"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas,
ce que nous avons commencé ensemble,
nous allons le continuer ensemble"
- le 17 mai à la section du Havre (9rue Georges Braque ) de 14h à 17h
« Le Parti socialiste doit intégrer toutes les
nouvelles formes de militantisme et d’engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la
discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ? »
-le 24 mai à la section du Havre (9rue Georges Braque ) de 14h à 17h
richesse ?
à la Maison de la Lombardie, 50 rue Leverrier, sur les Hauts de Rouen
je vous souhaite la bienvenue sur ce site participatif. Il répond à l'initiative que nous avons lancée, en vue du Congrès du Parti socialiste, pour lancer un débat de qualité, serein, utile aux Français. Je compte sur vous pour le faire vivre et apporter vos idées. Elles nous permettront de composer une belle contribution dont nous serons toutes et tous co-auteurs !
Ségolène Royal
"Une responsabilité morale très lourde pèse sur Bernard Kouchner"
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Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières, dénonce "l'inconséquence" du discours des associations et des intellectuels sur la situation au Darfour. |
LEMONDE.FR | 31.10.07
La pénibilité du travail n'est pas toujours où l'on croit. Prenez les artistes de l'Opéra de Paris. Trompeter «Aïda» à 60 ans, c'est usant pardi ! Chanter le rôle
de la Traviata à 50 ans, c'est crevant. Et danser «le Lac des cygnes» passé la quarantaine, c'est carrément tuant. Du coup, la révolte gronde à l'Opéra Bastille et au Palais Garnier depuis que
le gouvernement a entrepris de réformer les régimes spéciaux de retraite. 50 corps de métiers, 2 000 salariés, du manutentionnaire au maestro, qui bénéficient d'un régime aux petits oignons
fondé par Louis XIV : la quille à 40 ans pour les danseuses, à 50 ans pour les chanteurs, à 55 ans pour les techniciens, à 60 ans pour les musiciens. «Le problème, c'est que nous ne
touchons pas de retraite à taux plein et que le gouvernement veut nous faire passer de 37,5 à 40 annuités en appliquant une décote pour les années manquantes. Compte tenu du fait que la plupart
des musiciens débutent leur carrière à 28 ou 30 ans, les pensions vont fondre de 20%», explique Christophe Grindel, hautboïste et délégué syndical FO. En grève 98% du personnel - le 18
octobre, les salariés de l'Opéra ont déposé un préavis de cinq jours à partir du 28 octobre. «Si on poursuit dans cette direction, le gouvernement va affaiblir l'un des plus grands
orchestres du monde», lance Maxime Tholance, premier violon de l'orchestre.
Partout on entend le même air. Des artistes de l'Opéra et de la Comédie-Française aux clercs de notaire en passant par les gros bataillons de la SNCF,
de la RATP ou d'EDF, tous visés par le projet défendu par le ministre du Travail Xavier Bertrand (voir l'infographie p. 12)... Dans le club très fermé des «régimes spéciaux»,
l'augmentation de la durée de cotisation de 37,5 ans à 40 ans d'ici à 2012, l'introduction progressive à partir de 2010 d'un système de décote rabotant la retraite en fonction des années
manquantes et la remise à plat du système de bonification qui permet le départ anticipé de certains agents passent mal. Très mal même...la suite.ICI
L’affaire captive d’abord parce qu’on peine à y distinguer les bons des méchants. Habituellement, dans les séries patinées par des décennies de diffusion régulière au 20 heures, les rôles sont distribués de manière lisible et non perturbante pour le public. Méchants grévistes contre infortunés usagers, inquiétants «jeunes de banlieue» contre habitants, compagnies pétrolières spéculatrices contre automobilistes piégés à la pompe, dictateurs contre bonzes, tsunami contre vacanciers, chiens méchants contre bébés, gentil gouvernement qui multiplie les plans pour sauver la planète contre le reste du monde (ou l’inverse : inhumaine administration contre infortunés citoyens persécutés). Et tout à coup voilà que les signes se bousculent, deviennent indéchiffrables.
