"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas,
ce que nous avons commencé ensemble,
nous allons le continuer ensemble"
- le 17 mai à la section du Havre (9rue Georges Braque ) de 14h à 17h
« Le Parti socialiste doit intégrer toutes les
nouvelles formes de militantisme et d’engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la
discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ? »
-le 24 mai à la section du Havre (9rue Georges Braque ) de 14h à 17h
richesse ?
à la Maison de la Lombardie, 50 rue Leverrier, sur les Hauts de Rouen
je vous souhaite la bienvenue sur ce site participatif. Il répond à l'initiative que nous avons lancée, en vue du Congrès du Parti socialiste, pour lancer un débat de qualité, serein, utile aux Français. Je compte sur vous pour le faire vivre et apporter vos idées. Elles nous permettront de composer une belle contribution dont nous serons toutes et tous co-auteurs !
Ségolène Royal
par Dominique Méda [24-04-2008]
La seule question qui semble se poser jusqu’à présent au sujet du Revenu de Solidarité Active (RSA) concerne le calendrier de sa généralisation et l’épaisseur de l’enveloppe budgétaire qui lui sera allouée. En réalité, le RSA pose bien d’autres problèmes qui appellent une discussion de fond. Avec ce premier article de Dominique Méda, laviedesidees.fr ouvre le débat et le poursuivra dans les semaines qui viennent en mobilisant à la fois des économistes, des historiens et des sociologues.
Le Revenu de Solidarité Active dont l’expérimentation puis la généralisation sont inscrites au programme du gouvernement, semble faire l’unanimité. L’idée d’accorder une prestation monétaire aux bénéficiaires des minima sociaux qui retrouvent un emploi de manière à les « intéresser » davantage encore au travail est une idée, sur le papier, assez consensuelle. Il reste qu’il y a plusieurs manières d’en décliner la mise en oeuvre et, qu’ici comme ailleurs, la qualité d’une politique se mesure à la lucidité des décideurs sur les conditions pratiques de sa réussite. Concernant le RSA, il n’est pas certain que ces conditions aient été suffisamment explorées.
En effet, on a fait jusqu’à maintenant comme si le RSA suffirait à résoudre les problèmes liés à l’enfermement des allocataires de minima sociaux dans le non emploi ou les faibles durées d’emploi. En réalité, les choses sont beaucoup plus compliquées. Le RSA est sans doute nécessaire. Mais il ne peut être en aucune manière suffisant. C’est ce que vient de montrer avec force la dernière livraison du numéro de Recherches et prévisions consacré aux allocataires de minima sociaux [1].
Que constate-t-on ? Que la plus grande partie des problèmes qui font obstacle à la reprise d’emploi des bénéficiaires de minima sociaux ne sont pas d’ordre monétaire (certains travaillent en perdant de l’argent !) mais ressortissent à bien d’autres contraintes : contraintes « familiales », dues notamment à l’absence de modes de garde proposées aux allocataires de l’Allocation Parents Isolés (60% déclarent connaître des difficultés dans leur démarche de recherche d’emploi parce qu’ils et plus souvent elles ne peuvent faire garder leur enfant), contraintes de santé, contraintes de transport, absence d’accompagnement vers et dans l’emploi... En somme, il est faux d’imaginer qu’ils préfèrent ne pas travailler simplement parce que le travail ne leur rapporterait pas assez. Comme le souligne Céline Marc, ce sont moins de 1 % des bénéficiaires qui invoquent un tel manque de rentabilité financière du travail comme un obstacle au retour à l’emploi [2].
Plusieurs études ont par ailleurs mis en évidence que les individus visés sont moins calculateurs que ne l’imaginent de
nombreux responsables actuels. Les personnes qui reprennent un emploi n’ont pas toutes compris le mécanisme de l’intéressement. C’est même souvent après avoir commencé à travailler qu’elles
réalisent si oui ou non elles perdent de l’argent. Tout ceci conduit manifestement à minorer l’effet pur de l’incitation monétaire sur le comportement des allocataires de minima
sociaux. la suite ici
Par Jean-Jacques Urvoas (PS)
Les propositions de loi sont le moyen classique d’un parlementaire pour faire avancer une idée. Elles ne sont que rarement inscrites à l’ordre du jour et encore plus difficilement votées mais pourtant tous les jours des collègues en déposent sur des sujets extrêmement variés.
Ainsi Jean-Pierre Balligand, député de l’Aisne et président de l'Institut de la décentralisation, l’autre mercredi en «Com Soc» est-il venu suggérer de déposer un texte sur l’élection au suffrage universel des présidents des structures intercommunales à fiscalité propre. Il souhaite ainsi éclairer un angle mort de notre démocratie.
Comment admettre que les 2 573 établissements publics de coopération intercommunale, regroupant près de 90 % des communes et 85.5 % de la population française, prélèvent 13,8 milliards d’euros de recettes fiscales sans que jamais le suffrage universel ne soit concerné ?
En effet, ce bouleversement majeur du paysage territorial que représente l’intercommunalité ne s’est pas accompagné comme il l’aurait dû d’une implication citoyenne plus grande. Les électeurs sont d’ailleurs bien en peine de dire aujourd’hui, faute justement d’un contrôle direct sur ces structures, quel rôle tient la communauté de communes ou d’agglomération dans leur vie quotidienne. Quant à savoir qui la dirige et à quoi sont affectées les sommes qu’ils leur versent…
Pour autant, élire le président de ces communautés au suffrage universel est-ce une bonne idée ? Ne serait-ce pas favoriser un pouvoir personnel bien français ? Mais en même temps, ces structures dépolitisent l’action locale puisque droite et gauche sont contraintes de s’y entendre. Et depuis dix ans rien ne bouge… Alors… ? Qu’en dites-vous ?
François Rebsamen :
"Lier notre rythme à celui du quinquennat"
Le calendrier des congrès du PS sera désormais calé sur celui du quinquennat. C'était une nécessité ?
Il s'agit de tirer les leçons du passé en établissant un lien entre notre fonctionnement et le rythme induit par le quinquennat afin d'éviter que ne se reproduisent certaines dissonances. Ce calendrier qui permet de concilier élaboration de notre ligne politique et désignation de notre candidat ou candidate s'appliquera à partir du prochain congrès de novembre 2008.
