"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas,
ce que nous avons commencé ensemble,
nous allons le continuer ensemble"
- le 17 mai à la section du Havre (9rue Georges Braque ) de 14h à 17h
« Le Parti socialiste doit intégrer toutes les
nouvelles formes de militantisme et d’engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la
discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ? »
-le 24 mai à la section du Havre (9rue Georges Braque ) de 14h à 17h
richesse ?
à la Maison de la Lombardie, 50 rue Leverrier, sur les Hauts de Rouen
je vous souhaite la bienvenue sur ce site participatif. Il répond à l'initiative que nous avons lancée, en vue du Congrès du Parti socialiste, pour lancer un débat de qualité, serein, utile aux Français. Je compte sur vous pour le faire vivre et apporter vos idées. Elles nous permettront de composer une belle contribution dont nous serons toutes et tous co-auteurs !
Ségolène Royal
Par Charles Fiterman, ancien ministre.
QUOTIDIEN : lundi 1 octobre 2007
L’attaque virulente lancée par Lionel Jospin à l’encontre de Ségolène Royal constitue une faute politique majeure.
Faute de méthode d’abord. Lionel Jospin veut écarter la candidate socialiste de 2007 de l’avant-scène politique et de la candidature en 2012. Il devrait savoir, puisqu’il dit la connaître, que l’agression va plutôt l’inciter à vouloir relever un défi aussi provocant. Il va rendre plus difficile un examen critique collectif sérieux de ce qui s’est passé, et obliger à des prises de distance avec la parole inconvenante du maître à penser qu’il veut être. A vouloir juger des capacités de quelqu’un à l’aune d’un résultat électoral, il prend un terrible risque, car la comparaison entre 2002 et 2007 ne plaide certes pas en sa faveur. Comment comprendre un tel aveuglement ?
Faute sur le fond surtout. Ce qui a manqué et ce qui manque encore au Parti socialiste, c’est avant tout un projet politique fondé sur ses valeurs et inscrit dans le XXIe siècle, capable de constituer ainsi une alternative mobilisatrice à la politique de la droite. Un travail avait été engagé dès 1994 en vue de construire à gauche un tel projet sous le label des «assises de la transformation sociale». Or Lionel Jospin qui a d’abord pris appui sur cette initiative l’a par la suite fait interrompre et n’a jamais depuis ni permis ni favorisé sa reprise.
Il a fait perdre une douzaine d’années à son parti et à la gauche tout entière. Il s’est contenté de quelques interventions personnelles et a laissé sans réponse pertinente en 2002 le besoin de proposition d’une véritable perspective politique, ce qui est la cause centrale de la défaite. Il a voulu en 2001 une inversion du calendrier électoral qui a donné le résultat que l’on sait et qui a accentué la présidentialisation et la personnalisation du système politique, favorisant toutes les dérives médiatiques de la campagne de 2007.
Pour ces raisons, je considère Lionel Jospin comme le premier responsable du déficit de projet dont souffre aujourd’hui le Parti socialiste. Cherche-t-il à le faire oublier avec une diversion grossière ? Et puis, il y a la faute de savoir vivre ensemble. C’est peut-être la plus irrémédiable.
En 2002, le projet rassembleur fait défaut, la gauche plurielle se délite, Lionel Jospin perd… et il s’en va. Le peuple de gauche lui a manqué, il n’a pas su reconnaître ses mérites. Lionel Jospin regrette très vite son départ et passe les années qui suivent à tenter d’organiser son retour, en faisant peser sur le parti son ombre tutélaire. Et voilà qu’une «moins que rien» surgie de nulle part se lance dans le vide existant et se fait désigner candidate, s’octroyant au surplus le droit de faire l’inventaire de l’héritage de son prédécesseur.
Pour couronner le tout, le premier secrétaire, sollicité, ne lance pas l’appel au retour du partant d’hier. Une telle outrecuidance ne pouvait rester sans suite. Lionel Jospin remâche son ressentiment et se venge. On ne peut que s’interroger sur les ressorts d’une attitude aussi affligeante. Elle n’aura pour seul effet que d’enfoncer définitivement Lionel Jospin dans l’impasse qu’il a lui-même choisie.
