"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas,
ce que nous avons commencé ensemble,
nous allons le continuer ensemble"
- le 17 mai à la section du Havre (9rue Georges Braque ) de 14h à 17h
« Le Parti socialiste doit intégrer toutes les
nouvelles formes de militantisme et d’engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la
discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ? »
-le 24 mai à la section du Havre (9rue Georges Braque ) de 14h à 17h
richesse ?
à la Maison de la Lombardie, 50 rue Leverrier, sur les Hauts de Rouen
je vous souhaite la bienvenue sur ce site participatif. Il répond à l'initiative que nous avons lancée, en vue du Congrès du Parti socialiste, pour lancer un débat de qualité, serein, utile aux Français. Je compte sur vous pour le faire vivre et apporter vos idées. Elles nous permettront de composer une belle contribution dont nous serons toutes et tous co-auteurs !
Ségolène Royal
Faut-il que rien ne bouge dans le monde feutré de la culture ? Certainement pas. Et d'abord parce qu'il souffre d'un mal endémique : celui de ne pas savoir faire coïncider ses efforts d'investissement - toujours plus nombreux - avec les moyens de leur fonctionnement - trop souvent négligés. Cette fracture croissante contribue à diminuer automatiquement la part des subventions attribuées à chacun. A moins d'augmenter de façon notable le budget général de la Rue de Valois, ce qui n'est pas à l'ordre du jour, ou de remettre à plat le système d'attribution des subventions. Mais il faut là une vraie détermination et des idées claires pour l'entreprendre. Elles sont absentes aujourd'hui.
Pourtant, il serait absurde d'assimiler le domaine culturel mis en place à l'époque des ministères Malraux et Lang à quelques privilégiés, porteurs d'un discours élitiste et n'intéressant que les nantis du savoir. En deux générations, ce domaine s'est à la fois élargi et diversifié. Même s'il reste encore et toujours des améliorations à apporter, l'accès au théâtre, à la danse, à toutes les musiques et aux arts plastiques s'est ouvert à une population qui en était privée. Qui aurait imaginé dans les années 1980 implanter un musée à Vitry-sur-Seine ou à Lens ?
La culture est devenue un pan non négligeable de l'économie. Elle contribue à revivifier les villes et les régions, qui en ont souvent fait un argument électoral. C'est aussi, potentiellement, un puissant moteur social dans les banlieues. Il n'est aujourd'hui relayé par personne. Les messages envoyés par Nicolas Sarkozy et son entourage vont exactement dans le sens contraire. Plus qu'une revendication corporatiste, les récentes manifestations reflètent une inquiétude réelle et un profond malaise, qu'il serait imprudent de négliger.
L'enjeu est d'abord local. II s'agit de choisir le meilleur maire et le meilleur conseiller général. Mais il est évident qu'au soir du scrutin une lecture nationale des résultats sera inévitable.
Quelles sont les villes sur lesquelles vous fondez le plus d'espoir?
Les maires de gauche s'appuient sur un triptyque pour mener leur politique: ils défendent le pouvoir d'achat, agissent concrètement sur la vie quotidienne de leurs concitoyens, à travers le logement, l'action sociale, la réussite éducative et ils font la promotion des valeurs que sont le vivre ensemble, la solidarité et la mixité sociale. Personne ne nie la réussite de nos élus. Ils servent d'exemple à nos nouveaux candidats car les maires de gauche ont su répondre aux attentes de leurs concitoyens. En outre, les candidats du PS ont, quasiment partout, rassemblé la gauche. Certains, comme je l'ai fait à Dijon, ont même, dans la clarté et sur un programme de gauche, rassemblé au-delà des frontières de la gauche. A partir de là, tous les espoirs nous sont permis, notamment dans les villes où la politique du gouvernement affaiblit les maires de droite.
La chute dans les sondages de Nicolas Sarkozy peut-elle influencer le vote des électeurs?
Partout en France, on constate que la vie est de plus en plus difficile, dans les milieux populaires, mais pas uniquement. Les classes moyennes sont aussi touchées. Beaucoup ont du mal à boucler les fins de mois avec des factures toujours plus lourdes pour se nourrir, se chauffer ou se loger. Ce sentiment d'inquiétude, d'angoisse, d'anxiété que l'on perçoit chez les Français est né de la politique et du comportement de Nicolas Sarkozy. J'observe que les maires UMP qui s'affichaient, il y a peu, à ses côtés ont retiré de leurs journaux de campagne les photos avec lui et le sigle UMP, de peur que l'image négative qu'il renvoie leur soit imputée.
