"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas,
ce que nous avons commencé ensemble,
nous allons le continuer ensemble"
"Combattre et proposer"
vous trouverez ici la contribution que nous déposons au Parti socialiste le 2 juillet. Elle est le résultat d’un long travail collectif, d’une large participation de militants, de chercheurs et de femmes et d’hommes politiques.
Vous pouvez y apporter votre signature en cliquant sur le lien prévu à cet effet. Soyons nombreux à porter le changement avec nous. »
Ségolène Royal
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Elle est amoureuse de sa liberté
Six mois après sa défaite, Ségolène Royal bouge plus que jamais. Débarrassée des éléphants, elle joue la carte de l'émancipation. Et est gonflée à bloc.
Ségolène Royal est amoureuse.Elle est amoureuse de sa liberté. Comme François Mitterrand, qui pouvait annuler un rendez-vous pour flâner le long de la Seine, elle n'en fait qu'à sa tête, imposant à tous son calendrier. Il y a deux semaines, l'ex-candidate s'invite à la dernière minute à l'émission politique matinale de France Inter. Le soir même, ce lundi 12 novembre, rebelote : elle prend son téléphone et annonce sa venue sur le plateau du journal télévisé de France 2. Tant bien que mal, ses collaborateurs jonglent avec son agenda. D'autres paient les pots cassés. C'est le cas de Julien Dray, qui devait promouvoir son livre (« Règlement de comptes ») lors de ces deux émissions. L'ex-conseiller politique de Ségolène Royal n'a pas vraiment digéré l'affront. « Elle ne veut pas se laisser enfermer dans un agenda, la défend Sophie Bouchet-Petersen, son éminence grise. Ségolène, c'est une femme de la guerre de mouvement ! »
Six mois après sa défaite, Ségolène Royal bouge toujours. Elle bouge même plus que jamais, parce qu'elle a mis de l'ordre dans sa vie. Elle habite dans l'appartement de Boulogne-Billancourt, alors que François Hollande a emménagé avec sa jeune compagne dans le 15e arrondissement de Paris, tout près du parc André-Citroën. Elle fait de la gym, mange léger et sort beaucoup. Dominique Besnehard, l'ancien agent de stars devenu producteur, lui concocte des dîners en compagnie de vedettes et mitonne ses sorties. Ces dernières semaines, il l'a accompagnée aux spectacles de Grand Corps Malade et de Charles Aznavour, ainsi qu'au théâtre d'Aubervilliers, où jouait Didier Bezace, l'un de ses soutiens de campagne. « On rigole beaucoup », note Besnehard.
Voilà pour la vie privée. La vie politique a pris le même chemin, celui de l'émancipation. Ségolène Royal n'a plus dans les pattes les éléphants du PS, qu'elle traînait durant la campagne « comme un forçat traîne son boulet », dit un proche. Désormais, elle est seule aux commandes. Et elle est gonflée à bloc. Un livre est passé par là : « Ma plus belle histoire, c'est vous » (1), qui sortira le 4 décembre. Elle y dit tout de la campagne : « Le parcours de la combattante, mes bourdes qui n'en étaient pas, la machine de guerre incroyablement efficace de l'adversaire, la conséquence de ma condition de femme dans un pays qui a instauré la loi salique. Sur ce dernier point, j'ai tout entendu : j'étais une castratrice, ou la mère dont la France n'avait pas besoin ! » Mais pas de rancune, assure Ségolène Royal. Juste des faits, rien que des faits. Et des perspectives pour l'avenir. « Je dis ce que j'ai à dire, et j'en tire les leçons pour être prête la prochaine fois ! » lâche-t-elle en se marrant.