Tournons la page et passons, comme nous y a appelé François Hollande à La Rochelle, au travail d’élaboration d’un projet politique porteur des changements attendus par le pays et d’un parti libéré de ses entraves, capable de réaliser autour de lui un rassemblement victorieux. L’avenir est ouvert.
publiée dans le Monde du 2 octobre
Paris, le 27 août 2007, Conférence des ambassadeurs. Abordant l’épineuse question de la Turquie, Nicolas Sarkozy tient des propos qui, dans sa bouche, prennent une résonance singulière. « La France ne s’opposera pas à ce que de nouveaux chapitres de la négociation entre l’Union et la Turquie soient ouverts » dit-il devant une assistance médusée.
Le refus de l'entrée de la Turquie dans l’Union semblait pourtant réglée. Association oui, adhésion non : Nicolas Sarkozy en avait fait une question de principe, lors de notre débat. Quelques mois plus tard, frappé par un principe de réalité jusqu’alors soigneusement nié, il dessine une perspective radicalement différente. La fermeture qu’il prônait se voit du jour au lendemain disqualifiée. On pense même à supprimer le referendum obligatoire préalable à une éventuelle adhésion. Pour la Turquie, tout redevient possible !
Ce revirement n’est pas isolé. 14 Juillet 2007 : les principales forces politiques libanaises dont le Hezbollah sont invitées à dialoguer à la Celle Saint Cloud, dans la résidence du ministre des Affaires étrangères. « Le Hezbollah est un acteur politique important au Liban. Il est l’une des composante du dialogue national et à ce titre, il est invité aux rencontres inter-libanaises » affirme ce jour là le porte-parole de l’Elysée. Oubliée la déclaration de Nicolas Sarkozy lors du forum de l'ump du 12 décembre 2OO6 à propos d'une candidate qui avait rencontré la commission des affaires étrangères du liban en présence de l'ambassadeur de France et dans laquelle ne siégeait qu'un seul député du Hezbollah :"le fait d'être un élu ne suffit pas pour discuter. Hitler avait été élu, ça n'en fait pas un interlocuteur respectable et responsable". La polémique fut entretenue une bonne semaine : faute lourde, inexcusable, inqualifiable, méconnaissance des questions internationales, et pour tout dire, incompétence.
Et que dire du dossier iranien et de l'accès à la filière nucléaire qui inclut la maîtrise de l'enrichissement de l'uranium ? Je m'y suis toujours opposée tant que les garanties de contrôle n'étaient pas apportées. Aujourd'hui, faute de n'avoir pas défendu cette attitude préventive et responsable, on nous exhorte par la voix du ministre des affaires étrangères à « nous préparer au pire », à la guerre, ne faisant d'ailleurs que traduire l'incroyable déclaration de Nicolas Sarkozy devant les ambassadeurs, évoquant une alternative menaçante entre « la bombe iranienne ou le bombardement de l’Iran ». Le texte intégral ici
Haro sur Ségolène ! Voilà ce qui semble être le maître mot de certains socialistes qui sortent tour à tour des livres anti-Ségo pour expliquer la défaite du PS à la présidentielle. Leur conclusion est pour tous la même : Ségolène n’était et ne sera pas la bonne candidate pour gagner.
Peu leur importe, car ils n’y pensent pas, que du même coup ils relèguent au rang de débiles profonds ceux qui ont eu l’audace de la choisir pour porter un Parti socialiste en manque d’idées. En gros ils leur déclarent, à ces pauvres électeurs déficients, par livres interposés : « Vous n’avez pas été au niveau, vous avez manqué de clairvoyance ! »
Ont-ils oubliés qu’un capitaine, que son ego a étouffé et qui n’a pas supporté un certain échec d’avril 2002, a préféré quitter le navire, laissant du même coup à son équipage le soin de colmater les fissures ? Sans Ségolène y aurait-il eu plus de 17 millions de voix derrière le PS ? N’a-t-elle pas eu le courage de vouloir remettre sur les rangs un PS qui faisait figure de conservatisme dépassé en montrant qu’il fallait revoir certaines idéologies que tout le monde sentait déjà désuètes et inadaptées au monde réel ?
