Désirs d'Avenir 76 Comité de Seine-Maritime
 
 
Avec Ségolène Royal nos Désirs d'Avenir continuent !
 
 

Ségolène Royal

"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas"" Ségolène ROYAL Paris, le 6 mai 2007
 

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Actualités et divers

 

Le 6 mai et après 
avec Ségolène !

"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas,
ce que nous avons commencé ensemble,
nous allons le continuer ensemble" 


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Dans votre commune, votre quartier , Créez votre comité !
 
     
3 Dates à retenir :
  1/A l'initiative d'Alain MAIRE animateur DA 76 le Havre , deux réunions dans le cadre de la consultation participative "pour un congrès utile et serein" nous vous invitons le:

 

        -  le 17 mai  à la section du Havre  (9rue Georges Braque )  de 14h à 17h

« Le Parti socialiste doit intégrer toutes les nouvelles formes de militantisme et d’engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ? »

-le 24 mai à la section du  Havre (9rue Georges Braque ) de 14h à 17h

    « Le socialisme ne peut pas se contenter d’aménager le capitalisme financier à la marge : comment produire et répartir  autrement la
 richesse ?
_______________________________________________________________________________________

 2/ Débat public sur l’Agglo de Rouen prévu initialement le vendredi 16 mai 20h30 , est reporté au Jeudi 22 mai
à la Maison de la Lombardie, 50 rue Leverrier, sur les Hauts de Rouen

Chères amies, chers amis,  
je vous souhaite la bienvenue sur ce site participatif. Il répond à l'initiative que nous avons lancée, en vue du Congrès du Parti socialiste, pour lancer un débat de qualité, serein, utile aux Français. Je compte sur vous pour le faire vivre et apporter vos idées. Elles nous permettront de composer une belle contribution dont nous serons toutes et tous co-auteurs !

                                                                 Ségolène Royal

Mercredi 16 avril 2008
par Yvon GRAIC publié dans : Sur les ondes
Mercredi 16 avril 2008

MEDIAPART 15 avr 2008 Par  Mathilde Mathieu

Alors qu'ils entament la discussion sur le texte « modernisation du marché du travail », instaurant une «flexisécurité à la française», les députés se heurtent à une question existentielle : que faire avec un projet de loi qui retranscrit fidèlement un accord signé par les partenaires sociaux ? Quelle légitimité pour le rediscuter, pour tout remettre à plat, quand patronat et syndicats ont déjà tricoté un consensus? Cette interrogation, un brin théorique, surgit pour la première fois à l'Assemblée nationale depuis la réforme de janvier 2007 sur le dialogue social, qui accorde aux organisations représentatives la primauté dans la fabrication des textes régissant le droit des salariés, à la manière scandinave.

 

Mardi 15 avril, lors du débat sur le projet de loi « flexisécurité », simple "copié-collé" d'un accord signé en janvier 2008 par tous les partenaires sociaux (à l'exception de la CGT), les députés ont consacré de longues tirades à ce sujet, très "Sciences-Po". S'ils se contentent à l'avenir d'entériner des pourparlers, les élus ne risquent-ils pas de se transformer en simples greffiers, d'abdiquer leurs pouvoirs? La question les a d'autant plus titillés que la CFDT, FO, la CFTC et CGC ont rendu public un communiqué réclamant une «transposition respectueuse» de leurs travaux...

 

Premier à causer à 16h30, le ministre du Travail a également exhorté l'hémicycle à « préserver » l'accord, à l'adopter en l'état, pour «donner force de loi au fruit du dialogue social». Xavier Bertrand a prié tous les bancs de retenir leurs amendements. Ravi d'avoir permis aux organisations d'accoucher d'un compromis « équilibré » entre flexibilité accrue et sécurité, fier de sa maïeutique, le ministre a évoqué un « tournant historique », du point de vue de la méthode.

 

Dans les couloirs, l'orateur de l'UMP, Jean-Frédéric Poisson, s'en réjouissait aussi, avec quelques nuances:

 

© Mediapart

 

Mais certains élus voyaient cette nouvelle méthode d'un très mauvais œil. « Si le gouvernement pense vraiment que les députés ne peuvent plus intervenir dans le champ du droit du travail, qu'il modifie la Constitution et qu'il fasse voter cette réduction des droits du Parlement ! », a tonné Martine Billard (Verts), qui s'opposera au projet de loi, accusé de « précariser » à tout-va. Revendiquant sa liberté d'amender, la députée a jugé en outre que les syndicats avaient été « mis en demeure » par Nicolas Sarkozy de négocier : « Le processus s'est déroulé sous la pression, sous la menace d'une loi pire encore s'ils ne signaient pas un accord. (...) En droit civil, un contrat passé sous la contrainte est susceptible de nullité... ». A ses yeux, tout législateur témoin d'un « marché de dupes » a justement pour mission de « rétablir l'équilibre entre le puissant et le faible ». La loi doit surpasser le contrat – un cours de philosophie politique.

 

Le communiste Roland Muzeau, lui aussi, a décoché un « non très franc à la méthode, celle d'un dialogue social administré », jugeant que le « gagnant-gagnant » entre patronat et syndicats serait toujours un « leurre ».

