"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas,
ce que nous avons commencé ensemble,
nous allons le continuer ensemble"
- le 17 mai à la section du Havre (9rue Georges Braque ) de 14h à 17h
« Le Parti socialiste doit intégrer toutes les
nouvelles formes de militantisme et d’engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la
discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ? »
-le 24 mai à la section du Havre (9rue Georges Braque ) de 14h à 17h
richesse ?
à la Maison de la Lombardie, 50 rue Leverrier, sur les Hauts de Rouen
je vous souhaite la bienvenue sur ce site participatif. Il répond à l'initiative que nous avons lancée, en vue du Congrès du Parti socialiste, pour lancer un débat de qualité, serein, utile aux Français. Je compte sur vous pour le faire vivre et apporter vos idées. Elles nous permettront de composer une belle contribution dont nous serons toutes et tous co-auteurs !
Ségolène Royal
Ségolène Royal TF1 31-03-2008
envoyé par GouverneurMarley
"La rigueur, elle est là. La rigueur, c'est l'augmentation des impôts et c'est la baisse du niveau de vie. Nous payons déjà plus d'impôt : quand les prix de l'alimentation montent, la TVA est en pourcentage, donc nous payons plus d'impôt", a expliqué l'ancienne candidate PS à la présidentielle.
Elle a également évoqué la taxe sur les produits pétroliers : "Quand le prix de l'essence monte, dans le prix d'un litre d'essence, il y a 60% d'impôt", a-t-elle souligné.
"D'autres solutions"
Ségolène Royal a aussi fustigé "l'impôt nouveau qui a été créé : les franchises médicales, l'impôt sur la santé et d'autres impôts". "En neuf mois, Nicolas Sarkozy et François Fillon ont créé six taxes nouvelles", a-t-elle affirmé. "Donc la rigueur, elle est là, et le pouvoir d'achat baisse, et il y a d'autres solutions", a-t-elle insisté, préconisant une baise de la TVA et de la taxe sur les carburants.
Questions à François Rebsamen, maire de Dijon et numéro 2 du Parti socialiste.
Proche de Ségolène Royal, François Rebsamen, maire de Dijon et numéro 2 du PS, évoque la suite des opérations socialistes.
Que vous inspire la percée de Bertrand Delanoë dans le sondage LH2-Libération d’hier ?
Cela ne change rien. Il profite de sa victoire à Paris, mais rien n’est joué. Je note simplement que ceux qui critiquent les sondages auront l’œil rivé dessus.
Etes-vous candidat au poste de premier secrétaire ?
Pour le moment, je ne me pose pas la question. Je souhaite que le futur premier secrétaire assume pleinement le leadership du parti. Ce qui écarte un plus petit dénominateur ou un accord entre courants.
Ségolène Royal doit-elle être ce leader ?
Elle peut, comme d’autres, assumer cela. Je ne crois pas à un intérimaire ou à un premier secrétaire de transition.
Est-elle aujourd’hui majoritaire, comme elle l’affirme ?
Je ne l’ai jamais entendue affirmer cela, mais bien malin qui peut le dire ! Cela dépendra de la dynamique qu’elle saura impulser. Les militants n’ont pas été consultés depuis maintenant près de deux ans, et les cartes ont été rebattues. Une chose est sûre : on ne peut pas l’écarter d’un revers de la main, alors qu’elle a été la candidate désignée par 60 % des adhérents, présente au deuxième tour, et qu’elle a réalisé un score honorable alors que les socialistes n’étaient pas rassemblés.
On a le sentiment que nul n’est majoritaire à lui tout seul…
On voit bien par qui et avec quelle majorité le PS a été dirigé depuis 2002. Il n’y aurait donc aucun scandale à voir ceux qui pensent la même chose travailler ensemble.
Comment jugez-vous l’entreprise des «reconstructeurs» ?
Je respecte les camarades qui ont une autre conception stratégique. Mais si on met en œuvre le «ni Ségolène Royal ni Bertrand Delanoë» pour avoir le «et Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius» cela n’apporte aucune clarté.
Quelle leçon tirer de la victoire de la gauche aux municipales ?
