Désirs d'Avenir 76 Comité de Seine-Maritime
 
 
Avec Ségolène Royal nos Désirs d'Avenir continuent !
 
 

Ségolène Royal

"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas"" Ségolène ROYAL Paris, le 6 mai 2007
 

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Le 6 mai et après 
avec Ségolène !

"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas,
ce que nous avons commencé ensemble,
nous allons le continuer ensemble" 

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Dans votre commune, votre quartier , Créez votre comité !
 
     

 

"Combattre et proposer"

 

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« Chères amies, chers amis,

vous trouverez ici la contribution que nous déposons au Parti socialiste le 2 juillet. Elle est le résultat d’un long travail collectif, d’une large participation de militants, de chercheurs et de femmes et d’hommes politiques.

Vous pouvez y apporter votre signature en cliquant sur le lien prévu à cet effet. Soyons nombreux à porter le changement avec nous. »

                                                                                Ségolène Royal


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Vendredi 4 avril 2008
CONSULTATION PARTICIPATIVE :

COMMENT LE CONGRES DU PS PEUT-IL ETRE UTILE AUX FRANÇAIS ?

Chères amies, Chers amis,
Je vous prie de trouver ci-joint l'initiative que nous prenons, en vue du Congrès du Parti socialiste, pour lancer un débat de qualité, utile aux Français. Le texte en a été publié aujourd'hui.
Je compte sur vous pour nous rejoindre et apporter vos idées sur le site qui sera spécialement créé pour vous accueillir. Elles nous permettront d'aboutir à une belle contribution dont nousseront toutes et tous coauteurs.
Amitiés






DDA A la uneDans un monde qui se transforme à vive allure et dans une France où même ceux qui se croyaient à l’abri sont en proie à l’inquiétude, les socialistes doivent répondre à de nouvelles questions.
Aujourd’hui la précarité envahit tout,l’initiative économique est en panne, les inégalités n’ont jamais été aussi insolentes,l’incertitude pèse sur le rôle de la France dans le monde. Nous devons apporter la preuve de l’efficacité de l’action politique et la mettre au service de notre idéal commun.
Nous lançons cette consultation participative dans la cohérence des valeurs bâties pendant la campagne présidentielle et dans la volonté de prolonger les voies tracées par les Forums de la rénovation du PS.
Sachant que les questions bien posées permettent les réponses pertinentes, nous pensons utiles de prendre un temps pour bien formuler les questions à trancher (3), en s’appuyant sur les sources d’inquiétudes des Français (1) et sur nos valeurs (2).
C’est pourquoi ce document propose, sur cette base, de lancer des discussions et de susciter des réactions : vous pouvez modifier ou compléter la formulation des thèmes qui vous sont proposés. Un site Internet sera spécialement ouvert pour cela. Ce questionnaire est une étape très importante pour structurer le travail de fond qui, enrichi par ces échanges, aboutira à une proposition prenant la forme d’une contribution au Congrès du PS.
La consultation s’adresse aux militants du PS, en lien avec les sympathisants et les forces vives qui attendent beaucoup de nous face aux dégradations de toutes sortes commises par la droite.
L’une des questions majeures autour de laquelle s’organise notre réflexion est la suivante : définir les droits et les devoirs des responsables politiques, de la société et des personnes, de telle sorte que la liberté de réussir sa vie ne soit pas le privilège de quelques uns mais l’ambition garantie à tous.
Premiers coauteurs de ce document : les membres du conseil politique, qui se réunit le mardi autour de Ségolène Royal, les responsables des groupes de travail (par exemple sur la santé), des présidents de régions et élus qui suivent et participent aux réunions. Cette liste est ouverte à toutes celles et tous ceux qui voudraient participer à l'initiative que nous lançons.

Ségolène Royal

François Rebsamen
Vincent Peillon
Jean Louis Bianco
Manuel Valls
Gilles Pargneaux
Delphine Batho
David Assouline
Guillaume Garot
Aurélie Fillipetti
Michel Sapin
Jean-Pierre Mignard
Jean-Jack Queyranne
Jacques Auxiette
Nadjat Belkacem
Pascal Terrasse
Dominique Bertinotti
Michèle Delaunay
Jean Guerard

- Les dix sources d’inquiétude des Français
1. un capitalisme qui perd la tête ;
2. la dégradation du niveau de vie ;
3. les fragmentations et le descenseur social à l’intérieur ; la perte de compétitivité de la
France à l’extérieur ;
4. l’affaiblissement de la valeur travail et l’exagération de la valeur du capital ;
5. le trouble qui pèse sur l’identité française, secouée par les peurs de l’autre ;
6. le doute sur l’efficacité de l’Etat ;
7. le scepticisme sur la réalité de l’égalité des chances par l’école ;
8. l’Europe perçue comme indifférente au sort des citoyens ;
9. les désordres du monde et les interrogations sur la fin de l’hégémonie occidentale ;
10. une planète menacée d’autodestruction.

- Les sept valeurs et objectifs qui nous guident

1. Le monde a changé. Le socialisme doit changer pour rester fidèle à sa mission.
2. Le bien-être de tous exige que l’économie de marché et la concurrence ne dictent pas leur
loi désordonnée au service d’intérêts particuliers.
3. La volonté publique et l’Etat organisent la conciliation de l’intérêt général et des
préoccupations des gens, notamment à travers les services publics.
4. La lutte contre toutes les formes d’injustices et de discrimination est au coeur du droit de
chacun à la réussite individuelle.
5. Les socialistes doivent participer à la construction d’un ordre économique, social et
écologique juste, au niveau mondial comme au niveau national.
6. Au niveau national comme au niveau local, le socialisme défend la complémentarité qui unit
la démocratie représentative, la démocratie participative et la démocratie sociale.
7. La laïcité est le fondement de la République et de l’identité française, enrichie par le
métissage.