A l'inverse, le socialiste Jean-Patrick Gilles a présenté les respects du PS à la démocratie sociale, et annoncé que la quasi-totalité du groupe s'abstiendrait mercredi pour laisser passer le texte. Craignant que le gouvernement ait tordu – ici ou là – l'esprit de l'accord à coups d'astuces sémantiques, le député a bien promis quelques amendements de "précision", mais le parti a globalement pris acte du compromis de janvier. Traditionnellement divisé sur le rôle du contrat dans la société, longtemps rétif à le voir primer sur la loi, une large partie du PS a évolué. « Sur cette question de l'articulation entre démocratie sociale et démocratie parlementaire, sur le fait de savoir qui doit avoir le dernier mot, nous devons encore pousser la réflexion », soufflait toutefois Marisol Touraine.

 

Lors d'une interruption de séance, Alain Vidalies, spécialiste des entreprises au groupe socialiste, livrait son analyse :

© Mediapart

 

Mais les atermoiements du PS et sa posture abstentionniste ont été moqués sur les bancs de l'UMP. A la tribune, Benoist Apparu a ainsi soufflé, taquin : « Je suis surpris ; j'avais pensé que la gauche serait la championne du dialogue social ! » Après quelques effets de manche, il s'est tout de même tourné vers ses camarades de droite, conscients que là aussi, certains rêvaient d'amender le projet de loi (notamment pour revenir sur la suppression du Contrat nouvelles embauches) :« Quelques collègues ne se sentent pas liés par la négociation collective et se réservent le droit de modifier le texte, au nom de la démocratie parlementaire. Je ne partage pas ce point de vue. Il faut montrer aux partenaires sociaux que nous respectons leur accord, sinon ils n'en signeront plus ! » Et d'ajouter, en direction des élus qui s'estiment dépossédés : « À nous de participer demain aux négociations en amont, afin de récupérer le pouvoir que nous donnons au corps social. »

 

Les députés se plieront-ils, finalement de bonne grâce, à la loi des syndicats et du patronat ? Réponse mercredi soir, avec l'examen des principaux articles.

par Yvon GRAIC publié dans : Travail
Mardi 15 avril 2008
Propos recueillis par François Vignal LIBERATION.FR : mardi 15 avril 2008

Vincent Peillon estime qu'«actuellement, il n’y a aucun discours sur l’école, juste un discours de comptable» (Reuters).
Le responsable socialiste, proche de Ségolène Royal, dénonce "l'improvisation" du gouvernement, des réformes qui «touchent les plus faibles». Pour le prochain congrès du PS, «il faut définir une orientation politique, une stratégie d’alliance et un leadership. Les trois vont de pair».

Annonce d’une politique de rigueur, couac sur la carte famille nombreuse, possible désengagement de l’Etat sur les lunettes… Jusqu’où pensez-vous que le gouvernement est-il prêt à aller ?
Il y a déjà un problème de gouvernance depuis le début. On a l’impression que les choses sont improvisées. Tout ces annonces, on ne sait pas si ce sont vraiment des intentions du gouvernement, et si ça l’est, c’est démenti. Tout cela n’est pas sérieusement traité. Etant donné nos perspectives de croissance, c’est inquiétant. Il ne faut pas inquiéter les Français ni ceux qui investissent en économie. Sur le fond, chaque fois qu’il s’agit d’évoquer les économies – et pourquoi pas en faire – les intentions du gouvernement visent directement les personnes qui ont le plus besoin d’investissement, de soutien. Ce sont les plus en difficulté qui supportent le poids des réformes. Les réformes ne peuvent passer que s’il elle paraissent justes.
Peut-on parler de casse de l’Etat-providence ?
Incontestablement, il y a l’idée que les difficultés de la France sont liées aux mécanismes de solidarité. Ce sont sur ces mécanismes qu’on veut agir pour retrouver de la compétitivité. C’est une doctrine libérale extrémiste qui est démentie par les faits. Les pays qui font de la croissance sont capables de concilier les sécurités collectives et individuelles.
»Il y a une réforme nécessaire de l’Etat-providence. Ça ne fonctionne plus comme ça devrait fonctionner. Il n’atteint plus ses objectifs en terme de sécurité et de solidarité. Mais les réformes du gouvernement ne vont pas dans le bon sens. Il faut un accroissement de l’investissement public dans ce qui est de l’ordre de la prévention. Il faut agir sur les mécanismes à l’origine des inégalités, et non uniquement sur la réparation. Sur le plan scolaire, il faut investir sur la petite enfance. Il faut simplifier les mécanismes administratifs.

Sur le mouvement lycéen, on a l’impression d’avoir assez peu entendu le PS…
Si, on a entendu le PS, notamment quand a été voté budgétairement la réforme. Aujourd’hui, on l’entend encore, mais il y a aussi les élèves, les professeurs, les élus locaux. Dans cette réforme, les choses n’ont pas été négociées. On ne comprend pas à quoi cela sert. Et là où se font les suppressions, ce sont dans les endroits où on a le plus de besoin. C’est souvent en contradiction avec le plan banlieue. Après, il est vrai qu’on pourrait faire des réformes dans l’Education nationale. Mais il faut montrer qu’elles sont utiles et efficaces, les inscrire dans un projet, que ce ne soit pas simplement une lecture idéologique. Actuellement, il n’y a aucun discours sur l’école, juste un discours de comptable, sur l’économie à faire.

