1/A l'initiative d'Alain MAIREanimateur DA 76 le Havre , deux réunions dans le cadre de la consultation participative "pour un congrès utile et serein"
nous vous invitons le:
- le 17 mai à la section du Havre (9rue Georges Braque ) de
14h à 17h
« Le Parti socialiste doit intégrer toutes les
nouvelles formes de militantisme et d’engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la
discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ? »
-le 24 mai à la section du Havre (9rue Georges Braque ) de 14h à
17h
« Le socialisme ne peut pas se contenter
d’aménager le capitalisme financier à la marge : comment produire et répartir autrement la
richesse ?
2/ Débat public sur l’Agglo de Rouen prévu initialement le vendredi 16 mai 20h30 , est
reporté auJeudi 22 mai à la Maison de la Lombardie, 50 rue Leverrier, sur les Hauts de Rouen
Chères amies, chers amis, je vous souhaite la bienvenue sur ce site participatif. Il répond à l'initiative que nous avons lancée, en vue du Congrès du Parti socialiste, pour lancer un
débat de qualité, serein, utile aux Français. Je compte sur vous pour le faire vivre et apporter vos idées. Elles nous permettront de composer une belle contribution dont nous serons
toutes et tous co-auteurs !
PARIS, 19 jan 2008 (AFP) - Ségolène Royal a affirmé
samedi à Paris que la gauche devait "déculpabiliser le droit à la réussite personnelle" et se préoccuper davantage "des classes moyennes". L'ex-candidate socialiste à l'élection présidentielle a souhaité dissiper "trois malentendus" entre la gauche et les Français, à la séance de clôture de trois
jours de réflexion sur le thème "inégalités et justice sociale", organisées à la Maison de la chimie par l'Institut Edgar Quinet. Selon Mme Royal, très applaudie par un parterre de plus de 1000 personnes, "la lutte contre les inégalités ne se réduit pas
à la lutte contre l'exclusion, elle doit aussi englober les classes moyennes" que le discours de la gauche "a mises mal à l'aise". La présidente de Poitou-Charentes a souhaité que la gauche insiste sur le besoin de "faire repartir l'ascenseur social, en faisant bien comprendre aux
catégories moyennes que la gauche s'adresse à elles". Deuxième malentendu à lever, "la lutte contre les inégalités n'est
pas une remise en cause du droit à la réussite individuelle". Selon Mme Royal au contraire, "la mission de la gauche est d'universaliser le droit à la réussite personnelle". "La
gauche doit non seulement le permettre, mais le déculpabiliser et même l'encourager" car son objectif "n'est pas le nivellement mais l'épanouissement de la
personne". Enfin, il faut combattre l'idée que la justice sociale serait "un frein à la création de richesses". C'est
à l'inverse "un facteur de croissance (...), le synonyme de l'esprit d'entreprendre et du goût du risque". Pour la responsable socialiste, il faut "repenser la question des inégalités de façon un peu provocatrice". "Ce n'est pas renoncer à nos racines", a-t-elle
dit, citant Jean Jaurès. Organisateur de ces journées, l'eurodéputé Vincent Peillon, proche de Mme Royal, avait réuni à la
tribune, outre l'ex-candidate, François Rebsamen, n° 2 du Parti socialiste, les strauss-kahniens Pierre Moscovici et Marisol Touraine, les députés Gaëtan Gorce ("rénovateur") et André Vallini
(proche de François Hollande). Estimant qu'on assistait aujourd'hui au développement d'"une forte demande de promotion
individuelle" et même de "montée de l'individualisme", M. Moscovici a appelé les socialistes à ne pas être "conservateurs", en critiquant "une forme d'immobilité sociale". M. Gorce a préconisé "un audit" de "toutes les politiques de redistribution et de solidarité" et "une
réforme en profondeur des services publics et de la protection sociale" pour qu'ils "répondent aux objectifs qui leur ont été assignés". Comme il faut "stabiliser les prélèvements obligatoires"
alors que "les besoins sociaux augmentent", "nous serons amenés à faire des choix". Selon Mme Touraine, "l'une des principales erreurs de la gauche a été de laisser la droite préempter ce beau mot de
responsabilité". M. Peillon a exhorté la gauche à "retrouver la tradition perdue et oubliée du socialisme français"
qui est "l'héritier du libéralisme, au sens politique du terme, et le meilleur accomplissement du libéralisme". Pour en finir avec "les discriminations négatives" engendrées selon lui par des politiques redistributives non discriminantes, il a prôné "des politiques
différenciées selon la situation des uns et des autres". M. Peillon a invité M. Moscovici à rejoindre le combat pour la
rénovation du PS. "Il faudra que Pierre soit des nôtres", a-t-il dit.
