François Hollande ne sera pas
"candidat à sa propre succession"
Je ne serai pas candidat à ma propre succession", a déclaré le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande,
dans l'émission "Questions d'info" sur LCP-Le Monde-France-Info, mercredi 23 mai. "Il faudra à un moment qui est proche passer à une autre phase de direction du Parti
socialiste", a-t-il ajouté, après avoir rappelé qu'il en était à la tête depuis 1997. Et d'annoncer "un grand débat", "au lendemain des élections
législatives".M. Hollande avait laissé entendre, lors du congrès du Mans, en 2005, qu'il débutait son dernier mandat, mais n'avait pas depuis reprécisé ses intentions.
Quand pourrait intervenir ce changement de direction ? François Hollande s'est refusé à répondre à toute question sur la date éventuelle d'un congrès, indiquant ne pas "être dans l'après-législatives". "Aujourd'hui, l'enjeu est tellement grand. Ce n'est pas 2012, (...) c'est de savoir ce que les Français vont (...) avoir comme pouvoir et contre-pouvoir" pendant les cinq ans qui viennent, a-t-il ajouté. "Et je ne me distrairai pas de ce seul objectif", a affirmé M. Hollande, quelques heures avant d'animer, à Bordeaux, le premier grand rassemblement socialiste de la campagne législative, en présence du député des Verts Noël Mamère et de responsables locaux.
QUE LA RÉNOVATION "AILLE JUSQU'AU BOUT"
estime Bertrand Delanoë
Le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, estime que le PS traverse une crise d'identité mais recommande de ne pas précipiter
l'organisation d'un congrès, dans un entretien à paraître jeudi dans l'Express.
Selon lui, la stratégie d'union de la gauche reste valable même si la rénovation du projet socialiste doit pouvoir intéresser tous les citoyens et notamment ceux du centre.
"Nous vivons une crise identitaire", explique le maire de Paris, qui souhaite que le PS "travaille dans l'ordre : d'abord le temps des législatives (...) puis viendra celui de l'élaboration d'une offre à vocation majoritaire".
Interrogé sur le prochain congrès du PS, dont la date n'est pas encore fixée, il répond : "je suggère de ne pas se précipiter. Car, pour faire du travail sérieux, il faut de la patience".
Bertrand Delanoë ne dit pas s'il préfère que le congrès se tienne avant les élections municipales de 2008, déclarant simplement : "qu'est ce qui nous empêche de mettre en route la machine à fabriquer de l'intelligence collective ? On peut entamer dès l'automne 2007 la régénérescence de notre logiciel".
Sur la future orientation politique du parti, il déclare : "Je ne crois pas souhaitable de remplacer un bout de la gauche par un bout de la droite".
"La stratégie d'Epinay doit être actualisée mais, dans son essence, elle n'est pas caduque", ajoute-t-il, faisant référence au congrès de 1971 qui a porté François Mitterrand à la tête du PS sur un projet d'union de la gauche.
La refondation du parti "s'adresse à toute la gauche, sauf aux partis qui refusent l'exercice des responsabilités" et "concerne tous les citoyens, y compris au centre", estime-t-il.
"Ces dernières années, nous n'avons pas suffisamment pris en compte les mutations du XXIe siècle ni le contexte mondial de concurrence économique forte", juge Bertrand Delanoë.
"Nous n'avons pas non plus assez affirmé que le progrès humain doit être l'objet même de notre politique", ajoute-t-il.
Commentant la défaite de Ségolène Royal, le maire de Paris estime que "ce qui nous a manqué, et j'en prends ma part, c'est une dynamique fédératrice au service d'un destin collectif identifié".Reuters
LA STRATEGIE DE LA DETTE,
ou comment la droite organise le retrait de l'Etat
"Cette nouvelle stratégie a été inaugurée en fanfare par Reagan dans les années 80, et elle se poursuit actuellement sous Bush. Au cours des années 90, les démocrates avaient accumulé des excédents budgétaires afin de garantir le financement à long terme du système public de retraites. Ces excédents sont aujourd'hui dilapidés par les républicains, qui, en abaissant massivement les impôts (essentiellement pour les plus fortunés) et en creusant les déficits, espèrent remettre en cause la viabilité du maigre welfare state américain."