Le système de sanction pour les chômeurs qui refusent deux emplois «valables» est-il juste ?
Le problème, ce n’est pas de sanctionner les chômeurs, mais de les accompagner, de la former. On se rend compte que le problème est d’abord de créer un service public de l’emploi efficace. Ce n’est pas une bonne façon d'entrer dans le sujet. Il faut un regroupement aussi des l’Unedic et des Assedic, mais avec les moyens, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Mais doit-on sanctionner les chômeurs ?
Il n’est pas scandaleux de dire à des gens qu’ils doivent accepter des emplois, mais il faut voir quelle est, derrière, la définition d’un emploi «valable». Là, ce sont les questions de mobilité qui entrent en jeu. Si on vous appelle pour un poste à temps partiel, avec un trajet lointain à faire en mobylette, ça pose problème.

Nicolas Sarkozy bénéficie-t-il d’un certain état de délabrement de la gauche, notamment au PS, en dépit des victoires aux municipales ?
Je ne crois pas qu’il y ait un état de délabrement de la gauche. Après, la conséquence que Nicolas Sarkozy tire des municipales, c’est de droitiser encore sa politique. Le sentiment de la droite est que son électorat ne s’est pas mobilisé. Elle veut donc créer l’affrontement, ce qui lui est utile. Cela plait aussi à ceux de droite qui pensent que l’ouverture ne marche pas.

Les batailles de personnes au parti socialiste ne laissent-elles pas aussi le champ libre à Nicolas Sarkozy ?
Le PS va devoir se mettre en ordre de bataille au niveau national. On doit être capable d’avoir un vote de projet. Dans le congrès, il faut définir une orientation politique, une stratégie d’alliance et un leadership. Les trois vont de pair. Pour trancher les débats, il faut une autorité. Il faudra réaliser ces trois objectifs lors du congrès.

Pierre Moscovici prépare avec Arnaud Montebourg une contribution en vue du congrès, et affirme refuser un courant «anti-Ségolène». En tant que soutien de Ségolène Royal, le croyez-vous ?
Toute attitude qui consiste à dire il faut un projet est bonne. On ne construit rien de solide sur des rejets. Les options doivent être des options sur le fond. Moi, je pense que le PS a besoin d’un leadership fort. Il faut une personnalité capable de créer une dynamique, c’est pour cela que je soutiens Ségolène Royal.

Et comment voyez-vous le rapprochement d’Arnaud Montebourg, avec qui vous dirigiez le NPS au sein du Parti socialiste, avec Pierre Moscovici ?
Il y a peu de temps, il était avec Ségolène Royal, après avec Bartolone et Combabelis si j’ai bien compris, maintenant avec Moscovici, et il déclare que s’il doit choisir, ce sera Ségolène Royal. Après une période confuse, les choses évoluent dans le bon sens.
Mardi 15 avril 2008
MEDIAPART 14 avr 2008 Par Mathilde Mathieu
Le projet de loi « modernisation du marché du travail », débattu à partir de mardi 15 avril à l'Assemblée nationale, embarrasse les députés socialistes. Censé aménager une « flexisécurité à la française », exhibé comme un trophée par le ministre Xavier Bertrand, ce texte instaure notamment un nouveau type de contrat de travail d'une durée de 18 à 36 mois (pour des missions précises), ainsi qu'une forme inédite de rupture à l'amiable entre employeurs et salariés (baptisée «conventionnelle»).
Transposition en dix petits articles d'un accord signé en janvier par les organisations patronales et la quasi-totalité des syndicats représentatifs (à l'exception de la CGT), il confronte le PS à un double dilemme : peut-il s'opposer au produit de la démocratie sociale ? Peut-il, au nom de la défense des travailleurs, "corriger" les syndicats et dégainer une batterie d'amendements ? Sauf coup de théâtre mardi, le groupe socialiste a décidé de n'en déposer qu'une dizaine à peine et de s'abstenir lors du scrutin. « Ce n'est jamais très glorieux, reconnaît la députée Marisol Touraine, référence du groupe en matière de protection sociale. Mais nous avons relevé quelques insuffisances qui nous empêchent de voter pour ; et le respect du dialogue social suppose qu'on ne vote pas contre... » Acrobatique ? « Ce texte ne retranscrit que partiellement le contenu de l'accord de janvier, précise le socialiste Jean-Patrick Gilles, orateur principal mardi. Il ne retient que les dispositions sur la flexibilité, renvoyant les avancées en termes de sécurisation des parcours professionnels à de simples décrets ministériels auxquels nous n'avons pas accès, ou à des négociations ultérieures entre partenaires sociaux, sur la formation continue par exemple. Le voter, alors que nous sommes comme borgnes, serait un sacré pari sur l'avenir. » Impossible – après mûre réflexion cependant – de plébisciter pareille loi. Mais pourquoi s'interdire de retoucher l'équilibre défini par les organisations représentatives, de multiplier les amendements, de tenter d'introduire des droits supplémentaires? «Ce serait affirmer que les syndicats signataires ont trahi les salariés », estime Jean-Patrick Gilles, qui devrait donc peu s'époumoner lors du débat, prévu pour durer une soirée ou deux.

Du flou autour de la rupture à l'amiable

 

Sur un point, crucial, le PS a tout de même décidé de batailler : le projet de loi, en l'état, ne prend pas la peine de préciser que la rupture du contrat à l'amiable permettra aux salariés qui décampent de toucher 100% des allocations chômage, au même titre que les licenciés. C'est pourtant bien l'esprit de l'accord de janvier, validé par Xavier Bertrand. « Il faut l'écrire dans la loi, noir sur blanc, exige ainsi Jean-Patrick Gilles. Sinon, un coup de Trafalgar est toujours possible ; le gouvernement pourrait fixer demain des indemnités à 70% ou 80% seulement du taux plein.» Le 8 avril, lors de la discussion préalable en commission des affaires sociales, la droite a repoussé cet amendement socialiste de "précision", malgré le soutien apporté par l'UMP Jean-Frédéric Poisson, l'un des "sociaux" de la majorité.

