"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas,
ce que nous avons commencé ensemble,
nous allons le continuer ensemble"
"Combattre et proposer"
vous trouverez ici la contribution que nous déposons au Parti socialiste le 2 juillet. Elle est le résultat d’un long travail collectif, d’une large participation de militants, de chercheurs et de femmes et d’hommes politiques.
Vous pouvez y apporter votre signature en cliquant sur le lien prévu à cet effet. Soyons nombreux à porter le changement avec nous. »
Ségolène Royal
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qui accuse le chef de l'Etat de "méconnaissance".
"M.Sarkozy laisse penser que la laïcité a été fermée, sectaire et qu'elle a commis une erreur de combattre les religions. C'est une vieille rengaine de la droite la plus cléricale", assure François Hollande. Le premier secrétaire du PS met en garde contre cette vision de l'histoire française qui est, à ses yeux, "un jugement faux et grave".
Dominique Voynet est sur la même longueur d'ondes : "C'est un recul considérable et une remise en cause de qui fait de notre ciment républicain. La laïcité, c'est la liberté de culte mais dans la sphère privée, ce qui permet aux valeurs de la République de s'épanouir", estime la sénatrice (Verts) de Seine-Saint-Denis.
Jean-Pierre Chevènement est le plus sévère. "M. Sarkozy s'aventure sur un terrain qu'il connaît mal. Il risque de blesser des consciences auxquelles il devrait prêter, en tant que président de la République, autant d'attention qu'à d'autres. La laïcité, c'est la croyance dans la capacité humaine à définir le bien commun dans l'espace public, en le soustrayant de l'empire des dogmes. Cela n'empêche ni la croyance, ni la transcendance à laquelle on peut croire ou pas", juge le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen.
La proposition de "laïcité positive" faite par M. Sarkozy ne trouve pas plus d'indulgence. "C'est une présomption de direction des consciences utile pour la République. Il s'agit d'une vraie confusion entre le religieux et le politique !", réplique M. Hollande.
QUOTIDIEN : vendredi 21 décembre 2007
Ségolène Royal avec les salariés de l'entreprises Charles Jourdan,à Romans-sur-Isère,
Alors que Nicolas Sarkozy, entre escapade en galante compagnie
à Eurodisney et visite au Saint-Siège, s’essaie à donner à voir une présidence de rêve, Ségolène Royal réplique sur le terrain du cauchemar social. Celui des employés du
chausseur de luxe Charles Jourdan, à Romans (Drôme), qu’elle visitait hier. Le scénario n’est assurément pas des plus glamours : un PDG incarcéré en Suisse pour une affaire financière, un
dernier repreneur potentiel, l’américain Omniscent, qui se retire, un placement en liquidation judiciaire. Et, à l’arrivée, 197 salariés sur le carreau. Une occasion en or pour
l’ex-candidate de pousser un coup de gueule contre «le silence, la chape de plomb sur ce qui se passe dans l’économie». Et, du même coup, de fustiger par
l’exemple une certaine pratique sarkozyste du pouvoir : «La France souffre dans le silence pendant que le président s’amuse. Il a le droit. Mais il faut qu’il s’occupe des
problèmes…»
Pour son premier déplacement d’envergure sur le terrain depuis les législatives - elle a prévu de
multiplier ces visites avant les municipales -, Ségolène Royal s’engouffre au milieu des lignes de production à l’arrêt. Où beaucoup ne nourrissent guère plus d’espoirs. Agnès, salariée :
«On nous a tellement menés en bateau... Personnellement, j’ai pas envie d’y croire.» Un employé l’interpelle : «Madame Royal, pourquoi vous êtes pas venue avant ?» Et
l’intéressée de répliquer, sentimentale : «Quand j’ai vu les lettres de licenciement que les salariés recevront entre Noël et le jour de l’An, j’ai trouvé ça atroce. Ça m’a
révoltée.» Pragmatique, Marie, déléguée CGT, mesure l’intérêt de la visite : «Elle nous utilise, mais on l’utilise aussi.» Une mise en pratique du «donnant,
donnant», cher à l’ex-candidate ? Ségolène Royal embrasse une salariée qui verse une larme, se renseigne sur les opérations de piquage. Avant d’évoquer, devant le comité d’entreprise, la
création d’une coopérative. Sans déchaîner l’enthousiasme : «La société qui détient la marque, en Suisse, va être mise en faillite et la marque vendue aux enchères», soupire Gilles,
délégué CGC. Mais peu importe que la politique se heurte ici aux réalités de la mondialisation. L’essentiel est de donner l’image du volontarisme : «Si on dit que c’est pas la peine de se
déplacer, il n’y a plus rien à faire.» L’ex-candidate quitte l’entreprise avec deux paires d’escarpins, modèle Noémie, offertes par les salariés. Non sans en remettre une dernière couche
: «Le peuple souffre, et pendant ce temps, le roi s’amuse. Il faut que les
choses sérieuses commencent.»