- Les dix questions à trancher
1. Il faut sortir du fossé entre un discours pseudo révolutionnaire dans l’opposition et un
conformisme économique au pouvoir : de quelle façon ?
2. Le socialisme ne peut pas se contenter d’aménager le capitalisme financier à la marge :
comment produire et répartir autrement la richesse ?
3. Que reprendre des modèles progressistes des autres pays et que rejeter ?
4. Il faut pousser l’agilité des entreprises, le goût du risque et l’esprit d’entreprendre, tout en
améliorant la situation des salariés et leurs sécurités sociales. Avec quel compromis ?
5. Il faut rééquilibrer le rapport de force entre le travail et le capital par une meilleure
répartition du profit. Quels contre-pouvoirs dans l’entreprise ?
6. Comment rompre avec la redistribution passive et bureaucratique comme principal moyen
de s’attaquer aux injustices sociales ?
7. Comment améliorer le projet européen pour ne pas oublier les intérêts des peuples et des
pays ?
8. Les peuples du Nord doivent être protégés de la concurrence internationale sans que les
peuples du Sud ne soient victimes du protectionnisme. Avec quelles nouvelles règles ?
9. Les Etats et le marché doivent assurer la sauvegarde écologique de la planète : quel
nouveau modèle de développement ?
10. Le Parti socialiste doit intégrer toutes les nouvelles formes de militantisme et d’engagement
citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement,
avec le sens de la discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir
sereinement ?

Samedi 5 avril 2008
L’ex-candidate écrit aux militants socialistes pour leur
proposer un débat participatif en vue du congrès du PS.

PAUL QUINIO QUOTIDIEN : samedi 5 avril 2008

«Etre utile.» La formule est banale. Et pourtant sans doute minutieusement réfléchie. Elle est utilisée par Ségolène Royal en titre du document qu’elle va envoyer aux militants du Parti socialiste. «Comment le congrès du PS peut-il être utile aux Français», se demande l’ex-candidate à la présidentielle, qui a choisi d’adresser un questionnaire participatif aux militants pour afficher sa détermination à conquérir le parti.

«Etre utile», c’était aussi le titre de la première tribune publiée par Lionel Jospin, fin janvier 2003, après son échec à la présidentielle. Quand on connaît l’affection que se portent l’un et l’autre, le clin d’œil est savoureux. Voire cruel. Il est aussi politiquement significatif : en reprenant le vocable jospinien, Royal fait savoir à ses adversaires qu’ils n’ont pas le monopole du parti, de son histoire, de ses règles, dont l’ex-Premier ministre se veut le gardien du temple.

Aux militants, Ségolène Royal pose dix questions. Sur «le fossé entre le discours pseudo-révolutionnaire dans l’opposition et le conformisme économique» une fois le PS au pouvoir. Sur ce qu’il faut retenir «des modèles progressistes» des autres pays. Sur «la sauvegarde écologique de la planète» ou encore «le rapport de force entre travail et capital». Un site Internet réceptionnera les réponses, qui nourriront la contribution que Royal et ses amis déposeront mi-juin, étape imposée dans la course vers le congrès.

Cette «étape très importante» de débat participatif avec les militants, dixit Royal, n’est en rien une réponse à la montée en puissance de Bertrand Delanoë, assure son entourage. «L’idée est de provoquer le débat», dit Vincent Peillon, qui évoque «le marasme intellectuel» au PS et le «malaise militant». Du côté de François Hollande, on regrette cette initiative «parallèle» au travail «collectif» mis en place par la rue de Solférino. Pierre Moscovici, lui-même candidat au poste de premier secrétaire, ne voit «rien de choquant» dans une initiative qui «manifeste»simplement la volonté de Royal d’être «plus présente». Deux bémols quand même : son désaccord avec le congrès de désignation pour 2012 que prépare l’ex-candidate ; et même si «la démocratie participative, c’est bien, les militants ont aussi besoin que les leaders du PS exposent leurs idées». «Les militants ne sont pas des sondés»(ndlr non, mais pour une fois on leur demande de participer!),  critique le fabiusien Guillaume Bachelay, qui s’étonne qu’aucune question sur les stratégies d’alliances (avec le Modem ou pas) ne figure dans le questionnaire Royal. Sa réponse à lui : que sur ce sujet l’ex-candidate n’a pas envie d’entendre… la réponse des militants.(ndlr parceque cela n'interesse pas les français )

Lundi 7 avril 2008
DDA A la une  [06/04/08]

"Mon souci, c'est d'élever le débat entre socialistes."

Interview de Ségolène Royal dans le journal du dimanche.

Vous lancez une consultation participative, est-ce une façon de passer à l'offensive ?

Une offensive pour être utile aux Français, oui. Ce qui nous intéresse, c'est de répondre à la déception profonde et à la colère, touchant même des catégories qui se croyaient jusqu'alors à l'abri. Il serait très dangereux pour la démocratie, la gauche et le PS que ce congrès ne serve à rien ou se résume à des conflits de personnes. C'est cela que je veux empêcher.

Etes-vous candidate au poste de premier secrétaire?

Ce n'est pas le problème pour l'instant. Mon souci, c'est d'élever le débat entre socialistes. L'époque où un petit nombre de gens pouvaient sur un coin de table écrire un texte et le soumettre au vote des militants est terminée. Les adhérents n'ont pas été réellement consultés depuis la campagne présidentielle. Je veux que ma contribution soit le fruit du plus grand nombre. D'ailleurs, si on regarde les programmes municipaux des candidats PS, tous ont eu une démarche participative. Une démarche dont Nicolas Sarkozy s'est gaussé pendant la présidentielle, mais on voit que j'avais raison: avec son pouvoir personnalisé, il échoue.

Vous pour suivez votre route malgré les tirs de barrage...