 

Cette bagarre a minima, toutefois, ne sied pas à tout le monde au sein du PS. Ainsi Marc Dolez, à l'aile gauche du parti, ne décolère pas : « Ce texte va engendrer de graves reculs et introduire davantage de précarité, en allongeant par exemple la durée des périodes d'essai pour les cadres. Je ne comprends pas qu'un socialiste normalement constitué puisse l'avaliser ! » Outre qu'il refuse par principe « d'abdiquer ses pouvoirs de député et de transformer le Parlement en chambre d'enregistrement », Marc Dolez affirme : «Le refus de déposer des amendements, sous prétexte de respecter la démocratie sociale, permet surtout de masquer les divergences de fond au sein du PS. A la direction, ça les arrange. » Lui votera contre la réforme, au côté du PC.

 

Un brin gênée, Marisol Touraine insiste: « Le problème, c'est que si nous rédigeons des amendements trop ambitieux, la droite risque de répliquer »... En clair, si la gauche rompt le gentlemen agreement, l'UMP pourraient lâcher ses libéraux. « Et on y perdrait forcément », prévient la socialiste. Pour l'instant, la majorité paraît bien décidée à rester "sage", à éviter tout excès, cornaquée de près par Xavier Bertrand: seuls une poignée d'élus de droite, poussés par l'organisation patronale CGPME, défendront un amendement visant à flinguer l'article 9 et à empêcher que les CNE (contrats nouvelles embauches créés sous Dominique de Villepin) soient requalifiés d'office en CDI...

 

Si cette "provocation" est repoussée comme prévu dans l'hémicycle, quelques élus PS de la tendance "réformatrice", proche de la CFDT, pourraient alors voter le projet de loi. Lors du scrutin, que l'UMP malicieuse a voulu public, les bancs de gauche exploiteraient ainsi la palette des votes dans son entier : abstention, pour et contre. Dans la cacophonie.

- La discussion préalable sur le projet de loi en commission des affaires sociales, le 8 avril

- L'audition par les députés du ministre du Travail, Xavier Bertrand, le 2 avril

- L'accord entre partenaires sociaux, signé le 11 janvier 2008

par Yvon GRAIC publié dans : Réforme
Lundi 14 avril 2008
C'est une dénonciation sans appel : "La fabrication de biocarburants est aujourd'hui un crime contre l'humanité." Jean Ziegler, le rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation, accuse les pays développés d'être responsables de l'importante inflation qui touche les denrées alimentaires. Une flambée des prix qui a entraîné des "émeutes de la faim" à Haïti et dans plusieurs pays d'Afrique et d'Asie.

Le rapporteur spécial vise plus particulièrement la politique de subventions aux cultures destinées aux biocarburants mise en place par les pays développés. "Quand on lance, aux Etats-Unis, grâce à 6 milliards de subventions, une politique de biocarburant qui draine 138 millions de tonnes de maïs hors du marché alimentaire, on jette les bases d'un crime contre l'humanité pour sa propre soif de carburant", explique-t-il dans une interview au quotidien Libération. Plus rentables parce que subventionnées, les cultures destinées à la fabrication de biocarburants tendent à remplacer les cultures alimentaires, provoquant une raréfaction de produits de base comme le maïs, et donc une augmentation des prix.

Les biocarburants sont élaborés à partir de graisses et de sucres tirés de végétaux comme le blé, le colza, le maïs ou la betterave, qui sont également cultivés pour l'alimentation. Les futures générations de biocarburants devraient utiliser des résidus – fanes ou pailles – de ces aliments, mais ils sont encore loin d'être prêts techniquement.

L'UE DIVISÉE SUR LES SUBVENTIONS AGRICOLES

Plusieurs dirigeants européens, dont le chef du gouvernement italien Romano Prodi, ont dénoncé le fait que les cultures destinées à la fabrication de biocarburants bénéficient d'aides importantes. Une position soutenue par la Grande-Bretagne, qui demande la suppression de ces subventions.

L'Union européenne prévoit de porter à 10 % la part de biocarburants utilisés dans les transports dans le cadre de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. L'Agence européenne de l'environnement avait recommandé une suspension de cet objectif vendredi 11 avril ; une éventualité démentie par le Commissariat à l'environnement lundi 14.

La France, qui doit prendre la présidence de l'Union au second semestre, a d'ores et déjà annoncé qu'elle lancerait une discussion sur la place des biocarburants dans la politique agricole commune. Le ministre de l'agriculture Michel Barnier souhaite également renégocier le fonctionnement des aides au développement, dans le cadre d'une "initiative européenne pour la sécurité alimentaire". Les négociations devraient s'avérer complexes, l'Union étant notamment divisée sur le maintien de barrières douanières, contestées par l'Organisation mondiale du commerce mais défendues par plusieurs pays dont la France.

par Yvon GRAIC publié dans : Economie
Lundi 14 avril 2008
DAVID REVAULT D’ALLONNES
samedi 12 avril 2008

Les socialistes, au sortir des municipales, s’étaient fixés une ligne de conduite : le «vivre ensemble». Encore faudrait-il parvenir à en respecter les étapes intermédiaires, notamment celle du «petit déjeuner ensemble».

