"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas,
ce que nous avons commencé ensemble,
nous allons le continuer ensemble"
"Combattre et proposer"
vous trouverez ici la contribution que nous déposons au Parti socialiste le 2 juillet. Elle est le résultat d’un long travail collectif, d’une large participation de militants, de chercheurs et de femmes et d’hommes politiques.
Vous pouvez y apporter votre signature en cliquant sur le lien prévu à cet effet. Soyons nombreux à porter le changement avec nous. »
Ségolène Royal
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La gifle
Dimanche dernier le Premier ministre avait tenté de nier l’évidence en parlant d’un 1er tour "indécis mais plus équilibré qu’annoncé". Ce soir il est évident que le vote sanction a bien eu lieu. La droite, qui avait déjà perdu Rouen, Laval, Alençon, Bourg en Bresse, Annonay et Rodez dès le premier tour, perd Toulouse qui était à droite depuis trente-sept ans, Strasbourg, Reims, Metz, Caen et Périgueux la ville du ministre de l’éducation Xavier Darcos. Le PS ayant confirmé avec éclat ses conquêtes de 2001 à Paris, Lyon, Lille, Rennes et Nantes, il détient maintenant la quasi-totalité des grandes villes, la droite ne conservant que Bordeaux et Marseille d’extrême justesse. La gauche est majoritaire dans les villes de plus de 20.000 habitants, elle va diriger la majorité des conseils généraux, elle préside vingt des vingt et une régions métropolitaines. Les Français lui ont donc donné tous les pouvoirs locaux. Mais le pouvoir national reste à la droite. Nicolas Sarkozy et le gouvernement devront tirer les leçons de la sanction de ce soir sinon le divorce avec les Français risque de s’aggraver. Robert Schneider
Quel gâchis tout de même, quel gaspillage ! Voilà un homme qui, il y a
moins d'un an, avait toutes les cartes en main et qui les a dépensées en pure perte. Ses réformes n'ont rien réformé, ni l'Etat, ni les finances, ni le niveau de vie des Français. Sa politique
sociale est injuste, sa politique économique incohérente, sa politique étrangère solitaire. C'est un président affaibli qui est désormais condamné à prendre des mesures dont beaucoup seront
impopulaires.
La gauche a tort de laisser entendre que l'on pourrait d'un coup de baguette magique élever le niveau de vie des Français. Mais elle a raison de souligner
que les réformes, voire les sacrifices, pour être acceptables, doivent être marqués du sceau de la justice. On ne réforme pas un pays épris d'égalité comme le nôtre en commençant par y accroître
les inégalités. Le rôle du président de la République n'est pas de gouverner la France dans les détails. Il est d'organiser la solidarité afin de rendre le gouvernement possible. Nicolas Sarkozy
dispose-t-il encore d'assez d'autorité, d'assez de légitimité pour accomplir cette grande mission ? Je le souhaite mais n'en suis pas sûr. Sinon, il est condamné à inaugurer les chrysanthèmes, y
compris ceux qui orneront bientôt la tombe des espoirs qu'il avait suscités.
Le Nouvel Observateur
Le PS, fort de ses succès locaux - sept grandes villes sur dix, plus de la moitié des départements - réunit ce mardi son Conseil national ("parlement" de 300 membres dont la centaine de premiers secrétaires fédéraux). Triomphalement réelu maire de Lyon, Gérard Collomb en assure la présidence. Entretien.
Après votre large victoire à Lyon, souhaitez-vous briguer des fonctions au sein du PS?Non, je ne me vois pas vivre en vase clos, trois ou quatre jours par semaine, rue de Solferino. Je pèserai autrement. En me faisant entendre.

Quelle révolution idéologique doit mener le PS?
Nous avons besoin d’un socialisme à visage urbain, qui s’inspire de ce que les maires font sur le terrain. Dans nos villes, nous travaillons sans a priori avec les chefs d’entreprise. Finissons-en avec les discours manichéens et anticapitalistes du socialisme fossilisé. Redistribuer des ressources suppose de créer de la richesse. C’est une vérité qu’oublie la vulgate marxiste ambiante. Bien sûr, l’économie doit faire l’objet de réformes. Les scandales de la Société générale ou de l’UIMM le prouvent. Mais ne soyons pas dans la critique permanente. Ni dans la défense systématique des acquis sociaux, en oubliant d’expliquer comment cette défense est économiquement viable.
Pour améliorer le pouvoir d’achat des Français, le Parti socialiste propose une conférence sur les salaires, l’augmentation immédiate du Smic et des petites retraites. Est-ce une bonne solution?