Des parents viennent attendre les enfants à l’aéroport, avec banderoles et petits gâteaux : dans l’imagerie du JT, ce sont forcément les gentils. Mais surprise : le gouvernement les accable. Quant au capitaine de l’Arche, il multiplie les signes du héros positif : non seulement c’est un pompier volontaire, mais voilà deux ans il est parti en Asie lointaine se battre contre le tsunami. Et voilà que l’Etat, ce monstre froid, le traite comme Bob Denard : un pestiféré contre lequel on a tout fait pour le dissuader de se lancer dans l’aventure. De l’autre côté, voilà un gouvernement en saharienne d’anciens guérilleros des sables, des procureurs africains sans cravate, qui demandent sur un ton rude des comptes à la France : nous sommes préparés à voir en eux toute l’arrogance naïve et insupportable des «rois nègres».
Mais resurprise : le gouvernement, le nôtre, notre fier gouvernement, semble se soumettre à l’engueulade. On n’y comprend plus rien. Le gouvernement contre des parents ! Le gouvernement filant doux devant un potentat du désert ! Il est vrai que planent sur l’Arche de terribles accusations : trafic d’organes et connexion avec des réseaux pédophiles. On croit que notre gouvernement, une fois encore, va laver immédiatement nos ressortissants de ces accusations boursouflées. Pas du tout. Aucune réaction. Là encore, le président-orateur, qui naguère s’y entendait si bien en grands discours lyriques sur «l’homme africain», qui montrait le chemin aux grands enfants du continent noir, file doux et garde un incompréhensible silence. Ce qui dérègle toutes les boussoles du JT et rend le récit illisible, on le voit, c’est l’étrange réaction du gouvernement français. Eût-il vitupéré le gouvernement tchadien, exigé à grands cris la libération de nos ressortissants, envoyé les paras, interpellé l’ONU, les choses auraient été claires. Mais voilà. Les lâchant bruyamment, semblant se ranger derrière Idriss Déby, il perturbe tout. En lisant les plus fines analyses de la presse écrite, on croit comprendre les raisons qui poussent à ce comportement apparemment incompréhensible. Peut-être les autorités françaises se sentent-elles coupables de n’avoir pas tout entrepris pour empêcher l’équipée baroque ; peut-être sentent-elles que la promotion du droit-de-l’hommisme kouchnérien au Quai d’Orsay pourrait avoir créé un climat intellectuel favorable à cette grande première d’«ingérence adoptive».
Donc, se sentant confusément responsable, craignant les reproches, un embrasement africain, une récupération par Ben Laden, le gouvernement surréagit et en rajoute dans la bruyante dénonciation. C’est classique. Et c’est ainsi que se brouille l’histoire. Mais cette histoire, au fond, quelle est-elle ? Derrière les tentatives désordonnées – et comme vouées d’avance à l’échec – de récit journalistique, on entend d’abord une histoire humaine, c’est-à-dire totalement irrationnelle. On entend d’abord souffler ce désir d’enfant qui emporte toutes les digues et fait courir tous les risques. Du côté des Africains offensés, on entend le souffle, pas moins puissant, de la peur des enlèvements d’enfants, et on entrevoit le grand fantôme de la traite. C’est une histoire davantage taillée pour le roman ou pour le cinéma que pour le pauvre JT, qui n’y comprendra jamais rien et dont ce n’est pas le métier.
En affirmant vouloir sauver des "orphelins du Darfour", bien que les enfants qu'elle s'apprêtait à embarquer à bord d'un avion fussent majoritairement dotés d'un parent et plutôt originaires du Tchad que du Soudan, L'Arche de Zoé a fait la démonstration qu'elle estimait pouvoir s'affranchir du respect de la vérité.
Cette liberté est à rattacher avec la perception de l'organisation, qui rejoint une mouvance de groupes d'activistes - en France, l'organisation Urgence Darfour,
ou, aux Etats-Unis, la coalition Save Darfur, entre autres -, selon lesquels un génocide aurait lieu au Darfour, amenant à justifier toutes les actions pour en sauver les victimes. Ce qui conduit
des sapeurs-pompiers bénévoles à se transformer en kidnappeurs d'enfants comme sans doute ici, dans cette atmosphère que dénonce Rony Brauman, cofondateur de Médecins sans frontières, lorsqu'il
dénonce "la responsabilité morale" de personnalités comme Bernard Kouchner et Bernard-Henri Lévy.
Y a-t-il un génocide en cours au Darfour, c'est-à-dire une élimination méthodique des ethnies décrites comme "africaines", afin de faire place à des groupes "arabes" ? L'assertion, soutenue par le président américain George Bush, et que des groupes d'experts, notamment de l'ONU, ont réfutée, constitue déjà une dérive.