Mardi, celui qui réunit traditionnellement le groupe des «reconstructeurs» a été annulé. Motif officiel : «Je ne pouvais être là, j’ai donc proposé le report», explique Jean-Christophe Cambadélis, proche de Dominique Strauss-Kahn et principal mécanicien de ce rapprochement hétéroclite entre partisans d’Arnaud Montebourg, DSK, Martine Aubry et Laurent Fabius. Premier lieutenant de ce dernier, Claude Bartolone, lui, présente une autre version : «On s’est dit qu’il valait mieux se donner le temps de la réflexion...»

C’est qu’entre la récente candidature de Bartolone à la succession de François Hollande, et la contre-attaque lancée dans la foulée par Montebourg, qui se rallie à celle de Pierre Moscovici, il y a, assurément, de la déconstruction dans l’air. Un reconstructeur soupire : «Chacun est dans une stratégie pour exister. Montebourg ne veut pas être marginalisé, les fabiusiens refusent de se cornériser et Moscovici veut prospérer. C’est un combat de maintenir tout le monde ensemble...»

Flashback. Fin mars, Claude Bartolone, dans le Parisien, déclare son appétit pour le job de premier secrétaire : « Je fais partie des 5 ou 6 responsables politiques qui [...] peuvent prétendre au poste.» Du côté de Pierre Moscovici, candidat de longue date, comme d’Arnaud Montebourg, chef de file de Rénover Maintenant, «ça a mis le feu aux poudres, rapporte-t-on autour de ce dernier. Bartolone candidat, c’est le retour du vieux parti, et ça ne passe pas.»«Notre candidat au premier secrétariat sera Pierre Moscovici,Il faut faire un saut générationnel.» Moscovici confirme : «Il faut sortir des réseaux claniques, porter quelque chose d’innovant et offrir un espoir aux militants. Mon rapprochement avec Arnaud me paraît répondre à ces critères.» Sans tarder, un deal est passé entre les deux députés. proclame Arnaud Montebourg.

Ironie de l’histoire : les reconstructeurs, officiellement conçus pour empêcher un affrontement annoncé entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, sont à leur tour traversés par le choc des personnalités... La question de leur candidat serait-elle d’actualité ? Montebourg en est persuadé : «Au lieu de faire des réunions à quinze, où on ne sait pas qui décide, là, on avance.» Mais pour d’autres, voulant ménager un rapprochement avec Delanoë, il faut attendre : «Si on dit d’emblée que les reconstructeurs rassemblent les gens qui veulent que Mosco soit premier secrétaire, ça ne peut pas marcher, dit un proche de DSK. Pour construire un front large, laissons cette porte ouverte.» Jean-Christophe Cambadélis, qui prépare les «ateliers de la reconstruction», le 1er juin, tente de calmer le jeu : «Qu’y a-t-il de nouveau là-dedans ? Simplement le fait que Moscovici rejoigne de manière plus sérieuse les reconstructeurs.Je lui souhaite la bienvenue.» Mais l’intéressé décline : «Qu’on ne me récupère pas, dit Moscovici. Je regarde sans hostilité, mais sans y adhérer.» Un socialiste résume : «Tout ça fout le bordel chez eux. Il y a maintenant compétition ouverte entre Cambadélis et Bartolone d’un côté, Moscovici et Montebourg de l’autre.»

«Casus belli». Au-delà de la question du leader se pose aussi celle de la stratégie en vue du congrès. Et donc de la posture à adopter vis à vis de Delanoë et Royal. Lors de la réunion, fin mars, de Rénover Maintenant, le courant de Montebourg, la récente «main tendue» de Cambadélis au maire de Paris a été perçue comme la constitution d’un «tout sauf Ségolène», et qualifiée, par plusieurs participants, de «casus belli». De quoi pointer, du côté du canal historique des reconstructeurs, le royalisme présumé des deux nouveaux alliés. «Montebourg et Moscovici cherchent à préserver leurs arrières, lâche Bartolone. Ils se disent que si ça ne marche pas avec les reconstructeurs, ils iront chez Ségolène Royal.» Les deux associés partageraient-ils ce dessein ? «C’est une plaisanterie, nie Pierre Moscovici. Ce procès en royalisme m’insupporte. Je l’ai vue deux fois et demi depuis l’été, alors camembert.» Les vues d’Arnaud Montebourg, elles, diffèrent : «Je ne marcherai pas dans le "Tout sauf Ségolène". Si j’étais obligé de choisir, je choisirai Royal.» Difficile d’adopter une position commune…

par Yvon GRAIC publié dans : La vie du PS
Mardi 8 avril 2008

Un projet de réforme des programmes du français en collège, que Mediapart s'est procuré, a été remis fin janvier au ministère de l'Education nationale. Initiée il y a un an par le précédent locataire de la rue de Grenelle, Gilles de Robien, cette réécriture des textes actuels (datant de 1996) avait été confiée à un groupe de travail présidé par le professeur Pierre Brunel (Paris-IV Sorbonne), avec une mission simple : adapter les programmes au nouveau «socle commun de connaissances et de compétences» créé par la loi d'orientation sur l'école de 2005.