C’est la victoire d’un certain pragmatisme. Bien qu’adossés aux valeurs socialistes, nos candidats n’ont pas passé leur temps à se poser de faux débats idéologiques. Ça fait longtemps qu’ils savent qu’on vit dans une économie de marché et qu’il faut produire de la richesse avant de la redistribuer. Et cette victoire montre que quand nos candidats rassemblent les socialistes, la gauche et au-delà, dans la clarté et sur un projet, la stratégie fonctionne.
Le rapport au Modem sera-t-il central au congrès ?
Avant de faire de faux débats sur les questions d’alliance, posons cette question : le PS doit-il se concevoir de manière frileuse, repliée sur lui-même ? Ou comme une force suffisamment attractive pour attirer bien au-delà ?
La position de Ségolène Royal sur le Modem, comme la vôtre, reste «controversée…
Personne n’a jamais parlé de renversement d’alliance. Ce sont de faux procès qui nous sont intentés, à Ségolène Royal ou à moi-même. Je souhaite pour ma part que ce qui s’est passé aux municipales serve d’exemple. Il faut, comme le dit Gérard Collomb [maire de Lyon, ndlr], que le PS fasse sa «mue culturelle». Et je ne me sens pas moins à gauche que d’autres, qui prennent sur leurs listes d’anciens membres de l’UMP.
Vous souhaitiez accélérer. Pourquoi vous être rangé au calendrier de François Hollande, avec son congrès en novembre ?
Son calendrier a été conforté par la victoire et accepté par tout le monde. Mais ne perdons pas six mois tournés vers nous-mêmes. Près d’un an après la présidentielle, la direction du PS ne s’est toujours pas tournée vers ses militants. Si on veut redonner vie au parti, il faut maintenant les associer, rapidement, au processus de rénovation.
Cher(e) Camarade,
Au lendemain des élections municipales, je souhaite te faire part de mon sentiment sur l'état de notre Parti et sa nécessaire rénovation. En homme
libre. En socialiste de
toujours !
Le succès que nous venons de remporter nous permet de reprendre ce débat dans la sérénité.
L'appui que nous ont apporté les Français le 16 mars, l'espoir d'une alternative, nous créent maintenant un double devoir de vérité et de clarté.
Je crois en l'avenir de la Gauche : l'exigence de justice n'est pas près de s'éteindre ! Mais pour y répondre, il nous faut faire l'inventaire des transformations que nous devons apporter à notre pensée, comme à notre organisation.
Ma conviction, celle que j'avais déjà exprimée à la tribune du Conseil national après l'échec de 2007, c'est que le fonctionnement de notre Parti ne correspond plus aux défis d'une démocratie moderne. Sa rénovation constitue donc bien un préalable !
Héritée d'une histoire tourmentée, la logique des courants s'appuie depuis 20 ans sur des questions qui n'ont, à l'évidence, plus rien d'idéologique. Protégés par la proportionnelle, des dirigeants, en mal de notoriété ou d'influence, perpétuent depuis le Congrès de Rennes le même et vain combat. Celui-ci ne produit plus au mieux que des synthèses molles, au pire, comme on l'a encore vu à la présidentielle, des affrontements suicidaires.
Le bilan est terrible aux yeux d'une opinion persuadée que les Socialistes se sentent désormais davantage concernés par les batailles de pouvoir interne que par les solutions à apporter aux problèmes du pays. Cette dérive, au delà des défaillances personnelles, répond à des causes profondes auxquelles il faut nous attaquer, sauf à prédire sa réédition à la première occasion.
La réponse tient en une seule formule : démocratisation. C'est en donnant le premier et le dernier mot à nos adhérents que nous pourrons déjouer les petites tactiques, contourner les stratégies personnelles et faire prévaloir l'intérêt
collectif.
Nous devons d'abord bâtir un Parti populaire et moderne, capable d'accueillir et de mettre en mouvement plusieurs centaines de milliers d'adhérents. Avec un objectif unique mais impératif, la victoire en 2012, auquel toutes les autres préoccupations doivent être subordonnées.
Nous devons ensuite, pour y parvenir, nous doter d'une Direction claire et un leadership fort de la confiance des adhérents.