Le suivant pourra donc se tenir entre janvier et juin 2011, alors qu'il aurait dû avoir lieu statutairement trois ans plus tard. C'est-à-dire en novembre 2011, une échéance trop tardive avant la présidentielle d'avril 2012.
Envisagez-vous d'organiser des primaires "à l'italienne" en consultant les sympathisants de gauche pour désigner un candidat unique à la présidentielle ?
Ce seront les adhérents du PS qui désigneront le candidat ou la candidate socialiste mais, bien que cette question n'ait pas à figurer dans nos statuts, nous sommes tous d'accord pour rechercher avec nos partenaires les conditions d'une candidature unique de la gauche dès le premier tour de l'élection présidentielle. Les formes qui en permettront l'émergence restent à déterminer, mais nous n'écartons pas la possibilité d'organiser des primaires auprès des sympathisants.
Quels effets auront ces modifications statutaires sur le déroulement du prochain congrès ?
Le fil rouge de cette réforme des statuts consiste à remettre de la politique dans le parti en lui apportant plus de démocratie et de transparence. Au terme de ces discussions qui ont duré quatre mois et se sont déroulées dans un bon climat, je pense être parvenu à lever les craintes initiales soulevées par certains.
Ces modifications ne remettent pas en cause la nature du PS. Après notre belle victoire aux élections municipales et l'adoption d'une nouvelle déclaration de principe, ces règles qui nous permettent de vivre ensemble dessinent les contours d'un parti apaisé avant d'aborder un congrès au cours duquel il reviendra aux uns et aux autres d'être porteur d'un projet politique.
Il s'agit également d'une sortie honorable pour François Hollande, qui quitte le poste de premier secrétaire en
menant à bien les réformes consensuelles qu'il estimait nécessaire de réaliser.
Edito
Le contraste est frappant entre la bonne santé des droites européennes et l'ambiance plus que morose qui domine le premier anniversaire de l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, le 6 mai 2007. En Italie, la droite ne s'est pas contentée de gagner les législatives, elle vient de s'emparer de la municipalité de Rome. A Londres, un an avant des législatives menaçantes pour le Labour de Gordon Brown, un conservateur, pourtant réputé fantaisiste, l'a emporté sur le solide maire travailliste. En France, au contraire, les élections municipales de mars ont été ravageuses pour le parti du président.
Ce n'est pas que la gauche ait moins de vague à l'âme ici que chez nos voisins. Au contraire. M. Sarkozy aurait pu célébrer les succès européens de sa famille de pensée, en même temps que l'anniversaire de sa victoire, s'il n'avait suscité durant cette première année de présidence une énorme désillusion.
Les Français ont cru voter pour un politique énergique, qui semblait décidé à faire redémarrer un pays atone, voire bloqué, et qui avait su les convaincre, en particulier les plus modestes d'entre eux, qu'il améliorerait leur situation personnelle. Or, rien n'a fonctionné comme prévu. Arrivé à l'Elysée avec plus d'atouts que la plupart de ses prédécesseurs, le chef de l'Etat les a gâchés avec presque autant d'énergie qu'il avait mis à les obtenir. Hier conquérant et triomphant, le voilà décrié, affaibli, empêtré. Les premières mesures du "paquet fiscal" ont donné le signal désastreux d'une politique qui semblait faite "pour les riches", tout en privant le budget de masses financières précieuses. La conjoncture économique internationale n'a rien arrangé depuis. Au lieu du solide professionnalisme qu'on prêtait au président, amateurisme, bricolages et cafouillages ont dominé l'action de l'exécutif. Sans parler du mélange des genres entre vie privée et fonction présidentielle.
Il reste quatre ans à M. Sarkozy pour réparer les dégâts. Faute de quoi, après le regain d'intérêt, presque de passion, pour la politique qu'a permis l'élection présidentielle, il porterait une lourde responsabilité. Celle d'avoir, une nouvelle fois, creusé le fossé entre le peuple et ses dirigeants.
Radiographie militante complexe pour le PS. Mediapart révèle la synthèse réalisée par le bureau national des adhésions du parti socialiste (BNA), dressant la carte de France militante fédération par fédération [téléchargeable ici en format PDF]. Ce document, envoyé par circulaire aux premiers secrétaires fédéraux, tient aussi compte du fort reflux des adhérents depuis la dernière présidentielle, chiffré officiellement à 73.437.
Ces chiffres relativisent ceux de notre enquête du 17 mars dernier, sans que l'explication n'en soit bien claire. Le BNA les appelle «votants potentiels», car les statuts du parti prévoient que tout adhérent peut se remettre à jour de sa cotisation le jour du vote au prochain congrès.
L'effectif actuel du PS, établi à 162.970 membres au 31 décembre 2007 (+ 2.113 cotisations «incomplètes»), pourrait donc “potentiellement” regonfler à 238.520 le 14 juin prochain. À cette date, s'ouvrira la première phase du congrès socialiste: la convention nationale devant entériner la réforme des statuts et la nouvelle déclaration de principe du PS. À la lecture du fichier, on note une évolution sensible de la géographie militante du parti.
Le Pas-de-Calais loin devant, Paris du double au simple
Premier enseignement, qui saute aux yeux: avec 14.484 adhérents (et seulement 280 cartes perdues), le Pas-de-Calais retrouve de loin son rang de plus grosse fédération de France, tandis que Paris retombe à 9.087 militants, subissant le départ de 11.124 personnes ayant adhéré pour la très grande majorité par Internet, à 20 euros.
Selon l'eurodéputé fabiusien Henri Weber, «dans le Pas-de-Calais on peut parler de parti de masse, dans la grande tradition des partis socialistes du nord de l'Europe. Eux, ils savent organiser le nombre…». Le secrétaire général de la fédération, Jean-Paul Pelinski, avait déclaré à Mediapart lors d'un précédent article: «Nous, on est 15.000, on a gagné 3.000 adhérents depuis 2005. Mais il faut dire qu’on a refusé les adhésions par Internet. Chez nous, c’est du réel!»