 

 

 

Mais il s'agissait surtout, dès la rentrée 2009, de recentrer l'enseignement sur un corpus d'œuvres "patrimoniales" (mettant fin à une dérive supposée, qui consisterait à proposer trop de littérature jeunesse, à utiliser rap et bandes dessinées) ; le ministère voulait également rappeler l'importance des leçons systématiques de grammaire (débarrassées d'un jargon linguistique jugé néfaste), comme des exercices de lexique et d'orthographe. Bref, l'opération (également menée dans quatre autres disciplines dont l'histoire-géographie et les arts plastiques) visait à retoquer certaines "lubies" pédagogiques ou méthodes dites "post-soixante-huitardes", accusées d'avoir opéré un nivellement par le bas. Mission plutôt accomplie.

 

Dans le projet de nouveau programme, la place de la dictée se voit réaffirmée ; « le professeur de français construit [ses cours] à partir de la découverte et de l'étude de textes littéraires majeurs », dont la liste très classique ne manquera pas d'engendrer un débat ; le recours à l'exercice orthodoxe de la rédaction est encouragé, au détriment de la production d'écrits tous azimuts (textes argumentatifs, poèmes, etc.)...

 

Pourtant, ce travail n'a pas semblé convenir à l'équipe du ministre de l'Education nationale, qui pourrait souhaiter aller plus loin dans le retour à des méthodes traditionnelles ; des corrections seraient jugées indispensables. Jeudi matin, on déclarait d'ailleurs au cabinet de Xavier Darcos que ce document n'était qu'un «avant-avant-projet», encore « à l'état de brouillon »... La mise à disposition du texte et le début de sa consultation par les représentants des enseignants ont ainsi été repoussés. Officiellement, il s'agit de travailler l'articulation entre la proposition de Pierre Brunel pour le collège et les nouveaux programmes de l'école primaire, réclamés par Xavier Darcos à son arrivée et sur le point d'être bouclés..., mais déjà largement contestés par nombre de syndicats et chercheurs pour leur approche «mécaniste», « nostalgique », désincarnée, voire réactionnaire. Le ministère pourrait demander à Pierre Brunel d'infléchir encore son travail, c'est-à-dire de s'aligner sur le "nouveau" primaire...

 

Au siège du Snes-FSU, le premier syndicat des enseignants dans le secondaire, Sandrine Charrier craint que la rue de Grenelle ne prépare «pour le collège un retour à l'école d'antan, au détriment d'approches pédagogiques attentives à produire des têtes bien faites» plutôt qu'excessivement remplies. « En français, il ne faudrait pas renoncer à des contenus qui peuvent, seuls, permettre une véritable démocratisation de l'enseignement», estime-t-elle.

Voici le débat lancé.

Vous pouvez télécharger le projet de programme du français:

- les "principes et objectifs" généraux

- les pages sur la classe de 6e

- la 5e

- la 4e

- la 3e

Lundi 7 avril 2008
DDA A la une  [06/04/08]

"Mon souci, c'est d'élever le débat entre socialistes."

Interview de Ségolène Royal dans le journal du dimanche.

Vous lancez une consultation participative, est-ce une façon de passer à l'offensive ?

Une offensive pour être utile aux Français, oui. Ce qui nous intéresse, c'est de répondre à la déception profonde et à la colère, touchant même des catégories qui se croyaient jusqu'alors à l'abri. Il serait très dangereux pour la démocratie, la gauche et le PS que ce congrès ne serve à rien ou se résume à des conflits de personnes. C'est cela que je veux empêcher.

Etes-vous candidate au poste de premier secrétaire?

Ce n'est pas le problème pour l'instant. Mon souci, c'est d'élever le débat entre socialistes. L'époque où un petit nombre de gens pouvaient sur un coin de table écrire un texte et le soumettre au vote des militants est terminée. Les adhérents n'ont pas été réellement consultés depuis la campagne présidentielle. Je veux que ma contribution soit le fruit du plus grand nombre. D'ailleurs, si on regarde les programmes municipaux des candidats PS, tous ont eu une démarche participative. Une démarche dont Nicolas Sarkozy s'est gaussé pendant la présidentielle, mais on voit que j'avais raison: avec son pouvoir personnalisé, il échoue.

Vous pour suivez votre route malgré les tirs de barrage...

Ce sont des fétus de paille, par rapport aux difficultés que connaissent le pays, l'Europe et la planète. Je ne suis pas là pour me pousser en avant, mais pour me mettre au service de la gauche, de l'alternance, dans la continuité de la campagne présidentielle. Sinon, les militants et l'opinion pourraient me reprocher d'avoir laissé le débat s'enliser au PS. Je prends donc mes responsabilités, avec des hommes et des femmes de talent, pour que nous puissions collectivement présenter une offre politique qui incarne un idéal et un espoir.

Certains critiquent votre démarche participative, vous accusant de ne pas apporter d'idées...

D'abord, il y a beaucoup d'affirmations dans cette consultation. Nous exposons les raisons pour lesquelles il y a des inquiétudes profondes dans le pays: le capitalisme qui perd la tête, les doutes sur l'identité de la France, l'angoisse du déclassement... C'est le fruit d'un travail très approfondi. Les militants auront un mois pour s'exprimer sur le site internet qui ouvrira cette semaine, congresutileetserein.com. J'espère aussi que le texte sera publié dans L'Hebdo des socialistes, ce serait un signe de fonctionnement démocratique du parti. En attendant, il est déjà en ligne sur mon site Désirs d'avenir. Les débats vont se multiplier. Puis on présentera des pistes d'action politique crédibles.

Quelles sont les nouvelles règles communes à établir au PS?

Peut-être se taire plutôt que de critiquer les initiatives intéressantes, voilà une bonne règle.