L'exercice a été salutaire, quoique laborieux. « Elle a purgé la séquence de la campagne », témoigne Sophie Bouchet-Petersen, qui a participé comme l'avocat Jean-Pierre Mignard ou le fidèle Patrick Mennucci à la rédaction du livre par le biais de notes. Désormais, la campagne est rangée au rayon des souvenirs. Ou presque. « La coupure avec cette période n'est pas nette, confie Ségolène Royal. La défaite m'habite toujours un peu. » Ça ne se voit pas trop. Vendredi dernier, dans son bureau à la déco épurée et colorée, l'ex-candidate cabotine. Vêtue d'une veste grise et d'une jupe noire, légèrement maquillée, elle semble détendue. Devant elle, posé sur une table en verre, l'ordinateur portable qui ne la quitte jamais. Nuit et jour, de Poitiers ou de Santiago du Chili, elle s'en sert pour envoyer des mails à ses collaborateurs. Placés à côté, deux téléphones portables. Elle répond à un appel sur l'un, envoie un texto sur l'autre. La dame est très demandée. Les invités du jour défilent. La machine Royal est en route....La suite ici Michel Revol
Parti socialiste, no future ? En tout cas, pour les habitués du siège, un présent des plus déprimants. «Solferino a été une ruche, rapporte un dirigeant. Maintenant, c’est une termitière. Les fondations sont entièrement bouffées…» Il y a pourtant encore une vie rue de Solferino. Celle des 112 permanents à temps plein, qui continuent à faire fonctionner la machine. Dans une ambiance «délétère», dit l’un d’eux. Jusqu’ici plutôt soucieux de ne pas rejouer entre eux les rivalités entre courants, les permanents y ont replongé. «On n’avait plus connu ça depuis le congrès de Rennes [1990,ndlr], avec l’étage des rocardiens, ou celui des fabiusiens, raconte un salarié. Quand tu demandes à un gars d’aller à une réunion, il te répond qu’il accompagne son chef dans sa ville. Les permanents sont payés par le parti, mais au service de tel ou tel.»
Le climat social n’est pas non plus aux lendemains qui chantent. Le bon résultat des socialistes aux législatives, qui a permis à la dotation
publique du PS de passer de 18 à 22 millions d’euros, a certes écarté les rumeurs persistantes de licenciements. Il n’empêche que les effectifs, lentement mais sûrement, s’effritent.
«C’est la méthode que Sarkozy utilise pour la fonction publique : le non-remplacement des départs à la retraite, râle un permanent. Sauf que Sarkozy dit : “Vous serez moins, mais
mieux payés.” Pas nous.» Cela n’aide pas à la motivation. «Chacun fait son boulot, comme à l’usine, lâche un cadre. C’est le signe d’un parti qui se fait
chier.»
Dire que la réactivité ne préside pas à la gestion des affaires courantes relève de l’euphémisme : il aura fallu un écho dans Libération pour que
la plaque présentant l’organigramme du parti, à l’accueil, soit décrochée illico. Elle présentait toujours, six mois après son entrée dans le gouvernement Sarkozy, Eric Besson comme le
secrétaire national à l’économie du parti ! De même, ce n’est que fin novembre que quatorze socialistes, membres des cabinets des ministres d’ouverture, ont reçu un courrier les informant de
leur exclusion du parti.......la suite ici
En course
laurent Joffrin
QUOTIDIEN : lundi 3 décembre 2007
Ségolène Royal veut reprendre sa couronne. Malmenée, dénigrée par ses aînés, l'ex-candidate socialiste refuse l'effacement auquel la promettait ce tir de barrage et sa baisse dans les sondages. Le djinn est sorti de la bouteille il y a deux ans.
Même s'il fascine moins, il refuse d'y rentrer. «Jeanne d'Arc» renaît. Tel est le sens de ce livre-récit que ses premiers lecteurs jugent de bonne
facture. Comme un médecin de Molière disait «le poumon!, le poumon!» en guise d'unique diagnostic, Ségolène Royal crie «le PS! le PS!» pour expliquer sa défaite. Non qu'elle esquive le
mea culpa. Mais dans une manière très mitterrandienne, elle glisse sur l'autocritique, préférant battre sa coulpe sur la poitrine de ses camarades ou de son ancien compagnon, qui n'ont tout de
même pas tous les torts. Le plaidoyer a sa logique: Royal continue. Pourquoi pas? 47% des voix et beaucoup de volonté sont un viatique acceptable. Mais d'autres peuvent
concourir, Laurent, François et bien sûr Bertrand. La compétition est légitime. Encore faut-il qu'elle soit lisible. Une course s'engage ; elle doit se conclure vite, sur des options neuves,
avec une stratégie limpide. L'opposition ne peut rester longtemps, sauf à déséquilibrer le jeu démocratique, dans le marasme obscur actuel. Un congrès, une ligne, un patron (ou une
patronne): c'est la seule voie. Nul ne comprendrait que la guerre des chefs et des cheftaines socialistes se poursuive longtemps sur fond de jeux de masques, de papes de transition et de motions
nègre-blanc.
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