Ce sont des fétus de paille, par rapport aux difficultés que connaissent le pays, l'Europe et la planète. Je ne suis pas là pour me pousser en avant, mais pour me mettre au service de la gauche, de l'alternance, dans la continuité de la campagne présidentielle. Sinon, les militants et l'opinion pourraient me reprocher d'avoir laissé le débat s'enliser au PS. Je prends donc mes responsabilités, avec des hommes et des femmes de talent, pour que nous puissions collectivement présenter une offre politique qui incarne un idéal et un espoir.

Certains critiquent votre démarche participative, vous accusant de ne pas apporter d'idées...

D'abord, il y a beaucoup d'affirmations dans cette consultation. Nous exposons les raisons pour lesquelles il y a des inquiétudes profondes dans le pays: le capitalisme qui perd la tête, les doutes sur l'identité de la France, l'angoisse du déclassement... C'est le fruit d'un travail très approfondi. Les militants auront un mois pour s'exprimer sur le site internet qui ouvrira cette semaine, congresutileetserein.com. J'espère aussi que le texte sera publié dans L'Hebdo des socialistes, ce serait un signe de fonctionnement démocratique du parti. En attendant, il est déjà en ligne sur mon site Désirs d'avenir. Les débats vont se multiplier. Puis on présentera des pistes d'action politique crédibles.

Quelles sont les nouvelles règles communes à établir au PS?

Peut-être se taire plutôt que de critiquer les initiatives intéressantes, voilà une bonne règle.

Vous ne dites rien sur les alliances avec le centre?

J'ai dit ma position au moment des élections. Les faits m'ont donné raison. J'y reviendrai le moment venu, comptez sur moi.

Que répondez-vous aux reconstructeurs qui préconisent un premier secrétaire non présidentiable...

Dès que j'entends des attaques personnelles, je n'écoute plus. Je ne suis pas uniquement tournée vers l'intérieur du PS puisque j'ai mené une campagne présidentielle pour toute la gauche, ce qui me donne une responsabilité. Je n'ai pas l'intention de me laisser entraîner dans une bagarre d'appareil dont les Français, comme les militants, seraient vite dégoûtés.

Vous avez lancé un nouvel appel aux adhérents pour renouveler leurs cotisations, rencontré hier soir les animateurs de Désirs d'avenir, allez-vous créer votre courant?

Surtout pas un courant, ce sont les méthodes du passé! Mais je souhaite que le plus grand nombre possible de militants participent à l'élan que je veux pour mon parti. Le congrès du Mans s'était fixé pour objectif un parti de 700000 adhérents, on en est loin. Le PS doit devenir plus attractif. C'est possible comme le prouvent les pays voisins. En Italie, le parti démocrate compte 4 millions d'adhérents. En Allemagne et en Espagne, c'est plus de 700000 adhérents, ce sont des partis vivants, qui bougent, qui débattent. Là, je dis : "Venez tous, participez le plus possible, en liaison avec les associations, le mouvement social et syndical." Le parti doit s'ouvrir, trouver de nouvelles formes de militantisme.

Votre avis sur votre probable adversaire au poste de premier secrétaire, Bertrand Delanoë?

Je n'ai pas d'adversaire. Je ne suis contre personne, je suis pour que le congrès soit à la hauteur du défi historique qui est le sien aujourd'hui. J'ai rassemblé des équipes pour être avec elles en première ligne.

Nicolas Sarkozy a présenté des mesures pour réduire le déficit public, parlant de réforme plutôt que de rigueur, qu'en pensez-vous?

Il n'y a pas de réforme. C'est cela qui est dramatique. La seule réforme qui a eu lieu, c'est celle du bouclier fiscal, qui a vidé les caisses. Aujourd'hui, l'exercice consiste à reprendre dans la poche de tous les Français pour boucher le trou dû au cadeau fait à ceux qui en avaient le moins besoin. D'autant que ces mesures doivent servir à économiser 7 milliards alors que le paquet fiscal représente 15 milliards par an. Mais comme Sarkozy ne veut pas reconnaître son erreur, il va creuser des trous ailleurs. Il a déjà fait des impôts nouveaux : les franchises médicales, la TVA qui rapporte plus avec la hausse des prix alimentaires... La rigueur est déjà là : elle ralentit la croissance. Il faudrait remettre en cause le paquet fiscal, baisser la TVA, doubler la prime pour l'emploi, ce qui permettrait à 8 millions de salariés d'avoir un treizième mois, et d'investir très fortement dans le logement et l'innovation des entreprises.

Des badges "Pour un monde meilleur", une banderole sur l'Hôtel de Ville de Paris, cela vous parait suffisant pour manifester notre solidarité avec les Tibétains?

Non. Moi, j'ai toujours demandé que la France menace de boycotter les Jeux olympiques. Si le pays des droits de l'Homme avait eu le courage de parler haut et fort, en discutant avec ses athlètes, pour dire 'on ne va pas en Chine tant que le Tibet n'est pas respecté', on aurait entraîné d'autres pays. Les brassards, les drapeaux, les banderoles, c'est mieux que rien, mais c'est se donner bonne conscience à peu de frais. Le recul de l'appartheid en Afrique du sud a commencé quand on a menacé d'y boycotter les matchs de rugby. Quand on est très fort sur des valeurs, cela bouge. Quand on est fait preuve de lâcheté, la force va à la dictature.

Nicolas Sarkozy pourrait boycotter les cérémonies d'inauguration...

A quoi cela rime? On ne va pas aller à la cérémonie, puis participer aux compétitions sportives. Moi, je suis convaincue que le pic de la répression et des assassinats aura lieu pendant les J.O. Les Chinois vont aller jusqu'à narguer les démocraties. Tout le cinéma, les tigres de papier agités avant, paraîtront alors totalement dérisoires. Il est encore temps de menacer de boycotter les JO.
 
Mardi 22 avril 2008
Mardi 22 avril 2008

Nicolas Sarkozy a "raté" la première année de son mandat, a estimé mardi Ségolène Royal à quelques jours du premier anniversaire de sa défaite à l'élection présidentielle.