Vous ne dites rien sur les alliances avec le centre?

J'ai dit ma position au moment des élections. Les faits m'ont donné raison. J'y reviendrai le moment venu, comptez sur moi.

Que répondez-vous aux reconstructeurs qui préconisent un premier secrétaire non présidentiable...

Dès que j'entends des attaques personnelles, je n'écoute plus. Je ne suis pas uniquement tournée vers l'intérieur du PS puisque j'ai mené une campagne présidentielle pour toute la gauche, ce qui me donne une responsabilité. Je n'ai pas l'intention de me laisser entraîner dans une bagarre d'appareil dont les Français, comme les militants, seraient vite dégoûtés.

Vous avez lancé un nouvel appel aux adhérents pour renouveler leurs cotisations, rencontré hier soir les animateurs de Désirs d'avenir, allez-vous créer votre courant?

Surtout pas un courant, ce sont les méthodes du passé! Mais je souhaite que le plus grand nombre possible de militants participent à l'élan que je veux pour mon parti. Le congrès du Mans s'était fixé pour objectif un parti de 700000 adhérents, on en est loin. Le PS doit devenir plus attractif. C'est possible comme le prouvent les pays voisins. En Italie, le parti démocrate compte 4 millions d'adhérents. En Allemagne et en Espagne, c'est plus de 700000 adhérents, ce sont des partis vivants, qui bougent, qui débattent. Là, je dis : "Venez tous, participez le plus possible, en liaison avec les associations, le mouvement social et syndical." Le parti doit s'ouvrir, trouver de nouvelles formes de militantisme.

Votre avis sur votre probable adversaire au poste de premier secrétaire, Bertrand Delanoë?

Je n'ai pas d'adversaire. Je ne suis contre personne, je suis pour que le congrès soit à la hauteur du défi historique qui est le sien aujourd'hui. J'ai rassemblé des équipes pour être avec elles en première ligne.

Nicolas Sarkozy a présenté des mesures pour réduire le déficit public, parlant de réforme plutôt que de rigueur, qu'en pensez-vous?

Il n'y a pas de réforme. C'est cela qui est dramatique. La seule réforme qui a eu lieu, c'est celle du bouclier fiscal, qui a vidé les caisses. Aujourd'hui, l'exercice consiste à reprendre dans la poche de tous les Français pour boucher le trou dû au cadeau fait à ceux qui en avaient le moins besoin. D'autant que ces mesures doivent servir à économiser 7 milliards alors que le paquet fiscal représente 15 milliards par an. Mais comme Sarkozy ne veut pas reconnaître son erreur, il va creuser des trous ailleurs. Il a déjà fait des impôts nouveaux : les franchises médicales, la TVA qui rapporte plus avec la hausse des prix alimentaires... La rigueur est déjà là : elle ralentit la croissance. Il faudrait remettre en cause le paquet fiscal, baisser la TVA, doubler la prime pour l'emploi, ce qui permettrait à 8 millions de salariés d'avoir un treizième mois, et d'investir très fortement dans le logement et l'innovation des entreprises.

Des badges "Pour un monde meilleur", une banderole sur l'Hôtel de Ville de Paris, cela vous parait suffisant pour manifester notre solidarité avec les Tibétains?

Non. Moi, j'ai toujours demandé que la France menace de boycotter les Jeux olympiques. Si le pays des droits de l'Homme avait eu le courage de parler haut et fort, en discutant avec ses athlètes, pour dire 'on ne va pas en Chine tant que le Tibet n'est pas respecté', on aurait entraîné d'autres pays. Les brassards, les drapeaux, les banderoles, c'est mieux que rien, mais c'est se donner bonne conscience à peu de frais. Le recul de l'appartheid en Afrique du sud a commencé quand on a menacé d'y boycotter les matchs de rugby. Quand on est très fort sur des valeurs, cela bouge. Quand on est fait preuve de lâcheté, la force va à la dictature.

Nicolas Sarkozy pourrait boycotter les cérémonies d'inauguration...

A quoi cela rime? On ne va pas aller à la cérémonie, puis participer aux compétitions sportives. Moi, je suis convaincue que le pic de la répression et des assassinats aura lieu pendant les J.O. Les Chinois vont aller jusqu'à narguer les démocraties. Tout le cinéma, les tigres de papier agités avant, paraîtront alors totalement dérisoires. Il est encore temps de menacer de boycotter les JO.
 
Dimanche 6 avril 2008

Les autorités chinoises ne sont pas contentes. Elles appellent les Parisiens à faire bon accueil, lundi 7 avril, à la flamme olympique. Elles redoutent les manifestations dans la capitale française. Sans oser le dire tout haut, elles n'apprécient que modérément l'initiative du maire de Paris. Bertrand Delanoë a décidé de faire déployer sur la façade de l'Hôtel de Ville une banderole osant proclamer l'attachement de la capitale aux droits de l'homme " partout dans le monde ". M. Delanoë a expliqué qu'il s'agissait d'un " message amical à tous les peuples, et notamment au peuple tibétain ".

 

Les autorités chinoises ne sont pas au bout de leur mécontentement. Le parcours de la flamme olympique, en Europe et ailleurs, va ressembler à celui d'une manifestation de protestation contre les violations des droits de l'homme en Chine. Il en aurait été ainsi même sans les événements du Tibet. Mais la révolte des Tibétains contre le joug de Pékin a renforcé la mobilisation : elle légitime un peu plus, s'il en était besoin, le combat de ceux qui osent réclamer un peu de démocratie en Chine.

