Pourquoi nous avons soutenu Ségolène ?
Pour sa façon de prendre le parti
non par la gauche mais par la base
<< Regardez donc autour de vous ! Regardez le monde comme il va ! Conservez vos convictions mais débarrassez-nous de vos impostures ! >>
Les caciques hochaient la tête : décidément, ces Daniel, ces Joffrin, ces Julliard n'étaientils pas en train de << glisser à droite >> ? Sincèrement, nous n'avions pas l'impression d'être plus à droite que MM. Hollande, Strauss-Kahn, Fabius ou même Emmanuelli.
Seulement voilà : n'étant pas candidats à des fonctions électives au sein du PS, nous n'étions pas contraints de << prendre le parti par la gauche >>, c'est-à-dire d'émettre à intervalles réguliers ces calembredaines rituelles qui font plaisir aux militants mais découragent les électeurs. L'un déclarait, tout à trac, qu'il fallait d'urgence augmenter les impôts ; le deuxième, qu'il était temps de renationaliser l'énergie ; le troisième, qu'il était sage d'augmenter massivement le smic et de régulariser tous les sans-papiers.
Les ouvriers, à qui on ne la fait plus, avaient l'impression qu'on les prenait pour des billes et regardaient ailleurs. Les classes moyennes, lassées d'être maltraitées par leurs défenseurs naturels, cherchaient leur salut du côté de François Bayrou. Je veux bien vous faire une confidence : pourquoi croyez-vous que nous avons pris parti pour Ségolène Royal ? Pourquoi pensez-vous que j'ai personnellement mouillé ma chemise à la défendre ? Pour ses beaux yeux ? Pas seulement ! Parce qu'il ne nous avait pas échappé qu'elle partageait nos critiques à l'égard du PS ; nos critiques et nos inquiétudes ! D'où sa manière de prendre le parti non par la gauche mais par la base. D'où sa façon bien à elle de lâcher les chiens, ces déclarations inattendues, capricantes, mélange d'intuitions justes et de maladresses à demi calculées. D'où cette façon provocatrice de parler du travail, de la morale, de la patrie, de l'ordre, toutes notions que les imbéciles jugent réactionnaires, qui choquent les militants mais font plaisir aux électeurs.
La vérité est que Ségolène a improvisé une campagne dont les fondations étaient justes mais la construction quelque peu bâclée. Pendant ce temps-là, ses << camarades >>, furieux et meurtris, employaient le plus clair de leur temps à la démolir. Que dans ces conditions elle ait pu recueillir 26 % des voix au premier tour et 47 % au second relève de l'exploit. Un exploit que le parti s'est révélé incapable de renouveler aux législatives. Vous voyez bien... Alors, que faire ? On a déjà, ici, dans l'optique d'une refondation de la gauche, indiqué quelques orientations. Sous le nom de socialisme de marché , on a suggéré une voie qui permettrait au Parti socialiste de renouer avec l'univers de la production des richesses au lieu de se contenter de prétendre en modifier la répartition. Un parti qui borne sa compétence au social sans se préoccuper de l'économique peut être utile comme puissance tribunitienne ; mais comme tel, il n'a pas vocation à prétendre au gouvernement du pays ! Il me semble que c'est cela que les électeurs ont voulu lui faire entendre l'autre jour.
L'autre réflexion à mener devrait porter sur les alliances. Sur sa lancée idéologique actuelle et sur sa stratégie d'union de la gauche, le PS et ses alliés, qui pèsent environ 35 % du corps électoral, n'en représenteront que 30 ou même 25 la prochaine fois. Or, en démocratie, le premier devoir est de présenter un programme potentiellement majoritaire. Mener le combat électoral en écartant toutes les chances de le gagner, c'est un jeu qu'il faut laisser aux gauchistes. Ceux-là ne croient pas à la règle majoritaire ni aux élections ; ils s'entendent très bien pour les perdre. Lorsque Ségolène Royal propose de prendre langue avec le parti de François Bayrou, elle ne fait une fois de plus que tirer les conséquences de la situation d'aujourd'hui, qui est plus qu'un accident : la gauche, dans sa forme actuelle, est structurellement minoritaire. Il est temps de rompre avec la délectation morose qui naît d'une telle situation.
Le Nouvel Observateur
"Ce qui compte, c'est de mobiliser les électeurs et les électrices et qu'ils choisissent les candidats socialistes (...) pour faire vivre une démocratie vivante. Toutes les disputes, dans l'appareil ou au sommet, portent préjudice aux candidats. C'est pourquoi je ne dirai rien" à ce sujet , a déclaré Mme Royal, en marge d'une réunion publique de soutien à Arnaud Montebourg.
Elle était interrogée sur les divergences entre des dirigeants du parti et elle-même sur la nature des relations à avoir avec le MoDem de François Bayrou.
"Les gens en ont assez de ces petites disputes. Ma seule ambition est d'aider autant que je le peux les candidates et les candidats. Ca va parfois se jouer à quelques dizaines de voix. Tout ce qui ressemble à des préoccupations autres (...), toutes ces zizanies
sont très négatives pour les candidats", a ajouté l'ex-candidate du PS à l'élection présidentielle.
Augmentation de la TVA: "une tromperie", selon Ségolène Royal
"Je demande la vérité du vocabulaire, je demande la morale politique. Faire croire que l'augmentation
de la TVA serait un cadeau aux consommateurs est une tromperie", a lancé Mme Royal à l'adresse du Premier ministre François Fillon, qui avait évoqué la veille une hausse possible de la
TVA à compter de 2009 pour financer la protection sociale.
Mme Royal s'exprimait mercredi devant plus d'un millier de personnes, réunies à Châlon-sur-Saône (Saône-et-Loire) pour un meeting en soutien aux candidats PS du département, notamment les députés
sortants Arnaud Montebourg et Didier Mathus, tous deux en ballottage difficile.
"Pour payer l'ensemble des engagements pris auprès des plus puissants, des plus privilégiés, les Français vont subir une triple peine: d'abord l'augmentation de l'impôt sur la
consommation", ensuite "le recul du service public" et enfin "le dérapage de la dette publique qui sera payée par les générations à venir", a-t-elle affirmé.
Pour la présidente de la région Poitou-Charentes, "nous devons tous ensemble élever des digues contre non pas une vague mais un tsunami qui est une injure à la
démocratie".
S'adressant aux électeurs, elle a déclaré: "Venez voter pour vous! Venez voter pour vous protéger (...) ça vous concerne, l'indifférence n'est pas de mise, c'est la dernière occasion de se
prononcer sur la politique nationale pendant les cinq ans de Nicolas Sarkozy".
Mme Royal a rendu hommage à Didier Mathus et plus particulièrement à son ancien porte-parole de campagne Arnaud
Montebourg, "un député de talent, courageux, qui n'a pas peur d'affronter le pouvoir en place". "Si vous voulez que cette voix ne se taise pas à l'Assemblée nationale, j'ai besoin de l'élection
d'Arnaud Montebourg!", a-t-elle lancé.
Très acclamé par les militants, M. Montebourg a ironisé sur la droite qui, selon lui, "veut voir les élus de gauche menottes aux poignets, fers aux pieds, avec un Parlement mis au pas, des médias
dans la main du pouvoir, une justice sous contrôle, et une haute administration désignée".