"La crainte d'une victoire de la gauche"
Redoutez-vous l'abstention?
Le danger serait de penser que les sondages font les élections. Ce sont les électrices et électeurs qui décident. Toute autosatisfaction prématurée serait nuisible, mais ni nos candidats ni nos partisans ne sont dans cet état d'esprit. La mobilisation est aujourd'hui de notre côté.
En cas de défaite de la majorité, quelle leçon devra en tirer l'exécutif? Un remaniement ministériel s'impose-t-il?
Ce qui s'impose, c'est une autre politique et en priorité des mesures efficaces pour le pouvoir d'achat. Personne n'est dupe: les récentes annonces en faveur des personnes âgées et des retraités sont uniquement dues à la crainte d'une victoire de la gauche pronostiquée par les sondages! Quant aux réformes dont la droite veut accélérer le rythme, même en cas de défaite, il faut s'entendre sur ce qu'elles recouvrent. S'agira-t-il une nouvelle fois de donner plus à ceux qui ont plus? Les seules vraies réformes seraient de rétablir plus d'égalité, plus de justice, plus de solidarité. Plutôt que de pointer du doigt le chômeur ou le malade, le pouvoir ferait mieux de regarder du côté des grosses fortunes et des malversations fiscales qui se multiplient en toute impunité. Conclusion, plus nos concitoyens voteront à gauche, moins il sera facile au gouvernement de prendre des mesures d'austérité et de mettre en place un plan de rigueur qui ne toucherait que les plus modestes et les classes moyennes.
Quid en cas de victoire de la droite?
A contrario si la droite gagnait, Nicolas Sarkozy aurait les mains libres pour poursuivre et amplifier sa politique. Une politique du chacun pour soi, des inégalités et de la diminution constante du service public.
Si la gauche progresse, la direction du PS doit-elle avancer la date du congrès?
Il ne faudrait pas reproduire la même erreur que celle que nous avons commise en 2004 après les élections régionales: croire que parce qu'on a eu de bons résultats, l'image nationale du PS en est d'un coup restaurée. Le Parti socialiste n'a jamais eu autant besoin d'une rénovation, d'un leadership assumé et d'un projet à affirmer. Il faudra donc nous mettre au travail et nous appuyer sur la réussite de nos candidats, dans les villes et les départements, qui auront démontré leur capacité à rassembler et à élaborer un projet qui réponde aux attentes de nos concitoyens. Et cela le plus rapidement possible pour que l'opposition retrouve toute sa place.
Mais c'est "le service minimum", dit-il, et le titre, Forget 68, annonce la couleur. Il faut oublier 1968. "Je crois que Mai 1968 était un moment extraordinaire pour tous ceux qui l'ont vécu, a été un accélérateur de l'histoire, a changé beaucoup de choses, mais on vit dans un autre monde. En 1968, chômage ? Connaissait pas. Le sida ? Pas davantage. La dégradation climatique ? Non plus. C'est la dernière révolte qui ne savait rien du CO2. On a d'autres problèmes aujourd'hui", explique-t-il. "Je ne suis ni un nostalgique ni quelqu'un qui renie", dit-il encore. La volonté affichée par Nicolas Sarkozy de "liquider" l'héritage de Mai 1968 le fait rire. "S'il y a un soixante-huitard à l'Elysée, c'est bien lui ! Jouir sans entraves ? C'est ce qu'il fait. Il n'arrête pas. Cela commence à énerver les Français, d'ailleurs", dit-il. "On ne peut pas, dans une structure aussi autoritaire que celle de la Ve République faire n'importe quoi. Et il est en train de le payer", ajoute-t-il. Le fameux discours du candidat Sarkozy à Bercy, entre les deux tours, au cours duquel celui-ci a dénoncé le "relativisme intellectuel et moral" qui caractériserait Mai 68 ? L'orateur n'en croyait pas un mot ! Il draguait effrontément les voix des électeurs âgés, des catholiques traditionnels et des deux à la fois. Il en faisait des tonnes, au point de faire remonter au joli mois de Mai la dégradation de la "morale du capitalisme", et même, dans la foulée, la naissance des parachutes en or, des retraites chapeaux et des patrons voyous. Bref, il n'était pas sérieux.