Car le Parti est bel et bien en manque d’idée ! C’est un fait. Bertrand Delanoë n’a-t-il pas lancé sur son blog de pré-municipales un appel aux idées pour son Paris à venir ? A croire que 6 ans aux commandes de notre belle capitale l’ont abattu à ce point qu’il ne sait déjà plus comment appâter le manant. Ségolène appelait cela de la démocratie participative. Lui appelle cela l’expression démocratique. Le français aime la rhétorique, la sémantique. Mais le fond est le même. Parlez-nous de vous et nous porterons vos idées !
En ce sens déjà les Français peuvent remercier madame Royal d’avoir mis un coup de pied dans la fourmilière en décrépitude qu’est le Parti socialiste. La preuve en est que ces ténors anti-Ségo reprennent ses modes de fonctionnement et de modernisation, soit l’écoute de la voix du peuple. Car cette dernière ne vient pas des énarques, elle surgit de son terreau le plus profond, de ceux qui gagnent moins de 4 000 euros par mois. Ces fameux 4 000 euros que monsieur Hollande considère comme riches sans savoir ce qu’est une charge locative, ni même le nombre d’enfants à élever avec ce salaire à deux ! Imagine-t-il que l’on peut se serrer la ceinture pour faire grandir 3 enfants avec 3 500 euros par mois sans être propriétaire de son logement ? Se demande-t-il comment les couples, les familles font pour boucler les fins de mois ?
Je pose la question à ce donneur de leçons qu’est ce capitaine qui s’est vite débiné au soir du 21 avril 2002. Pourquoi cher monsieur Jospin avez vous mis en route les 35 heures au moment du passage à l’euro ? Comment vous qui savez tout, qui connaissez tout et qui avez réponse à tout n’avez pas pu percevoir, voire imaginer, l’augmentation des prix qui allait s’ensuivre ? Vous qui pendant votre législature avez continué à nier l’augmentation des prix ? Vous que cette mesure des 35 heures a amené à voir nos salaires gelés voire indexés sur le nombre d’heures à effectuer ? Nous avons vu, nous salariés, émerger la notion de travail effectif ! Avec le recul le peuple français peut dire que vous avez manqué de clairvoyance, vous savez cette qualité qui normalement fait les grands hommes ! Cette qualité vous fait défaut.
Voilà la première victoire de cette femme que tous veulent déjà enterrer. Elle a voulu replacer le Français moyen au centre du discours.
Le PS pendant le quinquennat de Jacques Chirac, pour exister sans programme, sans projet, s’est fait l’avocat du contre tout. Le non-non est devenu sa marque de fabrique, sans réflexion. Les idées des autres étant toujours négatives. Mais quelles sont donc les idées de la gauche ? Quelles sont les solutions ?
La gauche a besoin d’une figure. Ségolène Royal donnait à rêver. Pourquoi au lieu de vous acharner contre elle, ne vous rangez vous pas derrière elle, pourquoi ne l’aidez-vous pas à devenir celle, parce que le peuple français au fond l’aime bien, qui pourrait porter haut le drapeau d’une France en mouvement, avide d’espérance ? Mais au lieu de cela, vous préférez tirer sur l’ambulance. Méfiez-vous, car c’est bien l’ambulance qui seule peut vous amener jusqu’aux urgences...
Cette nouvelle donne pose trois séries de problèmes fondamentaux.
Tout d'abord, des problèmes d'ordre éthique. En effet, l'utilisation de tests ADN pour savoir si un enfant peut venir ou non rejoindre un parent en France pose d'emblée cette question : depuis quand la génétique va-t-elle décider de qui a le droit ou non de s'établir sur un territoire ? Au-delà, depuis quand une famille devrait-elle se définir en termes génétiques ? Sont père ou mère les personnes qui apportent amour, soins et éducation à ceux et à celles qu'ils reconnaissent comme étant leurs enfants.