Le pouvoir d’achat ne s’améliorera que si nos entreprises sont prospères. Il faut donc investir dans la recherche et l’université. En clair, cela ne sert à rien d’empiler des promesses en pensant satisfaire le plus grand nombre de catégories d’électeurs. Les 101 propositions de notre Pacte présidentiel de 2007 ont été une erreur. Mieux vaut porter un discours crédible que de raconter n’importe quoi.
Rénover le PS, c’est aussi instaurer de nouvelles pratiques: pourquoi le cumul des mandats est-il si rarement appliqué ?
Comme cumulard, je vois bien les limites du système : je passe plus de temps à Lyon qu’au Sénat, où je suis parlementaire. Mais le non-cumul des mandats relève souvent d’une posture idéologique. Limiter les mandats à deux, au maximum, serait à mon avis une bonne formule.
Etes-vous partisan d’alliances avec le MoDem « partout où c’est possible », pour reprendre la formule de Ségolène Royal?
Si le MoDem le souhaite et s’il clarifie sa position, il n’y a rien de déshonorant à s’allier avec des centristes qui ont pris leur distance avec la droite. Dans mon conseil municipal, la majorité comprend des communistes et des centristes. Un tabou est en train de tomber, grâce à Ségolène Royal. Elle a décomplexé nombre de centristes qui, sinon, ne nous auraient jamais rejoints.
A Paris, Bertrand Delanoë n’a pas voulu ouvrir les portes de sa majorité au MoDem. Qu’en pensez-vous?
A sa place, j’aurais accepté l’offre de Marielle de Sarnez. Certes, il n’avait pas besoin des centristes pour l’emporter. Mais les alliances sont parfois des gestes forts, le signe de la politique qu’on souhaite pour le pays. Accepter quelques conseillers de ce mouvement lui aurait permis, en outre, de faire chuter Jean Tiberi dans le Ve arrondissement.
François Bayrou nourrit l’ambition de devancer le PS en 2012. Dans ce contexte, peut-il être un partenaire fiable?
Oui, s’il y a un accord entre nos deux formations. Le mieux placé – j’espère qu’il s’agira d’un ou d’une socialiste – après le premier tour de la présidentielle recevrait le soutien du candidat non qualifié pour la finale. De la même façon que le PC appelle à voter pour le PS entre les deux tours. Généralisons la pratique qui prévaut à gauche. Enfin, si les scores des socialistes et des centristes sont proches, un ticket peut être envisagé en cas de victoire : l’un devenant chef de l’Etat ; l’autre, Premier ministre.
Vous avez été l’un des premiers grands élus à rejoindre Ségolène Royal en 2006. Allez-vous la soutenir dans sa conquête du PS ?
C’est trop tôt pour le dire. Aujourd’hui, la priorité est de mener à bien la rénovation des idées.
Quel jugement portez-vous, avec le recul, sur sa campagne présidentielle ?
Royal a été performante tant qu’elle disposait de sa liberté. Quand elle a voulu renouer avec l’appareil du parti, elle a défendu des propositions auxquelles elle ne croyait pas pleinement, comme le Pacte présidentiel. Et là, clairement, elle n’était pas à l’aise.
Ségolène Royal a-t-elle un profil assez rassembleur pour prendre les rênes du PS?
Son défaut n’est pas dans son caractère clivant. Elle a raison de défendre ses convictions. Son problème est qu’elle semble plus obsédée par l’ambition d’être candidate que par l’envie de rénover la pensée du PS. Or, ce n’est pas la réussite de Ségolène Royal qui est en jeu. Mais celle de la France, à travers, éventuellement, Ségolène Royal. Ses interventions dans les médias semblent doublées d’un message sous-jacent : « Pensez à moi pour les prochaines élections. » Je préférerais : « Pensez à la France. Je serai là pour la servir. »
Vous avez été, un temps, proche des idées de Dominique Strauss-Kahn. Souhaitez-vous que DSK joue à l’avenir, en France, un rôle politique de premier plan ?
S’il avait fait, pour la présidentielle, la campagne qu’il a menée pour être élu à la tête du FMI, il n’aurait pas été disqualifié lors des primaires ! Mais il n’avait jamais le temps de préparer les échéances nationales..
REUTERS LIBERATION.FR : dimanche 20 avril 2008
Selon ce sondage publié dans «Le Journal du Dimanche», 49% des personnes interrogées estiment même que l'action du chef de l'Etat et du gouvernement n'a «pas du tout» amélioré la situation.
L'action de Nicolas Sarkozy et du gouvernement n'a pas permis d'améliorer la situation de la France et des Français, estiment 79% des personnes interrogées par l'Ifop.
Selon ce sondage publié dans Le Journal du Dimanche, 49% des Français estiment même que l'action du chef de l'Etat et du gouvernement n'a "pas du tout" amélioré la situation.