"Premier fédéral" de Paris, le député et maire du XIe arrondissement, Patrick Bloche, estime la perte d'effectif des "nouveaux adhérents" à 75% dans la capitale. «Nous avons eu tant de monde, en grande majorité des “20 euros” qu'il est normal qu'on en perde autant. Mais nous sommes en sensible hausse par rapport au congrès du Mans en 2005. Et puis, nous avons joué la transparence. Nous…», explique-t-il. Tout en maniant l'ironie: «Je suis admiratif du travail du Nord-Pas-de-Calais. On a beau changer les statuts, les habitudes persistent.»
Jean-Christophe Cambadélis, proche de Dominique Strauss-Kahn, note lui que «depuis septembre, le parti a gagné près de 50.000 adhérents, puisqu'on était 110.000 en septembre dernier. Ils ont donc été remobilisés les trois derniers mois de 2006. Je ne sais par qui…»
Les baronnies renforcées et multipliées
Autre constat: les traditionnelles “grosses fédés” conservent tout leur poids dans le rapport de force interne. Mais elles sont rejointes par de nouveaux bastions. Outre le Pas-de-Calais et Paris, les trois autres “historiques” – Nord (8.472), Bouches-du-Rhône (6.684) et Hérault (légèrement à la baisse, 4.784) – sont rattrapées par la Haute-Garonne (5.159), la Gironde (5.049), la Seine-Maritime (3.738), l'Aude (3.429), la Loire-Atlantique (2.934) et le Rhône (2.743). Ainsi que deux fédérations de l'Île-de-France, qui ont décollé depuis le congrès du Mans: l'Essonne (3.500) et les Hauts-de-Seine (2.972).
A elles seules, ces treize fédérations départementales (sur 107 au total) représentent environ 45% du nombre de cartes à jour du parti. «La conquête des municipales a mobilisé dans les départements à enjeu pour le PS», estime Jean-Christophe Cambadélis. Comme la Gironde (à Bordeaux, malgré la défaite face à Alain Juppé), l'Aude (prise de Narbonne) ou les Hauts-de-Seine (succès à Asnières et Colombes). «D'autres fédérations ont fait des efforts de modernisation, comme en Loire-Atlantique», ajoute le député du XIXe arrondissement de Paris.
«Le parti s'est urbanisé», constate de son côté Patrick Bloche. D'après ce proche de Bertrand Delanoë, «ce sont les départements à gros centres urbains qui ont surtout profité de l'afflux des nouveaux adhérents. C'est une question d'évolution des cultures et aussi de rapport à l'Internet».
Tout en relevant que «la chute brutale n'a pas influé sur les municipales» et «qu'il n'y a donc pas de proportionnalité entre nombre de cartes et nature des résultats», Henri Weber souligne «la professionnalisation grandissante des effectifs socialistes». «Le parti compte de plus en plus d'élus et, du coup, de plus en plus d'aspirants élus en la personne de leurs collaborateurs», analyse-t-il. De quoi entretenir le “verrouillage” des sections et accroître le contrôle du recrutement militant. «Aujourd'hui, l'alternative à ce malthusianisme, c'est le clientélisme, comme dans les Bouches-du-Rhône ou dans l'Hérault. Où le recrutement est basé sur les employés municipaux…»
«On a un problème d'animation», reconnaît Jean-Christophe Cambadélis. Le député de Paris, proche de Dominique Strauss-Kahn, pense que «le parti ne sait pas comment garder ses troupes». Selon les chiffres, on remarque qu'une vingtaine de fédérations ont perdu plus de 30% de leurs effectifs. «Aussi bien chez les bobos de Paris que chez les prolos du Doubs», explique-t-il. «La question, c'est “comment être un petit parti de masse?” On n'a aucun plan de formation et on a tendance à faire de nos adhérents des gens latents, en les réduisant à des désignateurs de chef et des préparateurs de congrès.» Et d'appeler à «revoir la machinerie», en l'adaptant aux «différentes sociologies des membres, en donnant un esprit club dans certains endroits, la solidarité dans d'autres et la formation partout».
Nouveaux adhérents, le retour?
La situation actuelle fige d'ailleurs les ambitions pré-congrès, tant personnelles que programmatiques. Face à la forte mobilité de l'effectif, les prétendants sont dans l'expectative. «C'est le congrès le plus indécis depuis que je suis au PS, c'est-à-dire 1973 et le congrès de Grenoble», avoue Patrick Bloche.
Pour Jean-Christophe Cambadélis, «l'incertitude va dominer jusqu'au dépôt des motions et, hormis à Paris et dans l'Hérault, aucun “premier fédéral” ne va s'engager, de peur d'être mis en minorité dans sa fédération». Car là où il y a eu de fortes augmentations d'effectif, il y a aussi eu beaucoup de cartes non renouvelées. Mais qui pourraient l'être le jour des votes.
Tous les responsables socialistes croisés depuis deux mois demeurent sceptiques, quant à la réalité d'un retour des adhérents à 20 euros. «Ils pourraient venir racheter un droit de vote, mais celui-ci coûtera beaucoup plus cher», explique Benoît Hamon. En effet, lorsqu'il s'agit d'une remise à jour de sa carte, le tarif devient celui des adhérents traditionnels, en fonction des revenus de chacun. Selon le leader de l'aile gauche du parti, «le rapport consumériste n'est plus le même quand la cotisation s'élève entre 70 et 500 euros». Toutefois, comme l'exprime Hamon, «le collège électoral hypothétique est tellement large que ces adhérents sont un vrai enjeu».
Ainsi que le résume Patrick Bloche, «le congrès est une bouteille jetée à la mer. N'ayant aucune visibilité, ceux qui fonctionnent sur des réseaux établis sont tentés de retrouver l'équilibre du congrès du Mans. Or, s'il n'y a pas d'enjeu enthousiasmant, il n'y aura pas de mobilisation. Mais il n'y a plus rien de comparable avec 2005, tant les courants ont explosé depuis».