"Plus de deux Français sur trois estiment que cette première année est une année ratée. Notre pays ne peut pas se permettre de rater une année de sa vie. La situation est très grave, et c'est de la faute de Nicolas Sarkozy", a déclaré la finaliste de l'élection présidentielle de 2007 lors d'un point presse dans ses bureaux parisiens.

M. Sarkozy "avait en main tout le potentiel pour réussir à faire avancer la France. Il avait promis un choc de croissance, une rupture, un recul de la précarité, et on a tout le contraire", a dénoncé la candidate putative au poste de Premier secrétaire du PS.

Pour Mme Royal, le chef de l'Etat "a gâché cette première année à cause d'une conception du pouvoir (...) ultra-centralisée, ultra-personnalisée, une forme d'exhibition permanente et très artificielle".

Nicolas Sarkozy a aussi "gâché les chances de la France" du fait de "premières décisions très injustes". "Le paquet fiscal, les cadeaux fiscaux aux riches (...) ont mis les Français en colère", a dénoncé la candidate socialiste.

Interrogée sur ses attentes avant l'intervention télévisée jeudi soir de Nicolas Sarkozy, Mme Royal a dit "attendre qu'il reconnaisse ses erreurs" sur le paquet fiscal. "Il faut récupérer ces 15 milliards dépensés qui ne vont servir à rien, et avec cette somme doubler la Prime pour l'emploi (PPE), aider les PME à innover, baisser la TVA", a-t-elle expliqué.

La présidente de la région Poitou-Charentes a estimé que le bilan de la première année de présidence Sarkozy montrait que sa méthode de démocratie participative était adaptée. "Si les Français avaient été écoutés, consultés sur ce qui les attendait, ce ne sont pas les décisions que Nicolas Sarkozy a prises qui auraient été prises", a-t-elle jugé.

Ségolène Royal a présenté un rapport d'étape de la "consultation participative" lancée le 4 avril dernier pour préparer sa contribution au congrès du PS qui se tiendra du 7 au 9 novembre. Les militants socialistes ont déposé 735 contributions sur son site http://www.congresutileetserein.com. Une participation jugée encourageante, mais encore insuffisante (ndlr l'appareil du PS et les Fédérations sont des obstacles à la démocratie interne ) si on la rapporte aux quelque 160.000 adhérents du PS. AP

Vendredi 25 avril 2008
Lundi 28 avril 2008

Voilà au moins dix bonnes raisons

de lui faire barrage lors de l’élection présidentielle :

1. Nicolas Sarkozy, c’est la précarité de l’emploi généralisée.
Le candidat de l’UMP veut "fluidifier" le marché de travail en instaurant un contrat unique calqué sur le CNE /CPE. Avec lui, c’est la fin des CDI, la fragilisation des droits des salariés et la précarisation généralisée de l’emploi. Il l’a d’ailleurs reconnu : "Le CNE est un progrès, il ne faut pas y toucher " (, 24 janvier 2007)

2. Nicolas Sarkozy, c’est la remise en cause des acquis sociaux.
Dans son programme, le candidat de l’UMP défend l’idée que les chômeurs devront dorénavant exercer une activité pour pouvoir bénéficier d’allocations chômage ou le RMI. Voilà le retour des travaux forcés !

3. Nicolas Sarkozy, c’est l’instauration de la sélection à l’entrée de l’université.
Cherchant à mettre en concurrence les universités publiques et privées, Nicolas Sarkozy veut restreindre l’accès à l’université des bacheliers par la sélection.

4. Nicolas Sarkozy, c’est le développement de l’école privée au détriment du public.
Nicolas Sarkozy, en tant que président du Conseil général des Hauts-de-Seine, continue à financer largement la "fac PASQUA" avec des fonds publics. Dans la même logique, il souhaite promouvoir les écoles privées et supprimer les Zones d’Education Prioritaires qui permettent pourtant de donner plus de moyens aux établissements des quartiers les plus défavorisés.

5. Nicolas Sarkozy, c’est la société des héritiers.
"Tout devient possible"… pour les plus riches ! En se prononçant pour la suppression des droits de succession, Nicolas Sarkozy construit un système qui va reproduire, génération après génération, les inégalités plutôt que de les réduire. C’est la concentration des richesses dans les mains des héritiers.

6. Nicolas Sarkozy, c’est la fin de la sécurité sociale.
En instaurant une franchise pour les remboursements de soins et en favorisant le développement du secteur privé, Nicolas Sarkozy met profondément à mal la sécurité sociale et ouvre la voie à la privatisation totale du secteur de la santé en France.

7. Nicolas Sarkozy, c’est une France atlantiste.
A plusieurs reprises, le candidat de l’UMP s’est prononcé pour un rapprochement entre la France et les Etats-Unis dont il est fasciné. Fustigeant "l’arrogance française", Nicolas Sarkozy privilégie l’axe franco-américain à la construction européenne.

8. Nicolas Sarkozy, c’est le "tout répressif".
Alors que politique de lutte contre l’insécurité qu’il a mené depuis plusieurs années, a eu des résultats désastreux, Nicolas Sarkozy compte poursuivre le "tout répressif" en abaissant la majorité pénale de 18 à 16 ans et en multipliant les mesures sécuritaires et inhumaines.

9. Nicolas Sarkozy, c’est la remise en cause des libertés publiques.
Au nom de la lutte contre l’insécurité, le Ministre de l’Intérieur a déjà rogné de nombreux droits fondamentaux et fragilisé le principe de séparation des pouvoirs en stigmatisant les magistrats et les décisions de justice. Dans la même logique, Nicolas Sarkozy remet, par exemple, en cause, le droit de grève.

10. Nicolas Sarkozy, c’est la stigmatisation des plus précaires.
Profondément populiste, le candidat de l’UMP cherche en permanence des bouc-émissaires pour expliquer ses échecs. Dans son projet, il s’attaque de nouveaux aux plus démunis et aux immigrés. En limitant l’immigration aux seuls besoins du marché, Nicolas Sarkozy réduit les étrangers à une seule force de travail sans considération pour leur équilibre social et familial.

elle avait raison !