Photo AFP Envoyé spécial à Romans (Drôme) DAVID REVAULT
D’ALLONNE

Le roman des amours du président paraît découpé en épisodes de 52 minutes. Celui de ses actions aussi
Encore un succès de l'ouverture : au printemps dernier, Carla Bruni s'était prononcée en faveur de Ségolène Royal. Mais la politique n'a jamais
empêché les sentiments. Et puis Nicolas Sarkozy a tenu parole : il avait promis de moderniser la vie française; il le fait. De la part d'un président abandonné il y a deux mois par son épouse, un
épisode comme celui de Disneyland eût été inimaginable il y a encore une quinzaine d'années. Avec pourtant une constante : tout le monde a remarqué la ressemblance physique entre Carla et
Cécilia. Beaucoup de femmes vivent plusieurs aventures différentes avec le même homme; beaucoup d'hommes vivent la même aventure avec des femmes différentes; Nicolas Sarkozy est de ceux-là.
Le voilà en tout cas condamné par son système de communication à nous raconter une nouvelle histoire chaque semaine. C'est le principe des telenovelas brésiliennes. C'est ainsi que le roman de
ses amours paraît découpé en épisodes de 52 minutes; celui de ses actions aussi. Avant le sauvetage des infirmières bulgares, il y avait eu celui des enfants de Neuilly. On voit, semaine après
semaine, Sarkozy l'Africain succéder à Sarkozy l'Européen, qui avait lui-même précédé Sarkozy l'Américain. Il en va de même avec ses entreprises de politique intérieure : et tant pis si on laisse
les problèmes en plan une fois les caméras parties. Chaque nouvel épisode chasse le précédent. Kadhafi, quel Kadhafi ? The show mustgo on.
En vérité, l'ambiguïté s'est installée dès le premier soir avec le va-et-vient entre le Fouquet's et la place de la Concorde, entre le CAC 40 et le Top 50, comme on disait naguère, entre Bernard Arnault et Mireille Mathieu.
Je sais bien que la France est par excellence le pays de la connivence incestueuse des élites, mais tout de même... Cet homme cultive le paradoxe, et il est difficile de croire que ce soit gratuitement. Est-il donc le militant de l'ouverture à gauche ou celui des cadeaux aux riches ? Le bourreau des «privilèges», quand il s'agit des cheminots, et le fourrier des petits arrangements quand il s'agit de son salaire ? Le champion des droits de l'homme et le libérateur des otages célèbres ou l'ami complaisant de Bush, Hu Jintao, Poutine, Chavez, Kadhafi ( série en cours ) ? L'amoureux éploré de Cécilia ou le séducteur de tout ce qui compte à l'écran ?
Car voici le dernier épisode, en forme de sapin de Noël : la liaison affichée avec Carla Bruni, véritable scène de dépit amoureux mais surtout cadeau de fin d'année à toute cette presse qui a pour seul point de vue sur l'avenir le trou de la serrure. Au vrai, nul besoin cette fois-ci d'interminables planques : c'est à Disneyland que l'Etat français luimême avait rendez-vous avec la romance : on ne fait pas plus galant ni plus romantique. La France, qui aime bien voir les amours de ses princes se teinter d'un peu de mystère et de beaucoup de panache, est pour l'heure abasourdie : nous voilà tombés des ferrets d'Anne d'Autriche et du collier de Marie-Antoinette dans la verroterie de fête foraine.
Quelqu'un a dit un jour que la présidence de la République était une bonne situation mais qu'hélas ! elle n'offrait pas de débouchés. Nicolas Sarkozy est en train de démontrer le contraire : l'Elysée est un endroit rêvé pour tout faire, absolument tout, y compris autre chose.
Jacques Julliard
Le Nouvel Observateur