Jean-Christophe Cambadélis positive également: «À nous de rendre le congrès attractif. Tout dépendra de la nature des débats. S'ils sont intéressants et stimulants comme lors de la primaire à l'investiture, les gens en auront pour leur argent et peuvent accepter de faire l'effort financier.» Cambadélis avait souhaité que «l'on transforme les longues contributions en une vingtaine de questions auxquelles il faudrait répondre. Mais finalement, on en reste au processus habituel. Du coup, c'est ce que fait Ségolène Royal…»
Grande bénéficiaire de l'arrivée massive des nouveaux adhérents, dont François Rebsamen estime qu'ils ont été deux sur trois à voter pour elle, l'ancienne candidate à la présidentielle pourrait bénéficier d'un retour des militants déçus. Même si certains sont restés et qu'il y a quand même eu une défaite à la présidentielle depuis. Le président de Désirs d'avenir, Jean-Pierre Mignard, a d'ailleurs appelé à la mobilisation des sympathisants, sur le site de l'association. «Il est clair que nous n'avons pas les mêmes moyens pour remobiliser», remarque Benoît Hamon. «Ségolène Royal n'a pas qu'un site, mais des locaux boulevard Raspail, le soutien de Pierre Bergé et des permanents qui travaillent sur des listings bien entretenus», souffle-t-il.
Le fichier des effectifs socialistes, au 31 décembre 2007 [format PDF, 56 Ko]
- Les résultats complets du congrès du Mans, en 2005, fédération par fédération
- Tous les articles et billets de blog de Mediapart évoquant le parti socialiste
- Lire l'intervention de Rémi Lefebvre (université de Lille II), lors d'un colloque de juin 2007 à Sciences-Po Toulouse sur la démocratisation des partis. Une contribution “généreusement transmise par l'auteur” aux lecteurs de Mediapart:
«Le sens flottant de l'engagement socialiste»
(PDF, 360 Ko, 19 pages)
- Lire l'étude réalisée par le PS sur 8.500 de ses nouveaux adhérents, en juin 2006
- Lire un article de Rue89 sur les nouveaux adhérents parisiens restés au parti, le 20 octobre 2007
- Lire un article du Figaro sur l'ambition de Ségolène Royal, imaginant un «parti à 3 millions d'adhérents», le 6 mars 2008
Nicolas Sarkozy n'a jamais été la coqueluche de la presse internationale. Critiqué pour son comportement et pour ses initiatives jugées peu diplomatiques en terme de politique étrangère, le président de la République n'a pas été épargné depuis son élection, notamment par les quotidiens européens.
Sans surprise, le bilan de l'an I de la présidence Sarkozy est jugé très sévèrement par plusieurs quotidiens et peu de commentateurs voient comment le président français pourrait efficacement corriger le tir. "L'effet Carla" supposé et évoqué ici ou là, ne concerne que l'image que renvoit le président et n'a pas grand-chose à voir avec la gestion des affaires. Reste à canaliser son énergie vers des projets essentiels, comme l'évoque le Financial Times (FT).
"LA FRANCE N'A GUÈRE CHANGÉ"
Nicolas Sarkozy avait promis la rupture. C'est le cas "au moins sur un point : sa popularité a plongé bien plus vite et
plus bas que celle de ses cinq prédécesseurs au cours des cinquante ans de la Ve République", explique le quotidien britannique dans son éditorial. Et de donner trois pistes de
réflexions sur ce qui devrait être modifié : donner la priorité à certaines réformes, concentrer son énergie sur ces réformes et parvenir à les réaliser.
Pour le quotidien britannique, la stratégie adoptée par l'équipe Sarkozy, consistant à lancer tout un tas de réformes en même temps pour dérouter l'opposition et éviter un blocage a eu un effet imprévu : aucune de ces "micro-réformes" n'a été achevée et les électeurs sont déroutés.
Après un an de présidence Sarkozy, la France a-t-elle changé, s'interroge Le Temps dans son éditorial ? La réponse est lapidaire : "En douze mois, le pays n'a guère changé. Il reste pessimiste, angoissé par la globalisation et souffrant des mêmes maux – croissance molle, marché du travail verrouillé, Etat surendetté... – qu'à la fin du mandat de Jacques Chirac".
Comme le FT, Le Temps évoque "des réformes utiles parfois, timides souvent, dans l'ensemble prudentes et incomplètes. Mais rien de vraiment décisif". S'il se félicite de la meilleure disposition des syndicats français, "réputés obtus", vis-à-vis des réformes, Le Temps estime peu probable que cela "suffise à produire les résultats rapides – plein emploi et croissance portée à 3 % d'ici à 2012 – que Nicolas Sarkozy a fait miroiter aux Français".
Le quotidien suisse découpe cette année
écoulée en quatre actes : "Excès de confiance, distraction sentimentale, réformes dans la brume, rebondir, mais comment ?"
"RÉVOLUTION PERDUE"
Plusieurs journaux ont anticipé d'une journée la date anniversaire de l'élection de Nicolas Sarkozy et ont fait l'impasse sur ce sujet ce mardi. Ainsi, El Pais estimait, lundi 5 mai, que le président français est passé, en un an, du paradis à l'enfer. Le quotidien espagnol, qui avait déjà diagnostiqué en février une "hypertrophie incurable de l'ego" chez Nicolas Sarkozy, repasse l'année écoulée comme un film noir.
Soirée au Fouquet's, style ostentatoire, goût de la jet-set, exhibitionnisme de ses histoires de
cœur utilisées comme "écrans de fumée", échec de sa principale promesse (être le président du pouvoir d'achat), chute libre dans les sondages, séjour de Kadhafi... Le jugement est sans
concession.
El Pais évoque toutefois un possible "effet Carla" qui serait en train de changer le chef de l'Etat. Mais cela ne porterait que sur l'excès d'ostentation. Exemple : lors d'une représentation à la Comédie-Française, le président et sa femme seraient arrivés et repartis "discrètement". Un point essentiel probablement pour la rupture visant à réformer le pays... L'International Herald Tribune notait, lundi 5 mai, quelques réformes intéressantes, mais, comme le FT, les estimait inachevées. Le quotidien américain s'interrogeait surtout sur leur coût, qui reste à évaluer.