Mercredi 7 mai 2008
Actualités

[07/05/08]
Ségolène Royal rencontre les lecteurs du Parisien/Aujorud'hui en France
Un an après la victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, mais aussi un an après sa propre défaite, Ségolène Royal confie aux lecteurs du Parisien/Aujorud'hui en France ses craintes sur la situation politique et explique sa stratégie au sein du PS.

DDA A la uneMEHDI MARTEL. Un an après l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, quel est, selon vous, son plus grand échec... et sa plus grande réussite ?

Son plus grand échec, c'est la déception des Français. Lorsqu'on a la chance d'être chef de la cinquième puissance du monde, on n'a pas le droit de rater une année. La France a été séduite et elle est aujourd'hui abandonnée. C'est très grave. Le pouvoir en place semble dépassé. Il a fait croire qu'il maîtrisait les choses, que toutes les réformes étaient prêtes. Or, dans un monde qui va très vite, marqué par la mondialisation, un dirigeant ne peut pas être dépassé par les événements.

SERGE GADEA. Sarkozy a-t-il trouvé ses limites ?

Oui. Il n'est pas à la hauteur d'une période historique compliquée. Il s'est occupé davantage de lui-même que de la France. Il disait qu'il serait le président de la morale, du courage, du pouvoir d'achat, des droits de l'homme. C'est tout le contraire : on a de l'immoralité, du non-respect, de l'improvisation. Maintenant il faut qu'il se ressaisisse car il faut remettre la France sur la bonne voie : une autre politique est possible.

CAROLINE CHANFREAU. Mais y a-t-il quand même quelques succès ?

L'émergence au sein du gouvernement de femmes issues de la diversité est une chose positive... Encore que, en bonne logique républicaine, il faut juger sur les résultats.

JEANINE HAMELIN. Pourquoi, selon vous, avez-vous perdu la présidentielle il y a un an ?

C'est une bonne question, j'ai écrit un livre pour expliquer cela (rires) ! Je n'ai pas réussi à convaincre de nombreuses personnes parce que, en face, Nicolas Sarkozy a fait des promesses : celle de revaloriser de 25 % le minimum vieillesse, les petites retraites et l'allocation adulte handicapé. Il avait aussi annoncé qu'il demanderait aux patrons d'augmenter les bas salaires. Dans une élection, ça joue. Moi, je n'ai promis sérieusement que ce que je savais pouvoir tenir. Mon adversaire a aussi bénéficié pendant les années précédant l'élection de relais médiatiques extrêmement puissants et de moyens financiers considérables, en cumulant le ministère de l'Intérieur et l'UMP. Enfin, il m'a manqué le soutien de certains dirigeants socialistes, qui n'ont pas accepté ma désignation massive par les militants du parti.

MEHDI MARTEL. Avez-vous des propositions concrètes pour réduire le chômage des jeunes et faciliter l'accès dans la vie active ?

Il y a une déconnexion entre certaines filières de formation économique et la réalité du marché du travail. Et aussi un énorme gâchis à l'issue des deux premières années d'université, où 40 % des jeunes abandonnent sans qualification et sans diplôme. Il faut une réforme profonde de l'université et en particulier dé-spécialiser les premières années de formation. Et puis il y a des secteurs sous tension dans le bâtiment, la restauration, les services à domicile. Or, ces métiers ne sont pas suffisamment valorisés. C'est ce que j'ai fait dans ma région en donnant un chèque à tous les jeunes qui entrent dans ces trois filières pour les aider à financer leur permis de conduire, dont ils ont besoin pour aller travailler. Par ailleurs, je suis favorable au développement de l'apprentissage, y compris dans l'enseignement supérieur. C'est-à-dire la formation alternée entre la théorie et la pratique. Cela existe déjà et il faut le développer.

JEANINE HAMELIN. Comment accroître le pouvoir d'achat alors que tout augmente ?

C'est l'expression de l'angoisse principale : la vie chère, l'accès au logement devenu difficile, l'augmentation de l'essence... Au lieu de donner 15 milliards chaque année dans le paquet fiscal, on aurait pu baisser la TVA sur la consommation. Ou doubler la prime pour l'emploi pour 8 millions de salariés. Il faut imposer aux collectivités locales de respecter le quota des 20 % de logements sociaux. Il faut réorienter la masse de l'épargne vers le secteur de la construction. Quant aux prix, il faut contrôler les marges de la grande distribution. Je suis favorable à l'autorisation des actions de groupe de consommateurs. C'est très efficace pour instaurer un rapport de force sur les prix entre les consommateurs et les grandes entreprises.

CAROLINE CHANFREAU. Le gouvernement veut réformer l'Etat et réduire le nombre de fonctionnaires. N'a-t-il pas raison sur le fond ?

Oui, il faut réformer l'Etat. Mais aujourd'hui, ce qui ne va pas, c'est que l'Etat est réformé par des gouvernants qui dénigrent le service public. On assiste à des destructions massives de services publics. Fermetures de plateaux de chirurgie, de tribunaux, de postes, de filières de formation professionnelle. Tout cela laisse une sorte de désespérance dans des territoires déjà fragilisés, ce qui déstabilise aussi les entreprises. En même temps, il y a trop d'échelons administratifs, depuis la commune jusqu'à l'Etat et l'Europe. Il faut clarifier les compétences et mettre fin aux doublons avec des responsabilités claires aux collectivités territoriales tout en leur donnant les ressources nécessaires. C'est comme ça qu'on allégera la bureaucratie et les dépenses de l'Etat.

SERGE GADEA. Pourquoi le PS, lorsqu'il était aux affaires, n'a-t-il pas annulé la réforme Balladur sur les retraites. Et s'il revenait au pouvoir, annulerait-il les réformes Fillon ?