L'extrême violence des attaques orchestrées par le gouvernement soudanais et ses milices, en quatre années de guerre civile, n'a été liée à aucune volonté identifiée d'organiser une "solution finale" pour les populations noires, dont certaines collaborent avec les forces gouvernementales. Cela n'empêche pas L'Arche de Zoé d'affirmer sur son site Web que "la réalité incontournable et accablante (...) laisse bien peu d'espoir de survie aux populations du Darfour". Affirmant que, "dans quelques mois, des milliers d'enfants vont mourir", l'association promet d'arracher des enfants à "l'extermination".
Les responsables de L'Arche de Zoé sont allés plus loin dans la prise de liberté avec les faits. L'association avait "emprunté" des cartes de l'ONU en travestissant
leurs légendes. Elle a cité des chiffres de mortalité infantile présentés comme des informations du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) - de loin l'organisation la plus efficace au
Darfour - en leur faisant subir une "inflation" qui les rendait "grossièrement faux", selon une source du CICR. Ce dernier a obtenu que les manipulations au sujet de ses noms, de ses
logos et de ses rapports disparaissent du site de L'Arche de Zoé. L'étendue de la crise au Darfour n'a pas besoin de ce type d'inflation. Outre que ces supercheries en série disqualifient une
démarche fondée sur la morale, elles ont aussi pour effet d'instaurer une confusion dangereuse. Des dérapages de cette sorte ont déjà été sanctionnés par la justice. En août, des organisations
regroupées autour de Save Darfur avaient lancé dans la presse, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, une campagne affirmant que le conflit dans l'ouest du Soudan avait fait 400 000 morts. Cette
campagne a été condamnée, par les tribunaux britanniques, pour publicité mensongère.....la
suite ici
Lettre à Roselyne....
Madame la Ministre,
Vous trouverez ci-joint mon chèque de 50 euros pour la franchise médicale de 2008 que vous venez de faire voter. Vous avez raison, il faut responsabiliser les malades comme moi, qui consomment beaucoup de médicaments, de soins et de transports sanitaires.
Moi par exemple, avec mes deux cancers, un dans chaque sein, je suis le trou de la Sécu à moi toute seule, je pèse lourd à la collectivité. Et puis 50 euros, qu'est-ce que c'est... A peine le prix d'une paire de chaussures chez André, (pas chez Nike), pour ma fille de 17 ans.
Et puis, avec mes 50 % de revenus en indemnités journalières durant mes six chimiothérapies et mes sept semaines de rayons, avec mes mille euros par mois de revenus de remplacement (encore le trou de la Sécu), 50 euros, ce n'est rien. Ou alors juste cinq mois de redevance d'une télévision publique pleine de publicités que je regarde à peine. Ou un petit plein de frigo malbouffe chez Lidl, pour tenir disons, trois jours à deux personnes devant la dite télé taxée. 50 euros chez moi c'est ça.
Et puis dans la foulée, comme j'ai perdu mon CDD grâce à mes cancers, et que j'ai ré-intégré péniblement les chiffres des Assedic ce mois-ci, je verrai bien une petite franchise Unedic aussi, pour me responsabiliser sur le fait d'être chômeuse à 50 ans.
Parce qu'en plus d'être pauvre et malade, je suis chômeuse, et vieille. Je viens d'avoir 50 ans. Sur le marché du travail, c'est trop vieux, sur celui de la retraite c'est bien trop jeune... alors taxez-moi entre deux eaux. En plus, vous savez quoi? On a découvert mes cancers alors que j'en avais 49, donc jeune, ce n'était pas prévu dans le protocole de dépistage qui ne commence qu'à 50 ans. Alors j'ai payé ma mammographie qui sauve des vies -enfin la mienne- de ma poche: 110 euros.
Heureusement, après un an de traitement, et au lendemain de mon 50e anniversaire, la Sécu qui fait bien son boulot m'a adressé une gentille lettre timbrée à 0,53€ pour que j'aille me faire dépister gratuitement (dans un bus Sécu sur un parking). J'étais chauve, brûlée, fauchée, malade, mais la Sécu se préoccupait de me dépister sans me faire bourse délier. Elle est bien cette Sécu. Efficace et qui ne manque pas d'humour.