A l'inverse, 21% des sondés estiment que la politique menée depuis un an a permis d'améliorer la situation de la France et des Français, dont 4% "tout à fait" et 17% "plutôt".
Le sondage a été réalisé les 17 et 18 avril auprès d'un échantillon de 956 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
Delanoë: «L'équipe Sarkozy n'est pas professionnelle»
Selon lui, le futur premier secrétaire du PS "ne sera pas automatiquement le prochain candidat du PS pour 2012, mais il ne doit pas être non plus a priori disqualifié". "Puis, en 2011, nous choisirons notre candidate ou notre candidat, pour la présidentielle. Mais chaque chose en son temps", dit-il. "J'entends participer au débat d'idées dans ce pays à travers des valeurs et des actes progressistes. D'une façon ou d'une autre, je serai là, je m'engagerai", conclut-il.

Edito
Ségolène Royal a donc sauté le pas. Six mois avant le congrès du Parti socialiste, l'ex-candidate à l'Elysée s'est dite prête, vendredi 16 mai, à "assumer cette belle mission de chef du parti". Tout en se défendant de nourrir une "guerre des chefs", Mme Royal est bien décidée à contrecarrer l'offensive lancée par Bertrand Delanoë, qui vient de rendre publics ses premiers soutiens et publiera la semaine prochaine un livre intitulé De l'audace.
Voilà donc le PS engagé dans la deuxième étape de sa remise en ordre. La première était celle de son orientation générale : sa nouvelle "Déclaration de principes" lui permet d'afficher son identité "réformiste", sans craindre de laisser un espace à l'extrême gauche. Reste à se doter d'un leader et à définir de nouvelles alliances, indispensables pour espérer revenir au pouvoir.
Premier dilemme : celui du leader, qui a évidemment vocation à être le leader de l'opposition. La course est désormais lancée. Mais la partie n'est gagnée pour aucun des deux principaux prétendants. Mme Royal doit s'ouvrir un passage sans donner l'impression de vouloir contourner le PS de l'extérieur. M. Delanoë doit élargir son espace, aujourd'hui réduit à une base jospiniste trop étriquée.
Alors que se multiplient les candidatures de second rang, le PS doit décider s'il met à sa tête, ou non, un présidentiable. S'il choisit un "patron" qui renonce à être candidat, il laissera se mener, à ses marches, une guerre permanente entre Mme Royal et M. Delanoë, sans régler la question du leadership. S'il élit un présidentiable, il prend le risque d'une rude bataille, mais au moins aura-t-il un chef qui, comme François Mitterrand en 1974 et Lionel Jospin en 1995, sera légitime pour le mettre au travail et bâtir un projet.
Second dilemme : les alliances. Celle d'Epinay en 1971 avec le Parti communiste ou celle de la gauche plurielle en 1997 avec les Verts sont mortes. Une alliance avec le centre, souhaitée par Mme Royal et combattue par M. Delanoë, est aujourd'hui évanescente, tant le MoDem de M. Bayrou peine à exister. Le PS a pourtant besoin de nouveaux alliés. S'il les cherche seulement à gauche, il risque de perdre. S'il joue le centre, il renforce M. Besancenot. La solution de cette difficile équation est pourtant une des clefs de 2012.
Le député PS européen Benoît Hamon dénonce dans le livre du maire de paris une «ode au libéralisme». Julien Dray exprime son désaccord. Et Ségolène Royal pointe des «attaques
inutiles» contre elle-même.
AFP «De l’audace !», le livre de Bertrand Delanoë, ne plaît pas à tout le monde. Benoît Hamon, député PS européen, estime que le maire de Paris «nous joue l’ode au libéralisme», qui lui semble aller «à rebours de l’évolution de la gauche».
Dans un entretien à «France Soir», Benoît Hamon juge «assez baroque» la volonté affichée par le maire de Paris d’inviter la gauche à se réapproprier le libéralisme. «Au moment où le modèle économique libéral est en plein marasme, où on réalise, partout dans le monde, que la dérégulation du système nous a conduit dans l’impasse, avec les crises bancaires, financières et énergétiques, Bertrand Delanoë nous joue l’ode au libéralisme», juge le député européen. «Cela me semble aller à rebours de l’évolution de la gauche», affirme-t-il évoquant les Etats-Unis, où Hillary Clinton et Barack Obama «prennent le contre-pied des positions démocrates en remettant en cause le libre-échange» et en Europe, «où la social-démocratie est en crise, puisqu’elle a perdu 13 des 15 dernières élections!»
Se disant non pas déçu, mais «plutôt incrédule», il attendait «le plus important, à savoir l’offre politique…» et «cela confirme en tout cas ce que nous pressentions: il n’y a pas de grande différence entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë». Benoît Hamon envisage de présenter une motion au prochain Congrès et ne sera «pas seul». «Une alliance avec Claude Bartolone, qui représente les fabiusiens, est possible».
