vous trouverez ici la contribution que nous déposons au Parti socialiste le 2 juillet. Elle est le résultat d’un long travail
collectif, d’une large participation de militants, de chercheurs et de femmes et d’hommes politiques.
Vous pouvez y apporter votre signature en cliquant sur le lien prévu à cet effet. Soyons nombreux à porter le changement avec nous.
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Je suis heureuse de vivre en direct et de saluer la victoire de Cristina Kirchner dès le premier tour de cette élection présidentielle
qui marque, je le crois, une date historique dans ce grand pays qu’est l’Argentine, cher au coeur de beaucoup de Français.
Une femme volontaire, déterminée, y est aujourd’hui élue à la magistrature suprême. Je salue son courage car je sais combien, sous toutes les latitudes, c’est toujours plus dur pour les
femmes. Elles sont, dans le monde, encore très peu nombreuses à exercer des fonctions de premier plan.
Les électeurs argentins, en accordant leur confiance à celle que tous, ici, appellent Cristina, confirment que leur pays est un des laboratoires de notre modernité.
Un pays qui a su reprendre ses affaires en main alors que les dogmes néo-libéraux lui avaient fait tant de mal.
Un pays qui a su retrouver par lui-même le chemin de la croissance, et qui saura, s’il le veut, en partager équitablement les fruits.
Un pays qui, en élisant une femme, donne au monde une belle leçon d’égalité.
Michelle au Chili, Cristina en Argentine: après l’épreuve des dictatures et la consolidation de la démocratie, voici venu le temps d’un partage plus égal des responsabilités
gouvernementales entre les hommes et les femmes.
François Hollande sur France 2, le 29 octobre 2007
PARIS (Reuters) - François Hollande fait savoir que les députés PS "laisseront passer" le traité
simplifié européen à l'Assemblée, même si nombre de socialistes auraient préféré qu'il fasse l'objet d'un nouveau référendum.
"Nous laisserons passer ce texte, nous ne nous opposerons pas à ce traité simplifié", a déclaré le premier secrétaire du Parti socialiste sur France 2.
"Au-delà de cette question sur la procédure - référendum ou pas -, que nous déplorons, il est vrai que nous sommes majoritairement pour voter ce
texte", a-t-il précisé.
"Si Ségolène Royal avait été élue présidente de la République, nous aurions fait un
référendum. Nicolas Sarkozy est sur une autre ligne, celle de ne pas organiser un référendum. Je déplore cette position et j'en prends acte", a souligné François Hollande, qui doit rencontrer
lundi matin le président de la République à propos des institutions.
Pour le premier secrétaire du PS, le principal mérite du traité simplifié européen adopté il y a deux semaines au sommet de Lisbonne est qu'il
"permet à l'Europe de sortir de l'impasse".
Je vous prie de bien vouloir trouver ci-dessous l'intervention que j'ai prononcée à l'occasion du conseil national du PS du samedi 27 octobre 2007. J'ai souhaité faire part
du malaise que l'on peut ressentir à la base.
Pour me présenter rapidement, je fais parti du « tiers renouvelable » du conseil
national, c'estle tiers que l'on change à chaque congrès dans le cadre de la
rénovation ... les deux autres tiers, vous le savez bien, sont figés et absents. Je suis par ailleurs secrétaire section et à ce titre j'ai un certain nombre de points à
aborder.
Tout d'abord, on n'en a ras-le-bol, à la base, des petites phrases, des critiques acerbes
vis à vis des uns et des autres. Il y a un vrai malaise.Car, lorsqu'on attaque un (ou une) socialiste en particulier dans la
presse, ce sont tous les socialistes que l'on affaiblit. Aussi, les camarades souhaitent que nos responsables nationaux utilisent le temps qui leur est consacré dans les médias pour s'opposer et
proposer face à la politique qui est actuellement mis en oeuvre par le régime SARKOZY. Il y a des instances de débat au sein du parti socialiste pour exprimer ses différences, encore faudrait-il
que ceux qui prennent des responsabilités y siègent, ce qu'ils ne font pas aujourd'hui.
Ensuite, je veux parler du processus de rénovation.Il ne faudrait pas nous prendre pour des imbéciles. On veut bien animer des débats internes dans les sections, des débats publics, des cafés débats, ce que
vous voulez mais quand on adresse des contributions locales, merci de ne pas nous répondre par un simple accusé de réception. Prenez connaissance de nos propositions et évitez le classement
vertical, ça nous évitera d'avoir l'impression d'avoir travailler pour rien si ce n'est d'avoir donné une légitimité à la forme (l'image de la rénovation) mais de ne pas avoir pu participer au
fond. Nous souhaitons que des réponses précises soient apportées à chaque proposition qui émanera des sections et des fédérations. Dans cette perspective, nous lancerons, avec plusieurs
secrétaires de section, une initiative car dans ce parti, si vous n'êtes pas organisés, on ne vous prend pas au sérieux.