Constat sévère également dans le Khaleej Times. Le quotidien des Emirats arabes unis parle de "révolution perdue". Le journal pointe les échecs comme l'inflation, le déficit budgétaire. Les sujets qui fâchent comme l'atlantisme ou la dégradation des relations avec le monde musulman. Mais surtout, ce qui aurait le plus joué sur l'opinion que les Français se font de leur président : "Le manque de finesse, la tendance show off et une personnalité agressive." Le Khaleej Times ne fait pas dans la dentelle lorsqu'il évoque l'"effet Carla" : "Certains de ses amis me disent qu'elle est extrêmement intelligente, raffinée et pondérée – exactement ce dont a besoin Sarkozy."
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[07/05/08] |
| Ségolène Royal rencontre les lecteurs du Parisien/Aujorud'hui en France | |
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Un an après la victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, mais aussi un an après sa propre défaite, Ségolène
Royal confie aux lecteurs du Parisien/Aujorud'hui en France ses craintes sur la situation politique et explique sa stratégie au sein du PS. |
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MEHDI MARTEL. Un an après l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, quel est, selon vous, son plus grand
échec... et sa plus grande réussite ?Son plus grand échec, c'est la déception des Français. Lorsqu'on a la chance d'être chef de la cinquième puissance du monde, on n'a pas le droit de rater une année. La France a été séduite et elle est aujourd'hui abandonnée. C'est très grave. Le pouvoir en place semble dépassé. Il a fait croire qu'il maîtrisait les choses, que toutes les réformes étaient prêtes. Or, dans un monde qui va très vite, marqué par la mondialisation, un dirigeant ne peut pas être dépassé par les événements. SERGE GADEA. Sarkozy a-t-il trouvé ses limites ? Oui. Il n'est pas à la hauteur d'une période historique compliquée. Il s'est occupé davantage de lui-même que de la France. Il disait qu'il serait le président de la morale, du courage, du pouvoir d'achat, des droits de l'homme. C'est tout le contraire : on a de l'immoralité, du non-respect, de l'improvisation. Maintenant il faut qu'il se ressaisisse car il faut remettre la France sur la bonne voie : une autre politique est possible. CAROLINE CHANFREAU. Mais y a-t-il quand même quelques succès ? L'émergence au sein du gouvernement de femmes issues de la diversité est une chose positive... Encore que, en bonne logique républicaine, il faut juger sur les résultats. JEANINE HAMELIN. Pourquoi, selon vous, avez-vous perdu la présidentielle il y a un an ? C'est une bonne question, j'ai écrit un livre pour expliquer cela (rires) ! Je n'ai pas réussi à convaincre de nombreuses personnes parce que, en face, Nicolas Sarkozy a fait des promesses : celle de revaloriser de 25 % le minimum vieillesse, les petites retraites et l'allocation adulte handicapé. Il avait aussi annoncé qu'il demanderait aux patrons d'augmenter les bas salaires. Dans une élection, ça joue. Moi, je n'ai promis sérieusement que ce que je savais pouvoir tenir. Mon adversaire a aussi bénéficié pendant les années précédant l'élection de relais médiatiques extrêmement puissants et de moyens financiers considérables, en cumulant le ministère de l'Intérieur et l'UMP. Enfin, il m'a manqué le soutien de certains dirigeants socialistes, qui n'ont pas accepté ma désignation massive par les militants du parti. MEHDI MARTEL. Avez-vous des propositions concrètes pour réduire le chômage des jeunes et faciliter l'accès dans la vie active ? Il y a une déconnexion entre certaines filières de formation économique et la réalité du marché du travail. Et aussi un énorme gâchis à l'issue des deux premières années d'université, où 40 % des jeunes abandonnent sans qualification et sans diplôme. Il faut une réforme profonde de l'université et en particulier dé-spécialiser les premières années de formation. Et puis il y a des secteurs sous tension dans le bâtiment, la restauration, les services à domicile. Or, ces métiers ne sont pas suffisamment valorisés. C'est ce que j'ai fait dans ma région en donnant un chèque à tous les jeunes qui entrent dans ces trois filières pour les aider à financer leur permis de conduire, dont ils ont besoin pour aller travailler. Par ailleurs, je suis favorable au développement de l'apprentissage, y compris dans l'enseignement supérieur. C'est-à-dire la formation alternée entre la théorie et la pratique. Cela existe déjà et il faut le développer. JEANINE HAMELIN. Comment accroître le pouvoir d'achat alors que tout augmente ? C'est l'expression de l'angoisse principale : la vie chère, l'accès au logement devenu difficile, l'augmentation de l'essence... Au lieu de donner 15 milliards chaque année dans le paquet fiscal, on aurait pu baisser la TVA sur la consommation. Ou doubler la prime pour l'emploi pour 8 millions de salariés. Il faut imposer aux collectivités locales de respecter le quota des 20 % de logements sociaux. Il faut réorienter la masse de l'épargne vers le secteur de la construction. Quant aux prix, il faut contrôler les marges de la grande distribution. Je suis favorable à l'autorisation des actions de groupe de consommateurs. C'est très efficace pour instaurer un rapport de force sur les prix entre les consommateurs et les grandes entreprises. CAROLINE CHANFREAU. Le gouvernement veut réformer l'Etat et réduire le nombre de fonctionnaires. N'a-t-il pas raison sur le fond ? Oui, il faut réformer l'Etat. Mais aujourd'hui, ce qui ne va pas, c'est que l'Etat est réformé par des gouvernants qui dénigrent le service public. On assiste à des destructions massives de services publics. Fermetures de plateaux de chirurgie, de tribunaux, de postes, de filières de formation professionnelle. Tout cela laisse une sorte de désespérance dans des territoires déjà fragilisés, ce qui déstabilise aussi les entreprises. En même temps, il y a trop d'échelons administratifs, depuis la commune jusqu'à l'Etat et l'Europe. Il faut clarifier les compétences et mettre fin aux doublons avec des responsabilités claires aux collectivités territoriales tout en leur donnant les ressources nécessaires. C'est comme ça qu'on allégera la bureaucratie et les dépenses de l'Etat. SERGE GADEA. Pourquoi le PS, lorsqu'il était aux affaires, n'a-t-il pas annulé la réforme Balladur sur les retraites. Et s'il revenait au pouvoir, annulerait-il les réformes Fillon ? C'est vrai que la gauche n'a pas réglé en totalité la question des retraites, même si elle a créé le Fonds de réserve des retraites. J'observe que le gouvernement actuel veut piocher dans ce fonds, ce qui n'est pas acceptable. Je ne ferai