Entendre qualifier l'hôte de l'Elysée de soixante-huitard honteux par un Daniel Cohn-Bendit hilare était un grand moment de télévision... Venait ensuite fatalement, et en parfaite contradiction avec le refus de toute commémoration, la séance de souvenirs. Serge Moati demandait à son invité quel était son souvenir le plus fort de ce mois-là. Sa rencontre avec Jean-Paul Sartre ! "J'étais nerveux, pour une fois", explique-t-il. "Alors, c'est la révolution ?", lui a demandé Sartre. "Non", a-t-il sobrement répondu. "Vous êtes sûr ?" a insisté Sartre. "C'est une révolte. Ce n'est pas la prise du Palais d'Hiver", a répondu Cohn-Bendit. L'écrivain était un peu déçu.
Il y a bientôt quarante ans, la France s'embrasait. Les étudiants bloquaient leurs universités et dressaient des barricades, les ouvriers se révoltaient contre leurs employeurs, la grève devenait générale... A coups de pavés et de slogans, les révoltés exigeaient une société libérée des carcans, où il serait "interdit d'interdire" et où l'on pourrait "jouir sans entrave".
1968, date mythique pour des générations. Date idéologique pour les révolutionnaires dans l'âme. Date repoussoir, aussi, pour toute une partie de la droite, Nicolas Sarkozy en tête : elle fait porter à l'"idéologie" d'alors tous les maux de la France d'aujourd'hui. Pour le président de la République, il faut "liquider" l'héritage de Mai-68.
Quarante ans après le printemps des barricades, un "Mai-2008" est-il possible ? Quelles révoltes pourraient se radicaliser et se généraliser à ce point ? Celle des jeunes de la précarité ou de la banlieue ? Celle des exclus du pouvoir d'achat ou des discriminés ? Celle des mal-logés ou des sans-papiers ?
Les socialistes - qui dirigeaient, avant les scrutins des 9 et 16 mars, 52 départements sur 102 et près de la moitié des villes de plus de 20 000 habitants, sans oublier 20 régions sur 22 - se sont fait une spécialité des mandats territoriaux. Environ un adhérent du PS sur six est un élu local. Les socialistes disposent de leviers importants leur permettant de peser sur la vie quotidienne de leurs administrés.
"Compte tenu du désengagement de l'Etat, les collectivités territoriales représentent dorénavant 80 % de l'investissement public", souligne Daniel Percheron, président du conseil régional du Nord - Pas-de-Calais, qui récuse le terme de "contre-pouvoir". "Nous incarnons un pouvoir en tant que tel, capable d'agir dans le domaine des transports, du logement, des grands équipements publics, de l'éducation mais aussi dans celui de la santé"," insiste-t-il. Quant à Claude Bartolone, député de Seine-Saint-Denis, qui se verrait bien devenir président du conseil général, il dresse l'inventaire des domaines d'intervention du "patron" d'un département :"Accueil de la petite enfance mais aussi prise en charge des personnes âgées, logement et donc mixité sociale des territoires, transports publics et, par conséquent, environnement.
La volonté de mieux valoriser les réalisations des collectivités locales et régionales gérées par le PS est à l'origine de la proposition de créer
une "Conférence nationale des territoires", évoquée dans la réforme des statuts récemment avancée par la direction. Reste aux socialistes à élaborer une véritable vision de la décentralisation et
du droit à l'expérimentation. "Pour l'instant, la vraie bataille qui s'annonce sera celle qui opposera les collectivités locales à l'Etat, qui va tenter de leur faire supporter son déficit en
transférant les dépenses mais pas les recettes", considère M. Bartolone. la
suite ici
professeur de sciences politiques à l’université Montpellier-I.