Je propose ainsi que notre Premier secrétaire soit élu avant le Congrès, pour donner le ton et fixer l'orientation. Ce sera le moyen de déjouer les manoeuvres d'appareil et de consacrer notre congrès au travail de rénovation.
Nous devons également organiser différemment la consultation de nos adhérents. Je propose de renoncer au triste cortège des contributions, des motions et des nuits de synthèse pour organiser dans chaque fédération et chaque section une vaste consultation sur la base de laquelle sera établi le document d’orientation soumis au vote final (et aux amendements) de nos adhérents.
Je propose enfin de jeter les bases d'un fonctionnement plus efficace, plus démocratique et plus moderne. Comment nous ouvrir sur la société et changer notre rapport aux Français sans favoriser les adhésions, comme nous l’avons fait avec les nouveaux adhérents ? Comment faire vivre la démocratie sans tenir chaque année une Conférence nationale chargée d'arrêter les orientations du Parti ? Comment professionnaliser notre action, sinon en faisant de nos secrétaires nationaux des responsables à temps plein ?
L'autre axe de changement doit concerner nos alliances : la Gauche plurielle ne renaîtra pas et je ne vois pas l'intérêt pour le PS de ressusciter, à travers une quelconque formule de fédération d'appareils à bout de souffle. Quant à l'alliance au Centre, elle peut constituer une passade, le temps des municipales, ici ou là, mais certainement pas ouvrir une perspective si l'on veut bien tenir compte du fait que François Bayrou n'imagine de reconfiguration du paysage politique qu'autour de sa candidature à la présidentielle. Nous devons donc assumer notre destin, c'est à dire construire par nous-mêmes une nouvelle force politique représentative d'un électorat aujourd'hui éclaté qui cherche une alternative au sarkozysme.
Je propose qu'une fois le congrès passé, nous lancions des « Assises de l'Alternative », ouvertes à tous les citoyens, qu'ils viennent du Centre ou de la Gauche, qui voudront contribuer à refonder notre formation politique, un peu sur le mode des Assises du Socialisme lancées en 1974 par François Mitterrand et qui avaient permis à notre Parti de s'enrichir de tant d'apports nouveaux. Alors que le Parti se rétracte aujourd'hui sur un noyau dur, ces Assises nous permettront d'enclencher une dynamique d'adhésions dont nous savons, depuis le succès des nouveaux adhérents, qu'elle est possible. Cet élargissement résoudrait, en la rendant caduque, la question des Primaires.
De tels changements sont souvent présentés par leurs détracteurs, c'est à dire les conservateurs qui sont nombreux à Solférino, comme un retour à la SFIO. Le rapprochement est savoureux venant de ceux qui ont précisément placé le Parti dans la situation que connaissait la SFIO dans les années 60 : l'effacement de l'autorité de la direction nationale, l'incapacité à trancher et à fixer une stratégie, des alliances électorales à la carte.
Il est temps de rejeter le joug des habitudes, de bousculer le poids des intérêts de boutique et des ambitions personnelles. La clé du succès réside dans la capacité qui sera la nôtre à innover, changer, transformer.
Imposons le Changement. Ici et maintenant !
Je te prie de croire, Cher(e) Camarade, en l'expression de mes amitiés fidèlement socialistes.
Gaëtan Gorce
L’opposition a déposé hier une motion de censure
à l'Assemblée nationale.
Volée de gros sel pour le gouvernement. A défaut de pouvoir matérialiser par un vote leur hostilité au renforcement de la présence militaire française en Afghanistan, les députés socialistes ont dégainé hier, pour la première fois depuis le début de la législature, en juin 2007, l’arme antiexécutif par excellence.
C’est à l’issue du simulacre de débat organisé hier à l’Assemblée nationale sur l’engagement en Afghanistan, qu’ils ont déposé une motion de censure contre la politique «étrangère et de défense mais aussi la politique économique, sociale et financière» du gouvernement sur le fondement de l’article 49-2 de la Constitution. Or, telle motion qui devrait être débattue le 8 avril doit se conclure par un vote. A gauche, personne ne s’illusionne : compte tenu du rapport de force dans l’hémicycle, la censure n’a aucune chance de passer. Mais, pour l’opposition, l’enjeu est ailleurs : faire savoir à une opinion publique, qui n’en veut pas, qu’elle réprouve avec force l’envoi de contingents français supplémentaires en Afghanistan.