De plus, nous devons faire front commun face à la machine de guerre qui est en place au
sommet de l'Etat.Il est temps, grand temps, de passer du socialisme de l'inventaire au socialisme de l'invention. Je
suis fier du bilan qui a été accompli par le gouvernement de Lionel JOSPIN même s'il comporte des ombres, il y a des lumières. Je suis fier de ce qu'ont réalisé les socialistes aux congrès de
Dijon et du Mans, en 2004 lors des élections régionales et européennes. Je suis beaucoup moins fier de l'image que nous avons donné en 2005 lors du référendum ou pendant la campagne interne de
2006 et externe de 2007. Tirons les conséquences de nos erreurs, respectez le vote des militants, et ensemble construisons enfin un parti socialiste fort, ouvert. Respectons tout simplement nos
engagements de congrès validés par les militants. Quand on est incapable de respecter le vote de quelques centaines de milliers d'adhérents, comment peut-on être crédible vis à vis de millions
d'électeurs ?
Enfin, il est temps de remettre en route une campagne nationale d'adhésion.J'en ai entendu un certain nombre siffler lorsque la proposition a été émise à l'occasion du dernier conseil national. J'en ai même entendu jouer
aux enchères (« 6 euros, 5 euros, ... etc »). Depuis, il semble qu'au plan national, il y ait eu beaucoup de défections. Eh bien, je vous invite à réfléchir et surtout à agir, à ne pas
avoir peur des nouveaux adhérents car ce sont eux qui feront le parti socialiste, ce sont eux qui participeront à nos campagnes (notamment municipales et cantonales de mars 2008), ce sont eux qui
représenteront le renouvellement. Si vous refusez ce principe aujourd'hui, alors cela signifie que le conseil national n'est devenu que la chambre de résistance face au mouvement de
rénovation qui traverse le PS mais aussi toute la gauche. Le conseil national serait-il devenu à l'image du Sénat ? Une vieille institution conservatrice qui est vouée à la
décrépitude.
F Hollande: le PS prêt à
approuver un renforcement du Parlement
29.10.07 | 11h45
Le Premier secrétaire du PS François Hollande a affirmé lundi sur France 2 que les socialistes étaient prêts à approuver tout ce qui peut
"renforcer les droits du Parlement" dans le projet de réforme des institutions.
"Tout ce que nous pouvons voter dès à présent, avant ou après les municipales, pour élargir les droits du Parlement, faisons-le", a déclaré
M. Hollande sur France 2, alors qu'Edouard Balladur devait remettre dans la matinée au président Nicolas Sarkozy le rapport sur cette réforme dont le calendrier d'adoption reste
incertain.
"Prenons ce qui fait consensus, uniquement les droits du Parlement, laissons le reste", a insisté le numéro un du PS.
"S'il ne nous est présenté que des réformes qui élargissent les droits du Parlement et des citoyens, et bien nous prendrons ces acquis. Si
en revanche il nous est proposé quelques timides avancées sur les droits du Parlement mais des confirmations sur le renforcement du pouvoir présidentiel, nous n'accepterons pas", a
précisé François Hollande devant la presse à l'issue d'un entretien à l'Elysée avec Nicolas Sarkozy.
"Il y a deux points qui nous paraissent inutiles, c'est la modification des articles 20 et 21 de la Constitution, c'est-à-dire un
renforcement des pouvoirs du président par rapport au Premier ministre ou ce qu'il en resterait, et, deux, (pour le président) d'aller venir devant l'Assemblée nationale et le Sénat à
tout moment et en toute circonstance et sans véritable débat", a souligné le patron du PS.
"Le Parti socialiste n'acceptera pas une réforme si elle est présentée comme étant la conclusion Balladur, c'est-à-dire une proportionnelle
qui n'est pas véritablement instillée, des droits du Parlement qui sont a minima (...) et un pouvoir présidentiel renforcé", a-t-il insisté.
"Je constate que toutes les avancées qui sont dans le rapport Balladur viennent du PS, et en revanche tous les approfondissements,
alourdissements du pouvoir présidentiel viennent de l'UMP", a également relevé M. Hollande.