Au fait, j'ai consommé tellement de médicaments prescrits par des experts au cours des dix derniers mois qu'il m'en restait deux sacs pleins que je viens de rendre au pharmacien du coin. Pharmacien qui je crois se porte économiquement très bien, lui. Tout comme les laboratoires pharmaceutiques qui l'alimentent et délivrent les boîtes en format industriel, boîtes pleines, neuves, rendues au pharmacien prospère. Mais eux font tourner l'économie, alors que moi, simple malade, je ne suis qu'une plaie sociale, responsabilisez-moi.
Notez: j'ai toutefois gardé les tranquillisants au cas où je devrais faire de l'auto-euthanasie, sur le dos de la sécu.
Donc, Madame, prenez mes 50 euros de malade sur-consommant et donnez-les à la cause Alzheimer. Moi j'ai l'impression que je n'aurai pas le temps d'y aller, sur cette maladie-là, parce que j'ai déjà toutes les autres tares sociales et sanitaires, alors pensez, comment pourrais-je tenir jusque l'Alzheimer?
Mais je crois au collectif, à la solidarité. Alors soit, que mes 50 euros de rente annuelle de votre franchise médicale servent la cause commune. C'est comme ça que j'entends la politique et la solidarité, bien sûr.
Non c'est vrai, vous avez raison, culpabiliser et responsabiliser les malades, les pauvres, les chômeurs, c'est vraiment une bonne idée. On gêne et on coûte: de vrais parasites. D'un point de vue idéologique, sociologique, politique, intellectuel même, c'est mieux une société de riches jeunes, bien portants et actifs qu'une société de pauvres, malades et vieux, inutiles. Votre stratégie relève donc des meilleurs objectifs possibles pour le meilleur des mondes. Nul doute.
Sanitairement et solidairement votre,
Sylvie dr
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[03/11/07]
Je réponds à vos questions |
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Vous m'interrogez sur le référendum et
me demandez pourquoi je ne réclame plus un référendum. Pendant la campagne présidentielle, je me suis engagée en effet à consulter les Français. Ma prise de position actuelle qui consiste à
dire oui à une ratification parlementaire du mini-traité peut paraître contradictoire. Elle s'explique par le fait que ce texte étant vraiment minimum, c'est une sorte de règlement
intérieur qui permet de fonctionner notamment en prévoyant des décisions à la majorité (je vous invite à vous reporter à l'interview que j'ai donnée dans Libération), cela ne mérite pas un
référendum. Tous les autres socialistes européens et notamment le président de l'union, M. Socrates, y sont favorables. Il y a aujourd'hui en France de très graves problèmes de pouvoir
d'achat qui diminue, d'injustice fiscale, de recul de la couverture maladie, de ralentissement de la croissance et par contraste, une telle consultation serait perçue comme décalée. Enfin
ce que j'avais prévu c'est un référendum sur la réforme des institutions avec un volet sur les institutions européennes.Certains d'entre vous s'interrogent sur une information parue dans une dépêche et reprise par France Inter notamment selon laquelle j'aurais porté plainte en diffamation contre le livre de Claude Allègre. Je ne sais pas pourquoi cette information sort bizarrement ces jours -ci alors qu'il y a d'autres sujets d'actualité plus importants et que je n'ai pas rendu publique cette action. J'ai en effet assigné les éditeurs de cet ouvrage,comme toutes les publications qui mettent ou mettront en cause ma vie de famille et mes enfants. Et comme l'expérience m'a appris que quand je demande l'euro symbolique de réparation, il y a souvent récidive, désormais je demande une amende afin que cesse une bonne fois pour toutes ces rumeurs détestables. Je pense que la nouvelle année 2008 va balayer tout cela. Bien attentivement à vous, |
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Sarkozy et le Tchad: les risques de l'"hyperprésident"
Par Rue89 16H43 04/11/2007Il est heureux que les journalistes français et les hôtesses de l'air espagnoles aient été libérés au Tchad: ils n'auraient jamais dû être mise en cause dans l'affaire de l'Arche de Zoé. Mais comment croire qu'il fallait réellement un déplacement personnel du président de la République pour obtenir ce résultat qui constitue, à l'arrivée, un respect minimum du droit élémentaire? Ou que le déploiement dans l'est du Tchad de la force européenne pour le Darfour était à ce point mis en danger par l'action des "Pieds Nickelés humanitaires" qu'il fallait ce voyage éclair pour le sauver?
