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Lundi 17 septembre 2007

Betapolitique
Parti socialiste
refondation de la gauche | 17 septembre 2007 |
par Zoé Castillex

C’est l’information du jour. Elle fait la une des télévisions et des journaux. Lionel Jospin verse sa bile.

Ségolène Royal était une illusion, une impasse, "la moins capable de gagner".

Le plan de communication est superbement orchestré : le livre ne sort que dans une semaine (il n’est donc pas possible de lui répondre), et pendant une semaine, il va saturer l’espace médiatique alors même que personne ne l’a lu.

Des extraits circulent cependant. Qui montrent l’inanité de la démarche.

Passons rapidement sur le reproche facile qui pourrait être fait à l’homme du 21 avril. Il a perdu par arrogance. Il s’est retiré de la vie politique par arrogance. Il a planté durablement son parti. Il a gêné la recomposition par ses calculs et ses manoeuvres visant à se relettre en selle. Et aujourd’hui il dézingue celle qui a nui à ses projets et empêche à nouveau le parti d’engager sa renfondation : les querelles de personne et les attaques ad hominem vont de nouveau prendre le pas sur le travail de fond, la recherche du diagnostic et la construction d’une vision.

C’est son choix. On le lui laisse.

Plus grave, c’est l’archaïsme et la stérilité de pensée qui semblent caractériser cette analyse. Tout est donc de la faute de Ségolène Royal. Elle aurait gâché par sa nullité une victoire imperdable (ça ne vous rappelle rien ?).

Il n’y aurait donc rien à réformer à gauche ? On ne se serait pas coupé des aspirations des Français ? On n’aurait pas pris un retard considérable dans la construction d’un parti de combat et dans l’importation des méthodes de travail (ah si, mais c’est la faute de Ségolène Royal qui "n’a pas su mettre de l’ordre au parti socialiste".). On n’aurait pas eu, notamment dans le premier cercle de Lionel Jospin, de véritables trahisons. On n’a pas vul Allègre au petit matin, en lunettes noires, se faufiler comme un voleur hors du siège du candidat UMP ? On n’a pas vu l’ancien directeur de cabinet du Premier ministre trahir son propre camps ? On n’a pas véhiculé des archaïsmes et des idioties auxquelles même les militants aguerris ne croyaient plus ? Non, c’est la faute de la candidate.

On n’a pas laissé le Parti socialiste vivoter avec des procédures d’un autre âge ? On n’a pas fait un programme de consensus tiède, avant de demander à trois candidats de se déchirer pour savoir qui s’en éloignerait le mieux, puis d’imposer à l’élue la tâche de défendre quand même ce programme ? On n’a pas organisé le théâtre de la division à six mois de l’échéance ?

On n’a pas raté la réflexion sur la mondialisation ? On n’a pas échoué à trouver une offre probante pour financer les retraites, retrouver l’esprit de l’internationale quand la mondialisation broie les conditions de travail des plus fragiles ? On ne s’est pas emmuré dans une politique industrielle stérile pendant que les Allemands restructuraient complètement leur stratégie d’importations et d’exportations ?

On n’a pas continué à marginaliser les jeunes, les entrepreneurs, les idées neuves au sein du parti ?

Et aujourd’hui, on n’a rien de mieux à faire que d’apporter à Bertrand Delanoë un soutien dont il se passerait bien ? On a raison de percuter sa campagne municipale pour en faire un apparatchik ? On a raison de clore le débat idéologique pour pousser des alliances, des amis, des réseaux ?

Et vous Monsieur Jospin, tout à vos manoeuvres d’ancien trotskyste, vous n’y êtes pour rien dans ce foutoir ?

Désolé M. Jospin, mais en 2002 et en 2007, ce n’est pas la gauche qui a perdu, c’est une façon de faire de la politique. Et vous venez d’en apporter la meilleure illustration.

par Yvon GRAIC publié dans : sur le Net
Lundi 17 septembre 2007

Les attaques de Jospin contre Ségolène Royal
sèment l'émoi chez les parlementaires PS