Les élections municipales passent en France pour être le plus démocratique de tous les scrutins. Les 36 782 communes garantiraient une
proximité exceptionnelle entre l’élu et l’électeur, à peine troublée par l’émergence depuis 1999 de quelque 3 000 structures intercommunales. Qu’il ait fallu plus de deux siècles
pour que disparaissent seulement 7 200 paroisses de l’Ancien Régime, devenues «communes» le 14 décembre 1789, confirmerait la bonne résistance de ces «cellules de base de la
démocratie». De surcroît, les 500 000 élus qui les animent feraient de la France le territoire d’Europe le plus administré, et aux moindres coûts.
La clause de compétence générale, qui vaut pour toutes les communes quelle que soit leur taille, amplifie ce sentiment d’un pouvoir politico-administratif resté attentif et réactif aux
attentes des citoyens. Tous les sondages confirment le maire dans la figure de l’élu le plus aimé des Français. Cette vision idyllique n’est donc pas sans fondement. Mais elle cache une
stagnation démocratique qui apparaît clairement quand on observe l’évolution des pouvoirs locaux en Europe, et ce à trois niveaux au moins : celui des maires ; celui des conseils ; celui des
territoires de coopération intercommunale.
Les gouvernements locaux sont ultraprésidentialisés, comme si le statut et la fonction des maires français s’alignaient toujours plus sur ceux du président de la
Ve République. Le fait que le maire soit élu au second degré par le conseil municipal n’est pas sans conséquence : il devient ainsi le chef tout-puissant de l’assemblée et le
maître des adjoints qu’il nomme et révoque à sa convenance alors que lui reste «intouchable».
Cette concentration des fonctions délibératives et exécutives sur la personne du maire est la source d’une confusion organique des pouvoirs, aggravée par la décentralisation. S’y
ajoute la spécialité française du cumul des mandats locaux et nationaux, qui n’a cessé de s’étendre malgré une législation limitative depuis 1985. Partout ailleurs en
Europe (sauf en Belgique) on rend toujours plus difficile sinon impossible ce cumul : en Allemagne les maires ne peuvent plus être présidents des Kreis
[circonscriptions, ndlr] ; en Italie un maire ne peut se présenter aux élections législatives, sauf s’il a démissionné au moins six mois avant le scrutin, et il ne peut effectuer que
deux mandats consécutifs ; en Espagne aucun cumul n’est permis sauf au Sénat, mais celui-ci n’a pas de réel pouvoir. Partout on observe un renforcement de la responsabilité de l’exécutif.
La tendance générale dans onze Etats de l’Union est à l’élection directe des maires et à la mise en place à la fois de procédures de destitution (motion de censure de l’assemblée, référendum
d’initiative populaire) et d’équipes collégiales de direction : c’est l’«assessorialisme» en Italie ou la junta de gobierno local [conseil de gouvernement local] en Espagne,
dont un tiers des membres peut être non élu. Ce système va en effet avec une émancipation des assemblées locales.
Ségolène Royal reprenait, en région parisienne, ses déplacements de soutien aux candidats socialistes à ces scrutins avant le vote du 1er tour dimanche.
"Je pense qu'il est évident que la droite prépare un plan de rigueur", a déclaré Ségolène Royal, en dépit du démenti formel, un peu plus tôt, du Premier ministre François Fillon. "D'ailleurs M. Fillon ne l'a pas caché. Il a parlé de « réajustement ». C'est vraiment un euphémisme! Qu'est-ce que ça signifie ? Ca veut dire une augmentation des impôts", a déclaré à la presse Ségolène Royal.
Ségolène Royal a demandé au chef du gouvernement d'"avoir la franchise de la clarté et de la vérité des mots, parce que cacher ce qui se passera demain, c'est le contraire de la morale publique".
Lors d'une réunion publique, avec le maire sortant et candidat Claude Dilain, Ségolène Royal a dénoncé "une accumulation de scandales". "Ce que les Français découvrent, c'est que finalement, les petits et les moyens paient toujours pour les gros", ce qui "nourrit une colère sourde", a-t-elle protesté.
S'agissant du "scandale de l'UIMM", Ségolène Royal s'en est prise au "trésor caché" des dirigeants de la métallurgie qui "s'enrichissaient aux dépens des ouvriers" et "fermaient des usines".
"Il faut mettre un coup d'arrêt à cette immoralité tous azimuts, il faut donner un avertissement très fort" à l'exécutif dimanche prochain, a-t-elle affirmé.