Initiative. A la tribune, Jean-Marc Ayrault, patron des députés socialistes, désigne la cible : entre les deux tours de l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy n’avait-il pas déclaré que «la présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde» ne lui semblait «pas décisive» ? «Que s’est-il passé depuis un an pour que le chef de l’Etat change son fusil d’épaule ? Pourquoi est-il devenu si urgent que la France renforce son effort de guerre ?» interroge Ayrault. Puis de cingler : «Il ne s’agit pas uniquement d’un renforcement des forces françaises en Afghanistan, avec le risque d’enlisement […], il s’agit d’un changement complet de stratégie, de réintégration dans le commandement militaire de l’Otan, de l’alignement au fond de la position française, sans contrepartie ni garantie, sur la politique américaine.» C’est taper là où cela fait mal à droite.
Que Nicolas Sarkozy ait la semaine dernière réservé la primeur de sa décision de renforcer la présence française en Afghanistan aux parlementaires britanniques avait heurté la majorité. Pas assez toutefois pour que les élus UMP songent à réclamer au président et chef incontesté des armées de justifier une initiative du ressort du domaine réservé. C’est donc «sans réserve» que le groupe majoritaire a approuvé hier la décision de Nicolas Sarkozy, au nom notamment de «la lutte contre le terrorisme». Un consensus de façade.
En coulisse, le virage atlantiste de Nicolas Sarkozy divise déjà la droite. Pour l’heure, seuls les souverainistes de l’UMP donnent vraiment de la voix. C’est Lionnel Luca (Alpes-Maritimes) qui a fait connaître sa «réticence à toute décision qui conduit à l’envoi de nos hommes sous commandement étranger». Et le député d’admettre être aujourd’hui «dans le brouillard». C’est le député-maire de Maisons-Laffitte (Yvelines), Jacques Myard, qui, interrogé par une télé anglaise confesse sa «shame» («honte») in english. Silencieux, nombre d’autres n’en pensent pas moins. Conscient des doutes qui traversent son groupe, Jean-François Copé, patron des députés UMP, esquive : «C’est un débat que nous n’avons pas eu et que nous devrons avoir.»
Face à la représentation nationale, François Fillon a cherché la parade. Admettant que «quelques centaines de soldats supplémentaires» pourraient être envoyées en Afghanistan, il a rappelé que, lors du sommet de l’Otan qui s’ouvre aujourd’hui à Bucarest (Roumanie), l’Alliance atlantique devrait d’abord approuver les «conditions» posées par la France. A savoir, le maintien de l’effort allié «dans la durée», l’adoption d’une «stratégie politique partagée», la «meilleure» coordination des efforts civils et militaires sur le terrain et l’accroissement de la «prise en charge par les Afghans de leur propre sécurité», de sorte à pouvoir envisager à «moyen terme» un «retrait». Bref, à en croire le Premier ministre, la France reste maître du jeu.
Echo. Plus tard, répondant à l’ensemble des intervenants, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a fait écho à François Fillon : «Il n’y a pas d’alignement stratégique sur l’Otan. Il y aura un débat lors du sommet de Bucarest.» Si c’est Bernard Kouchner qui le dit...
NATHALIE RAULIN : mercredi 2 avril 2008
L'Assemblée nationale s'est penchée, mardi 1er avril, sur la première traduction officielle, dans les programmes, de la politique scolaire de Nicolas Sarkozy. Le Président de la République avait promis, durant sa campagne, de «liquider une bonne fois pour toutes l'héritage de Mai 68» et de remettre les élèves au travail ; dans son sillage, Xavier Darcos avait dénoncé la «démagogie» qui «a voulu faire [des classes] un lieu de vie, un espace ludique». Concrètement? Le ministre de l'éducation nationale a présenté mardi, lors d'une audition devant les députés de la commission des affaires culturelles, sa rénovation des programmes du primaire, quasiment bouclée. Objectif de cette refonte, qui doit entrer en vigueur dès la rentrée 2008 : «Diviser par trois le nombre d'élèves en situation d'échec important.»