Autre socialiste à trouver peu à son goût le livre de Delanoë: Julien Dray, porte-parole du PS. «Je reste de formation marxiste. Ça ne veut pas dire que je reste dogmatique. Je considère que dans l’analyse de la société de l’époque, tout n’est pas à rejeter. Si vous me parlez de la dictature du prolétariat, (…) je la rejette totalement», a déclaré le député de l’Essonne. Julien Dray s’est demandé si, alors qu’on disait qu’un congrès socialiste se gagnait à gauche, «un congrès socialiste ne se gagne pas sur la droite» désormais. «Il y a une sorte de souci de respectabilité qui s’est installé dans cette discussion, je ne sais pas si elle est très porteuse», a-t-il ajouté en se demandant «pourquoi, tout d’un coup, les socialistes auraient peur de leur identité, de leur culture».
Ce matin, Ségolène Royal elle-même a réagi. Elle estime être la cible d’«attaques inutiles» de la part du maire de Paris qui égratigne dans son livre la stratégie de l’ex-candidate à la présidentielle pendant sa campagne et sa notion de «démocratie participative». «Ce qui est important c’est le débat d’idées. Je crois que l’agressivité à l’égard des personnes est totalement inutile», a affirmé Ségolène Royal sur LCI. «Aujourd’hui les militants ne veulent pas de combat de chefs», a poursuivi la socialiste. «Avec moi il n’y aura pas de combat de chefs, il y aura un débat d’idées sérieux, approfondi» et «ensuite ils choisiront leur premier secrétaire».
Photo Bertrand Delanoë (Reuters).
Edito
On cogne d'abord et on réfléchit après. Si nécessaire, on cogne à nouveau et on compte les morts ensuite. Ainsi pourrait-on résumer la méthode adoptée par Nicolas Sarkozy pour traiter la question de l'avenir de la télévision publique en France. Caricature ? Malheureusement pas !
Le 8 janvier, le président de la République annonce son intention de supprimer la publicité sur les chaînes publiques, sans prévenir la ministre concernée (Christine Albanel), et encore moins le principal intéressé (Patrick de Carolis, patron de France Télévisions). La décision est audacieuse - la gauche en avait rêvé et s'était "dégonflée". Mais elle est tellement improvisée qu'elle déclenche panique et tollé.
Le chef de l'Etat confie donc en février à Jean-François Copé, le turbulent président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, la présidence d'une commission chargée de proposer une stratégie économique et éditoriale pour la "nouvelle télévision publique". Après deux mois de travail sérieux, cette commission esquisse prudemment, parmi d'autres solutions de financement, une augmentation de la redevance, beaucoup plus faible en France que chez nos voisins européens. Hors de question !, vient de répliquer Nicolas Sarkozy en invoquant la promesse faite pendant la campagne de 2007 de ne pas toucher à la redevance et en coupant l'herbe sous les pieds à la commission Copé.
On reste médusé par cette inconséquence. France Télévisions n'est certes pas une vache sacrée. Elle n'est pas un modèle de bonne organisation, tant ses structures sont empilées et stratifiées. Pas davantage un modèle de bonne gestion, avec ses 11 000 salariés et son dédale de statuts et de "placards". Beaucoup s'accordent sur la nécessité d'une profonde modernisation.
Est-ce une raison suffisante pour déstabiliser en profondeur l'ensemble des chaînes publiques ? Pour ignorer avec une telle désinvolture la qualité indéniable de ses productions, comparées à celles des télévisions privées ? Pour lui demander froidement de faire encore mieux en la privant de centaines de millions d'euros de recettes ? Bref, pour la tuer avant de l'avoir guérie ? La réponse est non. Sauf à admettre le fait du prince.
Ce mot devrait séduire. C' est en effet un des ces mots-valises qui contient tout à la fois les principes de concurrence, de liberté d' entreprendre et d' accéder au marché, de pluralité et de diversité, de propriété non oligarchique et non monopolistique. Bref, un "bon mot".
Sauf que depuis la chute du communisme, on assite à la montée en puissance d' un néo capitalisme sans entraves, radicalement insécuritaire et anti humaniste. Ce néo capitalisme est même attentatoire aux valeurs libérales: verrouillage de l' accès au marché, asphyxie et éradication de la concurrence par des concentrations monopolistiques et oligopolistiques. N' est-on pas passé d' un journal par région à un seul groupe contrôlant TOUS les journaux du sud et de l' est de la France? N' a-t-on pas échappé, pour le moment, à Hachette-Lagardère contrôlant 70% du marché du livre? la LME vise à livrer tout l' espace de distribution à trois ou quatre centrales d' achat et à placer les PME ainsi que les producteurs agricoles sous la coupe d' hypermarchés contrôlés par le grand capital financier au risque de la disparition du commerce indépendant. Cela renvoie à une sorte de "communisme privatisé"! Un comble!