Ensuite, cet amendement fait voler en éclats le consensus précieux de la loi sur la bioéthique qui éloignait les utilisations de la génétique contraires à notre idée de la civilisation et de la liberté. Enfin, cet amendement s'inscrit dans un contexte de suspicion généralisée et récurrente envers les étrangers qui en vient désormais à menacer le vivre ensemble. Car tout le monde s'accorde à dire que la fraude au regroupement familial ne peut être que marginale au regard des chiffres d'enfants annuellement concernés et au regard de l'absence de raison substantielle qu'il y aurait à frauder dans ce domaine. En effet, quelle étrange raison pousserait les immigrés à faire venir massivement dans notre pays des enfants qu'ils sauraient ne pas être les leurs ? Autrement dit, l'amendement instaurant les tests ADN n'a pas pour fonction de lutter contre une fraude hypothétique mais bien de participer à cette vision des immigrés que nous récusons avec force.
Nous sommes donc face à un amendement qui, sur les plans éthique, scientifique et du vivre ensemble, introduit des changements profondément négatifs. C'est pourquoi nous, signataires de cette pétition, appelons le président de la République et le gouvernement à retirer cette disposition, sous peine de contribuer, en introduisant l'idée que l'on pourrait apporter une réponse biologique à une question politique, à briser durablement les conditions d'un débat démocratique, serein et constructif sur les questions liées à l'immigration.
Mauroy dénonce le "réquisitoire sévère"
de Jospin contre Ségolène Royal
LILLE (AFP) — L'ancien Premier ministre socialiste Pierre Mauroy a dénoncé jeudi le "réquisitoire sévère" de Lionel Jospin contre l'ex-candidate du
PS à la présidentielle Ségolène Royal, tout en précisant qu'il ne "participait pas à ce genre d'attaque en règle".
"Pourquoi avoir écrit tout cela ?" s'est interrogé le président de la communauté urbaine de Lille lors de sa conférence de presse de rentrée, au sujet de "l'Impasse", le livre de M. Jospin paru le 24 septembre.
"Il a pris un ton, c'est (celui d') un procureur, il la juge dans son ensemble, mais aussi en particulier. C'est un réquisitoire sévère (auquel) je ne participe pas", a poursuivi M. Mauroy.
Interrogé sur l'échec de la gauche à l'élection présidentielle, le sénateur du Nord et ancien Premier ministre de François Mitterrand est également revenu sur la campagne menée par l'ex-candidate du PS, qu'il avait soutenue.
"Incontestablement, Ségolène a apporté quelque chose de nouveau. Elle a quand même rassemblé 17 millions de Français et je ne sais pas comment ces 17 millions réagissent en entendant ces critiques", s'est demandé Pierre Mauroy.
"Peut-être que l'assemblage n'a pas été parfait notamment avec le parti socialiste. Mais la seule campagne parfaite est celle du vainqueur" a-t-il concédé.
Dans son livre, Lionel Jospin juge notamment que la candidate PS était une "illusion" et la "moins capable de gagner".
Le Club de l’Hyper-République a décerné mercredi 3 octobre à Issy-les-Moulineaux leur trophée lors du forum mondial de la e-démocratie à la plate-forme de démocratie participative desirsdavenir.org. Ce trophée récompense chaque année une personnalité, un projet ou une réalisation dédié à la démocratie électronique en France.
Désirs d’Avenir a été le fer de lance de la candidature de Ségolène Royal pendant la campagne des primaires socialistes, avant de devenir le site de campagne de la candidate aux élections présidentielles. Cette expérience, lancée en février 2006, a été l’une des plus abouties de démocratie participative menée à l’échelle d’un pays : 165 000 contributions, 3 millions de participants, 6 000 réunions physiques, etc.