qu'une observation : le groupe Total a fait 10 milliards d'euros de bénéfices. Aujourd'hui, le besoin de financement des retraites est de 8 milliards. Est-il normal qu'une entreprise gagne autant d'argent, qui appartient en fait à la collectivité, quand les Français paient l'essence à des prix aussi élevés ? JEANINE HAMELIN. Voulez-vous succéder à Hollande à la tête du PS ? Pensez-vous être la candidate de votre parti en 2012 ? Je ne suis pas candidate à un poste mais j'ai pris la décision d'assumer mes responsabilités de leader politique. J'entends parfois dire que je suis un accident de l'histoire, une météorite qui serait passée et qui doit disparaître, ce qu'on n'a jamais dit à aucun homme. Ce qui aurait été cohérent après cette campagne, c'est de se rassembler autour de moi pour mettre la dynamique de la campagne au service de la gauche, de reconstruire un nouveau corpus idéologique et de voir si cela réussissait ou non. Mais cela aurait été trop simple. Je constate que ça ne se passe pas pour moi comme cela s'est passé pour d'autres, François Mitterrand, Lionel Jospin... Ce que je veux, c'est un PS qui change, qui soit en phase avec les défis de la France. Il faut que le PS compte plus d'adhérents. On avait promis il y a deux ans un PS à 700 000 adhérents. Il est très important que le PS devienne un parti très attractif. MEHDI MARTEL. Donc vous allez prendre la tête du PS ? Je veux faire les choses dans l'ordre. Lorsque je vous dirai si oui ou non je suis prête à assumer cette position de leadership, je le ferai en expliquant pourquoi, avec quelle vision et quel projet. Ce sera fait de toute façon assez rapidement puisque les textes pour le congrès du PS doivent être déposés en juin. JEANINE HAMELIN. Nicolas Sarkozy a refait sa vie. Et vous, où en êtes-vous sur le plan personnel ? (Rires.) Je vous remercie de vous préoccuper de moi. Mais comme vous le dites, c'est ma vie personnelle. On est déjà tellement exposé quand on est responsable politique... Il faut rendre des comptes sur tout. Je suis poursuivie par les photographes tout le temps, y compris avec mes enfants. J'ai même été pourchassée avec des appareils photo jusque dans une église. C'est la contrepartie de la notoriété, mais je pense qu'il faut protéger farouchement sa vie privée. Il faut me laisser tranquille. CAROLINE CHANFREAU. Dans le climat actuel, croyez-vous possible une crise politique aussi grave que Mai 68 ? Bien sûr. Je pense qu'une crise grave est tout à fait possible. Il y a une exaspération très profonde. Quand il y a une déception aussi cruelle entre des espérances, des promesses politiques et le résultat, c'est inadmissible. Il y a une montée des précarités, un creusement insupportable des inégalités, une angoisse des parents sur la réussite de leurs enfants. On assiste à la montée d'une colère très profonde, et ça c'est dangereux. Ceux qui nous gouvernent feraient bien de se ressaisir rapidement. MARIE-LYSE VILANOVA. Au PS, il y a une multitude de candidats potentiels pour le poste de premier secrétaire. Pourquoi tant de rivalités ? Les rivalités sont normales en politique mais il ne faut pas qu'elles soient exacerbées. Je ferai très bientôt une offre politique et je souhaite que le leadership découle naturellement du vote des militants. SERGE GADEA. Dans son gouvernement, l'Espagnol José Luis Zapatero a nommé neuf femmes et seulement huit hommes. La France serait-elle plus macho ? Oui, la France est encore très macho. Regardez l'Assemblée nationale, à quoi cela ressemble : encore très peu de femmes. Elles sont moins de 5 % au sein des conseils d'administration des entreprises. Les inégalités salariales sont encore de 30 %. JEANINE HAMELIN. Etre noire en France, ce n'est pas facile. Quelles mesures proposez-vous pour faire cesser les discriminations ? Pendant la campagne, j'ai défendu l'idée de la France métissée. Cela m'a fait perdre des voix, je le savais. Car cela a été exploité par mes adversaires qui l'ont opposée à l'identité française, mais il faut absolument tenir bon là-dessus. Il faut apprendre à vivre ensemble. MARIE-LYSE VILANOVA. Jean-Pierre Raffarin a demandé votre démission à la suite de votre condamnation dans l'affaire de vos assistantes parlementaires... C'est un contentieux qui dure depuis dix ans. J'ai été pourchassée judiciairement. La décision n'est pas définitive et, compte tenu de l'exploitation politique qui en est faite, je vais me pourvoir en cassation. On veut faire croire que c'est moi qui ai refusé de payer des salaires, alors qu'en réalité il s'agissait d'argent public. Et contrairement à ce qui a été dit dans la presse, il ne s'agissait pas de plusieurs mois mais de vingt jours. Il y a sûrement là une petite vengeance de la part de M. Raffarin car, quand je suis arrivée à la tête de la région Poitou-Charentes, j'ai diminué considérablement le train de vie. J'ai arrêté les grosses voitures ; j'ai vendu la Maison du Poitou-Charentes à Paris qui servait à organiser des cocktails ; j'ai réduit de 2 millions d'euros les frais de représentation et de communication de la région... J'ai aussi découvert que M. Raffarin faisait payer par la région un appartement privé rue de Vaugirard à Paris. Donc la région lui demande des comptes. CAROLINE CHANFREAU. Avez-vous été choquée que Nicolas Sarkozy ait pu voter dans le VIIIe après s'être inscrit hors délai ? Les Français ont été choqués. De nombreuses personnes n'ont pas pu voter parce qu'elles étaient hors délai. Il y a deux poids, deux mesures. C'est une fraude très grave, un faux en écriture publique. BRUNO PONCHON. Dans le match entre démocrates aux USA, vous vous êtes prononcée en faveur de Barack Obama. Pourquoi ? Parce qu'il représente l'Amérique du futur. Il incarne l'Amérique métissée, un ensemble de valeurs, il a toujours été contre l'intervention en Irak. Hillary Clinton est une femme extrêmement courageuse, elle en voit des vertes et des pas mûres. Mais elle est à mon sens plus opportuniste sur les questions de société et moins claire sur l'Irak. Ce qui est inquiétant, c'est la façon dont ils s'épuisent l'un l'autre dans ce duel. L'idéal serait qu'ils forment un ticket gagnant tous les deux contre le candidat républicain. CAROLINE CHANFREAU. Que pensez-vous de votre caricature par l'humoriste Nicolas Canteloup sur Europe 1 ? C'est profondément misogyne, il me traite en Bécassine. Cela faisait tellement écho à toute l'entreprise de dénigrement sur mes supposées bourdes et mon incompétence que cela m'a porté préjudice. Mais ça fait partie du combat politique. Il aurait fallu trouver un humoriste pour dire du bien de moi. Aujourd'hui, je préfère en rire ! |
Pas de consensus après l’entretien entre Fillon et les socialistes.