La rue de Grenelle a voulu réécrire un texte initié par la gauche (mais étrenné sous la droite en 2002), supposé truffé de lubies "pédagogistes", accusé d'avoir omis de faire bûcher, voire besogner les enfants : pourquoi donc disqualifier la discipline, le labeur, la répétition, le "par-cœur", semblent dire ses détracteurs? La nouvelle version des programmes, recentrée sur «les fondamentaux», réconciliée avec la récitation ou les exercices grammaticaux systématiques, a toutefois déclenché une large contestation en mars dernier : deux anciens ministres issus de bords opposés (Jack Lang et Luc Ferry) ont fait part de leurs réserves ; les principaux syndicats de l'école primaire, ainsi que de nombreux chercheurs, ont paraphé un appel intitulé «Copie à revoir», qui réclame une suspension immédiate de la réforme. «Votre projet est marqué par l'inadaptation des contenus, par un affaiblissement de leur dimension culturelle et par une conception mécaniste des apprentissages», écrivent notamment les pétitionnaires.
Mardi soir, les élus socialistes attendaient donc Xavier Darcos de pied ferme. A la seconde où le ministre a franchi le seuil de la commission, la gauche s'est dressée comme un seul homme: «On se lève quand le professeur entre!», ont ricané les socialistes, remontés contre la réintroduction de «l'instruction civique et morale». Ils ont illico dénoncé une réforme «hâtive», empreinte d'esprit «nostalgique» et de «revanche idéologique». Le ministre, blindé, a prié les «enfants» de s'asseoir. Il a ensuite dressé un bilan critique des programmes de 2002, moquant les méthodes nouvelles et l'idée d'«imprégnation des savoirs» chez l'enfant:
- les nouveaux programmes de l'école primaire, quasi définitifs, sont consultables ici
- le texte de l'appel pour une suspension des nouveaux programmes est là
- sur Mediapart, allez consulter les blogs des historiens Claude Lelièvre et Philippe Joutard, qui livrent leurs analyses sur le sujet
«Jack Lang est venu me voir pour me dire: "Tu avais raison sur Laurent Gbagbo,je te fais mes excuses." J'ai savouré.» Dans son bureau de l'Assemblée nationale, le député Henri Emmanuelli raconte volontiers combien son camarade socialiste a été bien reçu à Abidjan. Objet d'un vif contentieux interne en 2004, débouchant sur la «prise de distance» du parti socialiste, la relation PS-Gbagbo évoluerait-elle vers un rapprochement,par la grâce des discothèques de la rue Princesse ?
Le 29 mars, dans une interview au quotidien Fraternité Matin, Jack Lang estime «qu'en France même,
il y a eu une énorme manipulation, organisée par certains médias et le gouvernement sans doute.
Et quelques autres. Quoique de bonne foi, mais ça n'excuse rien, les socialistes ont été victimes ou complices de cette manipulation». Et d'indiquer son intention de «rétablir le pont
entre les socialistes français, le président Laurent Gbagbo et la Côte-d'Ivoire».
Les appels à la démission du Front populaire ivoirien de l'Internationale socialiste ne seraient donc plus d'actualité?
Egalement du voyage en Côte-d'Ivoire, le député strauss-kahnien Jean-Marie Le Guen dit avoir «une
mémoire vive des tensions d'alors, et surtout de leur principal thuriféraire, le grand socialiste Eric Besson».
Pour le vice-président de l'Assemblée nationale, interrogé par Mediapart, «on n'est pas forcément un lobbyiste quand on
essaie d'agir et il est évident que le PS a eu des mots injustes pour Gbagbo, qui a été victime d'une politique de désinformation».
Présent à Abidjan«à l'invitation du gouvernement ivoirien et parce que des gens nous ont dit qu'il était important d'avoir un regard renouvelé sur la situation», Le Guen confie enfin avoir été «impressionné par la dimension humaine, profonde et solide du président Gbagbo».