Pour conduire cette entreprise innovante, il a fallu expérimenter de nouvelles pratiques politiques, modifier profondément la culture militante au sein du Parti Socialiste, inventer des outils, des pratiques et des méthodologies en matière de débats participatifs en collaboration avec des chercheurs et des praticiens de la « démo part ». La plate-forme Désirs d’Avenir a innové en particulier sur deux points : la mécanique participative qu’elle a mise en place à une grande échelle et le recours aux vidéos sur des formats très divers. Sur Désirs d’avenir cela a été par exemple le suivi des interventions de la candidate, le Zapping quotidien de la campagne, la déclinaison des 100 mesures du Programme en vidéo, des reportages de terrain, des documentaires sur les coulisses de la campagne, etc.
Le CCNE, qui a été saisi en urgence par un sénateur et à titre consultatif, mercredi, regrette "que des questions aussi importantes (...) fassent l'objet de procédures en urgence". Il estime que "l'inscription dans la loi d'une identification biologique réservée aux seuls étrangers (...) conduirait furtivement à généraliser de telles identifications génétiques, qui pourraient se révéler à terme attentatoires aux libertés individuelles".
Le Conseil attire par ailleurs l'attention "sur la dimension profondément symbolique (...) de toute mesure qui demande à la vérité biologique d'être l'ultime arbitre dans des questions qui touchent à l'identité sociale et culturelle".
S'il prend acte des amendements successifs qui ont permis, lors des débats, de mieux prendre en compte la notion de famille "telle que définie dans le droit français", le CCNE craint que "l'esprit de ce texte ne mette en cause la représentation par la société d'un certain nombre de principes fondamentaux."
NOUVELOBS.COM | 05.10.2007
Le gouvernement Fillon appuyé par le président de la République a préféré laissé voter un amendement à peu prés inapplicable tant il est confus mais qui ouvre des brèches très claires sur l’encadrement juridique de la maîtrise des flux migratoires. Par pure volonté d’affichage et de musculation sécuritaire. Sans doute pour récupérer une partie de l’influence dans l’opinion que la conjoncture économique est en train de lui faire perdre.
Ce cynisme politicien là est coupable. Si personne ne se fait aujourd’hui l’avocat d’une totale liberté d’aller et venir aux frontières de l’Union Européenne, si tous les partis admettent que la régulation des flux migratoires est une nécessité et une tâche difficile, il ne faut pas compter sur nous pour approuver dans la foulée l’adoption d’une batterie de dispositifs qui priverait les seuls migrants des droits fondamentaux de la personne humaine.
Et ce ne sont pas là des paroles verbeuses et angéliques. On est sur ce chemin lorsqu’il est envisagé de refuser aux sans papiers l’accès aux foyers d’hébergement d’urgence. Ou lorsque le ministre Brice Hortefeux fixe aux préfets non plus des missions de contrôle mais des objectifs chiffrés de reconduite à la frontière ouvrant la voie aux rafles collectives. Le rapport de la Cimade, rendu public jeudi, liste toute cette avalanche de privations ou d’édulcoration des droits élémentaires. Objectif : donner le sentiment aux étrangers en situation bancale, célibataires ou en famille, qu’ils sont traqués. Qu’ils n’ont plus le choix qu’entre la valise ou l’enfer.
Cette vision statistique et anonyme de la réalité migratoire n’est pas la nôtre. On ne peut pas regarder ces hommes et ces femmes comme des ombres qu’il faut balayer. L’infraction au séjour est certes un délit mais cela ne fait pas des contrevenants des criminels. Des bandits qui devraient, comme dans les grandes affaires pénales, être soumis au scanner de l’empreinte génétique. Chacun d’entre eux a droit à une procédure individuelle assortie de recours.