Cette personnalisation de l'exercice du pouvoir est inhérente au style de Nicolas Sarkozy avant même son élection à la Présidence. Elle avait un sens alors qu'il était en campagne permanente pour se faire élire; elle devient ambigüe, voire dangereuse dès lors qu'il s'agit du fonctionnement quotidien des institutions de l'Etat.
Assurément efficace pour dévérouiller certains dossiers, ce recours permanent et tous azimuts au chef de l'Etat a pour effet premier de délégitimer les autres responsables dès lors que chacun sait qu'il faut remonter au sommet pour être efficace. Qu'il s'agisse du Premier ministre qui semble avoir cessé de lutter pour exister à côté d'un "hyperprésident", et dont la chute dans les sondages est proportionnellement liée à l'espace que lui laisse Nicolas Sarkozy. Qu'il s'agisse du ministre des Affaires étrangères dont l'absence du dossier de l'Arche de Zoé ne peut se justifier par son seul voyage en Asie, mais qui se retrouve tout simplement sur la touche chaque fois que l'Elysée lui retire micros et caméras. Qu'il s'agisse, enfin, des collaborateurs directs du Président, rapidement traités d'"imbéciles" dès que quelque chose ne tourne pas rond.
Cette déresponsabilisation de l'appareil d'Etat n'en est qu'à ses débuts. Les travaux du Comité Balladur sur la réforme des institutions vont dans le sens, attendu, du renforcement des pouvoirs du Président. Mais il suggère également des droits accrus pour le Parlement. C'est peu dire qu'aujourd'hui, ce contrôle parlementaire est défaillant, voire inexistant sur de nombreux sujets de la vie publique, à commencer, bien sûr, par la politique étrangère et de défense, les "domaines réservés" historiques du chef de l'Etat. La politique africaine, ses coups fourrés et ses affaires de gros sous, n'ont pas attendu Nicolas Sarkozy pour échapper au débat public et à la vigilance parlementaire. Une situation indigne qui n'a que trop duré dans un Etat moderne.
L'Arche de Zoé fait partie de ces dossiers évidents sur lesquels le parlement doit assumer ses responsabilités de contrôle de l'action gouvernementales. Le gouvernement a demandé aux ministres des Affaires étrangères et de la défense de déterminer ce que savaient leurs services. Mais ce travail-là doit être aussi fait devant la représentation nationale, afin que les nombreuses zones d'ombre soient levées. La dérive présidentielle serait inacceptable sans un réel contrepoids du Parlement. L'époque de "l'Etat c'est moi" devrait être révolue.
Pierre Haski
QUOTIDIEN : lundi 5 novembre 2007
Vincent Peillon, député
européen, membre du bureau national,
David Assouline, sénateur de Paris, secrétaire national du PS,
Jacques Bascou, député de l’Aude, membre du bureau national,Geneviève Gaillard, députée des
Deux-Sèvres, Jean Gaubert, député des Côtes-d’Armor,Jean Guérard, vice-président de la région
Aquitaine, membre du bureau national, Christian Martin, conseiller régional de Paca, secrétaire national du PS, Béatrice
Patrie, députée européenne, Gilbert Roger, maire de Bondy, membre du bureau national, Claude
Saulnier,sénateur des Côtes-d’Armor,Pascal Terrasse, député de l’Ardèche, président du conseil général,
secrétaire national du PS, Jean-Jacques Thomas, maire d’Hirson, membre du bureau national.
Le Parti socialiste va devoir maintenant délibérer et adopter sa position face au traité de Lisbonne. Disons le clairement : s’abstenir ou refuser de participer au vote sur la ratification du traité de Lisbonne, ce serait faire le choix de pérenniser en notre sein la pratique des compromis inaudibles dans le débat public et inefficaces à éviter les divisions. C’est pourquoi nous devons être capables de définir une ligne majoritaire qui soit à la fois lucide sur la portée limitée du traité, consciente des nécessités immédiates de la relance de l’Europe et avant tout soucieuse d’y impliquer les citoyens. Rien ne lui interdit non plus d’être respectueuse de la minorité ! A juste raison, le Parti socialiste défend aujourd’hui l’organisation d’un nouveau référendum. Il le fait au nom d’une certaine conception de la relation entre la souveraineté nationale et la citoyenneté européenne. Opter pour la procédure parlementaire de ratification plutôt que pour la voie du référendum, c’est, de la part du pouvoir en place, marquer sa profonde défiance à l’égard de la souveraineté populaire au motif qu’elle ne s’est pas exprimée en 2005 dans le sens attendu. C’est la dessaisir de l’enjeu européen. C’est plonger à nouveau l’Europe dans un sommeil démocratique dont il n’y a jamais rien de bon à attendre.
