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Jeudi 24 mai 2007

François Hollande ne sera pas

"candidat à sa propre succession"

Je ne serai pas candidat à ma propre succession", a déclaré le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, dans l'émission "Questions d'info" sur LCP-Le Monde-France-Info, mercredi 23 mai. "Il faudra à un moment qui est proche passer à une autre phase de direction du Parti socialiste", a-t-il ajouté, après avoir rappelé qu'il en était à la tête depuis 1997. Et d'annoncer "un grand débat", "au lendemain des élections législatives".
 

M. Hollande avait laissé entendre, lors du congrès du Mans, en 2005, qu'il débutait son dernier mandat, mais n'avait pas depuis reprécisé ses intentions.

Quand pourrait intervenir ce changement de direction ? François Hollande s'est refusé à répondre à toute question sur la date éventuelle d'un congrès, indiquant ne pas "être dans l'après-législatives". "Aujourd'hui, l'enjeu est tellement grand. Ce n'est pas 2012, (...) c'est de savoir ce que les Français vont (...) avoir comme pouvoir et contre-pouvoir" pendant les cinq ans qui viennent, a-t-il ajouté. "Et je ne me distrairai pas de ce seul objectif", a affirmé M. Hollande, quelques heures avant d'animer, à Bordeaux, le premier grand rassemblement socialiste de la campagne législative, en présence du député des Verts Noël Mamère et de responsables locaux.

QUE LA RÉNOVATION "AILLE JUSQU'AU BOUT"

Dans les débats internes qui agitent le PS, de nombreux socialistes ont depuis le 7 mai demandé, avec plus ou moins de détours, le départ du chef du parti. Comme Manuel Valls, qui a réitéré ce souhait mercredi. "Il faut rentrer dans un processus de refondation" et "éviter la préparation d'un congrès traditionnel qui aboutit aux synthèses", a affirmé le député de l'Essonne, membre de l'équipe de campagne de Ségolène Royal. "C'est la raison pour laquelle François Hollande ne peut pas être le porteur de cette rénovation. Il doit céder sa place après les législatives pour que ce processus aille jusqu'au bout." Selon l'ancien porte-parole de Lionel Jospin, Ségolène Royal "a eu de vraies intuitions en prenant la mesure de la crise politique, en parlant d'ordre juste, en rappelant que la nation a été inventée par la gauche", mais "ces sujets n'étaient pas mis en cohérence, dans une ambition collective".
Jeudi 24 mai 2007
Le PS traverse une crise identitaire,
estime Bertrand Delanoë

Le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, estime que le PS traverse une crise d'identité mais recommande de ne pas précipiter l'organisation d'un congrès, dans un entretien à paraître jeudi dans l'Express.

 

Selon lui, la stratégie d'union de la gauche reste valable même si la rénovation du projet socialiste doit pouvoir intéresser tous les citoyens et notamment ceux du centre.

 

"Nous vivons une crise identitaire", explique le maire de Paris, qui souhaite que le PS "travaille dans l'ordre : d'abord le temps des législatives (...) puis viendra celui de l'élaboration d'une offre à vocation majoritaire".

 

Interrogé sur le prochain congrès du PS, dont la date n'est pas encore fixée, il répond : "je suggère de ne pas se précipiter. Car, pour faire du travail sérieux, il faut de la patience".

 

Bertrand Delanoë ne dit pas s'il préfère que le congrès se tienne avant les élections municipales de 2008, déclarant simplement : "qu'est ce qui nous empêche de mettre en route la machine à fabriquer de l'intelligence collective ? On peut entamer dès l'automne 2007 la régénérescence de notre logiciel".

 

Sur la future orientation politique du parti, il déclare : "Je ne crois pas souhaitable de remplacer un bout de la gauche par un bout de la droite".

 

"La stratégie d'Epinay doit être actualisée mais, dans son essence, elle n'est pas caduque", ajoute-t-il, faisant référence au congrès de 1971 qui a porté François Mitterrand à la tête du PS sur un projet d'union de la gauche.

 

La refondation du parti "s'adresse à toute la gauche, sauf aux partis qui refusent l'exercice des responsabilités" et "concerne tous les citoyens, y compris au centre", estime-t-il.

 

"Ces dernières années, nous n'avons pas suffisamment pris en compte les mutations du XXIe siècle ni le contexte mondial de concurrence économique forte", juge Bertrand Delanoë.