Que Monsieur Hortefeux se souvienne que, dans ce pays, une dizaine de millions de nos concitoyens sont d’origine étrangère. Que sans doute une bonne partie a voté Sarkozy le printemps dernier mais qu’ils ont aussi de la mémoire. Beaucoup se souviennent que lorsque leurs parents, leurs grands parents, leurs aïeuls sont arrivés d’Italie, d’Espagne ou d’Europe centrale, ils n’avaient pas tous, loin s’en faut, des passeports nickels. Ou même le moindre papier. Cette mémoire là est aussi une part non négligeable du code génétique de nos concitoyens. GM
Evènements au Vert Bois :
de la stupéfaction à la colère devant l’abandon du quartier
A Minuit, devant la MJC au rez de chaussée incendiée, aux vitres éclatées, il n’y avait pas grand monde autour du directeur de la MJC, des membres de son équipe. Il y avait la police et la gendarmerie d’ici, abasourdies.
Alors que le quartier avait retrouvé son calme, au creux de la nuit nous étions quelques uns, désarmés, les bras ballants, devant l’incroyable : des jeunes du quartier avaient attaqué le seul bâtiment du Vert Bois à la fois synonyme d’ouverture, d’épanouissement par les arts et le sport et de dialogue intergénérationnel. Le sentiment d’abandon était là, comme une gifle sur la figure.
Aucun élu de la Ville, pourtant réunis en conseil municipal, n’est venu cette nuit dans le quartier. Le Maire(UMP) s’est arrêté au Commissariat de Police pour une « cellule de crise » avec le Préfet dont il est ressorti la même riposte inadaptée : appeler des renforts de CRS. C’est une coutume : quand une tension se manifeste au Vert Bois, les élus sont absents. Sentiment d’abandon encore.
Lorsqu’il était Ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy est venu à St Dizier, promettre un renforcement des effectifs de police et le classement du commissariat en zone sensible. On attend toujours que les promesses se concrétisent. Sentiment d’abandon toujours … et de non respect de la parole de l’Etat par lui-même. Sentiment d’abandon renforcé par la nette impression que les actes d’incivilité commis par les jeunes en cause ne sont pas sanctionnés comme ils devraient l’être.
Sentiment d’abandon enfin, quand il se confirme que la descente un récent samedi après midi, sur le commissariat de St Dizier, d’une bande de jeunes, doit rester officiellement cachée, alors que tout le monde en a maintenant entendu parler. Les autorités ont-elles peur de la mise en évidence que leurs promesses n’ont pas été tenues ?
Le Vert Bois, avec ses 12 000 habitants, serait la 3ème ville de Haute-Marne s’il était une commune autonome. Pas de Mairie annexe, pas de bureau de police, plus d’équipement sportif d’importance, disparition des évènements festifs populaires dont les anciens ont encore le souvenir … seule la MJC porte encore, avec courage, un message d’avenir.
Alors aujourd’hui, parce que les évènements de la nuit ont passé la rampe des journaux télévisés, Mme Alliot Marie nous rend une visite compassionnelle, surfant – comme c’est le style de ce gouvernement – sur l’émotion légitime. C’est le Maire qu’on aurait voulu voir cette nuit.
Ce que nous voulons ce sont des effectifs de police renforcés en permanence, à la hauteur des besoins, pas des escadrons de CRS qui vont et viennent et surtout mettent la pression sur la population sans faire de travail de fond. Et c’est le classement du commissariat en zone sensible. Pas difficile : il suffit de le vouloir Mme le Ministre.
Ce que nous voulons surtout c’est un vrai projet pour le Vert Bois, c’est un vrai projet de cohésion de toute la Ville, ce sont pas des contrat de site sans suite, des contrats de cohésion sociale qui conduisent à renoncer à ce chaque immeuble n’ait son gardien. C’est un vrai projet urbain et pas la dépossession de l’OPHLM au profit de l’Effort Rémois.
Ce que nous voulons c’est la paix civile, c’est réussir ensemble à Saint-Dizier.
Alors M. Cornut Gentille, aujourd’hui reconstruisez vite la MJC, soutenez pleinement son équipe et surtout venez installer votre Mairie ici à Saint-Dizier le Neuf pour toute l’année qui vient. Nous avons besoin de la solidarité active de tous, par delà les clivages, parce qu’il faut refaire société.