Bertrand Delanoë l' aurait-il compris? Lisons son livre. Rien, pas une ligne ne laisse penser qu'il a pris la mesure de la gigantesque révolution économique en cours., de la radicalisation du capitalisme, de l' inhumanité oppressive et aculturante qui le caractérise.
En fait, et en cela Delanoë joue avec le feu, c'est que le libéralisme du Maire de Paris est ce "libertarisme" dont se nourrit justement le néo capitalisme mondialisé. Cette modernité "new look" qu' on nous repasse en boucle n' est en fait que l' addition de trois ringardismes: Guizot, le jospinisme et le pire de la pensée de mai 68. Tout cela sous le regard attendri de Daniel Vaillant, ex Ministre de l' Intérieur PS, "grand penseur"...
On espérait une révolution des esprits. Bertrand glisse seulement vers une droite mâtinée de boboÎsme sociétal, socle de la pensée unique depuis 20 ans, socle validé en amont par la presse dite "de gauche": Nouvel Obs, Libé, Le Monde (dont certains journalistes néanmoins savent raison garder.).
Le discours de Sarkozy d' un coté (de moins en moins entendu); la mercuriale de Delanoë de l' autre (pas entendue du tout): décidément un boulevard est ouvert aux autres...
La reconstruction des fondations restent à accomplir.
D' après François Darras, Marianne page 32
L'alliance hétéroclite des "Reconstructeurs" du PS réunie à Paris
(.... ) Officiellement, les
"Reconstructeurs" n'étaient là que pour débattre du fond , loin du combat des chefs, et non pour mettre en piste une personnalité susceptible d'incarner une troisième voie. Pour Arnaud
Montebourg, les "Reconstructeurs" sont "une force d'interposition pour nous débarrasser de la guerre des chefs". Laurent Fabius a estimé que cette démarche était "ce qu'il y a
de plus nouveau, de plus utile aux Français qui a été fait au PS depuis des années et des années".
Mais la personnalité de Martine Aubry pourrait permettre de dégager un consensus parmi une partie des 800 cadres et élus
présents dimanche, pour une éventuelle candidature au congrès de Reims, prévu à la mi novembre.
Le député de l'Essonne Manuel Valls a critiqué sur France 2 le rassemblement des "Reconstructeurs", estimant que "l'idée de rassembler tous ceux qui ne veulent ni Delanoë, ni Ségolène Royal (...) ça ne marchera pas", a estimé M. Valls, partisan d'une relève "générationnelle". Dans un entretien à Libération, samedi, Ségolène Royal a estimé que que les "Reconstructeurs" "veulent que rien ne bouge, que tout reste comme avant".
LA REPUBLIQUE DES PYRENEES
Jean-Michel Helvig
"(...) Dans ce registre, les " reconstructeurs " font très fort en amalgamant des gens qui sur le plan de l'intégration européenne, de la conception de l'économie, du rôle de l'Etat et des syndicats dans la politique sociale, ou même des réformes de société, n'étaient d'accord sur pas grand chose jusqu'à ce qu'il y a peu. On attend toujours de voir ce sur quoi ils s'accordent désormais, sinon pour éliminer des rivaux dangereux. François Hollande qui n'est pas de l'opération, mais cherche aussi à neutraliser Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, a au moins l'habileté, sinon la simplicité de poser de bonnes questions avant d'asséner de fausses réponses. C'est, à tout prendre, plus convenable que les propos fielleux de Martine Aubry à l'égard de Ségolène Royal qui, s'ils étaient exprimés dans la voix d'un homme, seraient à juste titre dénoncés comme méprisants et machistes."
LE MIDI LIBRE
Michel Noblecourt
"(...)La réunion des 'reconstructeurs' a été le rendez-vous des faux- semblants. Au-delà de quelques généralités sur le marché et la mondialisation, il s'agit d'un rassemblement hétéroclite où se retrouvent des partisans du oui et du non au référendum de 2005 sur l'Europe qui n'ont pas d'idée commune sur la rénovation du PS. Chaque sensibilité va présenter, fin juin, sa propre contribution avant d'envisager une éventuelle motion commune. Faux-semblant aussi sur le leader à opposer à Mme Royal ou à M. Delanoë. Mme Aubry a fait son retour au PS mais elle juge que son éventuelle candidature au poste de premier secrétaire est très prématurée. Les strauss-kahniens sont divisés. Pierre Moscovici, candidat déclaré, refuse d''adouber un troisième présidentiable'. Et Manuel Valls, absent de la réunion, plaide pour une relève 'générationnelle'. Point mort."