C'est vrai que la gauche n'a pas réglé en totalité la question des retraites, même si elle a créé le Fonds de réserve des retraites. J'observe que le gouvernement actuel veut piocher dans ce fonds, ce qui n'est pas acceptable. Je ne ferai qu'une observation : le groupe Total a fait 10 milliards d'euros de bénéfices. Aujourd'hui, le besoin de financement des retraites est de 8 milliards. Est-il normal qu'une entreprise gagne autant d'argent, qui appartient en fait à la collectivité, quand les Français paient l'essence à des prix aussi élevés ?

JEANINE HAMELIN. Voulez-vous succéder à Hollande à la tête du PS ? Pensez-vous être la candidate de votre parti en 2012 ?

Je ne suis pas candidate à un poste mais j'ai pris la décision d'assumer mes responsabilités de leader politique. J'entends parfois dire que je suis un accident de l'histoire, une météorite qui serait passée et qui doit disparaître, ce qu'on n'a jamais dit à aucun homme. Ce qui aurait été cohérent après cette campagne, c'est de se rassembler autour de moi pour mettre la dynamique de la campagne au service de la gauche, de reconstruire un nouveau corpus idéologique et de voir si cela réussissait ou non. Mais cela aurait été trop simple. Je constate que ça ne se passe pas pour moi comme cela s'est passé pour d'autres, François Mitterrand, Lionel Jospin... Ce que je veux, c'est un PS qui change, qui soit en phase avec les défis de la France. Il faut que le PS compte plus d'adhérents. On avait promis il y a deux ans un PS à 700 000 adhérents. Il est très important que le PS devienne un parti très attractif.

MEHDI MARTEL. Donc vous allez prendre la tête du PS ?

Je veux faire les choses dans l'ordre. Lorsque je vous dirai si oui ou non je suis prête à assumer cette position de leadership, je le ferai en expliquant pourquoi, avec quelle vision et quel projet. Ce sera fait de toute façon assez rapidement puisque les textes pour le congrès du PS doivent être déposés en juin.

JEANINE HAMELIN. Nicolas Sarkozy a refait sa vie. Et vous, où en êtes-vous sur le plan personnel ?

(Rires.) Je vous remercie de vous préoccuper de moi. Mais comme vous le dites, c'est ma vie personnelle. On est déjà tellement exposé quand on est responsable politique... Il faut rendre des comptes sur tout. Je suis poursuivie par les photographes tout le temps, y compris avec mes enfants. J'ai même été pourchassée avec des appareils photo jusque dans une église. C'est la contrepartie de la notoriété, mais je pense qu'il faut protéger farouchement sa vie privée. Il faut me laisser tranquille.

CAROLINE CHANFREAU. Dans le climat actuel, croyez-vous possible une crise politique aussi grave que Mai 68 ?

Bien sûr. Je pense qu'une crise grave est tout à fait possible. Il y a une exaspération très profonde. Quand il y a une déception aussi cruelle entre des espérances, des promesses politiques et le résultat, c'est inadmissible. Il y a une montée des précarités, un creusement insupportable des inégalités, une angoisse des parents sur la réussite de leurs enfants. On assiste à la montée d'une colère très profonde, et ça c'est dangereux. Ceux qui nous gouvernent feraient bien de se ressaisir rapidement.

MARIE-LYSE VILANOVA. Au PS, il y a une multitude de candidats potentiels pour le poste de premier secrétaire. Pourquoi tant de rivalités ?

Les rivalités sont normales en politique mais il ne faut pas qu'elles soient exacerbées. Je ferai très bientôt une offre politique et je souhaite que le leadership découle naturellement du vote des militants.

SERGE GADEA. Dans son gouvernement, l'Espagnol José Luis Zapatero a nommé neuf femmes et seulement huit hommes. La France serait-elle plus macho ?

Oui, la France est encore très macho. Regardez l'Assemblée nationale, à quoi cela ressemble : encore très peu de femmes. Elles sont moins de 5 % au sein des conseils d'administration des entreprises. Les inégalités salariales sont encore de 30 %.

JEANINE HAMELIN. Etre noire en France, ce n'est pas facile. Quelles mesures proposez-vous pour faire cesser les discriminations ?

Pendant la campagne, j'ai défendu l'idée de la France métissée. Cela m'a fait perdre des voix, je le savais. Car cela a été exploité par mes adversaires qui l'ont opposée à l'identité française, mais il faut absolument tenir bon là-dessus. Il faut apprendre à vivre ensemble.

MARIE-LYSE VILANOVA. Jean-Pierre Raffarin a demandé votre démission à la suite de votre condamnation dans l'affaire de vos assistantes parlementaires...

C'est un contentieux qui dure depuis dix ans. J'ai été pourchassée judiciairement. La décision n'est pas définitive et, compte tenu de l'exploitation politique qui en est faite, je vais me pourvoir en cassation. On veut faire croire que c'est moi qui ai refusé de payer des salaires, alors qu'en réalité il s'agissait d'argent public. Et contrairement à ce qui a été dit dans la presse, il ne s'agissait pas de plusieurs mois mais de vingt jours. Il y a sûrement là une petite vengeance de la part de M. Raffarin car, quand je suis arrivée à la tête de la région Poitou-Charentes, j'ai diminué considérablement le train de vie. J'ai arrêté les grosses voitures ; j'ai vendu la Maison du Poitou-Charentes à Paris qui servait à organiser des cocktails ; j'ai réduit de 2 millions d'euros les frais de représentation et de communication de la région... J'ai aussi découvert que M. Raffarin faisait payer par la région un appartement privé rue de Vaugirard à Paris. Donc la région lui demande des comptes.

CAROLINE CHANFREAU. Avez-vous été choquée que Nicolas Sarkozy ait pu voter dans le VIIIe après s'être inscrit hors délai ?

Les Français ont été choqués. De nombreuses personnes n'ont pas pu voter parce qu'elles étaient hors délai. Il y a deux poids, deux mesures. C'est une fraude très grave, un faux en écriture publique.