- "Sur le fond" du dossier ivoirien, Jean-Marie Le Guen dit avoir constaté que «le processus de Ouagadougou [lire le rapport de l'Onu] était à l'œuvre et que tout le monde s'y retrouvait à peu près». De son séjour, il se dit «stupéfait de voir combien la France est désengagée du pays» et il estime ne pas voir «comment la France pourrait être absente d'un processus démocratique invraisemblablement cher et compliqué», faisant allusion au contrat de 100 millions d'euros liant le pays avec la société Sagem. Enfin, il confirme «réfléchir à la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire sur les événements de Bouake» [lire le dossier de RFI]. Lui et Jack Lang étaient repartis quand ont éclaté les heurts et manifestations contre la vie chère, dans les rues d'Abidjan.
- Lire aussi cet article de Rue89 du 31 mars, sur un complot anti-Gbagbo jugé à Paris
- La fiche «Côte-d'Ivoire» extraite du rapport 2007 d'Amnesty international
- Le dossier Côte-d'Ivoire du Monde diplomatique
"La rigueur est là. Il n'y a plus besoin de l'annoncer
Le secrétaire national du PS à l'économie, Michel Sapin, a estimé jeudi que l'on était aujourd'hui dans "la rigueur extrême", avant même la prise en compte des "effets de la crise mondiale" qui se traduira "inévitablement par des prélèvements sur tout le monde".
"La rigueur est là. Il n'y a plus besoin de l'annoncer, plus besoin de la nier. Aujourd'hui, elle se traduit simplement par de la rigueur budgétaire, mais de la rigueur extrême, des coupes claires dans les budgets de l'Etat (...)", a déclaré le député de l'Indre lors d'une conférence de presse.
M. Sapin a attribué cette situation, non pas à la crise mondiale, mais au "décalage" entre les hypothèses budgétaires pour 2008 (inflation, déficit budgétaire, croissance) et les prévisions révisées, qualifiant ce décalage d'"erreur volontaire", les prévisions initiales étant selon lui, irréalistes.
L'ancien ministre de l'Economie et des finances a rappelé le gel de 7 milliards d'euros de crédits par le gouvernement cette année - "jamais une somme aussi importante n'avait été gelée", a-t-il dit -, sans compter les économies toutes prochaines de plusieurs milliards d'euros dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques.
Encore n'est-ce "qu'une première étape", car l'affaissement de la croissance américaine "aura des conséquences lourdes pour notre économie", a affirmé M. Sapin.
"Les effets de la crise mondiale n'ont pas encore été intégrés dans les comptes publics, dans les décisions du gouvernement. Le jour où il devra prendre en compte cette réalité, il y aura une deuxième étape, et ce seront inévitablement des prélèvements sur tout le monde, pour financer en particulier les 15 milliards d'euros qui n'ont profité qu'à quelques-uns", a-t-il expliqué en se référant au "paquet fiscal" voté en juillet 2007 par le parlement.
Au chapitre des propositions, M. Sapin a estimé que, sur ces 15 mds, "12 peuvent être annulés sans conséquence négative pour l'économie". Seule serait maintenue la réduction d'intérêts versés pour l'achat de la résidence principale.
Cette somme serait affectée d'abord au désendettement de l'Etat puis au "soutien au pouvoir d'achat": + 50% à la prime pour l'emploi, doublement de l'allocation de rentrée scolaire, abaissement d'un demi-point du taux de TVA sur les produits de première nécessité.
Pour "restaurer la compétitivité des entreprises", le PS préconise une modulation de l'impôt sur les sociétés en fonction de l'investissement des entreprises, une refonte des aides directes et fiscales, un effort budgétaire pour l'innovation et la recherche.
Les recettes sont pourtant connues : en période d'inflation, il faut libérer l'appareil productif par une politique de l'offre de production en faveur des entreprises. En période de chômage, il faut injecter du pouvoir d'achat par une politique de demande en faveur des ménages. Quand on a, comme en 2008, à la fois un peu trop d'inflation et un peu trop de chômage, on peut chercher un dosage des deux politiques.