Selon Ségolène Royal, "jamais les élections municipales n'ont été un enjeu aussi important dans les 36.000 communes de la République française". "La vie quotidienne va se décider dans les communes, les départements et les régions" en fonction de la politique des édiles locaux, a-t-elle fait valoir.
Ségolène Royal a commencé sa tournée en Seine-Saint-Denis par Epinay-sur-Seine. Elle y a reçu un accueil particulièrement chaleureux, peinant à progresser dans un centre commercial où elle a été pressée de toutes parts par quelque 400 supporters.
Après une étape à Aulnay-sous-Bois puis Clichy, Ségolène Royal devait tenir un meeting à Aubervilliers
"Le vote de dimanche sera un vote moral de sanction face à un gouvernement qui triche et qui déguise la vérité", a déclaré la présidente de Poitou-Charentes en visite à Toulouse pour soutenir le candidat socialiste Pierre Cohen.
"Je n'ai pas envie que cela se finisse mal même si j'ai l'impression qu'on en prend le chemin", a-t-elle ajouté lors d'un point de presse aux côtés de Pierre Cohen et Martin Malvy, président de la région Midi-Pyrénées.
"La France est tirée par le bas. Nous sommes mal gouvernés, mal dirigés (...) Les mauvaises nouvelles, les Français vont les apprendre après les municipales. Il est extrêmement important donc de tirer la sonnette d'alarme les 9 et 16 mars prochain", a lancé l'ancienne candidate à la présidentielle.
Après un bain de foule dans le quartier de Bagatelle, où elle avait obtenu de très forts scores en mai dernier, Ségolène Royal devait tenir un meeting avec Pierre Cohen dans la soirée où sont attendues de 2 à 3.000 personnes.
Après 37 ans de gestion de droite, quatre sondages consécutifs prédisent la victoire de Pierre Cohen au soir du 16 mars face à l'UMP Jean-Luc Moudenc. Avant Ségolène Royal, le challenger socialiste a reçu la visite de Bertrand Delanoë et de Lionel Jospin.
Lors de sa conférence de presse, Ségolène Royal a défendu la "sincérité" des candidats socialistes comme antidote à "l'exhibitionnisme" au sommet de l'Etat.
"Au moment ou les Français sanctionnent l'exhibitionnisme et la désinvolture, alors qu'ils ont soif de tout le contraire, ils ont besoin aussi de candidats sincères", a-t-elle fait valoir.
"Ils ont besoin de justesse, de candidats à la tête de véritables projets. Avec ces élections, ce sont les territoires qui vont pouvoir se mettre en mouvement", a estimé Ségolène Royal, qui avait fait des "territoires" l'un des axes de sa campagne élyséenne.
"Le gouvernement est injurieux quand il prétend rétablir ce qu'il a supprimé. C'est encore ce qu'il a fait ce matin à la sortie du conseil des ministres à propos de l'emploi des jeunes. Il annonce des tendances que les chiffres officiels contredisent", a-t-elle dénoncé. "De qui se moque-t-on?"
Nicolas Fichot
Au cours d'une conversation informelle avec quelques journalistes après un meeting pour les élections municipales à Toulouse, mercredi soir, l'ex-candidate à l'élection présidentielle s'est montrée évasive sur ses intentions à l'égard du PS immédiatement après les élections municipales et cantonales.
"Je ferai les choses comme je les sens", a-t-elle glissé alors qu'on lui demandait si elle entendait faire connaître aussitôt après le scrutin sa décision de prendre le contrôle du parti avec ses partisans.
La présidente du Poitou-Charentes n'a pas caché, cependant, sa volonté de constituer un rassemblement autour d'"un texte" soumis au vote des militants au congrès.
Dans son esprit, il ne s'agit pas de passer des alliances avec les courants constitués au sein du PS ou de "mener des négociations", selon un schéma traditionnel qu'elle a jugé, en substance, dépassé.
"Ceux qui veulent venir viendront, et ceux qui ne veulent pas venir ne viendront pas", a-t-elle dit, avant de mettre un bémol à ce discours tranché en affirmant que "les choses ne sont pas blanc ou noir".