photo Jacques Felix DA 76
PARIS, 20 jan 2008 (AFP) - Ségolène Royal a appelé dimanche à "un vote-sanction pour les municipales" car "les promesses" du président Nicolas
Sarkozy "ne sont pas tenues".
"Les municipales c’est d’abord le choix d’un bon maire, bien sûr (...) mais c’est aussi un vote sur le pouvoir en place", a
déclaré Mme Royal à son arrivée au palais de la Mutualité, où le PS doit lancer sa campagne électorale. "Nicolas Sarkozy a dit que c’était un test national. Ce qu’on nous
demande, c’est de dire si, oui ou non, nous sommes contents. Eh bien non, je crois que nous ne sommes pas contents parce que les promesses ne sont pas tenues, que le pays va beaucoup plus
mal, en particulier les plus fragiles (...) Rien n’est fait de ce côté-là", a-t-elle poursuivi. "Donc, il faut un vote-sanction pour ces municipales, un avertissement pour
que les choses se remettent d’aplomb". "Il faut donner un avertissement, un avertissement très sévère, au pouvoir en place pour qu’il se mette au travail et qu’il obtienne les
résultats qu’il a promis", a-t-elle ajouté. L’ex-candidate PS à l’Elysée a jugé "important que les socialistes se rassemblent pour travailler ensemble, pour faire avancer des idées
neuves, pour se mobiliser pour gagner les élections municipales. Ce sont des moments apaisés, des moments studieux". C’est la première fois depuis le Conseil national du 12 mai que
Ségolène Royal participe à une réunion du PS. Interrogé sur ses projets de conquête de la direction du PS, Mme Royal a répondu : "chaque chose en son temps. On verra. Il faut
franchir un certain nombre d’étapes" à commencer par les élections municipales. Pour le moment, j’accomplis "un travail, paisible, serein, sérieux et constructif", a-t-elle
dit. Elle s’est "réjouie que les sujets sur lesquels les socialistes travaillent soient ceux" dont elle a parlé dans la campagne présidentielle, citant la
nation, le marché et le travail, l’individu.
Armistice au PS qui se met en ordre
de bataille pour les municipales
Au Parti socialiste, qui a réuni dimanche 20
janvier, à Paris, ses secrétaires de section ainsi que ses candidats aux élections municipales et cantonales, l'heure est à l'apaisement. A sept semaines du premier tour, les grands leaders – y
compris Dominique Strauss-Kahn, qui a fait une apparition surprise – effectuent leur retour dans les instances du PS et acceptent un armistice préélectoral.
Samedi, Maison de la
chimie.
Ségolène Royal est applaudie par un millier de
personnes réunies pour la séance de clôture des journées de l'Institut Edgar-Quinet du député européen Vincent Peillon. L'ex-candidate, qui intervient sur la question des classes moyennes – il
faut, dit-elle, "déculpabiliser et encourager la réussite individuelle" –, a composé une tribune qui fait sens. Autour d'elle, ont notamment pris place, le n° 2 du PS François Rebsamen,
les strauss-kahniens Pierre Moscovici et Marisol Touraine, le "rénovateur" Gaëtan Gorce et André Vallini, proche de François Hollande.
Présence ne vaut pas allégeance, mais la photo
doit apporter un démenti à l'isolement supposé de Mme Royal. Les plus hardis y voient même les contours d'une future majorité.
Dimanche, Maison de la Mutualité.