PARIS, 17 sept 2007 (AFP) - Les vives attaques de Lionel Jospin contre "l'illusion" Ségolène Royal ont semé le trouble lundi chez les parlementaires socialistes réunis à Paris, la plupart, à l'instar du patron du parti, François Hollande, appelant à en finir avec "les querelles de personnes".
Libération a publié lundi des extraits du livre de l'ancien Premier ministre intitulé "L'Impasse" (à paraître le 24 septembre chez Flammarion) dans lequel il juge que la candidate PS à la présidentielle était une "illusion" et la "moins capable de gagner".
"Les questions de personnes aujourd'hui doivent être mises de côté. On a perdu trois présidentielles de suite. C'est suffisamment grave pour" qu'on se mette en ordre de bataille "pour maintenant être capable de les gagner", a déclaré M. Hollande à son arrivée à la journée parlementaire PS, organisée à Paris.
"La rénovation du parti, ce ne sont pas seulement des règlements de compte entre amis, des amertumes qu'on ressasse", a réagi le président du groupe PS à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault, en regrettant que ces "polémiques" ne "facilitent pas le travail des socialistes".
"Si tous les mois, on remet un euro dans la machine, on ne va pas s'en sortir. C'était une parole qui était attendue, elle est connue. Ce n'est pas Ségolène Royal seule qui explique qu'on ait perdu. Si on devait s'arrêter à cela, ce serait une contribution incomplète", a estimé Benoît Hamon, secrétaire national du PS.

Plus virulent, Arnaud Montebourg a dénoncé des "déballages" et "histoires d'orgueil". "Je ne comprends pas cette maladie des socialistes à s'autodétruire. Je regrette que Lionel Jospin ait lui aussi fait son livre, il y en avait déjà assez", a-t-il dit.
Proche de Dominique Strauss-Kahn, ancien rival de Mme Royal, Jean-Marie Le Guen a regretté des propos "exagérés" et "totalement inopportuns" de la part de M. Jospin. "C'est une erreur de focaliser trop sur la responsabilité de la candidate" plutôt que de s'atteler à "rénover le logiciel".

La députée Delphine Batho, qui a succédé à Mme Royal dans les Deux-Sèvres, a dénoncé "l'aigreur" qui a "guidé la plume" de Lionel Jospin. "Plutôt que de la violence, je sens de l'aigreur ainsi qu'une conception aristocratique de la vie politique", a réagi Mme Batho.
"Peut-être que ça éclaire aussi les Français sur les difficultés qu'a eues la candidate pendant la campagne présidentielle. Les divisions nous ont fait mal", a-t-elle ajouté.
"Tout ce que Jospin a pu dire se résume malheureusement en un seul mot: l'aigritude", a renchéri Gaétan Gorce, lui aussi proche de Mme Royal. "Il faut sortir de l'amertume. Ce genre d'expression fait mal à toute la gauche. Je me mets à la place de tous ceux qui peuvent découvrir ce genre de déclarations ce matin et qui doivent être complètement accablés. Il faut un changement radical des pratiques et des équipes", a insisté le député de la Nièvre.
Ancien directeur de campagne de la candidate, Jean-Louis Bianco a regretté des paroles "dictées par le fiel et la rancoeur" qui vont "nous faire perdre du temps dans le travail de la rénovation du PS". "Celui qui n'a pas été capable d'être présent au second tour en 2002 n'est pas forcément le mieux placé pour donner des leçons", a-t-il lâché.
"On ne peut pas rester à cette explication +2002, c'est la faute des autres+ et +2007, c'est la faute de la candidate+", a estimé Jean-Jack Queyranne, autre proche de Mme Royal.
frd/so/dv


21 Avril 2002........

Jospin: les proches de Ségolène Royal regrettent
un livre dicté par la "rancoeur" et "l'aigritude"

PARIS (AP) - Les proches de Ségolène Royal sont montés au créneau lundi pour défendre l'ancienne candidate, prise pour cible par Lionel Jospin dans son livre "L'Impasse", dont "Libération" publie des extraits. Un brûlot qu'ils ont mis sur le compte de "l'amertume", de "la rancoeur", voire de "l'aigritude".

"A un moment où le parti est au travail, je trouve vraiment dommage qu'on revienne dans des règlements de comptes, des paroles qui sont manifestement dictées par le fiel", "la rancoeur", "l'aigreur" et "l'amertume", a regretté Jean-Louis Bianco, ancien directeur de campagne de Ségolène Royal, en marge des journées parlementaires du PS à Paris. "Ça va nous faire perdre du temps dans le travail de rénovation. J'aimerais mieux qu'on puisse parler des questions qui intéressent les Français."

