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Lundi 21 janvier 2008

La relance du dossier de la pêche par Nicolas Sarkozy critiquée

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a ouvert un dossier très sensible et suscité des critiques en proposant de mettre à profit la présidence française de l'Union à partir de juillet pour sortir des quotas de pêche instaurés par les 27 et renouvelés en décembre dernier, ou pour les assouplir.

En visite à Boulogne-sur-Mer samedi, dans un discours devant 300 pêcheurs, Nicolas Sarkozy a déclaré : "La France va présider l'Union Européenne du 1er juillet au 31 décembre, c'est une opportunité pour sortir de l'affaire des quotas". Il a parlé ensuite d'"apporter une réponse beaucoup plus souple".

A la Commission européenne, on affirme que jamais la politique des quotas n'avait été remise en cause au niveau politique. Jacques Barrot, seul commissaire européen français, a exprimé sur Europe 1 de fortes réserves.

Expliquant n'avoir pas connaissances des propos exacts du chef de l'Etat français, Mireille Thom, porte-parole du commissaire européen à la Pêche, Joe Borg, a déclaré que la Commission accueillait "favorablement toute contribution au débat ouvert avec les parties prenantes depuis la réforme de la Politique commune de la pêche en 2002 afin d'améliorer la gestion des pêcheries européennes".

En France, le PS a dénoncé ce qu'il estime être une "fuite en avant électoraliste dans la perspective des municipales".

La politique des totaux admissibles de captures (TAC) de poissons et leur répartition en quotas par Etat membre chaque année est vieille de plus de vingt ans et s'accentue avec les constats alarmistes des scientifiques.

L'UE a introduit récemment un outil qui s'ajoute aux quotas, la gestion de "l'effort de pêche", qui limite le nombre de jours passés en mer par les pêcheurs. Une demande des pêcheurs opérant entre Danemark et Norvège, qui souhaitaient que cette modalité d'action remplace totalement les quotas, a été repoussée....

ACCORD EN DECEMBRE

Les 24.000 marins-pêcheurs français, qui condamnent les quotas, sont mis en grande difficulté par la hausse des prix du carburant. Paris a présenté la semaine dernière un plan d'aide doté de 310 millions d'euros, soumis au feu vert de Bruxelles.

Le 19 décembre, la France avait signé l'accord pour 2008 sur ce sujet avec ses 26 partenaires européens de la pêche.

Le ministre de la Pêche Michel Barnier s'était alors félicité de cet accord, soulignant que le cabillaud voyait son quota de pêche baisser de 9% par rapport à 2007 (18% dans la majeure partie des zones) alors que la Commission européenne avait proposé 25% et les scientifiques davantage encore.

Michel Barnier s'était montré particulièrement ferme. "Je serai totalement intransigeant, la justice le sera plus que moi encore, sur ceux qui ne respectent pas la règle", avait-il dit.

Sur Europe 1 dimanche, le commissaire européen aux Transports Jacques Barrot a souligné que la France ne pouvait agir unilatéralement.

"Les quotas de pêche, c'est pas fait pour ennuyer les pêcheurs, c'est pour la survie des espèces et pour la survie de la pêche. On peut toujours parfaire les règles, mais il faudra toujours gérer correctement les réserves de pêche, sinon ce sont les pêcheurs de demain et d'après-demain qui se trouveront dans une situation impossible", a-t-il dit.

"Il faut quand même bien comprendre que ça ne peut pas être une décision unilatérale. (...) Le rôle de la présidence (de l'UE-NDLR) est de dégager des accords", a-t-il ajouté.

"Nicolas Sarkozy pêche par démagogie et Barnier utilise le mensonge comme appât", estime dimanche dans un communiqué le secrétaire national du PS à la Riposte, Razzy Hammadi.

A la Mutualité, François Hollande a ironisé sur Nicolas Sarkozy : "voyez comme ses convictions religieuses sont grandes, il croit à la multiplication des poissons et des pains".

Le député PS du Pas-de-Calais Jack Lang, à qui on prête l'intention d'entrer au gouvernement, s'est désolidarisé du PS en approuvant l'idée du président. "Il n'y a là rien de démagogique, il y a là la volonté sérieuse d'établir une planification pluriannuelle selon des critères objectifs", dit-il dans un communiqué.

