"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas,
ce que nous avons commencé ensemble,
nous allons le continuer ensemble"
- le 17 mai à la section du Havre (9rue Georges Braque ) de 14h à 17h
« Le Parti socialiste doit intégrer toutes les
nouvelles formes de militantisme et d’engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la
discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ? »
-le 24 mai à la section du Havre (9rue Georges Braque ) de 14h à 17h
richesse ?
à la Maison de la Lombardie, 50 rue Leverrier, sur les Hauts de Rouen
je vous souhaite la bienvenue sur ce site participatif. Il répond à l'initiative que nous avons lancée, en vue du Congrès du Parti socialiste, pour lancer un débat de qualité, serein, utile aux Français. Je compte sur vous pour le faire vivre et apporter vos idées. Elles nous permettront de composer une belle contribution dont nous serons toutes et tous co-auteurs !
Ségolène Royal
Au cours d'une conversation informelle avec quelques journalistes après un meeting pour les élections municipales à Toulouse, mercredi soir, l'ex-candidate à l'élection présidentielle s'est montrée évasive sur ses intentions à l'égard du PS immédiatement après les élections municipales et cantonales.
"Je ferai les choses comme je les sens", a-t-elle glissé alors qu'on lui demandait si elle entendait faire connaître aussitôt après le scrutin sa décision de prendre le contrôle du parti avec ses partisans.
La présidente du Poitou-Charentes n'a pas caché, cependant, sa volonté de constituer un rassemblement autour d'"un texte" soumis au vote des militants au congrès.
Dans son esprit, il ne s'agit pas de passer des alliances avec les courants constitués au sein du PS ou de "mener des négociations", selon un schéma traditionnel qu'elle a jugé, en substance, dépassé.
"Ceux qui veulent venir viendront, et ceux qui ne veulent pas venir ne viendront pas", a-t-elle dit, avant de mettre un bémol à ce discours tranché en affirmant que "les choses ne sont pas blanc ou noir".
Mme Royal se fait fort de réunir une majorité. "Je crois que je serai majoritaire", a-t-elle dit, sûre de son fait, en estimant que la primaire qui l'avait désignée pour représenter les socialistes à l'élection présidentielle avait montré que le PS "a changé".
Selon l'ex-candidate, les socialistes mesurent qu'elle est "la seule à ramener le vote populaire" vers le PS. Ségolène Royal a réaffirmé son ambition, déjà affichée par le congrès du Mans en 2005, de constituer "un parti de masse", notamment en faisant venir "les gens des quartiers", qui ont voté massivement pour elle à l'élection présidentielle.
Elle a aussi souhaité une évolution des statuts, sur laquelle a commencé de travailler une commission ad hoc du PS, les jugeant "lourdingues".
Comme on lui demandait si elle voulait un congrès anticipé, c'est-à-dire avant la période estivale, Ségolène Royal a estimé qu'une ancienne candidate à la magistrature suprême n'avait pas à se pencher sur "les questions de procédure".
La présidente du Poitou-Charentes avait laissé entendre début janvier qu'elle pourrait se porter candidate à la direction du PS. Elle n'a cessé de répéter depuis qu'il fallait d'abord laisser se dérouler les élections municipales.
Pourquoi ? Tout simplement parce que la France d'aujourd'hui est socialiste au sens où l'on disait hier sous la IIIe qu'elle
était radicale. Le PS peut bien ne pas être à l'heure actuelle à la hauteur de son destin; son électorat lui reste fidèle. Le Parti socialiste est celui dont la composition sociologique
se rapproche le plus de celle du pays tout entier; celui dont l'idéologie - le progrès doit profiter au plus grand nombre - correspond le mieux à l'opinion moyenne des Français. Le PS est
le parti interclassiste par excellence, c'est le métro à 6 heures du soir. Il regroupe des cadres, des patrons petits et grands, des bobos qui sont libéraux; des ouvriers et des employés
qui sont sociaux-démocrates; des fonctionnaires et des enseignants qui sont jacobins; des intellectuels, des artistes, des «communicants» qui sont gauchistes ! Une telle diversité est
incompatible avec une ligne radicale; l'axe de gravité du parti tend donc naturellement à se rapprocher du centre.
C'est pourquoi ses leaders les plus populaires, Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn, Bertrand Delanoë, ou ceux auxquels on promet un avenir, tels Manuel Valls, Vincent
Peillon, François Rebsamen, Julien Dray, appartiennent à l'aile droite du parti, disons, pour moins les compromettre, à sa fraction modérée. Nous voyons bien, à
l'inverse, que Laurent Fabius, Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon ont du mal à se faire entendre : l'avenir qu'ils dessinent pour le PS est un avenir minoritaire, sans perspective
de retour au pouvoir.
Le grand problème du PS, celui qui l'empêche de transformer ses succès locaux en victoire nationale, est le suivant : c'est son aile droite qui est appelée à gouverner, mais c'est son aile gauche
qui fabrique le programme; concession classique faite aux militants, nettement plus à gauche que les électeurs. Le principal handicap de Ségolène Royal, celui qui, au vrai,l'a empêchée de
gagner, c'est le programme qu'on lui avait fourgué au Mans et qu'elle a traîné comme un boulet tout au long de la campagne ( généralisation des 35 heures, augmentation massive du smic,
fiscalité punitive... ). Il ne serait pas très difficile au PS d'élaborer un programme acceptable pour l'immense majorité de son électorat potentiel. Ce qui manque, c'est la volonté politique,
aussi longtemps que les gardiens du cimetière estimeront qu'il vaut mieux perdre avec un programme radical que gagner avec un programme modéré.
L'autre handicap du PS actuel, c'est l'absence d'un(e) leader incontesté (e). A cause de la faiblesse croissante de la petite flottille (Verts, communistes, gauchistes, radicaux) qui fait cortège
au navire amiral, la gauche est structurellement minoritaire en France. François Mitterrand, qui l'avait compris, estimait que seule la valeur ajoutée constituée par une forte personnalité -
longtemps ce fut lui-même - lui permettrait de réunir une majorité. C'est pourquoi le PS a non moins structurellement besoin du régime présidentiel pour l'emporter. Je ne comprends pas que les
penseurs de la gauche ne perçoivent pas cette évidence. La gauche a besoin d'un système présidentiel, la droite d'un système parlementaire, voilà la vérité qui ne parvient pas à cheminer dans les
cervelles obscurcies des apparatchiks. Mais les électeurs de gauche le savent; fort heureusement, ils sont beaucoup plus intelligents que leurs chefs.
Le Nouvel Observateur