BRUNO PONCHON. Dans le match entre démocrates aux USA, vous vous êtes prononcée en faveur de Barack Obama. Pourquoi ?

Parce qu'il représente l'Amérique du futur. Il incarne l'Amérique métissée, un ensemble de valeurs, il a toujours été contre l'intervention en Irak. Hillary Clinton est une femme extrêmement courageuse, elle en voit des vertes et des pas mûres. Mais elle est à mon sens plus opportuniste sur les questions de société et moins claire sur l'Irak. Ce qui est inquiétant, c'est la façon dont ils s'épuisent l'un l'autre dans ce duel. L'idéal serait qu'ils forment un ticket gagnant tous les deux contre le candidat républicain.

CAROLINE CHANFREAU. Que pensez-vous de votre caricature par l'humoriste Nicolas Canteloup sur Europe 1 ?

C'est profondément misogyne, il me traite en Bécassine. Cela faisait tellement écho à toute l'entreprise de dénigrement sur mes supposées bourdes et mon incompétence que cela m'a porté préjudice. Mais ça fait partie du combat politique. Il aurait fallu trouver un humoriste pour dire du bien de moi. Aujourd'hui, je préfère en rire !
Mercredi 7 mai 2008
Vendredi 9 mai 2008

Quelque 7,1 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, au moins 1,5 million de travailleurs pauvres qui sont surtout des travailleuses, précarisés par le temps partiel contraint ou l'intérim : notre système social ne protège plus contre le risque de pauvreté. Ce risque, loin de concerner une catégorie restreinte de personnes fragilisées, touche désormais des travailleurs qui se sentaient autrefois à l'abri, générant une insécurité sociale que reflète le pessimisme actuel des Français.

Contre la pérennisation d'un salariat de la misère et pour que tout travail soit justement rémunérateur, les socialistes ont soutenu dès 2005 la création d'un revenu de solidarité active (RSA), destiné à augmenter la rémunération des salariés pauvres. Il s'agissait dans notre esprit de compléter et de prolonger les effets bénéfiques de la prime pour l'emploi (PPE), créée en 2000 par le gouvernement de Lionel Jospin. Les efforts s'étaient alors concentrés sur les salariés à plein temps rémunérés à proximité du smic. Ce choix demeure pertinent, mais il doit aujourd'hui être amplifié, notamment en direction des travailleurs à temps partiel et à trois quarts temps, comme le proposait le RSA. Cela aurait également été l'occasion d'améliorer le fonctionnement et la lisibilité de la PPE, qui aujourd'hui est versée avec retard.

Or voici que l'on nous annonce que, loin de compléter la PPE, le RSA sera en réalité un dispositif consistant à déshabiller les salariés pauvres à temps plein pour habiller les salariés pauvres à temps partiel ! Cette imposture enlève au concept même de RSA tout son sens.

Lors de son intervention télévisée du 24 avril, Nicolas Sarkozy a demandé aux salariés modestes bénéficiaires de la PPE de financer le nouveau dispositif, idée saugrenue que le haut-commissaire aux solidarités actives a renoncé à contester. Ce sont aujourd'hui 8 millions de travailleurs gagnant à peine plus que le salaire minimum et percevant la PPE qui sont menacés de perdre entre 20 et 150 euros par mois ! Ironie cruelle de l'histoire, ceux qui accomplissent quelques heures supplémentaires perdront la faible hausse de pouvoir d'achat prétendument procurée par les mesures gouvernementales.

A ce stade du débat, il me semble urgent de dire halte à l'imposture et de définir quelle doit être, à mon sens, la position de la gauche vis-à-vis du RSA. Première condition : il est hors de question que cette réforme se fasse au détriment des bénéficiaires de la PPE. Deuxième condition : le nouveau dispositif doit - comme la PPE - prendre la forme d'un crédit d'impôt géré par l'administration fiscale, et non d'une allocation gérée comme les minima sociaux par les caisses d'allocations familiales. Les salariés rémunérés au smic, qu'ils travaillent à temps plein ou à temps partiel, paient aujourd'hui plus de deux mois de salaire au titre de la TVA et un mois de salaire au titre de la CSG. Ce sont des contribuables dont il faut alléger la charge fiscale - et non des allocataires de revenus d'assistance. Que le nouveau dispositif ainsi refondu prenne le nom de PPE ou de RSA n'a guère d'importance, pourvu que ces conditions de fond soient satisfaites.

Au soir du premier tour de l'élection présidentielle, M. Sarkozy avait dit vouloir "parler à ceux auxquels on ne parlait plus, aux travailleurs, aux ouvriers, aux employés". Aujourd'hui, 16 000 contribuables assujettis à l'impôt sur la fortune se voient rembourser chaque année 350 millions d'euros au titre du bouclier fiscal. Mais ce sont ceux qui ont de petits revenus, les plus nombreux dans notre pays, qui paient le prix de l'austérité, alors qu'avec 15 milliards d'euros chaque année le paquet fiscal aurait pu financer le RSA !

Au-delà de la question budgétaire, c'est également la philosophie du revenu de solidarité retenue par le gouvernement qui est contestable. La lutte contre la pauvreté au travail et l'incitation à la reprise d'activité ne passent pas seulement par le complément entre salaire et prestation sociale. Une politique ambitieuse doit prendre en compte toutes les contraintes, y compris non monétaires, qui empêchent les demandeurs d'emploi de retrouver un travail décent.

Cela suppose d'abord un véritable accompagnement individualisé des bénéficiaires de minima sociaux. Aujourd'hui, moins de 35 % des RMistes sont suivis par l'ANPE. On ne peut pas continuer ainsi. Autre carence majeure, le dispositif proposé ne permettra pas de surmonter l'ensemble des freins à la reprise d'emploi : pourtant, les contraintes de santé, les difficultés de transport ou l'absence de modes de garde pour les bénéficiaires de l'allocation parent isolé constituent des limites puissantes à l'acceptation d'un travail. Il faut en particulier créer un véritable service public de la petite enfance, dont l'absence limite l'accès des femmes au travail.

