"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas,
ce que nous avons commencé ensemble,
nous allons le continuer ensemble"
"Combattre et proposer"
vous trouverez ici la contribution que nous déposons au Parti socialiste le 2 juillet. Elle est le résultat d’un long travail collectif, d’une large participation de militants, de chercheurs et de femmes et d’hommes politiques.
Vous pouvez y apporter votre signature en cliquant sur le lien prévu à cet effet. Soyons nombreux à porter le changement avec nous. »
Ségolène Royal
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"L'ADN, je ne suis pas d'accord, parce que je pense qu'on touche à quelque chose qui n'est pas bon pour notre pays", a-t-elle déclaré lundi à des journalistes en marge de la présentation de son "skyblog".
"Je le dis aussi en tant que fille d'immigrés : y'en a marre qu'on instrumentalise à chaque fois l'immigration, pour des raisons très précises. Je trouve ça dégueulasse!".
Des députés UMP se sont sentis "injuriés" par ces propos.
"Les ministres d'ouverture ne sont pas exonérés de respecter le Parlement", a souligné mardi Bernard Deflesselles, deuxième vice-président du groupe majoritaire.
Pour Claude Goasguen, "il y a des excroissances de langage qu'on ne devrait pas se permettre quand on est ministre".
"Je trouve que d'avoir traité de 'dégueulasse' cet amendement, c'est un peu 'dégueulasse' pour tout dire. Que ce soit un ministre d'ouverture ou un ministre de fermeture, un ministre c'est un ministre", a-t-il jugé.
Le projet de loi sur la maîtrise de l'immigration a été adopté le 20 septembre par les députés et le 5 octobre par les sénateurs. L'amendement ADN, proposé par le député UMP Thierry Mariani, a été expurgé mais conservé. Il prévoit des tests ADN facultatifs pour les candidats au regroupement familial.
"CE N'EST PAS COHERENT"
"Je suis persuadé que c'est le Parti socialiste qui est visé, parce que je ne pense pas qu'un ministre puisse dire ça de sa propre majorité. Comme elle (Fadela Amara) n'a pas dit qui elle visait, je suis persuadé qu'elle visait ses amis socialistes", a feint de croire Thierry Mariani.
"A l'évidence, le Parti socialiste se livre à une exploitation honteuse. Donc la ministre a entièrement raison", a-t-il affirmé.
Pour François Goulard, député UMP villepiniste hostile à l'amendement ADN, la "cohérence" de l'ouverture, plébiscitée par 62% des Français, selon un sondage, est en jeu.
"Elle est au gouvernement ou elle n'y est pas. Employer un terme aussi fort s'agissant d'actes qui sont soutenus par certains membres du gouvernement, je crois que ce n'est pas cohérent", a-t-il déclaré.
"Je comprends Mme Amara, mais je ne comprends pas son expression et en même temps son maintien au gouvernement", a-t-il ajouté.
L'ex-socialiste Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la Coopération et à la Francophonie, a regretté une polémique "qui n'apporte pas grand'chose et brouille le message" tout en défendant la diversité gouvernementale.
"Chacun son style, chacun sa manière d'être. Fadela Amara est quelqu'un de franc et de direct. Il faut la prendre comme elle est. C'est tout à l'honneur du président d'avoir dans son équipe des gens très divers", a-t-il dit.
Au Parti socialiste, on se réjouit sans l'avouer de l'écart de Fadela Amara, dont l'entrée dans le cercle sarkozien avait été mal perçue.
Pour Arnaud Montebourg, l'épisode Amara dénote "un gouvernement qui est incohérent, tiré à hue et à dia, et dont on doit regarder aujourd'hui la fragilité plutôt que la cohérence".
"Mme Amara doit pousser la logique jusqu'au bout et démissionner si l'amendement Mariani n'est pas retiré", a estimé pour sa part André Vallini, porte-parole du groupe socialiste, radical et citoyen (SRC).
La secrétaire d'Etat à la politique de la ville avait affirmé qu'elle démissionnerait "le jour vraiment où ce sera trop insupportable, le jour où ce sera trop dur".
Bernard Kouchner, ministre emblématique de l'ouverture, concède dans La Croix qu'il n'est "pas toujours facile" de trouver "l'équilibre entre une nécessaire solidarité gouvernementale et l'expression de ses convictions".
Dans son interview à Charlie Hebdo du 3 octobre, M. Hollande le reconnaît en creux, en décrivant la gauche comme une "armée mexicaine", avec des responsables socialistes "libres de s'exprimer en ne représentant qu'eux-mêmes, mais en brouillant le message du Parti socialiste".
Ebranlé par l'ouverture présidentielle, secoué par une profonde crise d'identité, le PS est aussi victime de ce que M. Hollande appelle le "bougisme aigu" de Nicolas Sarkozy, qui a en permanence trois annonces en poche et cinq réformes en préparation. Face à cette rafale de chantiers présidentiels, le PS est d'autant plus inaudible qu'il n'est pas en état de remplir le contrat qu'il s'est lui-même fixé : s'opposer sans en rester à la dénonciation et proposer des réformes alternatives. Faute d'être au clair sur leurs propositions, à l'exception des régimes spéciaux de retraite où une réflexion sur leur "évolution" a été amorcée, les socialistes peinent à donner de la cohérence et de la visibilité à une "autre politique". Et leur cuirasse risque de garder ce défaut tant qu'ils n'auront pas préalablement entrepris leurs travaux de rénovation. Début 2008, et alors que le PS aura théoriquement achevé la première phase de sa rénovation - la seconde étant prévue au moment même du congrès -, au cours de laquelle les différentes personnalités se feront concurrence pour en être l'incarnation, M. Hollande cessera d'être transparent. Il rendossera, pour la bataille des municipales, les habits de chef de campagne qui lui ont si bien réussi pour gagner la séquence électorale de 2004 (régionales, cantonales et européennes). Mais la question de savoir qui lui succédera pour devenir le premier secrétaire du PS, et donc en principe son leader, restera entière.
Or, à partir du moment où le PS fait sienne l'équation selon laquelle c'est lors d'un nouveau congrès en 2010 qu'il désignera son candidat à
l'élection présidentielle de 2012 et que de facto il se rallie à l'idée de M. Hollande jugeant "judicieux" que le premier secrétaire de 2010 brigue aussi l'Elysée, il est face à un
véritable dilemme. Les présidentiables vont y regarder à deux fois avant de tenter de "prendre le parti" deux ans avant le choix du candidat, de peur de se brûler les ailes. La solution pourrait
alors être d'élire, l'année prochaine, un "patron" de transition - qui céderait sa place au candidat en 2010... ou s'engagerait à ne pas l'être -, mais ce schéma ne réglera pas la question du
leadership. la suite ici
Et si cette situation reste démocratique - Nicolas Sarkozy a été, bien sûr, régulièrement élu et ses projets de loi sont, in fine soumis au Parlement -, dans aucune démocratie moderne, on ne constate une telle concentration des pouvoirs. Dans l’euphorie d’un début de quinquennat, on ne s’en soucie guère. Pourtant, dans la durée, on sait bien que trop de pouvoir finit par nuire au pouvoir. Et à la démocratie.