"Ce que Jospin a pu dire se résume malheureusement à un seul mot: l'aigritude", a ironisé le député de la Nièvre Gaëtan Gorce dans un clin d'oeil au néologisme "bravitude" créé par Ségolène Royal. A charge pour Arnaud Montebourg d'épingler sur LCI un "grand déballage permanent en littérature, en livres, d'ailleurs plus ou moins bons". "Les règlements de comptes n'ont jamais servi la moindre cause", a-t-il lâché, s'agaçant de "cette maladie des socialistes à s'autodétruire."

Peu amènes avec Lionel Jospin, les "royalistes" l'ont invité à faire sa propre autocritique sur sa défaite de 2002. "Quand on songe quand même au résultat de 2002, ça doit inciter à un peu de modestie et d'équilibre dans la critique", a taclé Jean-Louis Bianco. "Nous pourrions aussi retourner à Lionel Jospin, qui est un de nos grands sages, un certain nombre de critiques, mais je ne crois pas que ce soit très utile", a appuyé Arnaud Montebourg. "On ne peut pas en rester à cette explication: 2002 c'est la faute des autres, et 2007 c'est la faute de la candidate", a achevé Jean-Jack Queyranne, député du Rhône.

En voyage au Québec, la principale intéressée, Ségolène Royal, était absente des journées parlementaires du PS. AP



Les Royalistes font front commun contre Lionel Jospin

PARIS (Reuters) - Les partisans de Ségolène Royal font bloc derrière l'ancienne candidate à la présidentielle après la publication d'extraits très critiques du dernier ouvrage de Lionel Jospin.

"C'est très regrettable au moment où le Parti socialiste est au travail (...) Ce sont des paroles manifestement dictées parle fiel et la rancoeur. Cela va nous faire perdre du temps dans le travail de rénovation", a déploré Jean-Louis Bianco, ancien directeur de campagne de Ségolène Royal, en marge de la journée parlementaire du PS à Paris.

Ce qu'il faut actuellement au PS, c'est "du concret. Répondons aux questions des Français" et "pas un bouquin de plus qui s'apparente à un règlement de comptes", a ajouté le député des Alpes-Maritimes. "On ne parle pas aux militants et aux Français sur une aigreur, une amertume".

"Tout ce que Jospin a pu dire se résume malheureusement à un seul mot: aigritude", a renchéri Gaëtan Gorce, dans un clin d'oeil au néologisme "bravitude" inventé par Ségolène Royal pendant la campagne.

Dans son livre "L'impasse, dont Libération publie des extraits lundi, Lionel Jospin estime que la candidate socialiste défaite à la présidentielle "n'a pas les qualités humaines ni les capacités politiques" nécessaires pour remettre le Parti socialiste en ordre de marche et "espérer gagner la prochaine présidentielle."

"Avoir commis une erreur (en la désignant) ne justifie pas qu'on la réitère" affirme l'ancien Premier ministre, lui-même candidat malheureux à la présidentielle, en 1995 et en 2002 dès le premier tour.

Pour Arnaud Montebourg, ce passif électoral devrait inciter Lionel Jospin à "davantage de modestie".

"On peut pas en rester à cette explication: 2002 c'est la faute des autres et 2007 c'est la faute de la candidate", a estimé en écho le président du conseil régional Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne.

par Yvon GRAIC publié dans : Communiqué
Lundi 17 septembre 2007

UN PEU DE PUDEUR, CAMARADE JOSPIN

 


