diminuer les pouvoirs du Premier ministre pour les capter à son profit".
Face à cela, "nous avons besoin de contre-pouvoirs renforcés", a-t-il dit, citant le Parlement, la justice, l'opposition, les médias. Enfin, alors que Jack Lang a été sollicité pour rejoindre le comité Balladur sur les institutions, Arnaud Montebourg a "conseillé" au député du Pas-de-Calais de revenir devant le groupe socialiste pour "coaliser l'ensemble des idées que (les socialistes) défendent et les défendre dans cette commission".
Il a rappelé que "sans les socialistes", la réforme constitutionnelle ne pourra pas obtenir la majorité des 3/5èmes indispensable au Congrès.
Le comité Théodule est né à Epinal
Les institutions de la Ve République sont "les meilleures que la France ait eues depuis deux siècles". Moyennant quoi, il faut créer de toute urgence un comité Théodule, comme aurait dit le général de Gaulle, pour voir comment les réformer. L'exercice rhétorique auquel s'est livré jeudi 12 juillet Nicolas Sarkozy à Epinal (Vosges) était fondé sur cette merveilleuse contradiction.L'orateur transpirait beaucoup. L'auditoire dormait un peu. On pouvait suivre la scène en direct sur LCI. Un étranger qui aurait assisté à cette prestation aurait sans doute été bien étonné d'apprendre que le régime d'assemblée, contre lequel tonnait l'orateur avec beaucoup d'éloquence et de références historiques, n'existait plus en France depuis 1958.
L'histoire est une passion française. Les ombres de Clemenceau et de Mandel étaient dûment convoquées. Forçant le trait, Nicolas Sarkozy dénonçait l'impuissance des gouvernements successifs de la IIIe et de la IVe République. Henri Guaino, qui rédige ses discours, aime beaucoup ces outrances. Enfin de Gaulle vint... Jusque-là, si on comprend bien, ce n'avait été que chienlit et compagnie. L'auditoire dormait sévèrement jusqu'au moment où lui était désigné un ennemi contemporain.
"Ceux qui ne respectent pas la laïcité à la française ne sont pas les bienvenus sur le territoire de la République française", disait Nicolas Sarkozy. Cette phrase déclenchait enfin de vrais applaudissements. On en venait au comité Théodule. Il sera présidé par Edouard Balladur. Et Jack Lang, s'il le veut bien, en fera partie. "Je veux lui témoigner mon respect et mon estime à un moment où il me semble que sa famille politique ne lui témoigne ni l'un ni l'autre", disait l'orateur.
L'auditoire applaudissait encore, non pas tant l'éloge de Jack Lang que la vilenie manifeste de cette famille-là. Le comité Théodule pourra s'occuper de tout. Il ne sera tenu de respecter aucun tabou. Il devra être audacieux et imaginatif. Et il devra en particulier voir comment il serait possible au président de la République de s'adresser directement, au moins une fois par an, au Parlement. Comme le président des Etats-Unis lors de son message sur l'état de l'Union, une référence certainement présente dans l'esprit de l'orateur, même si elle n'était pas explicite.
Le discours d'Epinal se terminait par un numéro de clown. "On me dit : vous en faites trop", s'écriait Nicolas Sarkozy mimant la moue désapprobatrice de ses interlocuteurs supposés. "Mais cela fait si longtemps qu'on n'en fait pas assez !", se répliquait-il à lui-même avec un air entendu. Jacques Chirac, du fond de sa retraite, a dû apprécier la formule. C'est finalement entre gaullistes qu'on s'assassine le mieux.