Mais si l’on demande un référendum, alors il faut convenir qu’il y a quelque inconséquence à dire que, si on l’obtenait, ce serait pour
s’abstenir. Car au cadeau de la division, que l’on n’empêchera pas, on en ajoutera un second : celui de la dérobade du Parti socialiste à une question qui ne porte ni sur la vie interne
du Parti socialiste ni même sur la vie nationale, mais sur l’Europe, et qui sera posée en même temps dans vingt-six autres pays. Quelle conception peu responsable de notre rôle si nous
demandions à l’ensemble des Français de trancher en nous refusant nous-mêmes à le faire ! A l’évidence, si la gauche avait gagné la présidentielle, nous n’aurions pas négocié ce texte de
la sorte. Prenant appui sur le non français qui ouvrait l’espace d’une renégociation, c’était d’ailleurs tout son intérêt, nous aurions posé d’autres exigences : celle d’une Europe sociale, dotée
de nouveaux outils d’harmonisation des systèmes nationaux de droit du travail, de protection sociale et de fiscalité, d’une Europe réorientée vers la croissance et l’emploi, par la modification
des objectifs de la Banque centrale et le vote d’un budget digne de nos ambitions en matière d’industrie et de recherche, et enfin d’une Europe capable de mieux protéger ses salariés contre une
concurrence mondiale asymétrique. Pour nous qui, au sein du PS, avons milité en 2005 pour le non au traité constitutionnel, il est bien évident que ce texte ne répond pas à notre vision de
l’Union. Le traité de Lisbonne doit être jugé pour ce qu’il est : un texte dont l’unique objet est de tenter d’améliorer le fonctionnement des institutions de l’Union. Ainsi a été supprimée la
troisième partie du traité constitutionnel qui avait pour effet de «graver dans le marbre» l’ensemble des politiques européennes les plus libérales. En outre, le texte désormais proposé n’a plus
valeur de constitution. Il n’est plus qu’un classique traité «modificatif» qui amende les traités existants sans s’y substituer. L’approuver ne signifie donc pas que l’on donne quitus à
l’ensemble de la construction européenne, comme y conduisait implicitement l’adoption du traité constitutionnel...
la suite ici
n°464
Actualité :
- Discours de François Hollande au conseil national du 27 octobre
- Rapport Balladur : Une dérive personnelle des institutions
Dossier : Ce que cache le budget 2008
- Mieux comprendre le budget : la stratégie de Sarkozy décryptée
- Didier Migaud : “Contribuer à la transparence de l’action publique”
- Pierre-Alain Muet : “Vers un plan d’austérité massif”
Histoire Les 48 martyrs du 22 octobre 1941
Lettre ouverte aux socialistes
L’hebdo en ligne Télécharger L’hebdo des socialistes (format pdf)
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Vous m'interrogez sur le référendum et
me demandez pourquoi je ne réclame plus un référendum. Pendant la campagne présidentielle, je me suis engagée en effet à consulter les Français. Ma prise de position actuelle qui consiste à
dire oui à une ratification parlementaire du mini-traité peut paraître contradictoire. Elle s'explique par le fait que ce texte étant vraiment minimum, c'est une sorte de règlement
intérieur qui permet de fonctionner notamment en prévoyant des décisions à la majorité (je vous invite à vous reporter à l'interview que j'ai donnée dans Libération), cela ne mérite pas un
référendum. Tous les autres socialistes européens et notamment le président de l'union, M. Socrates, y sont favorables. Il y a aujourd'hui en France de très graves problèmes de pouvoir
d'achat qui diminue, d'injustice fiscale, de recul de la couverture maladie, de ralentissement de la croissance et par contraste, une telle consultation serait perçue comme décalée. Enfin
ce que j'avais prévu c'est un référendum sur la réforme des institutions avec un volet sur les institutions européennes.