L'itinéraire de la flamme, c'est autant de points de ralliement contre la répression à huis clos qui sévit au Tibet – avec son cortège d'arrestations arbitraires, tortures et tabassages –, et c'est de bonne guerre, est-t-on tenté de dire.

Car le gouvernement chinois ne peut feindre la surprise. En présentant la candidature de Pékin pour héberger les JO 2008, il sollicitait à bon droit une manière de reconnaissance pour les immenses progrès accomplis par la Chine ces dernières années. Mais il savait qu'il s'exposait alors à une attention générale, et donc médiatique, renouvelée. On aurait pu penser qu'il aurait à coeur de donner des gages de bonne volonté démocratique, de reprendre le dialogue avec le dalaï-lama, de limiter la répression des dissidents, particulièrement de ceux qui se bornent à réclamer du gouvernement qu'il respecte la loi – sa loi. On aurait pu imaginer qu'il y avait dans le contrat passé avec le Comité international olympique (CIO) une sorte de clause implicite aux termes de laquelle les gouvernants de Pékin s'engageaient à ne pas s'en tenir au seul grand bond en avant économique.

Il n'en n'est rien. La perspective des JO accentue la répression de la moindre esquisse de contestation. Le gouvernement chinois appelait, vendredi 4 avril au soir, Paris à respecter l'esprit olympique. Mais, justement, que sont les valeurs de l'olympisme sinon la déclinaison d'un humanisme attaché au plus élémentaire respect de la personne humaine ? Ce n'est pas M. Delanoë qui viole cet esprit-là. Ce sont les dirigeants chinois. Quand ils répriment brutalement les manifestations, quand ils embastillent un contestataire pacifique, légaliste, comme Hu Jia, condamné, le 3 avril, à trois ans et demi de prison, quand ils " ferment " le Tibet à tout observateur, ils portent autant de coups à l'esprit olympique.

Pékin et l'olympisme
LE MONDE | 05.04.08
© Le Monde.fr


 Le parcours de la flamme à Londres aujourd'hui !
PROTESTS AT TORCH RELAY

Live Now graphic Coverage of Olympic flame relay in London


Torch is grabbed Man attempts to snatch torch from TV presenter


Police protect flame Attempt to put out torch with fire extinguisher


Protester at Wembley Protesters at Wembley as flame is lit and relay begins


Tessa Jowell Tessa Jowell rejects criticism of London torch plans


Samedi 5 avril 2008
L’ex-candidate écrit aux militants socialistes pour leur
proposer un débat participatif en vue du congrès du PS.

PAUL QUINIO QUOTIDIEN : samedi 5 avril 2008

«Etre utile.» La formule est banale. Et pourtant sans doute minutieusement réfléchie. Elle est utilisée par Ségolène Royal en titre du document qu’elle va envoyer aux militants du Parti socialiste. «Comment le congrès du PS peut-il être utile aux Français», se demande l’ex-candidate à la présidentielle, qui a choisi d’adresser un questionnaire participatif aux militants pour afficher sa détermination à conquérir le parti.

«Etre utile», c’était aussi le titre de la première tribune publiée par Lionel Jospin, fin janvier 2003, après son échec à la présidentielle. Quand on connaît l’affection que se portent l’un et l’autre, le clin d’œil est savoureux. Voire cruel. Il est aussi politiquement significatif : en reprenant le vocable jospinien, Royal fait savoir à ses adversaires qu’ils n’ont pas le monopole du parti, de son histoire, de ses règles, dont l’ex-Premier ministre se veut le gardien du temple.

Aux militants, Ségolène Royal pose dix questions. Sur «le fossé entre le discours pseudo-révolutionnaire dans l’opposition et le conformisme économique» une fois le PS au pouvoir. Sur ce qu’il faut retenir «des modèles progressistes» des autres pays. Sur «la sauvegarde écologique de la planète» ou encore «le rapport de force entre travail et capital». Un site Internet réceptionnera les réponses, qui nourriront la contribution que Royal et ses amis déposeront mi-juin, étape imposée dans la course vers le congrès.

Cette «étape très importante» de débat participatif avec les militants, dixit Royal, n’est en rien une réponse à la montée en puissance de Bertrand Delanoë, assure son entourage. «L’idée est de provoquer le débat», dit Vincent Peillon, qui évoque «le marasme intellectuel» au PS et le «malaise militant». Du côté de François Hollande, on regrette cette initiative «parallèle» au travail «collectif» mis en place par la rue de Solférino. Pierre Moscovici, lui-même candidat au poste de premier secrétaire, ne voit «rien de choquant» dans une initiative qui «manifeste»simplement la volonté de Royal d’être «plus présente». Deux bémols quand même : son désaccord avec le congrès de désignation pour 2012 que prépare l’ex-candidate ; et même si «la démocratie participative, c’est bien, les militants ont aussi besoin que les leaders du PS exposent leurs idées». «Les militants ne sont pas des sondés»(ndlr non, mais pour une fois on leur demande de participer!),  critique le fabiusien Guillaume Bachelay, qui s’étonne qu’aucune question sur les stratégies d’alliances (avec le Modem ou pas) ne figure dans le questionnaire Royal. Sa réponse à lui : que sur ce sujet l’ex-candidate n’a pas envie d’entendre… la réponse des militants.(ndlr parceque cela n'interesse pas les français )

par Yvon GRAIC publié dans : Ségolène ROYAL
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