Solon
Le dépassement de l’objectif national de dépenses d’assurance-maladie (ONDAM) était attendu en 2007. Les mauvais chiffres des dépenses d’assurance-maladie du mois d’avril le confirment. Le Parti Socialiste avait dénoncé dès le vote de la loi de financement de la sécurité sociale le caractère délibérément sous-évalué de l’ONDAM 2007, inférieur d’un demi-point à l’augmentation des dépenses observée en 2006.
Le comité d’alerte sur l’évolution des dépenses d’assurance-maladie s’apprête ainsi à révéler un secret de polichinelle embarrassant pour le gouvernement Fillon, contraint dès son entrée en fonction de pallier la gestion calamiteuse des comptes sociaux depuis cinq ans.
En affichant un ONDAM faible, la majorité sortante réduisait artificiellement les prévisions de déficit de l’assurance-maladie et espérait du même coup faire la preuve électoraliste du succès de la réforme de 2004.
L’ampleur du dépassement anticipé par le comité d’alerte, annoncé à 1,8 Md € en année pleine, soit très au-delà des 0,75 points supplémentaires à l’ONDAM tolérés, signe au contraire l’échec patent de la loi Douste-Blazy. S’appuyant sur des dispositifs restrictifs tels que les forfaits non remboursés sur les actes médicaux et le maquis tarifaire du médecin traitant, celle-ci visait un déficit zéro dès 2007. Le compte n’y est pas, puisqu’au rythme actuel le trou de l’assurance-maladie atteindrait environ 6 Mds € en 2007.
Le Parti Socialiste appelle le gouvernement à faire preuve de responsabilité dans le choix des mesures d’économies bientôt exigées par le comité d’alerte. Faute en effet de ne pouvoir compter sur les fruits d’une gestion responsable et prévisionnelle des finances de l’assurance-maladie, il y a tout lieu de craindre que le gouvernement Fillon privilégiera les solutions antisociales et à courte vue des déremboursement et des franchises médicales, qui figurent au programme présidentiel de Nicolas Sarkozy. Encore une fois, ce seront les malades et les assurés sociaux qui seront pénalisés.
Yvon GRAÏC délégué fédéral à la Santé.
PARIS (Reuters) - Jean-Hervé Bradol, président de la section
française de Médecins sans frontières estime que Bernard Kouchner fait abusivement référence à MSF dans ses interventions et qu'il ne peut s'en réclamer en tant que ministre des Affaires
étrangères.
"Nous avons reçu beaucoup de messages de nos donateurs qui s'inquiétaient : est-ce que c'était représentatif de MSF ce que faisait M. Kouchner en acceptant ce poste?", a-t-il déclaré à Reuters en soulignant que l'ancien "French Doctor" avait depuis longtemps démissionné de l'organisation.
"M. Kouchner fait en permanence référence à MSF, une organisation qu'il a quittée il y a 28 ans", a dit Jean-Hervé Bradol.
"Il y a une différence nette entre l'action politique et l'action humanitaire et nous, nous faisons de l'humanitaire", a-t-il poursuivi.
Notant que Bernard Kouchner a prôné dans le passé une intervention militaire pour résoudre des crises et s'est fait l'avocat du "droit d'ingérence", le président de MSF-France a fait remarquer que ces deux prises de position étaient contraires à la philosophie de l'ONG.
"La confusion nous dérange parce que l'action humanitaire, elle, agit par des moyens pacifiques (...) Il nous a apparu important de souligner cela, qu'il y avait une vraie différence de point de vue".
"MSF n'est pas en faveur du droit d'ingérence, parce que nous pensons que c'est plutôt le droit du plus fort, du plus puissant qui s'ingère dans les affaires du plus faible", a dit encore Jean-Hervé Bradol.
"M. Kouchner maintient l'ambiguïté de manière active. Quasiment dans chacun de ses discours, il fait référence à l'histoire de MSF. Que M. Kouchner fasse en permanence référence à cela, on trouve qu'il y a un abus de label", a-t-il estimé.
Bernard Kouchner a été l'un des cofondateurs de MSF en 1971, organisation qu'il a quittée quelques années plus tard.