 

"Nous n'avons pas non plus assez affirmé que le progrès humain doit être l'objet même de notre politique", ajoute-t-il.

 

Commentant la défaite de Ségolène Royal, le maire de Paris estime que "ce qui nous a manqué, et j'en prends ma part, c'est une dynamique fédératrice au service d'un destin collectif identifié".Reuters

Jeudi 24 mai 2007

LA STRATEGIE DE LA DETTE,
ou comment la droite organise le retrait de l'Etat

 

Selon le projet de loi de finances pour 2007, la gestion de la dette publique représente cette année une dépense de 39,2 milliards soit 15 % des dépenses du budget de l'Etat contre 10 % en 1990.
Le rapport commandé par Thierry Breton à Michel Pébereau, président d'une commission rassemblant des économistes de tous horizons, de droite et de gauche, a établi un constat qui fait l'unanimité et affirmé la nécessité de "Rompre avec la facilité de la dette publique pour renforcer notre croissance économique et notre cohésion sociale" (pour lire ce rapport: http://www.amipublic.com/rapportdette.pdf).
En effet, dans un pays comme la France, la charge d'intérêts de la dette versés chaque année aux rentiers et aux intermédiaires financiers représente l'équivalent du budget de l'Education nationale (Thomas Piketty). Aussi le rapport Pébereau affirme-t-il que "remettre en ordre nos finances publiques en maîtrisant nos dépenses et en les orientant mieux doit donc être notre objectif pour les 5 prochaines années."
Ségolène Royal, consciente de la nécessité de réduire le poids de la dette, qui fait qu'une part croissante des impôts des Français sert à payer les intérêts et à rembourser les dépenses passées, en avait fait un objectif dès le discours de Villepinte de février 2007. Le choix de la gauche est bien de préparer l'avenir, par la recherche, l'éducation, l'excellence environnementale, tout en poursuivant la réduction de la dette.
Sarkozy, alors candidat, filait au contraire le thème d'une gauche incompétente en matière d'économie et seulement capable de creuser les déficits par l'augmentation inconsidére des dépenses... Rappelons seulement que le passage de Sarkozy au ministère du budget sous le gouvernement Balladur fut la période, au cours des vingt dernières années, pendant laquelle la dette publique connut sa progression la plus rapide: entre 1993 et 1995 la dette a augmenté de 121 milliards d'euros.
Et que fait aujourd'hui la droite au pouvoir, qui prétendait hier s'attaquer au problème de la dette ? Eric Woerth, le nouveau ministre du budget, vient d'annoncer "une pause dans la baisse des déficits". Les multiples cadeaux fiscaux correspondant à cette pause - déduction des intérêts d'emprunt pour l'achat de la résidence principale, suppression des droits de succession...- sont autant de dépenses qui devront être financées. Or le Gouvernement ne peut avoir aucune assurance sur les gains qu'il entend tirer des "gains de productivité dans la dépense publique".
Ce qui réapparaît aujourd'hui, c'est donc bien la stratégie de la dette. Comme l'explique Thomas Piketty, "à une époque où les dépenses publiques ont atteint ou dépassé 40 %-50 % du PIB dans la plupart des pays, l'endettement public est devenu une stratégie visant à réduire le poids de l'Etat, et non plus à l'accroître. Hier, on creusait les déficits en augmentant les dépenses. Aujourd'hui, on les creuse en réduisant les impôts, de façon à contraindre les gouvernements futurs à sabrer dans les dépenses."
"Cette nouvelle stratégie a été inaugurée en fanfare par Reagan dans les années 80, et elle se poursuit actuellement sous Bush. Au cours des années 90, les démocrates avaient accumulé des excédents budgétaires afin de garantir le financement à long terme du système public de retraites. Ces excédents sont aujourd'hui dilapidés par les républicains, qui, en abaissant massivement les impôts (essentiellement pour les plus fortunés) et en creusant les déficits, espèrent remettre en cause la viabilité du maigre welfare state américain."
La droite française applique aujourd'hui la stratégie américaine, pour "libérer" les forces du marché, en remettant en cause les politiques qui apportent une sécurité minimale aux plus faibles, mais en faisant des cadeaux fiscaux aux plus riches... On ne saurait pourtant préparer l'avenir en construisant une économie de la rente.
Solon

Jeudi 24 mai 2007
les malades dans le collimateur du gouvernement

Le dépassement de l’objectif national de dépenses d’assurance-maladie (ONDAM) était attendu en 2007. Les mauvais chiffres des dépenses d’assurance-maladie du mois d’avril le confirment. Le Parti Socialiste avait dénoncé dès le vote de la loi de financement de la sécurité sociale le caractère délibérément sous-évalué de l’ONDAM 2007, inférieur d’un demi-point à l’augmentation des dépenses observée en 2006.