Enfin, la mise en oeuvre du dispositif devrait s'accompagner d'engagements du côté des entreprises. En venant en aide aux travailleurs pauvres, le RSA ne doit pas se substituer à leur responsabilité sociale, tant sur les salaires que sur les formes de contrats de travail privilégiées. Faute de négociation avec les partenaires sociaux, la modération salariale va s'aggraver et le recours au temps partiel subi va s'accélérer, créant ainsi des trappes à bas salaires.

Sur tous ces sujets, le gouvernement n'apporte aucune réponse. C'est la gauche qui, en 2000, a lancé ce vaste chantier de la revalorisation du travail et du pouvoir d'achat des salariés modestes. Si le gouvernement veut réellement compléter et améliorer le fonctionnement de ce dispositif, nous sommes prêts à y contribuer. Ne laissons pas dévoyer aujourd'hui cette belle idée : une autre politique est possible.


Ségolène Royal est présidente de la région Poitou-Charentes

Samedi 10 mai 2008
"Continuez à visiter la contribution participative sur Congrès utile et serein. Dix questions, dix thèmes de débat, un lieu de propositions. L'occasion de faire savoir aux dirigeants du parti socialiste comment vous voyez le PS de demain. Le mouvement est en marche, ne restez pas sur le bord du chemin."

Mercredi 14 mai 2008
   QUOTIDIEN : mercredi 14 mai 2008 David Revault d’Allonnes

Ségolène Royal accélère. Mais à son rythme. Une semaine après la publication du texte des partisans de Bertrand Delanoë, l’ancienne candidate à la présidentielle dévoile aujourd’hui les premiers résultats de sa consultation participative, lancée début avril. Quelque  1500 contributions, reçues via Internet, ont été synthétisées par son équipe. Vendredi à Paris, lors d’un premier «atelier citoyen», elle y fera référence afin de préciser, en des termes choisis, pourquoi elle entend prendre le parti. Avant d’attaquer les déplacements, mardi en Lorraine, sur le terrain des ouvriers, puis dans l’Aube, deux jours plus tard. Une séquence de visites du parti d’en bas prévue jusqu’au 7 juin, date du début de la rédaction d’une contribution en vue du congrès. Avec, en toile de fond, l’ambition d’incarner «le choix de la survie et du développement du PS». Pour «gagner sur le fait que le parti a besoin de changer"

Bien sûr, comme à l’accoutumée, Ségolène Royal jouera ce mercredi son rôle de première opposante : «Je fais mon travail. C’est ma responsabilité. Je ne vais pas me tourner les pouces en disant : "J’attends 2011."» Elle s’en prendra donc à la loi de modernisation de l’économie façon Nicolas Sarkozy. Mais l’essentiel, aujourd’hui, est ailleurs : dans les positions exprimées par les militants sur le site. Lesquels, en matière économique, estiment que «le PS doit se réapproprier le discours sur l’entreprise». Plaident pour «cesser le catéchisme doctrinal» et pour «traiter de questions qui n’apparaissent pas au premier abord définir un discours de gauche». Préconisent, au chapitre du parti, d’«ouvrir les sections à des non-membres». Et revendiquent «unanimement, la nécessité d’un leadership incontesté et respecté»

Faut-il voir dans ce timing une réponse de la bergère à Delanoë, qui estimait dans son texte que la démocratie participative devait «se nourrir d’une mise en débat des projets et non de simples questions», fustigeait le «contournement des lieux de débat» ainsi que la stratégie  «improvisée et non concertée» d’alliance au centre ? «On déroule une méthode et un calendrier, proteste David Assouline, proche de la candidate. On est dans l’action, pas dans la réaction.» Reste que Ségolène Royal assume volontiers «un certain nombre de différences» : «Je crois à un parti le plus attractif possible, et ouvert à de larges alliances pour battre la droite. Ça a le mérite de poser le débat.» Et, du même coup, de lui fournir un angle pour soigner son profil de rénovatrice face à un canal historique jospino-jospiniste : «On ne peut se contenter de replâtrages, de recyclages des anciens projets du PS. On ne fait plus de la politique comme autrefois.»

Car si «la consultation des militants est un des ruisseaux qui alimentent» le texte que présentera Royal, celui-ci devrait aussi se nourrir, outre des travaux de ses groupes d’experts, des concepts développés pendant sa campagne présidentielle. «Je ne veux pas que ce potentiel soit perdu. Moi, je m’adresserai aux militants comme aux Français, sans compromis. Je ne me forcerai pas, parce qu’un congrès se gagne soi disant à gauche, à diaboliser le centre pour ensuite faire alliance avec lui au moment des élections.»

Quant à la forme, Ségolène Royal n’a pas choisi, comme les partisans du maire de Paris, d’aligner les signatures. Du moins pour l’instant. «Je ne suis pas au téléphone en train de faire la course aux signatures, comme au bon vieux temps.» Davantage que la dynamique des soutiens, qui l’avait portée pendant la primaire socialiste, elle privilégie la démarche de l’offre politique. « Je ne mets pas de pression. Les gens doivent se sentir partie prenante dans ce texte, et pas enrôlés dans une liste de supporters.» Un discours de la méthode pensé pour élargir le cercle de ses soutiens: «J’espère que j’entraînerai tout le monde. Y compris Delanoë.» Pour pallier l’effritement de sa cote au fil d’un processus interne édifié pour empêcher son OPA sur le PS au lendemain de la présidentielle: «Le calendrier est très long et a été organisé pour étouffer les choses. Je dois donc faire un travail de pédagogie plus important que d’autres.» Et, aussi, pour clôturer le procès en incompétence datant des primaires: « Là, si je gagne le congrès, on ne pourra pas dire que c’est sous le coup de l’émotion… »