Le haut commissaire aux solidarités actives et ancien président d'Emmaüs Martin Hirsch a estimé, vendredi 5 octobre, que le dispositif, voté dans la nuit au Sénat, qui vise à exclure les sans-papiers de l'hébergement d'urgence "n'est pas acceptable". "Les centres d'hébergement doivent être là pour héberger ceux qui en ont besoin", a déclaré Martin Hirsch sur Europe 1, jugeant que "le texte, tel qu'il a été voté, pose problème".
L'ancien président d'Emmaüs a ajouté s'être "entretenu avec Brice Hortefeux pour trouver une solution", précisant : "On va se concerter pour trouver autre chose qu'un système qui serait discriminatoire", et qui rendrait "le travail des associations impossible, ou plus difficile, ou contradictoire".
COLÈRE DES ASSOCIATIONS CARITATIVES
M. Hirsch, qui s'était déjà élevé contre le recours aux tests ADN pour les demandeurs de regroupement familial, a confié : "Je serai à l'aise quand on aura trouvé une solution."
L'article incriminé a été introduit par les députés lors du passage du texte à l'Assemblée nationale et a suscité la colère des associations caritatives, dont la Fondation Abbé-Pierre, Emmaüs et SOS-Racisme. Les sénateurs, qui l'avaient dans un premier temps supprimé en commission, se sont contentés, dans la nuit de jeudi à vendredi, de le modifier en changeant de place certains termes, s'attirant les critiques de la gauche. Laurent Fabius a notamment jugé le dispositif "absurde", alors que le sénateur socialiste Louis Mermaz a refusé de "rentrer dans ces manœuvres qui aboutissent à un texte tortillé qui peut être pris dans tous les sens".
Le gouvernement s'est félicité vendredi de l'adoption par le Sénat du projet de loi sur "la maîtrise de l'immigration"."en l'état". Mais le Parti socialiste ne désarme pas et a annoncé qu'il saisirait le Conseil constitutionnel si le texte était définitivement voté
LEMONDE.FR | 05.10.07

En adoptant aux petites heures de vendredi le projet de loi Hortefeux sur la maîtrise de l'immigration, et en particulier l'amendement revu et corrigé, mais finalement maintenu dans son principe, du recours aux tests ADN pour les candidats au regroupement familial, les sénateurs, après les députés, ont fini d'esquisser le visage le plus inquiétant de la France. S'il advenait que ce texte soit maintenu au sortir de la commission mixte paritaire prévue le 16 octobre, alors il faudra acter que notre pays a fait litière de son histoire et de sa géographie au détriment des étrangers.
Admettre que la famille ne vaut que par le lien biologique établi entre ses membres, considérer que seul le sang donne son sens et sa validation à la stricte parenté entre une mère et ses enfants, c'est nier la différence des autres. C'est nier l'existence de cultures singulières ou fermer les yeux sur les drames de contrées à fléaux qui font qu'un enfant peut ne pas être élevé par sa mère. Que des demi-frères ou demi-soeurs peuvent être des fils et des filles à part entière dans le coeur d'une femme qui ne les a pas enfantés.
Il n'est que de lire les réactions blessées de nombre de responsables africains pour mesurer combien cette tentative dommageable de tri dans les familles, outre la suspicion de fraude a priori qu'elle suggère, risque de couper la France de ses meilleurs amis. Réservée aux étrangers, la traque de l'enfant illégitime n'est pas seulement contraire au droit fixé par la loi de bioéthique, qui limite la recherche de la signature génétique à des fins médicales ou judiciaires. Il y a de la haine dans cette course à l'ADN, de la haine des autres, de la haine de soi. On ne se respecte pas quand on manque ainsi d'humanité. A gauche, mais aussi à droite, des voix s'élèvent contre cet amendement, se mêlant aux voix des Eglises et du Conseil national d'éthique. On aimerait que la représentation nationale les entende. Sauf à miser sur le Conseil constitutionnel pour préserver notre législation de repoussantes dérives.