Mme Royal se fait fort de réunir une majorité. "Je crois que je serai majoritaire", a-t-elle dit, sûre de son fait, en estimant que la primaire qui l'avait désignée pour représenter les socialistes à l'élection présidentielle avait montré que le PS "a changé".
Selon l'ex-candidate, les socialistes mesurent qu'elle est "la seule à ramener le vote populaire" vers le PS. Ségolène Royal a réaffirmé son ambition, déjà affichée par le congrès du Mans en 2005, de constituer "un parti de masse", notamment en faisant venir "les gens des quartiers", qui ont voté massivement pour elle à l'élection présidentielle.
Elle a aussi souhaité une évolution des statuts, sur laquelle a commencé de travailler une commission ad hoc du PS, les jugeant "lourdingues".
Comme on lui demandait si elle voulait un congrès anticipé, c'est-à-dire avant la période estivale, Ségolène Royal a estimé qu'une ancienne candidate à la magistrature suprême n'avait pas à se pencher sur "les questions de procédure".
La présidente du Poitou-Charentes avait laissé entendre début janvier qu'elle pourrait se porter candidate à la direction du PS. Elle n'a cessé de répéter depuis qu'il fallait d'abord laisser se dérouler les élections municipales.
Pourquoi ? Tout simplement parce que la France d'aujourd'hui est socialiste au sens où l'on disait hier sous la IIIe qu'elle
était radicale. Le PS peut bien ne pas être à l'heure actuelle à la hauteur de son destin; son électorat lui reste fidèle. Le Parti socialiste est celui dont la composition sociologique
se rapproche le plus de celle du pays tout entier; celui dont l'idéologie - le progrès doit profiter au plus grand nombre - correspond le mieux à l'opinion moyenne des Français. Le PS est
le parti interclassiste par excellence, c'est le métro à 6 heures du soir. Il regroupe des cadres, des patrons petits et grands, des bobos qui sont libéraux; des ouvriers et des employés
qui sont sociaux-démocrates; des fonctionnaires et des enseignants qui sont jacobins; des intellectuels, des artistes, des «communicants» qui sont gauchistes ! Une telle diversité est
incompatible avec une ligne radicale; l'axe de gravité du parti tend donc naturellement à se rapprocher du centre.
C'est pourquoi ses leaders les plus populaires, Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn, Bertrand Delanoë, ou ceux auxquels on promet un avenir, tels Manuel Valls, Vincent
Peillon, François Rebsamen, Julien Dray, appartiennent à l'aile droite du parti, disons, pour moins les compromettre, à sa fraction modérée. Nous voyons bien, à
l'inverse, que Laurent Fabius, Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon ont du mal à se faire entendre : l'avenir qu'ils dessinent pour le PS est un avenir minoritaire, sans perspective
de retour au pouvoir.
Le grand problème du PS, celui qui l'empêche de transformer ses succès locaux en victoire nationale, est le suivant : c'est son aile droite qui est appelée à gouverner, mais c'est son aile gauche
qui fabrique le programme; concession classique faite aux militants, nettement plus à gauche que les électeurs. Le principal handicap de Ségolène Royal, celui qui, au vrai,l'a empêchée de
gagner, c'est le programme qu'on lui avait fourgué au Mans et qu'elle a traîné comme un boulet tout au long de la campagne ( généralisation des 35 heures, augmentation massive du smic,
fiscalité punitive... ). Il ne serait pas très difficile au PS d'élaborer un programme acceptable pour l'immense majorité de son électorat potentiel. Ce qui manque, c'est la volonté politique,
aussi longtemps que les gardiens du cimetière estimeront qu'il vaut mieux perdre avec un programme radical que gagner avec un programme modéré.
L'autre handicap du PS actuel, c'est l'absence d'un(e) leader incontesté (e). A cause de la faiblesse croissante de la petite flottille (Verts, communistes, gauchistes, radicaux) qui fait cortège
au navire amiral, la gauche est structurellement minoritaire en France. François Mitterrand, qui l'avait compris, estimait que seule la valeur ajoutée constituée par une forte personnalité -
longtemps ce fut lui-même - lui permettrait de réunir une majorité. C'est pourquoi le PS a non moins structurellement besoin du régime présidentiel pour l'emporter. Je ne comprends pas que les
penseurs de la gauche ne perçoivent pas cette évidence. La gauche a besoin d'un système présidentiel, la droite d'un système parlementaire, voilà la vérité qui ne parvient pas à cheminer dans les
cervelles obscurcies des apparatchiks. Mais les électeurs de gauche le savent; fort heureusement, ils sont beaucoup plus intelligents que leurs chefs.