Qu’est prêt à lâcher Nicolas Sarkozy pour entrer dans l’Histoire ? Les dirigeants socialistes se perdent en conjectures. De leur échange avec François Fillon mardi sur la réforme des institutions actuellement dans les tuyaux, ils ont surtout retenu les fins de non-recevoir : ni le vote des étrangers aux élections locales, ni leur vision du Conseil supérieur de la magistrature et, moins encore, la refonte des modes de scrutins de l’Assemblée nationale et du Sénat, n’ont été considérés comme des thèmes de discussion valables par le Premier ministre. «C’est d’autant plus troublant que Fillon nous a confirmé son "intention" de réviser le mode de scrutin des élections régionales !» s’agace François Hollande.
S’ils se disent toujours «disponibles pour un compromis politique d’ampleur», le doute grandit donc quant à la volonté ou même le pouvoir de l’Elysée de dégager un consensus acceptable sur le projet de loi constitutionnelle. «La balle est dans le camp de la majorité», a insisté hier le chef de file des députés PS, Jean-Marc Ayrault.
Dans l’attente d’un geste de la majorité, le premier secrétaire du PS campe sur ses «cinq points essentiels» : pas d’augmentation des prérogatives du chef de l’Etat (notamment en matière de défense) ; plus de pouvoir au Parlement ; plus de pluralisme dans les médias ; droit de vote pour les étrangers aux élections locales et réforme des modes de scrutins, notamment au Sénat. Le PS qui n’accepte pas «l’existence d’une assemblée politique où l’alternance est de facto interdite», attend l’UMP au tournant : les députés doivent débattre le 20 mai de sa proposition de loi relative aux conditions des élections des sénateurs, qui reprend les attendus d’une proposition de loi déposée en 1999 par Henri de Raincourt, aujourd’hui chef de file du groupe UMP à la Haute Assemblée… «Nous verrons bien le sort qui sera réservé la semaine prochaine en commission à nos 49 amendements, avertit Hollande. S’il apparaît que c’est une réforme de circonstance, de procédure, de règlement intérieur, nous n’en serons pas.» (ndlr n'oublions pas le non cumul des mandats !)
Les chiraquiens et les socialistes s'émeuvent des attaques de Sarkozy
Les députés chiraquiens de l'UMP se sont émus jeudi des attaques exprimées selon eux la veille par Nicolas Sarkozy contre l'ancien président, alors que les socialistes dénonçaient les critiques contre la presse, accusée de ne pas avoir suffisamment évoqué la condamnation de Ségolène Royal dans l'affaire de ses assistantes parlementaires...
Le chef de l'Etat a reçu mercredi à l'Elysée 262 députés UMP, un an après son élection.
Le soir même, le député villepiniste Jean-Pierre Grand dénonçait un "réquisitoire" de Nicolas Sarkozy contre Jacques Chirac. "Rappeler qu'il avait été élu dès la première fois et que Jacques Chirac avait été élu bout de vingt ans, on n'a pas trouvé ça de la plus grande élégance", a-t-il déploré sur France-Info. L'action de l'ancien président, "il l'a tournée en dérision et ça c'est pénible, c'est pénible".
"Nicolas Sarkozy a envoyé des piques à ses prédécesseurs qui n'étaient pas utiles. Pour faire en sorte qu'on pense du bien de vous, il n'est pas indispensable de dire du mal des autres", a déploré quant à lui le député UMP de la Drôme Hervé Mariton, interrogé jeudi sur Canal+.
"Nicolas Sarkozy a souligné combien Jacques Chirac ou d'autres de ses prédécesseurs avaient parfois eu des majorités un peu 'ric-rac'. Il l'a dit sur (le général) de Gaulle" au sujet des législatives de 1967, a-t-il précisé.
Des accusations contestées par le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement Roger Karoutchi. Il s'est "étonné" jeudi sur RTL "de l'interprétation qui est faite des propos" du chef de l'Etat. "Il n'y a pas eu du tout -et je conteste cette analyse- d'attaques ou de critiques ni contre la personne de François Mitterrand, ni la personne de Jacques Chirac", a-t-il affirmé.
Selon lui, Nicolas Sarkozy a simplement voulu expliquer qu'il ne fallait pas mener "une réforme après l'autre: lui dit 'c'est ce qui a été fait par mes prédécesseurs et ça n'a pas marché'". Mais "il n'y a eu ni critiques ni attaques contre qui que ce soit", a-t-il insisté.
Dans son édition datée de jeudi, "Le Parisien-Aujourd'hui en France" dénonce par ailleurs les attaques contre la presse auxquelles se serait livré le chef de l'Etat lors de cette réunion, des "propos parfaitement infondés" selon le quotidien. Le chef de l'Etat aurait accusé la presse de ne pas avoir donné assez d'écho à la condamnation de Ségolène Royal en avril par la cour d'appel de Rennes à régler plusieurs mois de salaires impayés à deux anciennes attachées parlementaires. Nicolas Sarkozy aurait également mis en cause "L'Express", "Marianne", l'AFP et le "Journal du Dimanche".