Lundi 21 janvier 2008

Armistice au PS qui se met en ordre
de bataille pour les municipales

 
Au Parti socialiste, qui a réuni dimanche 20 janvier, à Paris, ses secrétaires de section ainsi que ses candidats aux élections municipales et cantonales, l'heure est à l'apaisement. A sept semaines du premier tour, les grands leaders – y compris Dominique Strauss-Kahn, qui a fait une apparition surprise – effectuent leur retour dans les instances du PS et acceptent un armistice préélectoral.
Samedi, Maison de la chimie.
 
Ségolène Royal est applaudie par un millier de personnes réunies pour la séance de clôture des journées de l'Institut Edgar-Quinet du député européen Vincent Peillon. L'ex-candidate, qui intervient sur la question des classes moyennes – il faut, dit-elle, "déculpabiliser et encourager la réussite individuelle" –, a composé une tribune qui fait sens. Autour d'elle, ont notamment pris place, le n° 2 du PS François Rebsamen, les strauss-kahniens Pierre Moscovici et Marisol Touraine, le "rénovateur" Gaëtan Gorce et André Vallini, proche de François Hollande.
 
Présence ne vaut pas allégeance, mais la photo doit apporter un démenti à l'isolement supposé de Mme Royal. Les plus hardis y voient même les contours d'une future majorité.

Dimanche, Maison de la Mutualité.

10 h 00. A la Maison de la Mutualité, où se tient le troisième et dernier "forum de la rénovation" sur le thème "les socialistes et l'individu", Ségolène Royal fait une entrée plus discrète. Pour son grand retour au PS, elle se réfugie incognito au balcon de la salle, au milieu des secrétaires de section.

11 h 15. Un autre socialiste met à profit cette journée pour effectuer, à la surprise générale, son come-back. De passage à Paris dans le cadre de ses fonctions au FMI, Dominique Strauss-Kahn, qui doit rencontrer lundi après-midi Nicolas Sarkozy, fait un détour par la Mutualité.
 
DSK, visiblement satisfait d'avoir créé la surprise, retrouve ses habits de chef de courant. "Le gouvernement a de bonnes raisons d'être sanctionné par les Français" , déclare-t-il aux journalistes qui l'attendent à l'extérieur. "Je suis de très près ce qui se passe", ajoute M. Strauss-Kahn, qui avoue pourtant que les grand-messes socialistes ne lui manquaient "pas vraiment". "Un jour, rappelle-t-il, je reviendrai en France." Ce dont, à vrai dire, personne n'a jamais douté au PS.
 
"Dominique adresse des signes dans cette campagne; il reste socialiste et continue de s'inscrire dans le paysage" , insiste Christophe Borgel, son ancien directeur de campagne lors des "primaires""Pour que DSK ait vraiment un avenir au PS, il faudrait que la guerre des chefs s'éternise et que le parti soit incapable de se trouver un leader dans les deux ou trois prochaines années. On n'en est pas encore là", remarque toutefois un strauss-kahnien. socialistes.
 
11 h 20. L'entrée de DSK en vedette américaine dans la grande salle, où sont rassemblés 3000 participants, interrompt quelques instants la séance. "C'est ce que l'on appelle la personnalisation du débat politique", grince le fabiusien Jacques Généreux, contraint de s'interrompre au milieu d'une diatribe enflammée. Derrière lui, un grand panneau rappelle le thème du forum : "Quelle place pour l'individuel et le collectif?"
 
12 h 30. Un militant distribue "une lettre ouverte aux dirigeants nationaux, adoptée à l'unanimité", par la section de Toulouse-Le Mirail. "Cessez de vous regarder le nombril et faites bloc contre Sarkozy" , réclame le texte.
 
13 h 00. François Hollande appelle à la paix des braves : "Il n'y aura de réussite individuelle au Parti socialiste que dans la solidarité et les valeurs collectives."
 
14 h 30. Décidément, la famille socialiste veut faire bonne figure. Avant l'ouverture du rassemblement national qui doit lancer la campagne du PS, les photographes mitraillent Ségolène Royal et Bertrand Delanoë assis au premier rang, non loin de Laurent Fabius, un peu isolé. François Hollande n'est pas en lice; il laisse le champ libre aux trois ténors qui doivent prendre la parole.
 