 

 

Le comité d’alerte sur l’évolution des dépenses d’assurance-maladie s’apprête ainsi à révéler un secret de polichinelle embarrassant pour le gouvernement Fillon, contraint dès son entrée en fonction de pallier la gestion calamiteuse des comptes sociaux depuis cinq ans.

 

 

En affichant un ONDAM faible, la majorité sortante réduisait artificiellement les prévisions de déficit de l’assurance-maladie et espérait du même coup faire la preuve électoraliste du succès de la réforme de 2004.

 

 

L’ampleur du dépassement anticipé par le comité d’alerte, annoncé à 1,8 Md € en année pleine, soit très au-delà des 0,75 points supplémentaires à l’ONDAM tolérés, signe au contraire l’échec patent de la loi Douste-Blazy. S’appuyant sur des dispositifs restrictifs tels que les forfaits non remboursés sur les actes médicaux et le maquis tarifaire du médecin traitant, celle-ci visait un déficit zéro dès 2007. Le compte n’y est pas, puisqu’au rythme actuel le trou de l’assurance-maladie atteindrait environ 6 Mds € en 2007.

 

 

Le Parti Socialiste appelle le gouvernement à faire preuve de responsabilité dans le choix des mesures d’économies bientôt exigées par le comité d’alerte. Faute en effet de ne pouvoir compter sur les fruits d’une gestion responsable et prévisionnelle des finances de l’assurance-maladie, il y a tout lieu de craindre que le gouvernement Fillon privilégiera les solutions antisociales et à courte vue des déremboursement et des franchises médicales, qui figurent au programme présidentiel de Nicolas Sarkozy. Encore une fois, ce seront les malades et les assurés sociaux qui seront pénalisés.

Communiqué de Pascal TERRASSE, Secrétaire national à la Santé
Claude PIGEMENT, Responsable national à la Santé
Yvon GRAÏC délégué fédéral à la Santé
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par Yvon GRAIC publié dans : Communiqué
Jeudi 24 mai 2007
MSF ne veut plus que Bernard Kouchner se réclame de l'ONG

 

PARIS (Reuters) - Jean-Hervé Bradol, président de la section française de Médecins sans frontières estime que Bernard Kouchner fait abusivement référence à MSF dans ses interventions et qu'il ne peut s'en réclamer en tant que ministre des Affaires étrangères.

"Nous avons reçu beaucoup de messages de nos donateurs qui s'inquiétaient : est-ce que c'était représentatif de MSF ce que faisait M. Kouchner en acceptant ce poste?", a-t-il déclaré à Reuters en soulignant que l'ancien "French Doctor" avait depuis longtemps démissionné de l'organisation.

"M. Kouchner fait en permanence référence à MSF, une organisation qu'il a quittée il y a 28 ans", a dit Jean-Hervé Bradol.

"Il y a une différence nette entre l'action politique et l'action humanitaire et nous, nous faisons de l'humanitaire", a-t-il poursuivi.

Notant que Bernard Kouchner a prôné dans le passé une intervention militaire pour résoudre des crises et s'est fait l'avocat du "droit d'ingérence", le président de MSF-France a fait remarquer que ces deux prises de position étaient contraires à la philosophie de l'ONG.

"La confusion nous dérange parce que l'action humanitaire, elle, agit par des moyens pacifiques (...) Il nous a apparu important de souligner cela, qu'il y avait une vraie différence de point de vue".

"MSF n'est pas en faveur du droit d'ingérence, parce que nous pensons que c'est plutôt le droit du plus fort, du plus puissant qui s'ingère dans les affaires du plus faible", a dit encore Jean-Hervé Bradol.

"M. Kouchner maintient l'ambiguïté de manière active. Quasiment dans chacun de ses discours, il fait référence à l'histoire de MSF. Que M. Kouchner fasse en permanence référence à cela, on trouve qu'il y a un abus de label", a-t-il estimé.

Bernard Kouchner a été l'un des cofondateurs de MSF en 1971, organisation qu'il a quittée quelques années plus tard.

 

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citation

"Plus les hommes seront éclairés plus ils seront libres." Voltaire


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