"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas,
ce que nous avons commencé ensemble,
nous allons le continuer ensemble"
"Combattre et proposer"
vous trouverez ici la contribution que nous déposons au Parti socialiste le 2 juillet. Elle est le résultat d’un long travail collectif, d’une large participation de militants, de chercheurs et de femmes et d’hommes politiques.
Vous pouvez y apporter votre signature en cliquant sur le lien prévu à cet effet. Soyons nombreux à porter le changement avec nous. »
Ségolène Royal
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Déjà plus de 6000 signatures
n'oubliez pas la vôtre !
Sources : RTL ; France Inter ; Europe 1 ; France Info ; Skyrock
Gauche : Ce qui ne peut plus durer
Quand le PS est en panne de leader et d'idées, c'est toute l'opposition qui se trouve
déstabilisée. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans le système politique français, et on peut prendre le problème dans n'importe quel sens, on arrive toujours au même constat. Depuis
l'élection de Nicolas Sarkozy, il y a d'un côté une énigme - la vraie nature du président - et de l'autre un trou noir : quel avenir pour le camp du progrès ? Le sondage réalisé par TNS-Sofres
pour «le Nouvel Observateur», juste à la fin du grand mouvement de grève qui a paralysé le pays à la mi-novembre, est la première enquête de fond visant à préciser et à analyser les vrais
ressorts de cette situation, qui marque sans doute le succès - provisoire ? - de la stratégie sarkozyste mais aussi un vrai dysfonctionnement du jeu démocratique. Les Français sont partagés
lorsqu'on leur demande de juger «l'action et les réformes» du gouvernement. 49% se disent «plutôt en accord» et 42% «plutôt en opposition».
Derrière ce chiffre global se cache une autre réalité. Sarkozy et ses équipes ne se contentent pas de faire carton plein à droite avec 94% d'approbation. Ils plantent surtout un coin au coeur de
l'opposition en recueillant le soutien de 53% des sympathisants du MoDem et même de 22% des sympathisants socialistes. Dès lors tout se tient, notamment à gauche. L'image du président de la
République ? «Très positive» et «plutôt positive» pour 31% des sympathisants socialistes. L'image du gouvernement ? Les taux de satisfaction sont à peu près comparables.
C'est donc en toute logique que près des deux tiers des sympathisants socialistes jugent sévèrement l'image de l'opposition. Le drame du PS, dans la période actuelle, est de décevoir tout le
monde. Moins de la moitié de ses soutiens estiment qu'« il critique le gouvernement comme il faut». Le parti de François Hollande ressemble à un bateau ivre pour une majorité de ceux qui
se reconnaissent encore en lui. «Trop dur» contre Sarko, disent 17% de ses électeurs. «Trop mou», répliquent illico 35% d'entre eux.
Pour le PS, la voie du salut n'est ni dans le grand coup de barre à gauche ni dans celle du recentrage. Dans la situation qui est aujourd'hui la sienne, il lui faut prendre en compte des
aspirations contradictoires au sein même du noyau dur de ses sympathisants. Faute de savoir imposer sa ligne, sa vision et son projet, le voilà déchiré. Dans ce contexte, il n'est pas anormal que
l'ouverture façon Sarko continue de séduire. 36% des électeurs du PS estiment « utile» la présence de personnalités de gauche (Bernard Kouchner, Martin Hirsch, Fadela Amara...) au sein
du gouvernement Fillon.
Rarement l'équation du PS aura été aussi difficile à résoudre. Ce ne sont pas les thèmes dont il devrait se saisir qui posent aujourd'hui problème. D'abord, le pouvoir d'achat ! Les électeurs
socialistes (69%) ont en tête la même hiérarchie que les Français (61%). Mais de toute évidence, les réponses du PS ne sont toujours pas jugées convaincantes, si tant est qu'elles soient
connues... Quoi qu'il fasse, il risque donc de décevoir. Quoi qu'il dise, il prête le flanc à la critique. La sévérité de ses propres sympathisants n'a d'égale que leur perplexité. C'est que
l'origine de la panne n'est guère facile à détecter.
Est-ce un manque de leader crédible ? Ou une absence de solutions adaptées ? Il est significatif
qu'à l'heure du diagnostic l'électorat socialiste se partage presque exactement en deux (46% d'un côté, 51% de l'autre) . Au fond, tout se passe comme si, dans son esprit, les deux crises se
nourrissaient l'une l'autre. C'est la globalité d'une insatisfaction qu'exprime ce jugement balancé. Ne pas vraiment choisir, n'est-ce pas surtout pour lui une manière de dire qu'à gauche rien ne
va plus et que l'ensemble de son dispositif doit être remis en question ?
Si l'on creuse un peu plus, on s'aperçoit que la grande panne de l'opposition est d'abord et surtout une crise socialiste. L'enseignement principal du sondage TNS-Sofres-«le Nouvel Obs»
se résume en deux propositions. Le PS déçoit les siens, mais en même temps les électeurs socialistes, qui constituent l'essentiel de la gauche, ne cherchent pas ailleurs une offre alternative.
82% d'entre eux continuent de dire que le parti de François Hollande est toujours celui «dont ils se sentent le plus proches». Ni le MoDem (2%), ni les Verts (3%), ni
l'extrême-gauche (3%) n'attirent leurs suffrages. Fidèles mais désorientés, les sympathisants socialistes ont beau avoir parfois un regard indulgent pour Sarkozy et son gouvernement, ils ne
voient pas pour l'instant de solutions en dehors du parti qui a toujours eu leur préférence.
Pour le PS, c'est un atout de taille. Il n'en a pas d'autre, et il n'est pas sûr d'ailleurs qu'il soit éternel. Ce que dit notre sondage est autant l'expression d'un doute que la manifestation
d'un espoir déçu. Il n'est pas dit qu'à l'occasion de nouveaux rendez-vous électoraux ce cocktail de sentiments ambivalents ne devienne pas détonant. On trouve une trace de tout cela dans le
palmarès des personnalités de gauche qui « représentent le mieux l'opposition ».
Il dit tout d'abord la très nette domination de Ségolène Royal sur son camp en dépit de son échec à la présidentielle. Mais il signale aussi la présence
maintenue de DSK, et pas seulement grâce à ses soutiens chez les sympathisants de droite. Il montre enfin que si, au PS, le vivier est moins large qu'on ne le dit parfois - ni Bertrand Delanoë ni
François Hollande n'ont encore fait leur trou -, le style Bayrou et le style Besancenot peuvent trouver un écho chez des sympathisants socialistes dont on sent bien qu'ils rêvent d'une synthèse
entre la responsabilité et la radicalité, la proposition et la critique, la gauche telle qu'elle est et telle qu'elle devrait être.
François
Bazin
Le Nouvel
Observateur