14 h 50. Premier de cordée, Bertrand Delanoë est d'accord pour jouer collectif. "A ces élections locales, nous sommes candidats en équipe, même s'il y a un animateur; aucun d'entre nous ne peut gagner seul et c'est une chance pour notre famille politique, pour le PS." Le maire de Paris appelle à "faire rempart" contre la droite et salue la salle, une main sur le cœur.
 
15 h 15. Les partisans de Ségolène Royal lui font un triomphe pendant qu'une petite partie de l'assistance reste de marbre. L'ex-candidate évite de s'exprimer à la première personne et d'évoquer le parti. Elle préfère centrer son propos sur la critique du gouvernement. "Ils veulent faire de ces élections un test national ? Eh bien, ils l'auront !", affirme-t-elle.
15 h 45. Pour Laurent Fabius aussi, ce sont des retrouvailles. Descendu de son Aventin de "sage actif", il propose d'infliger "un carton jaune" à Nicolas Sarkozy, mais ne peut s'empêcher d'envoyer une pique à ceux qui adressent "des œillades à la dro
16 h 10. François Hollande, très en verve, tire le principal enseignement de cette journée de retrouvailles : il est redevenu, ne serait-ce que pour une poignée de semaines, le seul chef d'orchestre du parti. "Ne regardez nulle part ailleurs, choisissez comme seule boussole les Français, la démocratie; gagnez les élections municipales !", lance-t-il.
 
Contesté par une partie de l'appareil, confronté à des conflits internes qu'il maîtrise de plus en plus difficilement, François Hollande, premier secrétaire depuis onze ans, peut encore s'offrir une standing-ovation.
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par Yvon GRAIC publié dans : La vie du PS
Lundi 21 janvier 2008
On n'en est pas au désamour mais le "style" Nicolas Sarkozy commence à agacer ses électeurs. "Trop de com", "trop de promesses", répondent-ils quand on leur demande quel bilan ils font de ses huit mois de présidence.

Sur le marché du 13e arrondissement à Paris comme sur celui de Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine), ils ne demandent qu'une chose : plus de "discrétion" et "des résultats". Un sentiment, une exigence que résume à elle seule Hélène Broussard (45 ans). "J'attends qu'il agisse et qu'il obtienne des résultats. Pour l'instant, il fait beaucoup de bruit et déplace de l'air", explique-t-elle.

"Avec Nicolas Sarkozy, on tombe rapidement dans l'excès", commente Alain Beghien (35 ans). "Côté politique, il fait une série d'annonces ambitieuses et crée une attente, je pense au pouvoir d'achat, au plan 2015 sur l'environnement, mais pourra-t-il tenir ses promesses ?", s'interroge-t-il. "Côté vie privée, il en fait également un peu trop, continue M. Beghien. Quand il nous fait le coup du : "Voyez, je suis comme vous, je divorce et je me remarie", il fait bouger positivement le protocole de l'Elysée, mais on ne lui demande pas de faire les manchettes de tous les magazines people. Qu'il ne cache pas ses relations avec l'homme d'affaires Vincent Bolloré, c'est bien, mais, en même temps, ce sont des relations dangereuses et l'on peut penser qu'un jour ou l'autre, il y aura un retour d'ascenseur."

"CHEF D'ETAT ET PAS VEDETTE"

"Je le croyais plus intègre !", s'exclame Delphine Mattia (41 ans) qui "ne veut pas croire que Bolloré ait payé des vacances à Sarkozy sans lui demander des services en échange". Cette mère de famille ne "supporte pas non plus de voir la vie privée du président étalée dans la presse". "Un peu de sobriété ne ferait pas de mal", commente-t-elle. "Chirac avait des défauts, mais au moins il n'allait pas au Fouquet's le soir de ses élections et ne se comportait pas en parvenu. Nicolas Sarkozy oublie qu'il est un chef d'Etat et pas une vedette", rappelle Françoise André (56 ans). "On dirait qu'il a un joujou entre les mains et qu'il en teste les limites. Il gesticule sans arrêt. Je me demande toujours ce qu'il va nous sortir demain. Que cela dure trois-quatre mois ce n'est pas grave, mais là, cela commence à faire", regrette Bernard Borel (43 ans), qui s'inquiète d'"un manque de maturité".

Ces critiques n'amènent pas ces électeurs à remettre en question leur vote. "Il est fougueux, un peu narcissique, exagère sur le côté star et ne fait pas les choses dans le bon ordre, mais je pense qu'on peut lui faire confiance", continue ainsi de penser Marie-Jeanne Dourmellin (74 ans).