SUD-OUEST
Franck De Bondt
"(...) La participation à cette coalition de Martine Aubry -l'autre femme du PS qui est l' antithèse de Ségolène Royal- est une indication majeure. La maire de Lille ne cache pas sa détestation du style Royal, à qui elle reproche son égocentrisme et son populisme racoleur. Son moteur : retrouver au Parti socialiste la place que Ségolène lui a volée. Après une courte traversée du Nord, sa réélection triomphale à la mairie de Lille, fondée sur un bon bilan et un rassemblement extra-large autour de sa personne, l'a rassérénée. Si les " reconstructeurs " s'entendent pour couper la route aux deux échappés, Royal et Delanoë, ils ne sont pas encore prêts à rouler pour Martine Aubry. Pour l'instant, celle-ci ne jure que par le travail collectif de remise à jour du programme socialiste. Mais à l'heure des comptes, elle ne désespère pas d'incarner elle-même la rénovation, ainsi que cette " troisième voie " dont on sait seulement qu'elle devra être différente de celles qui ont conduit la gauche à perdre trois fois de suite l'élection présidentielle."
L'ALSACE
Patrick Fluckiger
"(...)D'ailleurs Martine Aubry a balancé quelques rafales en direction de Ségolène Royal et de Bertrand Delanoë, choisissant de faire un carton sur l'ordre juste de l'une et sur le " libéralisme " de l'autre, notamment. La Dame des 35 h a décidément une méthode bien à elle pour assurer la paix civile. Une méthode qu'il ne faut surtout pas enseigner aux casques bleus du Kosovo et du Liban, si on veut maintenir le calme dans ces régions ! Pierre Moscovici, qui est candidat déclaré au fauteuil de premier secrétaire - et membre du " pôle des reconstructeurs " au titre des amis de DSK - , s'est montré agacé par la médiatisation de la maire de Lille. Il voit poindre, non sans raison, le nez d'un " troisième présidentiable ". Et s'il n'y en avait que trois... Il va falloir d'urgence convoquer un conseil de sécurité pour pacifier les pacificateurs."
LIBERATION CHAMPAGNE
Jorge D'Hulst
"(...) Comme ni Ségolène Royal, ni Bertrand Delanoë ne semblent s'imposer auprès des militants socialistes, il existe un espace pour un troisième homme ou femme. Et Martine Aubry entend à l'évidence jouer un rôle de premier plan dans les mois à venir. Déjà, elle donne le sentiment d'être l'élément fort des reconstructeurs. De tous, c'est elle qui l'a nettement emporté hier à l'applaudimètre. Or, avant d'apparaître davantage au grand jour, elle avait déjà marqué des points en obtenant que le congrès du PS se déroule à Reims. Ce qui sera un avantage pour elle puisque cette ville est détenue depuis mars par une de ses proches, Adeline Hazan. Sauf que pour Martine Aubry prendre le PS ne voudra pas forcément dire acquérir un avantage décisif pour 2012. Car il serait étonnant, qu'au sein des reconstructeurs, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn tirent un trait sur leurs ambitions."
LA REPUBLIQUE DU CENTRE
Jacques Camus
"Et si le "troisième homme" que se cherche avidement le PS pour échapper au duel Royal-Delanoë était, en fait, une "deuxième femme"? Autrement dit, Martine Aubry. Le nom de la maire de Lille se réinstalle avec de plus en plus d'insistance sur la scène nationale, sans qu'on sache vraiment s'il s'agit d'une nouvelle lubie médiatique ou d'un vrai "désir d'Aubry" au sein du parti. À moins que ce ne soit la fille de Jacques Delors qui éprouve un réel désir de PS. Le drame au sein de ce parti, c'est que les haines individuelles sont tellement fortes que plus personne ne peut bouger, au nom du collectif, sans être suspecté d'agir pour son propre compte. Et bien malin qui pourrait démêler le vrai du faux. Ainsi, la "journée d'échanges et de débats", organisée, hier, à Paris autour de Martine Aubry avec Laurent Fabius, Arnaud Montebourg et les strauss-kahniens, a-t-elle davantage ressemblé à une entreprise de démolition qu'à une ébauche de reconstruction. Derrière les grandes déclarations de principes invitant à "hisser haut les valeurs de gauche", on a plutôt distribué des coups bas.(...)"