10 h 00. A la Maison de la Mutualité, où se tient le troisième et dernier "forum de la
rénovation" sur le thème "les socialistes et l'individu", Ségolène Royal fait une entrée plus discrète. Pour son grand retour au PS, elle se réfugie incognito au balcon de la salle, au milieu des
secrétaires de section.
11 h 15. Un autre socialiste met à
profit cette journée pour effectuer, à la surprise générale, son come-back. De passage à Paris dans le cadre de ses fonctions au FMI, Dominique Strauss-Kahn, qui doit rencontrer lundi après-midi
Nicolas Sarkozy, fait un détour par la Mutualité.
DSK, visiblement satisfait d'avoir créé la
surprise, retrouve ses habits de chef de courant. "Le gouvernement a de bonnes raisons d'être sanctionné par les Français" , déclare-t-il aux journalistes qui l'attendent à l'extérieur.
"Je suis de très près ce qui se passe", ajoute M. Strauss-Kahn, qui avoue pourtant que les grand-messes socialistes ne lui manquaient "pas vraiment". "Un jour,
rappelle-t-il, je reviendrai en France." Ce dont, à vrai dire, personne n'a jamais douté au PS.
"Dominique adresse des signes dans cette
campagne; il reste socialiste et continue de s'inscrire dans le paysage", insiste Christophe Borgel, son ancien directeur de
campagne lors des "primaires""Pour que DSK ait vraiment un avenir au PS, il faudrait que la guerre des chefs s'éternise et que le parti soit incapable de se trouver un leader dans les deux ou
trois prochaines années. On n'en est pas encore là", remarque toutefois un strauss-kahnien. socialistes.
11 h 20.L'entrée de DSK en vedette américaine dans la grande salle, où sont rassemblés 3000 participants, interrompt quelques instants la séance. "C'est ce que
l'on appelle la personnalisation du débat politique", grince le fabiusien Jacques Généreux, contraint de s'interrompre au milieu d'une diatribe enflammée. Derrière lui, un grand panneau
rappelle le thème du forum : "Quelle place pour l'individuel et le collectif?"
12 h 30.Un militant distribue "une lettre ouverte aux dirigeants nationaux, adoptée à l'unanimité", par la section de Toulouse-Le Mirail. "Cessez de
vous regarder le nombril et faites bloc contre Sarkozy" , réclame le texte.
13 h 00.François Hollande appelle à la paix des braves : "Il n'y aura de réussite individuelle au Parti socialiste que dans la solidarité et les valeurs
collectives."
14 h 30.Décidément, la famille socialiste veut faire bonne figure. Avant l'ouverture du rassemblement national qui doit lancer la campagne du PS, les photographes
mitraillent Ségolène Royal et Bertrand Delanoë assis au premier rang, non loin de Laurent Fabius, un peu isolé. François Hollande n'est pas en lice; il laisse le champ libre aux trois ténors qui
doivent prendre la parole.
14 h 50.Premier de cordée, Bertrand Delanoë est d'accord pour jouer collectif. "A ces élections locales, nous sommes candidats en équipe, même s'il y a un
animateur; aucun d'entre nous ne peut gagner seul et c'est une chance pour notre famille politique, pour le PS." Le maire de Paris appelle à "faire rempart" contre la droite et salue
la salle, une main sur le cœur.
15 h 15.Les partisans de Ségolène Royal lui font un triomphe pendant qu'une petite partie de l'assistance reste de marbre. L'ex-candidate évite de s'exprimer à la
première personne et d'évoquer le parti. Elle préfère centrer son propos sur la critique du gouvernement. "Ils veulent faire de ces élections un test national ? Eh bien, ils l'auront !",
affirme-t-elle. 15 h 45. Pour Laurent Fabius aussi, ce sont des retrouvailles. Descendu de son Aventin
de "sage actif", il propose d'infliger "un carton jaune" à Nicolas Sarkozy, mais ne peut s'empêcher d'envoyer une pique à ceux qui adressent "des œillades à la
dro 16 h 10. François Hollande, très en verve, tire le principal enseignement de cette
journée de retrouvailles : il est redevenu, ne serait-ce que pour une poignée de semaines, le seul chef d'orchestre du parti. "Ne regardez nulle part ailleurs, choisissez comme seule boussole
les Français, la démocratie; gagnez les élections municipales !", lance-t-il.
