"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas,
ce que nous avons commencé ensemble,
nous allons le continuer ensemble"
"Combattre et proposer"
vous trouverez ici la contribution que nous déposons au Parti socialiste le 2 juillet. Elle est le résultat d’un long travail collectif, d’une large participation de militants, de chercheurs et de femmes et d’hommes politiques.
Vous pouvez y apporter votre signature en cliquant sur le lien prévu à cet effet. Soyons nombreux à porter le changement avec nous. »
Ségolène Royal
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Danger ! Les législatives peuvent anesthésier le PS,
par Patrick Jarreau
Les socialistes, littéralement, ne savent plus où ils habitent. Chez François Hollande ? Chez Ségolène Royal ? Chez Dominique Strauss-Kahn ou Laurent Fabius ? La crise que le Parti socialiste subit aujourd'hui est la plus grave depuis sa défaite aux élections législatives de 1993.Pourtant, le PS semble en mesure d'échapper à une déroute parlementaire de l'ampleur de celle qu'il avait connue il y a quatorze ans. A l'époque, les socialistes et apparentés, qui étaient 275 dans l'Assemblée sortante, étaient revenus 57. Cette maigre troupe de rescapés comptait d'ailleurs dans ses rangs Ségolène Royal, réélue contre toute attente dans une circonscription réputée conservatrice, et Julien Dray, réélu dans l'Essonne. Les députés du groupe se démultipliaient pour représenter leur parti dans les diverses commissions, faire illusion aux séances de questions télévisées et assurer le "tour de bête", en séance publique, aux côtés de ceux d'entre eux qui étaient plus directement compétents sur l'ordre du jour.
les socialistes ne sont pas menacés d'un tel sort cette année, loin de là. Les projections faites par l'institut de sondage BVA, à partir d'une enquête d'intentions de vote effectuée les 14 et 15 mai, prédisaient au PS entre 151 et 200 députés, contre 149 dans l'Assemblée sortante (qui en compte 572, cinq sièges étant vacants). Naturellement, les choix des électeurs ont le temps de varier d'ici aux 10 et 17 juin. Des sondages plus récents, comme celui d'Ipsos réalisé le 19 mai, indiquent une progression des intentions de vote pour les candidats de la majorité présidentielle.
Pour autant, le PS est en mesure de conserver, à l'Assemblée nationale, les moyens d'exercer une opposition efficace face à une droite puissante et conquérante. Cela s'explique d'abord par le fait que, l'élection présidentielle précédant les législatives, Ségolène Royal a su fédérer un électorat - près de 47 % des voix - qui ne va pas s'évanouir en cinq semaines. Au surplus, la candidate socialiste l'a emporté sur Nicolas Sarkozy dans 65 circonscriptions détenues aujourd'hui par la droite ou le centre, alors que le vainqueur ne l'a devancée que dans 38 circonscriptions de gauche. Le potentiel de gains, sur la base des résultats du 6 mai, est donc plus important pour le PS.
Pour le PS, parce que - c'est un autre atout sorti de la présidentielle - la concurrence de la gauche non socialiste s'est considérablement affaiblie. Le "vote utile", qui a profité à Ségolène Royal, peut servir de la même façon, demain, les candidats socialistes, qui apparaîtront aux électeurs de gauche comme les plus à même de faire contrepoids au président de la République et à ses partisans dans les débats parlementaires. Enfin, même si François Bayrou et son Mouvement démocrate ne sont pas en mesure d'imposer toutes les "triangulaires" dont le premier tour de la présidentielle pouvait les faire rêver, les candidats de ce nouveau centre d'opposition pourront prolonger la fissure que leur chef de file a produite dans l'électorat traditionnel de la droite.
Le Parti socialiste se trouve ainsi dans une situation paradoxale. Il conserve toutes ses chances et dispose même de chances renforcées en tant que parti d'opposition. Il peut placer des espoirs dans un mécanisme comparable à celui qui lui avait permis de remporter les régionales en 2004 (et de s'endormir sur ce succès généreusement offert par la loi des élections intermédiaires).
Mais cette opportunité est ce dont les socialistes ont le moins besoin. Ce n'est pas faute de s'opposer, mais faute de proposer, que le PS a perdu de nouveau l'élection présidentielle. Sans souhaiter à la gauche de retourner aux catacombes des premiers temps du gaullisme, il faut craindre qu'elle ne se croie sauvée à trop bon compte.
Marcel Gauchet : « la revanche du réel »
24/05/2007 - Propos recueillis par Élisabeth Lévy - © Le Point
Le Point : On pensait que les Français ne croyaient plus à la chose publique et que l'élection se résumerait à une sorte de « Star Academy ». L'intérêt suscité par la
campagne infirme-t-il ce sombre diagnostic ?
Marcel Gauchet : La première leçon de cette élection fondée sur la personnalisation, sur l'inflation du « je » et de l'individualité est que les Français continuent à croire en la politique. On peut saluer les principaux candidats pour avoir joué une partition intéressante. Et souhaiter bonne chance au vainqueur.
Mais jamais des candidats n'avaient aussi ouvertement misé sur la communication et l'image.
La communication n'exclut pas la politique. Dans le cas précis, elle a même fonctionné comme un activateur de politique. De ce point de vue, les deux candidats
étaient sur la même ligne de départ. Tous deux ont compris qu'un certain type de discours politique avait perdu toute espèce d'autorité. A partir de ce constat, ils ont suivi deux démarches
différentes. Nicolas Sarkozy a proposé une politique d'offre en parlant comme les gens. Ce langage, proche des préoccupations familières de la population, a eu un effet cathartique auprès de
l'électorat protestataire qui ne se reconnaissait pas dans la scène politique officielle. Il lui a permis de franchir les frontières de l'extrême droite mais aussi d'une partie de la gauche. «
Mon langage est le vôtre » : au service d'une certaine exigence de proximité, la communication a fait la différence avec le style compassé, artificiel, langue de bois, bien-pensant dont Chirac
était spécialiste. De son côté, Ségolène Royal a parlé le langage de la demande : « Dites-moi ce que vous voulez entendre et je le dirai. » En dépit du fait qu'elle a séduit, suscité un grand
intérêt, c'est la proposition volontariste qui a eu du succès.
Du Fouquet's au « Paloma », les débuts de Nicolas Sarkozy ne reflètent pas vraiment une communication au service des « préoccupations familières des gens ». A-t-il commis une erreur ?
Apparemment, cela n'a pas eu d'impact immédiat. Les Français sont concentrés pour le moment sur des échéances plus importantes à leurs yeux. Ils attendent pour juger.
On peut aussi se réjouir qu'il n'y ait pas eu de vote féminin malgré l'injonction cent fois réitérée de choisir une femme comme preuve de la modernité française.
Oui, les Français sont restés égaux à eux-mêmes. Une femme, pourquoi pas - et elle a été traitée avec déférence. Mais cela n'a pas été un élément déterminant du choix. La République est toujours bien là, dans les esprits.
La participation massive que bien des pays nous envient traduirait donc un désir de politique ?