LE JOURNAL DE LA HAUTE-MARNE
Patrice Chabanet
"(...)La réunion qui s'est tenue dimanche à Paris et qui a réuni les adversaires d'hier a déjà consacré le grand retour de Martine Aubry. Sa prise de parole a dépassé le cadre de la simple contribution militante. En quelques mots, elle a réglé son compte aux deux compétiteurs déjà en piste. Elle a plaidé pour un socialisme sans autre "épithète", une flèche pour Delanoë et son approche "socialiste et libérale". Elle s'est prononcée, avec la même vigueur, contre l'"ordre juste", cher à Ségolène Royal. En clair, même s'ils s'en défendent, les "reconstructeurs" du Parti socialiste sont à la recherche d'un leader. Tout simplement parce que pour s'opposer à Royal et Delanoë qui personnalisent le débat d'idées il ne suffit pas d'avoir un programme, mais une personnalité qui l'incarne. Qu'ils le veuillent ou non, les socialistes subissent aussi la nouvelle donne imposée par Nicolas Sarkozy. La politique s'exprime d'abord par la présence physique du leader, parce que réputée plus lisible et plus audible.(...)"
LA NOUVELLE REPUBLIQUE DU CENTRE OUEST
Hervé Cannet
"(...) Outre que le PS n'arrive toujours pas à définir ce qu'il devrait être (un grand parti de centre gauche, un grand parti ouvert aux vents de la gauche extrême ou un grand parti ni-ni, ni Bayrou, ni Besancenot), il est encore et toujours un enjeu de pouvoir personnel. Capable de s'allier les éléphants et les durs des 35 heures, à la fois deloriste, jospiniste et " fière d'être socialiste ", gestionnaire reconnue, régionaliste convaincue, européenne sans faille, Madame le maire de Lille a réussi [hier à Paris] un come-back somme toute inattendu. Et fait valider un indiscutable profil de présidentiable. Son enthousiasme retrouvé a d'ailleurs éclipsé les autres prétendants, séduits les militants et intéressé les médias. Mais au PS, l'histoire a enseigné qu'il convient de ne pas s'emballer. Et un, et deux, et trois candidats. Et à la fin du match, c'est toujours la droite qui gagne ?"
L'UNION
Jean-Michel François
"(...) Delanoë ou Royal ? La belle affaire, nous disent les nouveaux " reconstructeurs ", oublieux de leurs divergences européennes, qui veulent ¬ aujourd'hui ¬ sortir de cette alternative qu'on annonce inéluctable. Pour qui, pour quoi ? Qu'ont-ils à offrir de mieux ou de plus dans ce parti, où comme partout en France, chacun rêve de bâtir ou de reconstruire ? La maire de Lille, Martine Aubry, veut-elle profiter du congrès en terre amie (à Reims avec Adeline Hazan) et de la mise à mort des 35 heures qu'elle a créées, pour fédérer une armée mexicaine afin de se positionner pour 2012 et prendre ainsi le relais que son père avait laissé tomber en 1995 ? Ce serait oublier bien vite l'appétit des seconds couteaux, les Valls et autres Moscovici qui n'ont pas envie de se laisser tondre l'herbe sur le dos. Et plus encore tous ceux qui ne sont pas sortis du bois, et qui attendent de pouvoir s'afficher en recours de la dernière heure."
Edito
La sagesse ou plutôt la méfiance populaire tient pour évident que "l'on peut faire dire aux chiffres ce qu'on veut". Nul doute qu'elle en trouvera une nouvelle démonstration dans l'examen par la Cour des comptes du budget 2007 du régime général de la Sécurité sociale.
Bicentenaire, impavide, ostensiblement besogneuse, la haute juridiction financière fait là son travail : éplucher les comptes de l'Etat, de la Sécurité sociale et des collectivités territoriales et apporter autant que possible aux citoyens la garantie que l'argent public, c'est-à-dire leurs impôts, est géré de façon précise et transparente. Depuis trois ans et la réforme des lois de finances, la responsabilité de la Cour n'a jamais été aussi grande : dès lors que l'Etat est considéré, peu ou prou, comme une entreprise, ce n'est plus seulement son budget qui est passé au crible, mais également son bilan (actifs et passif, endettement et engagements, amortissements et provisions).
Comme le commissaire aux comptes d'une entreprise, la Cour est donc chargée de certifier les comptes publics : le 21 mai, elle l'a fait pour les comptes 2007 de l'Etat, mais avec de sérieuses réserves puisqu'elle estimait le déficit public sous-évalué d'une dizaine de milliards d'euros... Elle vient de franchir un nouveau pas, spectaculaire, en refusant, le 30 juin, de certifier les comptes de la branche recouvrement de la Sécurité sociale. Les magistrats de la rue Cambon estiment que son déficit a été, l'an dernier, de 10,5 milliards d'euros, soit 1 milliard de plus que le chiffre avancé par le gouvernement.