Le Nouvel Observateur
Parallèlement, le nombre de personnes souhaitant sanctionner la politique du président de la République et du gouvernement à l'occasion du scrutin est en hausse : il est passé de 16 % en janvier à 18 % en février et 21 % en mars. 10 % des personnes interrogées annoncent qu'elles voteront pour soutenir le président et le gouvernement ; 3 % ne se prononcent pas. En janvier, le nombre de personnes ayant l'intention de soutenir le chef de l'Etat à l'occasion des municipales s'élevait à 19 %.
"On assiste à une progression de la sanction et à un tassement du soutien, commente Jérôme Fourquet, directeur-adjoint du département opinion et stratégies d'entreprise de l'IFOP. L'élection risque d'être difficile pour la majorité, même si l'enjeu du vote sera d'abord local. Le vote sanction peut faire la différence dans un certain nombre de villes tangentes."
Parmi les électeurs qui ont voté pour Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle, 5 % envisagent de le sanctionner, 29 % de le soutenir et 65 % de se déterminer en fonction des enjeux locaux. Ce dernier chiffre est en hausse par rapport à début janvier : 57 % des électeurs de M. Sarkozy affirmaient alors qu'ils se détermineraient en fonction de considérations locales.
Les électeurs de François Bayrou sont ceux pour lesquels les enjeux locaux sont les plus importants : 81 % affirment qu'ils se détermineront en fonction de ces questions. "Il y a une convergence frappante entre la stratégie du MoDem et le comportement de ses électeurs", note M. Fourquet.
Aucun mouvement social n'est venu affronter le pouvoir actuel. Mais les sondages de popularité, assassins pour le président de la République, ont un effet similaire. On disait, en 1995, que les Français faisaient "la grève par procuration" en soutenant - ou en supportant stoïquement - l'action des cheminots et des employés des transports parisiens. Les sondages ressemblent aujourd'hui à un référendum d'initiative populaire, spontané, vindicatif, implacable. Le peuple félicite François Fillon pour être sûr d'atteindre Nicolas Sarkozy. L'espoir de l'opposition est que cette révolte par échantillon représentatif débouche sur une sanction brutale dans les urnes municipales. Le président a tenté de limiter les dégâts en prononçant, devant ses confesseurs du Figaro, son acte de contrition et en essayant de donner aux électeurs de la droite des raisons de se remobiliser.
Mais, après moins de dix mois de présidence, huit mois de mandat pour l'Assemblée nationale, les réformes promises sont en suspens ou en sursis. Edouard Balladur se demande ce qui va advenir de celle des institutions, qu'il a préparée. Les recommandations de la commission Attali ont-elles été tuées dans l'oeuf par les taxis parisiens ? Il était question d'une révision générale des politiques publiques, d'une remise à plat de la fiscalité. Est-ce encore d'actualité ? Le grand dessein présidentiel va-t-il se limiter maintenant à réformer le financement de l'audiovisuel public ?
Les Français avaient choisi un président pour sortir des blocages auxquels son prédécesseur n'avait pas osé ou pas su s'attaquer. Le supermécanicien supposé a provoqué un blocage spectaculaire de la machine politique. Il s'est piégé lui-même en voulant ramener le premier ministre au rang de "collaborateur". François Fillon, qu'il le veuille ou non, est mis en concurrence avec Nicolas Sarkozy, situation la plus dangereuse qui soit.
Voilà les ministres serviteurs de deux maîtres, ce qui ne peut guère les inciter à l'audace. Les députés de la majorité vont devoir choisir, eux aussi. Mais le désordre ne s'arrête pas là : le chef de l'Etat, en défiant le Conseil constitutionnel à propos de la rétention des condamnés considérés comme dangereux, a introduit un facteur de trouble au plus haut niveau de l'autorité judiciaire.
En lieu et place de réformes, il a bousculé l'échiquier. Toutes les pièces semblent en bataille les unes contre les autres, autour d'un roi que son camp ne protège plus.