Daniel Brevier (64 ans) dit être "dans l'expectative". Il explique qu'il est "satisfait de la remise en question des 35 heures et de l'instauration du service minimum, à partir du moment où il ne remet pas en question le droit de grève". Il se félicite "du coup de pied dans la fourmilière qui a fait sauter le clivage droite-gauche". Reste qu'il attend encore "du concret sur le pouvoir d'achat et l'augmentation des retraites".

Jacqueline Ancelin (72 ans) aimerait, elle aussi, être plus décontractée en allant faire son marché : "Ce qui m'importe, c'est qu'il obtienne des résultats sur le plan économique. Ce n'est pas grave qu'il ait une vie bizarre si c'est un bon président. Ce qui compte, c'est comment je vais vivre. Je souhaite qu'il fasse quelque chose pour augmenter notre pouvoir d'achat, mais, là, je me pose des questions, car je ne vois rien venir."

Lundi 21 janvier 2008

Jean :  Quel contenu accorder au mot 'laïcité' ? Pour certains, cela se traduit encore aujourd'hui par anti-cléricalisme, pour d'autres par neutralité en matière religieuse. Dans cette seconde acceptation Sarkozy remet-il véritablement en cause la loi de 1905 ?  

Jean Bauberot :  La réponse ne peut pas trancher entre les deux, car l'instauration de la laïcité nécessite la plupart du temps un moment anticlérical, dans la mesure où il s'agit de mettre fin à une sorte de domination d'une Eglise ou d'une religion sur l'Etat et la société. Il y a donc un moment d'émancipation anticléricale.  

Mais l'objectif n'est pas de combattre la religion en tant que telle, c'est de combattre une domination religieuse, donc l'objectif est bien la neutralité. Et j'ajouterai : la neutralité qui permet la diversité.  

Une neutralité active, puisque selon l'article 1er de la loi de 1905, la République assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes.  

Le discours de Nicolas Sarkozy porte atteinte à la laïcité dans la mesure où il n'est pas philosophiquement neutre, mais privilégie les convictions religieuses au détriment d'autres convictions, au lieu de respecter toutes les croyances, toutes les convictions, comme cela est dit dans le préambule de la Constitution française.  

lilith :  Comment le président d'une république peut-il parler d'un laïcité "positive" ? La Laïcité n'est ni positive, ni négative, elle EST, garante des libertés de penser et des règles équitables de vie collective tout en préservant la diversité !  

Jean Bauberot :  Moi, je lis son discours, je ne reprends pas à mon compte sa terminologie. Mais dans le discours du Latran, il retrace l'histoire en deux parties : une première partie qui porte sur les rapports entre la France et l'Eglise catholique au cours des siècles. Là, il ne retient que les aspects positifs de ce qu'il appelle l'héritage. Puis, il en arrive à la laïcité.  

Et là, il a trois jugements négatifs :

1) sur la loi de 1905 qui n'aurait été que rétrospectivement une loi de liberté, donc qui n'était pas une loi de liberté à son époque ;  

2) sur la réconciliation des deux France qui ne serait due qu'à l'attitude exemplaire des catholiques pendant la guerre de 1914-1918, et non à la laïcité elle-même ;  

3) sur le fait que la laïcité aurait voulu couper la France de ses racines chrétiennes.  

C'est évidemment à partir de ces jugements négatifs sur la laïcité telle qu'elle a existé historiquement qu'il parle de "l'avènement d'une laïcité positive".  

Je ne suis pas d'accord avec la manière dont il raconte l'histoire. Dans un héritage, il y a de l'actif et du passif, et il ne parle que de l'actif.  

J'ai déjà expliqué pourquoi il y avait eu un moment anticlérical dans la laïcité, qui était nécessaire. Mais la loi de 1905 elle-même, dès cette époque, mettait fin à ce mouvement anticlérical, même si les choses ne sont ensuite allées que progressivement, naturellement.  

Donc j'estime qu'il parle de laïcité positive à partir d'une conception de l'histoire qui n'est pas de l'histoire scientifique.....la suite ici
Jean Bauberot, sociologue de la laïcité

par Yvon GRAIC publié dans : Débat
Lundi 21 janvier 2008
 

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citation

"Plus les hommes seront éclairés plus ils seront libres." Voltaire


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