"J'ai l'impression qu'à l'UMP tout fait problème (...) je laisse l'UMP à ses problèmes, nous, nous réglons les nôtres", a-t-il conclu en
faisant référence au nouveau traité europé
Je vous écris de Buenos Aires où je suis arrivée vendredi et où j’ai rencontré Cristina Kirchner, candidate favorite de l’élection présidentielle argentine. Ne soyez pas surpris par la
graphie de cette petite lettre depuis l’hémisphère sud : je l’ai tapée pour partie sur un clavier espagnol qui ne comporte pas les mêmes signes et, après transfert sur un “azerty”
francophone, les corrections laissent certainement à désirer ¡
Vendredi, donc, arrivée dans cette ville qui est vraiment l’une des plus belles du monde. Les valises sont restées à l’escale de Sao Paulo mais qu’importe ¡ Il faut savoir voyager
léger...
J’ai rendez-vous à 17 heures avec Cristina, dans sa résidence privée. Son avance sur les autres candidats est telle que tout le monde la donne gagnante, la seule question étant de savoir
si ce sera dès le premier tour ou a l’issue du second.
La campagne s’arrêtant le vendredi, Cristina a prévu de partir jusqu’à dimanche, jour du vote, en Patagonie, la région dont elle a été longtemps l’élue et dont son mari, Nestor Kirchner,
a été le gouverneur avant d’être Président de la République argentine. Là-bas, dans la ville de Calafete, a 3.500 km de Buenos Aires, elle a sa maison, ses bases.
Elle a repoussé son départ pour me recevoir et j’en suis très touchée.
Nous nous étions vues en février à Paris lorsque j’étais en campagne, nous avions surtout parlé de la France, je suis heureuse de lui rendre, dans son pays, cette politesse amicale. Cette
fois-ci, nous avons surtout parlé de l’Argentine dont je trouve le redressement économique spectaculaire et l’expérience politique de ces dernières années très intéressante dans un monde
en pleine recomposition.
Je suis curieuse de voir de plus près comment un pays plein de potentiel mais acculé à la faillite par le dogme du “consensus de Washington” a repris ses affaires en mains en
s’affranchissant de cette idéologie ultra-libérale et en redonnant à l’Etat un rôle d’impulsion et de régulation.
C’est un débat qui traverse aujourd'hui toute l'Amérique latine, majoritairement gouvernée à gauche. Des gauches différentes, bien sûr, qui sont loin d'être d’accord sur tout. Mais des
gauches qui, pour beaucoup, sachant bien que si le marché est un bon serviteur, il est un mauvais maître… Des gauches qui ont tiré les leçons des tentatives de passage en force des années
70 et des coups d Etat qui, sur fond de guerre froide, les ont noyées dans le sang. Des gauches qui ont montré qu’elles sont, plus que la droite, capable d’entraîner l’électorat centriste
et de nouer des alliances à vocation majoritaire.
Ces questions, des pays comme l’Argentine, le Chili où je serai demain, le Brésil et bien d’autres se les posent dans ce vaste sous-continent qui est un des laboratoires de notre
modernité. Elles nous intéressent directement car ce que nous vivons n’est pas simplement une époque de changements : c’est un changement d'époque. Le monde entier est à la recherche d’un
modèle de développement qui conjugue croissance économique, responsabilité et même investissement environnemental, réduction des inégalités et, à l'échelle de la planète, partage plus
équitable du pouvoir dans une perspective forcement multipolaire.
J’ajoute que l’Amérique latine s’illustre aussi, ces derniers temps, par l’accès au pouvoir de catégories qui en furent longtemps bannies : les femmes, les Indiens, les syndicalistes, les
militants de la “génération sacrifiée” victime de la répression des dictatures militaires. Et se pose, elle aussi, la question des formes que pourrait prendre son intégration régionale et
la question du rééquilibrage de sa relation avec les Etats-Unis.
Raison de plus pour aller y voir de près et retrouver Cristina à un moment privilégié où l’histoire est en train de se faire et où nous pouvons parler très librement.(...)
(...)J’ai repensé, en la quittant, à cette phrase de Borgès, immense écrivain argentin, dont j’avais emporté un livre et qui exprime “la conviction que le combat peut être une
fête”. Cela me va.
J’ai eu, depuis, d’autres passionnantes rencontres que je vous raconterai, notamment avec la Centrale des Travailleurs Argentins, une organisation syndicale indépendante, pluraliste,
combative, dont j’ai rencontré la direction nationale, aguerrie dans les années de lutte contre la dictature. Leur démarche d’affiliation individuelle des travailleurs précaires et de
ceux de l’économie informelle, très développée en Argentine, m’a paru extrêmement intéressante mais je vous raconterai tout ça un eu plus tard car là, j’ai rendez-vous avec les Mères de
la Place de Mai.