Dans un communiqué, le porte-parole du Parti socialiste Julien Dray dénonce "une dérive préoccupante". "On n'attend pas d'un chef d'Etat qu'il réduise son discours et son analyse politique à une chicaya de basse-cour contre son prédécesseur et contre son adversaire à la dernière élection, ni qu'il se livre à une série d'accusations destabilisatrices à l'égard de la presse de son pays, dont il a pourtant usé et abusé quand cela l'arrangeait".
Ségolène Royal a également décidé de contre-attaquer, en portant plainte contre l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui avait accusé l'ex-candidate socialiste à la présidentielle Mme Royal de "délinquance sociale" le 14 avril. "Ces qualificatifs sont diffamatoires et utilisés avec l'évidente intention de nuire. Le doyen des juges d'instruction sera saisi dans les jours qui viennent d'une plainte avec constitution de partie civile", a annoncé jeudi son avocat Me Jean-Pierre Mignard dans un communiqué.
"Il est manifeste, après les propos du président de la République, qu'il s'agit d'une communication coordonnée et hostile", a-t-il dit à l'AP. Sur le fond de l'affaire, "les anciennes assistantes vont être réglées intégralement", mais "nous allons former un nouveau pourvoi en cassation", a-t-il affirmé. Les partisans de M. Sarkozy "font dire aux juges ce qu'ils n'ont pas dit". Dès lors, "nous allons redonner la parole aux juges". AP
Quelque 7,1 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, au moins 1,5 million de travailleurs pauvres qui sont surtout des travailleuses, précarisés par le temps partiel contraint ou l'intérim : notre système social ne protège plus contre le risque de pauvreté. Ce risque, loin de concerner une catégorie restreinte de personnes fragilisées, touche désormais des travailleurs qui se sentaient autrefois à l'abri, générant une insécurité sociale que reflète le pessimisme actuel des Français.
Contre la pérennisation d'un salariat de la misère et pour que tout travail soit justement rémunérateur, les socialistes ont soutenu dès 2005 la création d'un revenu de solidarité active (RSA), destiné à augmenter la rémunération des salariés pauvres. Il s'agissait dans notre esprit de compléter et de prolonger les effets bénéfiques de la prime pour l'emploi (PPE), créée en 2000 par le gouvernement de Lionel Jospin. Les efforts s'étaient alors concentrés sur les salariés à plein temps rémunérés à proximité du smic. Ce choix demeure pertinent, mais il doit aujourd'hui être amplifié, notamment en direction des travailleurs à temps partiel et à trois quarts temps, comme le proposait le RSA. Cela aurait également été l'occasion d'améliorer le fonctionnement et la lisibilité de la PPE, qui aujourd'hui est versée avec retard.
Or voici que l'on nous annonce que, loin de compléter la PPE, le RSA sera en réalité un dispositif consistant à déshabiller les salariés pauvres à temps plein pour habiller les salariés pauvres à temps partiel ! Cette imposture enlève au concept même de RSA tout son sens.
Lors de son intervention télévisée du 24 avril, Nicolas Sarkozy a demandé aux salariés modestes bénéficiaires de la PPE de financer le nouveau dispositif, idée saugrenue que le haut-commissaire aux solidarités actives a renoncé à contester. Ce sont aujourd'hui 8 millions de travailleurs gagnant à peine plus que le salaire minimum et percevant la PPE qui sont menacés de perdre entre 20 et 150 euros par mois ! Ironie cruelle de l'histoire, ceux qui accomplissent quelques heures supplémentaires perdront la faible hausse de pouvoir d'achat prétendument procurée par les mesures gouvernementales.
A ce stade du débat, il me semble urgent de dire halte à l'imposture et de définir quelle doit être, à mon sens, la position de la gauche vis-à-vis du RSA. Première condition : il est hors de question que cette réforme se fasse au détriment des bénéficiaires de la PPE. Deuxième condition : le nouveau dispositif doit - comme la PPE - prendre la forme d'un crédit d'impôt géré par l'administration fiscale, et non d'une allocation gérée comme les minima sociaux par les caisses d'allocations familiales. Les salariés rémunérés au smic, qu'ils travaillent à temps plein ou à temps partiel, paient aujourd'hui plus de deux mois de salaire au titre de la TVA et un mois de salaire au titre de la CSG. Ce sont des contribuables dont il faut alléger la charge fiscale - et non des allocataires de revenus d'assistance. Que le nouveau dispositif ainsi refondu prenne le nom de PPE ou de RSA n'a guère d'importance, pourvu que ces conditions de fond soient satisfaites.
Au soir du premier tour de l'élection présidentielle, M. Sarkozy avait dit vouloir "parler à ceux auxquels on ne parlait plus, aux travailleurs, aux ouvriers, aux employés". Aujourd'hui, 16 000 contribuables assujettis à l'impôt sur la fortune se voient rembourser chaque année 350 millions d'euros au titre du bouclier fiscal. Mais ce sont ceux qui ont de petits revenus, les plus nombreux dans notre pays, qui paient le prix de l'austérité, alors qu'avec 15 milliards d'euros chaque année le paquet fiscal aurait pu financer le RSA !
Au-delà de la question budgétaire, c'est également la philosophie du revenu de solidarité retenue par le gouvernement qui est contestable. La lutte contre la pauvreté au travail et l'incitation à la reprise d'activité ne passent pas seulement par le complément entre salaire et prestation sociale. Une politique ambitieuse doit prendre en compte toutes les contraintes, y compris non monétaires, qui empêchent les demandeurs d'emploi de retrouver un travail décent.
Cela suppose d'abord un véritable accompagnement individualisé des bénéficiaires de minima sociaux. Aujourd'hui, moins de 35 % des RMistes sont suivis par l'ANPE. On ne peut pas continuer ainsi. Autre carence majeure, le dispositif proposé ne permettra pas de surmonter l'ensemble des freins à la reprise d'emploi : pourtant, les contraintes de santé, les difficultés de transport ou l'absence de modes de garde pour les