Contesté par une partie de l'appareil,
confronté à des conflits internes qu'il maîtrise de plus en plus difficilement, François Hollande, premier secrétaire depuis onze ans, peut encore s'offrir une standing-ovation.
Partisan de Ségolène Royal, comment pensez-vous que le Parti socialiste doive aborder la question de son leadership
?
Se développe
l'étrange thèse selon laquelle il ne faudrait surtout pas installer à la tête du PS un leader ayant une relation forte avec les Français ! C'est la thèse la plus dangereuse que l'on a jamais
inventée. Si la gauche ne veut pas renoncer à exercer à nouveau un jour le pouvoir national, elle doit au contraire se préoccuper de se mettre en ordre de bataille pour 2012. Tout le monde
semble maintenant convenir que nous avons besoin d'un nouvel Epinay. Qui peut penser que cela pourra se faire un an avant l'échéance électorale ?
Et peut-on croire sincèrement qu'on pourra trancher les débats qui doivent l'être, faire respecter la discipline nécessaire, conduire les réformes
d'organisation, préparer un projet, mettre en oeuvre une stratégie de rassemblement et s'opposer efficacement sans un leadership fort ? Construire ensemble un nouvel âge du socialisme sera la
condition de nos victoires futures. Après cinq années de Sarkozy, le pays en aura bien besoin.
Quel sera le contenu de la "nouvelle offre politique" que propose Ségolène Royal ?
Nicolas Sarkozy est lui-même le symptôme d'une crise, son exaspération. C'est la queue de comète d'une Ve République épuisée dont il accentue tous les travers. C'est donc à la gauche et singulièrement aux socialistes qu'il appartiendra de résoudre cette crise qui touche
non seulement notre modèle social mais aussi notre modèle économique.
Il faut à la fois en finir avec la préférence française pour les inégalités et avec nos faiblesses économiques. Comme aux moments clés de notre
histoire, aux débuts de la IIIe République avec les premières lois sociales, après la seconde guerre mondiale avec le Conseil national de la Résistance, il faut poser des actes forts
et fondateurs : investir dans la formation, la recherche, dans notre jeunesse, opérer une révolution fiscale, libérer les énergies, favoriser les PME, les services, l'économie solidaire,
réformer les instruments de l'action publique, redéfinir la négociation sociale, les droits sociaux. Définir un New Deal à la française. C'est le sens plein qu'il faut donner à la
VIe République.
Pour l'instant, on voit mal les contours de votre future majorité au sein du PS.
C'est plutôt bon signe ! Car cela signifie peut-être que cette majorité ne résultera plus de l'addition statique de petits bouts de courants,
éternel réarrangement du passé qui immobilise le parti, mais sera le produit d'une dynamique nouvelle enfin tournée vers l'avenir et vers les Français.
Chers amis, gardez de l’énergie pour la campagne sur les
territoires !
Chers amis, chers camarades, quelques mots pour être utile au service de nos candidats et de nos candidates. L’enjeu des élections municipales, nous le connaissons. Et
vous tous ici, secrétaires de sections et premiers fédéraux rassemblés autour de nos dirigeants, en première ligne de cette bataille, vous entendez bien, nous entendons bien partout où nous
allons monter la désillusion qui fait place à l’inquiétude, et bientôt sans doute à l’exaspération.
Tant de gens nous disent aujourd’hui qu’il est insupportable de voir le fossé s’élargir entre les discours et les promesses d’hier et la réalité d’aujourd’hui. Il paraît d’ailleurs qu’à droite le
débat fait discrètement rage entre ceux qui veulent politiser, nationaliser le scrutin, et les autres, en général les candidats de l’UMP qui sont de moins en moins nombreux sur le terrain à se
réclamer du bilan de Nicolas Sarkozy, qui disparaît même subrepticement des documents de campagne. Ce doit être une erreur des imprimeurs !