La réaction du gouvernement a été immédiate : le ministre du budget, Eric Woerth, a réfuté point par point l'analyse et les arguments de la Cour. Il a confirmé "son" chiffre de déficit public pour 2007 et assuré que les comptes de la Sécu sont "fidèles" à ses résultats. Ce différend sera tranché à l'automne par le Parlement.
L'agacement du ministère des finances, publiquement épinglé, est donc compréhensible. Mais pas admissible. Dès lors que la haute juridiction financière est chargée de certifier les comptes publics, le devoir du gouvernement est d'en respecter les jugements. Quoi qu'il lui en coûte. Sauf à nourrir un peu plus la méfiance à l'égard des accommodements de l'Etat avec l'argent public.
Interrogations autour de la libération de Betancourt
Le récit de la libération des otages est digne des meilleurs scénarios hollywoodiens. Le président colombien, Alvaro Uribe, a même évoqué une "épopée épique". L'euphorie retombée, des zones d'ombre subsistent quant à la version officielle donnée par l'armée colombienne du déroulement de l'opération. Les doutes portent notamment sur l'éventuel paiement d'une rançon aux deux guérilleros tombés dans le piège de l'armée colombienne, les geôliers Gerardo Antonio Aguilar, alias "Cesar", et Enrique Gafas, ainsi que sur le degré d'implication des services de renseignement étrangers, israéliens en premier lieu.
Y A-T-IL EU PAIEMENT DE RANÇON ?
La Radio suisse romande affirme que des dirigeants des FARC auraient touché 20 millions de dollars pour la libération et que l'opération de l'armée n'aurait été qu'une "mise en scène". Citant "une source proche des événements, fiable et éprouvée à maintes reprises ces vingt dernières années", la radio publique suisse, dont le pays avait était mandaté par Alvaro Uribe pour une mission de médiation avec les FARC, affirme que les Etats-Unis sont "à l'origine de la transaction". La radio explique que c'est l'épouse de l'un des gardiens des otages qui a servi d'intermédiaire pour la transaction, après avoir été arrêtée par l'armée colombienne. Réintégrée au sein des FARC, elle aurait obtenu de son mari qu'il change de camp. La "mise en scène" de la libération des otages aurait ainsi permis au président Uribe, selon la radio suisse, "de s'en tenir à sa ligne qui exclut toute négociation avec les rebelles tant que les otages ne sont pas libérés". Bogota n'a pas réagi.
"Ceci n'est pas un sauvetage. C'est une opération de remise d'otages pour laquelle une rançon a été versée", affirme également la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, ancienne médiatrice entre la guérilla et le président Hugo Chavez. Interrogée par le quotidien argentin Clarin, la sénatrice affirme ne pas avoir de preuves tangibles au sujet du paiement d'une rançon, mais se baser sur les déclarations des autorités colombiennes. Après l'annonce de la mort de l'ancien numéro un des FARC, Manuel Marulanda, Alvaro Uribe avait lui-même affirmé qu'un responsable de la guérilla avait contacté les services de renseignement colombiens pour négocier la remise en liberté d'Ingrid Betancourt, à condition de ne pas être extradé.
QUEL RÔLE A JOUÉ LE RENSEIGNEMENT ISRAÉLIEN ?
Immédiatement après sa libération, Ingrid Betancourt a comparé sa libération à une opération israélienne de libération d'otages. Des médias israéliens affirment vendredi que des conseillers hébreux sont impliqués dans l'opération.
Selon la radio militaire israélienne, deux conseillers militaires auraient participé aux préparatifs. Mais aucun détail
supplémentaire concernant leur rôle précis n'a été dévoilé. Selon Haaretz, l'aide israélienne, qui a impliqué
plusieurs dizaines d'experts en sécurité, a été coordonnée par Global CST, une société privée de conseil en sécurité, dirigée à Bogota par deux officiers supérieurs à la retraite depuis peu,
Israël Ziv et Yossi Kuperwasser. L'aide israélienne ne serait d'ailleurs pas récente. Selon le quotidien Yediot
Aharonot, un groupe de conseillers militaires israéliens a reçu l'année dernière l'accord du ministère de la défense d'Israël pour apporter de l'aide à l'armée colombienne, en
particulier aux unités spéciales. Et Global CST a d'ailleurs décroché un contrat de 10 millions de dollars en Colombie pour aider les forces spéciales dans leur lutte contre les FARC.
"Nous avons aidé [l'armée colombienne] à combattre le terrorisme, à concevoir des stratégies et leur mise en
application", a déclaré une source proche de la société Global CST qui s'est exprimée dans Haaretz. Pour Israël Ziv, il ne faut pas "exagérer" l'implication de l'armée
israélienne dans le succès colombien.