Cher Lionel,

La période est agitée chez les socialistes, qui ont successivement perdu toutes les élections législatives et présidentielles depuis 2002. Dans ce contexte déprimant, on pouvait s'attendre à ce que, fort de ton expérience, tu proposes des perspectives pour l'avenir dans l'ouvrage dont tu avais annoncé la publication.
Les jeunes militants que nous sommes n'en espéraient pas moins de celui dont ils avaient soutenu l'action de 1997 à 2002. Tu étais alors Premier ministre et nous avions apprécié l'éthique gouvernementale que tu avais instauré, mettant en oeuvre le programme pour lequel les Français avaient élu une majorité de gauche au Parlement.
Quelle n'est pas notre déception à constater aujourd'hui que ton livre porte si bien son titre: L'impasse. Nous attendions une analyse et des conseils. Nous découvrons une charge haineuse qui ne nous paraît guère de nature à faire avancer la gauche, mais plutôt à poursuivre interminablement des querelles d'égos.
Libération ne s'y trompe pas, évoquant "un exercice de crucifixion en bonne et due forme", y voyant "la frustration et l’aigreur d’un homme qui n’a jamais su se remettre de son cuisant échec de 2002".
Nous ne pensons pas que ce pamphlet violent contre la candidate qui a conduit la gauche au second tour de l'élection présidentielle et recueilli 17 millions de voix soit pour toi la meilleure façon de servir un parti qui te doit beaucoup.
Aujourd'hui, le PS reprend d'ailleurs nombre de questions soulevées par Ségolène Royal - les rapports de la gauche et du centre - et développe les pistes qu'elle a tracées, comme l'ordre juste et la démocratie participative.
A vrai dire Lionel, avec cette Impasse qui porte si bien son nom, tu t'obstines dans un ressentiment qui nous a maintes fois surpris depuis le 21 avril 2002. Nous n'avions pas compris ni approuvé ta tentative de retour en septembre 2006. Nous connaissons les limites de ton action gouvernementale, qui apporta beaucoup à la France (croissance, emploi) mais conforta le doute des Français à l'égard de la gauche.
Dans ton livre, tu regrettes que Ségolène Royal n'ait pas pris "comme socle pour aller plus loin" la période 1997-2002. Peut-être pouvons-nous t'apporter quelques indices. Il faut en effet que les socialistes cultivent la sincérité. Ainsi, tu sembles oublier que l'issue de cette période fut malheureuse, que pendant ces cinq années tu négligeas de conduire la réforme des retraites, tu perturbas le rapport des Français avec la gauche d'abord, en réalisant des baisses d'impôt, et avec ta personne ensuite, en dissimulant obstinément ton passé trotskiste. Au même moment, dans une démarche moins complexée, Tony Blair et Gerhard Schroeder accomplissaient chacun d'importantes et difficiles réformes dans leur pays.
Alors nous sommes peinés que cinq ans après tu ne trouves rien de mieux à apporter à la gauche que ces pages acerbes. Nous aurions apprécié, à tout le moins, un peu plus de pudeur.
 
Nous guettions un souffle et nous prenons une gifle.
Et nous regrettons que cette Impasse porte le nom de Lionel Jospin.

Solon Ma photo
par Yvon GRAIC publié dans : sur le Net
Lundi 17 septembre 2007
"Pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font"

Ségolène RoyalQUEBEC (Canada) - "Pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font", a répliqué lundi Ségolène Royal à ses détracteurs du Parti socialiste, y compris Lionel Jospin, qui a mis en doute les "qualités humaines" et les "capacités politiques" de l'ex-candidate socialiste à la présidentielle.

"Au fond ce qui me vient à l'esprit c'est peut-être cette parole de la Bible +pardonnez-leur parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils font+. Donc, je pardonne à tous ceux qui m'agressent parce que d'abord je pense qu'ils me font moins de mal à moi qu'aux socialistes, qu'à toute la gauche", a déclaré Mme Royal.

L'ex-candidate socialiste entamait lundi une visite de quatre jours au Québec qui constitue son premier grand déplacement à l'étranger depuis sa défaite à l'élection présidentielle. Mais elle a été rejointe par la polémique en France née de la parution dans le quotidien Libération d'extraits d'un livre à paraître du candidat socialiste à la présidentielle de 2002, Lionel Jospin, dans lequel il la critique vivement.

Ce dernier a estimé que Ségolène Royal n'avait pas "les qualités humaines" ni "les capacités politiques" pour diriger le Parti socialiste lors de la prochaine présidentielle.

"Je crois aussi malheureusement qu'il y a, et peut-être est-ce aussi inconscient, dans toutes ces attaques, du sexisme et à le voir à ce point aussi fort, j'en suis moi-même surprise, je pense qu'il s'apparente au racisme", a affirmé Mme Royal.

"J'ai l'impression en lisant tous ces ouvrages que si j'étais Jeanne d'Arc, j'aurais déjà été brûlée vive. Heureusement que nous sommes à cette époque", a-t-elle ironisé lors d'un point de presse à l'hôtel de ville de Québec.

par Yvon GRAIC publié dans : Dans la presse
 

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citation

"Plus les hommes seront éclairés plus ils seront libres." Voltaire


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