Eh bien, Nicolas Sarkozy et François Fillon l’ont dit : les municipales, ils veulent en faire un test national. Oui, ils l’ont dit, ils l’ont voulu, eh
bien ils l’auront ! Ils l’auront ce test national ! Et, pour commencer, prenons quelques secondes à le faire ensemble pour voir s’il gagne, Nicolas Sarkozy, ou s’il perd, en comparant
l’avant et l’après. L’avant, c’est ce qu’il disait, ce qu’il a promis, l’après c’est finalement aujourd’hui.
Avant, il y a sept mois, il nous disait : « Je veux être le président du pouvoir d'achat. » Aujourd’hui, la vie n’a jamais été aussi chère, et
dans son allocution, dans ses vœux, il a osé dire que le pouvoir d'achat n’est pas le vrai problème des Français. Avant, il nous disait qu’il augmentait de 25 % le minimum vieillesse et les
petites retraites. Aujourd’hui, c’est plus 1,1 %.
Avant, il nous disait : « Les Français en auront pour leur argent. » Aujourd’hui, force est de constater que nous en avons surtout pour nos
frais car il a déclaré : « Mais qu’est-ce que vous voulez que je distribue ? Les caisses sont vides. » Avant, il nous disait : « Il faut mettre fin à l’impuissance
publique. » Aujourd’hui, il nous dit : « Mais qu’est-ce que vous voulez que je distribue ? Les caisses sont vides.
Avant, il nous disait : « J’ai changé, le mot morale ne me fait pas peur. » Aujourd’hui, il nous dit : « Je ne m’excuserai pas, je
fais ce que je veux, quand je veux. » Et, il ne l’a pas dit, mais il l’a pensé très fort : « Et allez donc vous faire voir ! » texte intégral ICI
PARIS, 30 jan 2008 (AFP) - L'eurodéputé Vincent Peillon, très proche de Ségolène Royal, a estimé mercredi sur i-télé que les relations personnelles
entre l'ex-candidate socialiste à l'Elysée et le Premier secrétaire François Hollande "concernent aussi les Français".
M. Peillon a affirmé que l'attitude de Mme Royal, qui est revenue brièvement dimanche sur sa séparation d'avec M. Hollande en juin, ce n'était
"pas du tout la même chose" que celle de Nicolas Sarkozy, marquées par "des déclarations multiples, des voyages".
Concernant Mme Royal et M. Hollande, "les Français ont bien compris: il y en a une qui était candidate à la présidentielle et l'autre qui est
Premier secrétaire depuis plus de dix ans. Ca concerne aussi les Français", a dit M. Peillon, réagissant aux critiques sur ce point de Elisabeth Guigou et Martine Aubry.
Selon lui, "il devrait y avoir une règle, pour ces bonnes camarades socialistes, (...) une règle que respecte toujours Ségolène Royal : il est
mieux de ne pas faire de commentaire désobligeant sur ses camarades de parti".
Pour M. Peillon, "il n'y a pas eu de commentaire désobligeant" sur François Hollande de la part de Mme Royal et les critiques sur ce point
"relèvent encore des arrière-pensées de congrès".
Mme Royal avait dit, dans "Vivement Dimanche" sur France 2, sa souffrance d'avoir été "trompée" et son soulagement de se sentir "libérée" par sa
séparation.
Par ailleurs, Vincent Peillon a demandé au PS de ne pas manifester d'"hypocrisie supplémentaire" à propos des rapports à avoir avec le MoDem de François Bayrou, affirmant sur i-TELE que les socialistes devaient "parler avec" les centristes.
"Le pire pour le Parti socialiste, ce serait qu'il entre dans une hypocrisie supplémentaire, de permettre à tous ses grands élus à Tours,
Grenoble, Montpellier, Dijon, de faire des accords avec le MoDem et de tenir, là-haut, un discours en contradiction avec les réalités: +on ne parle pas avec ces gens-là+", a déclaré
Vincent Peillon.
Relevant que "la question des alliances va se poser (au prochain) congrès" du PS courant 2008, ce proche de Ségolène Royal s'est déclaré "pour un
rassemblement très large, bien entendu des forces de gauche mais aussi des forces de progrès".
Selon lui, "les démocrates qui voudront participer à ces discussions, (à) l'opposition à Nicolas Sarkozy, (à) la préparation d'une France moderne
et juste, nous devons parler avec eux".
