Pour Jean Claude Alt, membre du Bureau exécutif d’Amnesty International France, « cette manifestation est essentielle, car elle permet de montrer via les médias, que la France se
mobilise. La situation risque d’empirer, et il faut à tout prix que cette répression cesse afin d’éviter un nouveau bain de sang comme en 1988 ». En effet, selon certains militants, la
situation est critique : les premières déportations et exécutions auraient commencées.
Le Premier Ministre birman en exil, Sein Win (qui a été reçu dans la matinée à l’Elysée), et Jane Birkin, très
engagée dans cette lutte ont réaffirmé leur soutien aux moines et à Aung San Suu Kyi, retenue dans sa propriété en Birmanie. Ségolène Royal a aussi répondu à
l’invitation de plusieurs associations.
On peut
lire dans la foule plusieurs slogans dénonçant le pouvoir birman : « Arrêter de massacrer le peuple ». La France et son ministre des Affaires étrangère n’est pas épargnée : « Kouchner, où
est ton ingérence humanitaire en Birmanie ? ». Beaucoup attendent ainsi un geste fort de la communauté internationale et de la France. Pour l’actrice Philippine Leroy-Beaulieu, «
il faut sanctionner la Chine qui est derrière tout cela. Leur talon d’Achille : ce sont les Jeux Olympiques de 2008. Il faut que le boycott s’impose. C’est un bon moyen de pression. » Et
l’actrice souligne que « la France doit se mobiliser, car longtemps, on a trop peu parlé du problème birman ».
Car en effet, la Birmanie est depuis une dizaine d’années dans une situation préoccupante. JC Alt rappelle que depuis 1988 le régime militaire bafoue les droits de l’homme : « Les aveux sous la torture, l’emprisonnement de près d’un millier de personnes, l’absence de liberté d’expression, et l’embrigadement d’enfants soldats –La Birmanie est le premier pays du monde en nombre d’Enfants Soldats- perdurent depuis plusieurs décennies ». Bien souvent, ce dramatique état des lieux n’est pas ou peu connu.
« L’ONU est appelée à dénoncer la situation en Birmanie, et le conseil de sécurité doit être ferme. La Chine doit se positionner. » martèlent les militants d’Amnesty International.
Philippine Leroy-Beaulieu conclut : « la société birmane tout entière repose sur les moines et la religion. Les attaques récentes faites aux religieux sont plus qu’inquiétantes. C’est toute la structure de la société qui est en train d’être fragilisée. Les moines quittent les temples de peur d’être arrêtés. ».