Or, que dit M. Sarkozy ? Il entend faire une politique de la demande en donnant du pouvoir d'achat grâce aux heures supplémentaires. Profonde erreur ! "Travailler plus pour gagner plus", c'est une politique de l'offre. On agit en faveur des entreprises pour qu'elles accroissent leur production et distribuent ensuite plus de salaires. La politique de la demande serait l'inverse : "Gagner plus pour travailler plus." C'était la découverte géniale de John Maynard Keynes de montrer que, si on commence par distribuer du pouvoir d'achat, celui-ci est alors consommé et permet à la machine économique de redémarrer.
Rappelons-nous la crise de 1930 : tout s'arrêta et les gouvernements, devant la chute de leurs recettes fiscales, se dirent avec "bon sens" que, quand on a moins de recettes, il faut réduire ses dépenses, ce qui eut l'effet inverse. Le "bon sens" mena à la catastrophe : l'Etat, en réduisant ses dépenses, aggrava la crise. Keynes montra alors qu'il fallait continuer à dépenser, en acceptant un déficit, jusqu'à ce que l'économie redémarre. La leçon fut suivie avec succès durant toutes les décennies ultérieures.
Aujourd'hui, les choses sont moins simples pour deux raisons : la France s'est tellement endettée qu'elle ne peut plus accepter de déficits budgétaires nouveaux ; et, surtout, la mondialisation fait que, si on distribue du pouvoir d'achat aux Français, ils en utilisent une bonne part à acheter des produits chinois, indiens ou coréens, et que cela fait tourner les usines, mais pas en France.
FAIRE SAUTER LES BLOCAGES
Alors ? Alors, il faut se faire à l'idée que, en politique économique, les idées simples sont en général fausses. Toute décision de politique économique doit être examinée, non sur son effet immédiat, mais sur la réaction en chaîne qu'elle induit ensuite sur les comportements des ménages et des entreprises. En ce début d'année 2008, morose sur le plan mondial, il est vain de ramer à contre-courant en France par des mesures à court terme. Augmenter les prestations sociales serait une folie budgétaire. Augmenter le smic au-delà de son indexation légitime ne servirait qu'à créer de nouveaux smicards.
Seules des réformes de structure au niveau de l'offre peuvent remettre en marche l'économie française et réduire les déficits budgétaire et extérieur catastrophiques. On ne peut plus se contenter de contourner les obstacles : les 35 heures par les heures supplémentaires, ou l'aberrant impôt sur la fortune par le bouclier fiscal... Il faut d'urgence faire sauter les blocages, non par idéologie, mais au nom de ce pragmatisme dont se prévaut, à juste titre, Nicolas Sarkozy.
Lionel Stoléru est économiste, ancien ministre.
L'ex-candidate à l'élection présidentielle n'a
pas perdu de temps pour engager une démarche qui devra, in fine, porter sa candidature au poste de premier
secrétaire, laissé vacant par François Hollande. Deux raisons l'ont incitée à presser le pas : la nécessité d'organiser l'action de ses partisans, qu'elle n'a, jusqu'alors, pas souhaité regrouper
dans un courant classique même si elle dispose, à l'extérieur du parti, des réseaux Désirs d'avenir; et le souhait de tirer profit d'une popularité qui reste élevée. Le processus lancé vendredi
aboutira, cet été, au dépôt d'une contribution puis d'une motion soumise au vote.
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Pour désamorcer ces accusations, la présidente de la région Poitou-Charentes a choisi une méthode – un questionnaire interactif – qui lui permet de se démarquer de la démarche pyramidale classique d'une contribution d'avant-congrès rédigée en petit comité. Cette "consultation participative" est fondée sur un texte volontairement court, qui prend soin de saluer les "forums de la rénovation" organisés fin 2007 par la direction du PS, met en évidence "les sources des inquiétudes des Français" et rappelle "les valeurs" du PS, avant de formuler "dix questions à trancher".
Cette base de discussion, présentée sous forme de questions, est appelée à être modifiée et complétée d'ici un mois à partir des propositions des militants. Un site Internet sera mis à leur disposition dans les prochains jours.