Il a observé que "François Bayrou (...) est laminé" par la loi électorale, ce qui "n'est pas juste".
Vincent Peillon a ensuite critiqué "une dégénérescence morale et intellectuelle" au PS, s'en prenant notamment aux amis de Dominique
Strauss-Kahn et Laurent Fabius.
"C'est la première fois que je vois une dégénérescence morale et intellectuelle à ce point dans un parti de gouvernement, qui théorise que pour en
devenir le leader sous la Ve république (...), il faudrait surtout que la première condition soit que les Français ne veuillent pas de vous. Et donc ne pas vraiment installer un leadership à la
tête du parti", a déclaré M. Peillon, très proche de Ségolène Royal.
Il désignait ainsi les "reconstructeurs" (amis de DSK, Fabius, Aubry et Montebourg) qui disent vouloir mettre de côté les questions de personnes en
commençant la rénovation du PS par un travail sur les idées.
Selon M. Peillon, "ceux qui disent +il faut les idées d'abord+ sont précisément ceux qui empêchent tout débat d'idées depuis une quinzaine
d'années".
"Nous savons bien que l'association ubuesque des amis de Laurent Fabius et desamis de Dominique Strauss-Kahn, qui pensent exactement le contraire sur tous les sujets, c'est la même association qui, en 2002, a totalement bloqué l'évolution du Parti
socialiste (...)".
Le député européen enfreignait ainsi la consigne donnée le 20 janvier par le premier secrétaire François Hollande, qui avait demandé aux
socialistes de se consacrer entièrement à la campagne des élections locales de mars, avant d'entamer les débats du congrès.
Vincent Peillon, proche de Ségolène Royal, prône la clarté et la transparence au
sein du Parti socialiste. Dans la dernière ligne droite vers les municipales, le député de la Somme entend adresser un "carton jaune" au gouvernement et conseille à Nicolas Sarkozy de changer...
de conseillers. Quant à l'avenir du PS, il déclare sans ambages qu'il devra se faire autour de Ségolène
Royal.
Vous faites campagne partout en France. La droite vous paraît-elle aussi en difficulté que la gauche le pense?
Méfions-nous de la chronique des victoires annoncées. Ce qui est certain, c'est que beaucoup de nos concitoyens se sentent trahis et méprisés. Trahis
parce que le Président a conduit sa campagne sur le pouvoir d'achat, et qu'à part l'augmentation de son salaire, celui des patrons du CAC 40, l'exhibition d'une vie de luxe, ils n'ont rien vu
venir, si ce n'est des difficultés supplémentaires pour eux-mêmes. Méprisés, parce que le Président semble s'intéresser davantage à lui-même qu'à leur sort. Il a dénoncé, à Périgueux, la vulgarité
organisée autour de nos enfants! Cela ne manque pas de toupet pour quelqu'un qui l'a installée lui-même, depuis huit mois, au sommet de l'Etat! Un nouveau sentiment de profonde inquiétude émerge
peu à peu. De la visite de Kadhafi à la proposition sur la Shoah, sans parler des dérives de son comportement personnel, nos concitoyens sentent que quelque chose ne va plus, comme un dérèglement
qui touche aux principes mêmes de notre République et qui, à ce titre, peut être lourd de dangers.
En quoi le parrainage par les écoliers de CM2 de jeunes victimes de la Shoah porte-t-il atteinte "aux principes de notre République"?
Des spécialistes, historiens, psychologues, associations et enseignants accomplissent un travail remarquable sur ce sujet d'une extrême difficulté. Que le Président les encourage au lieu d'entrer
dans une démarche d'émotion et de communication qu'aucun d'entre eux n'a demandée et que tous désavouent. Après les affirmations sur les origines génétiques de l'orientation sexuelle, le discours
sur l'homme africain incapable d'entrer dans la modernité, la supériorité des curés, rabbins et imams dans l'apprentissage du Bien et du Mal, il faut que le Président s'arrête. Comme s'il ignorait
et notre histoire et nos principes, il ne cesse de parler d'une identité nationale qu'il foule aux pieds. Avec lui, c'est d'abaissement national qu'il s'agit! Le temps est venu pour lui de se
ressaisir. Qu'il prenne la mesure de ses responsabilités!
