Ségolène Royal a-t-elle changé ?

SégolèneRoyal ? Ce sont ses adversaires qui en parlent le mieux... Mais pas toujours comme on l'imagine ! «A l'écrit, c'est sans doute moins punchy, mais plus maîtrisé. A l'oral, c'est plus politique, moins sociétal. A l'évidence, elle se prépare mieux», juge le député strausskahnien Jean-Christophe Cambadélis. «Elle a su conserver son capital médiatique, elle s'est convertie à l'opposition frontale contre Sarkozy, ajoute un fabiusien qui ne s'est pourtant jamais montré tendre avec elle. On sent qu'elle a travaillé sur le fond, je la trouve beaucoup plus solide quand elle s'exprime.» N'en jetez plus ! Ces deux-là ne sont pas soudainement tombés sous le charme de la présidente de Poitou-Charentes. Ils sont même convaincus, plus que jamais, de lui barrer la route. Mais leurs compliments empoisonnés trahissent une évolution. Comme le résume le second : «Il va falloir qu'on affine nos critiques.»
Ségolène Royal a-t-elle vraiment changé ? Un an après sa défaite à la présidentielle, la candidate continue d'intriguer ses «camarades» socialistes. Pas sur ses intentions, bien sûr. Depuis le 16 mai au soir, il n'est plus permis à quiconque d'en douter : «Si les militants en décident ainsi et l'estiment utile pour le PS, j'accepterai avec joie et détermination cette belle mission de chef du Parti socialiste», a-t-elle déclaré à Paris devant ses partisans. Et qu'importe si, dans la langue de Solférino, on dit plutôt «premier secrétaire»... Le vocabulaire choisi reflète pour le coup parfaitement sa pensée. «Elle sait désormais précisément où elle va, c'est la générale en chef», constate le député-maire de Laval, Guillaume Garot. Membre de son «conseil politique», il mesure le chemin parcouru depuis septembre dernier, où «elle ne souhaitait même pas qu'on évoque le sujet».
Comme souvent dans ces cas-là, Royal a tranché seule, en se fiant à son intuition. Quatre jours avant son annonce, elle a consulté la petite vingtaine d'élus qui forment son conseil politique. Pour la énième fois depuis six mois, les partisans de la guerre éclair se sont opposés à ceux de la temporisation maîtrisée. Parmi ceux-là, Michel Sapin ou François Rebsamen, qui continuent de préférer un rassemblement consensuel à une confrontation avec Bertrand Delanoë. «On lui a dit que les militants et les cadres intermédiaires du parti qui sont tentés de la suivre finissaient par se demander si elle irait jusqu'au bout», raconte son ancien directeur de campagne Jean-Louis Bianco. Et puis l'occasion était trop belle de bousculer la séquence médiatique orchestrée autour de la parution du livre de Delanoë. Ségolène Royal a donc décidé d'écraser l'accélérateur. «A un moment, ça va bien... En politique, il faut savoir s'engager, prendre des risques...», confie-t-elle.
Appuyer sur le champignon, Ségolène Royal a toujours su faire. Aux grandes heures de la primaire socialiste, c'était même son sport favori.......la suite ici
La mariée n'était pas vierge
envoyé par cfourest
Le mariage annulé par décision de
justice en avril, au motif que la mariée avait menti sur sa virginité, n'en finit pas de provoquer des réactions. Après le PS, qui a qualifié hier ce jugement d'"atterrant", c'est au
tour du parti au pouvoir d'interpeller le gouvernement. Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP et proche de Nicolas Sarkozy, a souhaité, vendredi 30 mai, que la chancellerie "déclenche un
recours dans l'intérêt de la loi pour dire le droit. (...) C'est une mise en cause de l'égalité hommes-femmes, les hommes ne pouvant être mis en cause pour les mêmes
motifs".
Un autre porte-parole de l'UMP, Dominique Paillé, a lui aussi vivement réagi sur les ondes de RMC et sur BFM-TV : "S'il y a eu stricte application de la loi, c'est que la loi n'est plus bonne, il faut la modifier. Si on est allés au-delà de la loi, à ce moment-là il faut que ce soit sanctionné. (...) Le mariage est un contrat, lorsqu'une des deux parties n'en veut plus il y a un moyen de supprimer ce contrat, c'est le divorce", a-t-il déclaré.
UNE DÉCISION QUI "PROTÈGE" LA JEUNE FILLE, SELON RACHIDA DATI
Dans un autre communiqué, le secrétaire général du parti, Patrick Devedjian, a souligné que la décision rendue par le tribunal de grande instance de Lille "revient à intégrer la pratique de la répudiation dans le droit positif". Selon lui, ce jugement est "incompatible avec les principes républicains qui régissent notre société et qui refusent qu'un droit quelconque puisse être fondé sur la virginité". "L'UMP souhaite (...) que la Cour de cassation puisse mettre un terme à une situation très dérangeante pour la collectivité nationale."
La garde des sceaux, Rachida Dati, a pourtant défendu la décision du TGI de Lille, estimant que l'annulation de ce mariage était "aussi un moyen de protéger (...) cette jeune fille, (...) qui souhaitait également, sans doute, se séparer assez rapidement". La ministre de la justice a rappelé que la "décision civile, avec le consentement des deux parties, a été prise par un critère juridique, à savoir une erreur sur la qualité essentielle de la personne pour une des parties".
"TRÈS RÉDUCTEUR PAR RAPPORT AU STATUT DE LA FEMME"
C'est justement cette notion d'"erreur sur des qualités essentielles de la personne", sur laquelle se sont
appuyés les magistrats pour motiver leur décision, que conteste le médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye. "La sexualité, à la différence du divorce, de l'identité, de la tutelle
curatelle ou encore de la nationalité de la personne, reste du domaine de la sphère privée et chacun est libre de disposer de son corps comme il l'entend." Selon l'analyse de ses
services, "la virginité n'est pas du tout une qualité essentielle d'une personne. Sinon on est dans un schéma extrêmement compliqué, est-ce qu'il y a tromperie si l'homme est impuissant
?"
M. Delevoye s'inquiète des conséquences engendrées par cette jurisprudence :"Demain il va y avoir une multiplication des nullités du mariage et on pourra avoir des jeunes filles qui pourraient subir des opérations chirurgicales pour se refaire l'hymen." Pour le médiateur, cette décision de justice est "contraire à l'esprit de la laïcité et très réducteur par rapport au statut de la femme".