Les débats seront relayés dans les fédérations par les partisans de Mme Royal, qui trouve ainsi un moyen de mettre en mouvement ceux qui se reconnaissent à travers son action. Elle compte créer une dynamique comparable à celle qui, en 2006, avait fait basculer en sa faveur l'appareil du parti, lui permettant de remporter les primaires.
Pour y parvenir, la présidente de la région Poitou-Charentes devra s'assurer du soutien du plus grand nombre de fédérations, en particulier des plus puissantes comme celles du Nord, des Bouches-du-Rhône et de l'Hérault. "Ce n'est pas un courant mais un élan à vocation majoritaire", dit-on dans son entourage, où l'on refuse de se situer "dans une logique d'addition ou d'agrégats", c'est-à-dire de négociations entre courants.
"DISCIPLINE COLLECTIVE"
Mme Royal revendique une "volonté d'élever le débat" en mettant en évidence, à travers les questions adressées aux militants, autant de "lignes de force qui préfigurent une ligne politique". Elle entend notamment "sortir du fossé entre un discours pseudo révolutionnaire dans l'opposition et un conformisme économique au pouvoir", promouvoir "le goût du risque et l'esprit d'entreprendre", et moderniser l'Etat-providence.
Pas question, toutefois, de cerner de trop près les sujets qui fâchent. Il n'est question ni des alliances, ni de l'organisation de "primaires" pour désigner le candidat à la présidentielle. Rien non plus sur la réforme des institutions, des 35 heures ou des retraites. Là n'est pas encore la question, considère Mme Royal. "C'est un premier pas; je ne contourne pas l'obstacle", assure-t-elle.
Le PS fait l'objet de la dixième question de ce premier document. La nécessité de "parvenir sereinement à décider
efficacement, avec le sens de la discipline collective" est mise en exergue. Mme Royal a pris soin d'associer des "coauteurs" qui donnent à sa démarche une dimension collégiale et,
surtout, politique.
Dans ce premier cercle figurent notamment le numéro deux du PS, François Rebsamen, les députés Manuel Valls, Michel Sapin et Pascal Terrasse, le député européen Vincent Peillon, mais aussi Gilles Pargneaux, premier secrétaire de la fédération du Nord, Jean Guerard, premier secrétaire de la fédération du Lot-et-Garonne, Guillaume Garot, nouveau maire de Laval, ainsi que les présidents de région Jean-Jacques Queyranne (Rhône-Alpes) et Jacques Auxiette (Pays de la Loire). Selon Mme Royal, cette première liste devrait vite s'étoffer.
Les dix questions posées aux adhérents du PS par Mme Royal
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2. Le socialisme ne peut pas se contenter d'aménager le capitalisme financier à la marge : comment produire et répartir autrement la richesse ?
3. Que reprendre des modèles progressistes des autres pays et que rejeter ?
4. Il faut pousser l'agilité des entreprises, le goût du risque et l'esprit d'entreprendre, tout en améliorant la situation des salariés et leurs sécurités sociales. Avec quel compromis ?
5. Il faut rééquilibrer le rapport de force entre le travail et le capital par une meilleure répartition du profit. Quels contre-pouvoirs dans l'entreprise ?
6. Comment rompre avec la redistribution passive et bureaucratique comme principal moyen de s'attaquer aux injustices sociales ?
7. Comment améliorer le projet européen pour ne pas oublier les intérêts des peuples et des pays ?
8. Les peuples du Nord doivent être protégés de la concurrence internationale sans que les peuples du Sud ne soient victimes du protectionnisme. Avec quelles nouvelles règles ?
9. Les Etats et le marché doivent assurer la sauvegarde écologique de la planète : quel nouveau modèle de développement ?
10. Le Parti socialiste doit intégrer toutes les nouvelles formes de militantisme et d'engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ?
Je vous prie de trouver ci-joint l'initiative que nous prenons, en vue du Congrès du Parti socialiste, pour lancer un débat de qualité, utile aux Français. Le texte en a été publié aujourd'hui.
Je compte sur vous pour nous rejoindre et apporter vos idées sur le site qui sera spécialement créé pour vous accueillir. Elles nous permettront d'aboutir à une belle contribution dont nousseront toutes et tous coauteurs.