Quels conseils lui donneriez-vous pour rebondir?
Il semble que le Président ne manque pas de conseillers! Mais vous avez raison, au vu des résultats, il devrait peut-être en changer. Qu'il comprenne que ce n'est pas seulement son destin personnel
qui est en cause, mais celui de la France, serait un bon début.
Quel message devrait faire entendre la gauche dans cette campagne municipale?
J'entends qu'il faut adresser un carton jaune au gouvernement et utiliser les collectivités de gauche pour se protéger. C'est vrai mais cela reste trop défensif. A Lyon, Strasbourg, Paris, Nantes,
Rennes, Tours, Marseille, Lille, Toulouse, Caen, Grenoble, Dijon, Besançon ou Montpellier, il existe une gauche d'action qui fait campagne, non sur un rejet, mais sur des projets. Nous devons les
mettre davantage à l'honneur. En termes de stratégie économique, de coopération européenne, de développement durable, de politique sociale, d'accompagnement et de sécurité, de démocratie
participative, d'ouverture à la société civile, de reconnaissance de la société métissée, la rénovation de la gauche est en marche dans cette campagne. Certains ont même déjà réalisé les assises de
la gauche et des progressistes que j'appelle de mes voeux au niveau national!
Vous voulez parler des alliances avec les centristes, mais tous les prétendants socialistes ne sont pas d'accord et le diront dès le 16 mars, quand la trêve électorale
s'achèvera.
Les "prétendants" seront obligés de prendre appui sur cette énergie, sur ces expériences, sur ces compétences, pour accomplir les tâches qui sont devant nous : formuler un projet, rénover
notre organisation, définir une nouvelle stratégie, choisir un leader et une équipe. Le message positif de sérieux, d'énergie et d'espoir que portent nos candidats au plan local devra alors se
faire entendre plus fortement.
La bataille pour la succession de François Hollande sera ouverte, quel premier secrétaire voulez-vous?
Tirons les leçons des expériences passées: Mitterrand, Chirac, Jospin, Sarkozy, toutes les victoires sont le produit d'une adéquation entre le parti majoritaire et le candidat. Si la gauche veut
avoir l'espoir de retourner aux responsabilités, elle doit avoir la maturité d'accepter cette évidence. Surtout qu'avec le quinquennat, il n'y a pas de temps à perdre.
Mais personne ne s'impose aujourd'hui!
C'est le vote des militants qui le dira. Et j'appelle tous ceux qui ont une ambition présidentielle à venir la présenter loyalement devant les militants. Avancer dans la clarté est la seule façon
de ne pas bloquer le système. Ne recommençons pas le congrès de 2002: des ambitions dissimulées dans une fausse unité, et l'immobilisme pour cimenter le tout. Cette fois-ci, n'attendons pas, par
paresse, lâcheté ou hypocrisie, 2011 pour trancher les problèmes qui se posent à nous.
Vous ne croyez pas à un duel Royal/Delanoë?
Non, c'est une invention de ceux qui veulent faire peur et disent: "Attention à l'explosion!" C'est une logique d'empêchement visant à les dissuader l'un et l'autre de se présenter. Or
nous avons besoin de clarté, de simplicité, et aussi de grands leaders appréciés des Français. Que ceux qui veulent être premier secrétaire se déclarent, que les militants votent, et que l'on
respecte ce vote en se rassemblant et en se mettant au travail autour de celle ou de celui qui sera choisi.
Un "tout sauf Ségolène" s'esquisse, comment l'affronterez-vous?
Encore une démarche positive! Je n'ose le croire. Si c'est vrai, c'est idiot. Moi, j'invite au contraire tous les talents et toutes les volontés à construire une large majorité pour préparer la
victoire en 2012. Ne sous-estimons pas le travail à accomplir. Et j'ajoute un propos de bon sens: comme cela ne pourra pas se faire sans Ségolène Royal, et encore moins contre elle, il faut faire
avec elle, et autour d'elle. Propos recueillis par Pascale AMAUDRIC Le Journal du Dimanche