1/A l'initiative d'Alain MAIREanimateur DA 76 le Havre , deux réunions dans le cadre de la consultation participative "pour un congrès utile et serein"
nous vous invitons le:
- le 17 mai à la section du Havre (9rue Georges Braque ) de
14h à 17h
« Le Parti socialiste doit intégrer toutes les
nouvelles formes de militantisme et d’engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la
discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ? »
-le 24 mai à la section du Havre (9rue Georges Braque ) de 14h à
17h
« Le socialisme ne peut pas se contenter
d’aménager le capitalisme financier à la marge : comment produire et répartir autrement la
richesse ?
2/ Débat public sur l’Agglo de Rouen prévu initialement le vendredi 16 mai 20h30 , est
reporté auJeudi 22 mai à la Maison de la Lombardie, 50 rue Leverrier, sur les Hauts de Rouen
Chères amies, chers amis, je vous souhaite la bienvenue sur ce site participatif. Il répond à l'initiative que nous avons lancée, en vue du Congrès du Parti socialiste, pour lancer un
débat de qualité, serein, utile aux Français. Je compte sur vous pour le faire vivre et apporter vos idées. Elles nous permettront de composer une belle contribution dont nous serons
toutes et tous co-auteurs !
La rénovation est en marche rue de Solferino. Du moins celle du chauffage : un audit a été lancé sur le système de
radiateurs-climatiseurs, vieux de dix ans et plus très en forme. Pour le reste, la température politique, au siège du Parti socialiste, semble n’avoir jamais été aussi glaciale depuis son
installation en ces lieux, il y a vingt-sept ans.
«Il y a beaucoup de vague à l’âme, de tristesse», dit un élu. «Aucun entrain, aucune initiative. C’est le
spleen»,«On se force tous pour y aller», glisse une députée. «C’est mortifère», tranche un permanent. Si le choc de la défaite de Ségolène Royal fut moindre que
celui du 21 avril 2002, la dépression postélectorale semble plus profonde encore. Diagnostic de Claude Bartolone, lieutenant de Laurent Fabius : «En 2002, on s’était remis en place
très rapidement, car il y avait tout de suite un après : le congrès de Dijon, où chacun avait des perspectives. Là, il n’y en a pas.» ajoute un
cadre.
Parti socialiste, no future ? En tout cas, pour les habitués du siège, un présent des plus déprimants. «Solferino a été une ruche,
rapporte un dirigeant. Maintenant, c’est une termitière. Les fondations sont entièrement bouffées…» Il y a pourtant encore une vie rue de Solferino. Celle des 112 permanents à
temps plein, qui continuent à faire fonctionner la machine. Dans une ambiance «délétère», dit l’un d’eux. Jusqu’ici plutôt soucieux de ne pas rejouer entre eux les rivalités entre courants, les
permanents y ont replongé. «On n’avait plus connu ça depuis le congrès de Rennes [1990,ndlr], avec l’étage des rocardiens, ou celui des fabiusiens, raconte un salarié.
Quand tu demandes à un gars d’aller à une réunion, il te répond qu’il accompagne son chef dans sa ville. Les permanents sont payés par le parti, mais au service de tel ou
tel.»
Le climat social n’est pas non plus aux lendemains qui chantent. Le bon résultat des socialistes aux législatives, qui a permis à la dotation
publique du PS de passer de 18 à 22 millions d’euros, a certes écarté les rumeurs persistantes de licenciements. Il n’empêche que les effectifs, lentement mais sûrement, s’effritent.
«C’est la méthode que Sarkozy utilise pour la fonction publique : le non-remplacement des départs à la retraite, râle un permanent. Sauf que Sarkozy dit : “Vous serez moins, mais
mieux payés.” Pas nous.» Cela n’aide pas à la motivation. «Chacun fait son boulot, comme à l’usine, lâche un cadre. C’est le signe d’un parti qui se fait
chier.»
Dire que la réactivité ne préside pas à la gestion des affaires courantes relève de l’euphémisme : il aura fallu un écho dans Libération pour que
la plaque présentant l’organigramme du parti, à l’accueil, soit décrochée illico. Elle présentait toujours, six mois après son entrée dans le gouvernement Sarkozy, Eric Besson comme le
secrétaire national à l’économie du parti ! De même, ce n’est que fin novembre que quatorze socialistes, membres des cabinets des ministres d’ouverture, ont reçu un courrier les informant de
leur exclusion du parti.......la suite ici
PARIS, 4 déc 2007 (AFP) - Le secrétaire national du PS à l'économie, Michel Sapin, a affirmé mardi que dialoguer ou
associer différents courants de gauche et du centre n'était pas pour le PS faire "le grand écart", mais que celui-ci devait être "le grand trait d'union".
Interrogé sur les propos de Ségolène Royal affirmant qu'elle "ne fait pas le choix" entre les idées de François Bayrou et celles d'Olivier Besancenot, M. Sapin a
estimé qu'"il faut savoir dialoguer avec les uns et les autres sans se perdre soi-même".
Dialoguer avec les électeurs de MM. Bayrou et Besancenot, "ce n'est pas le grand écart, c'est le grand trait d'union", a-t-il dit. Selon lui, il faut que le PS rassemble
"les électeurs de la gauche et les électeurs qui ne se retrouvent pas dans une certaine droite", car "c'est toujours comme ça qu'il a gagné".
M. Sapin a jugé qu'il était "trop tôt" pour que Ségolène Royal devienne premier secrétaire du PS, car "il faut d'abord réconcilier le PS avec lui-même".
Il a souhaité qu'au prochain congrès du PS "se mettent ensemble tous ceux qui pensent la même chose", estimant que c'est le cas "sur le gros des choses" de Bertrand Delanoë, Ségolène Royal,
François Hollande et Dominique Strauss-Kahn.
Mais en même temps, "ce parti a besoin d'être dirigé. Il faut qu'on parle d'une seule voix. Il faut qu'on sache à l'extérieur qui parle au nom de la majorité du PS", a-t-il
ajouté.
Interrogé sur les mesures Sarkozy sur le pouvoir d'achat, M. Sapin a estimé que le président "n'a plus la possibilité" de décider combien il va "mettre pour le pouvoir d'achat des Français".
"Il n'y a plus rien dans les caisses de la France. Il a tout dépensé par avance avec ce fameux paquet fiscal où il a distribué 15 milliards".
"Donc, il s'adresse aux autres. Il dit: +Je suis incapable de vous proposer quelque chose moi-même. Alors, à votre bon coeur les entreprises+", a poursuivi l'ancien ministre de l'Economie.
M. Sapin a estimé que le rachat des RTT ne pourrait se faire que "dans quelques entreprises", alors que "globalement, l'ensemble des salariés français vont se retrouver confrontés à une
diminution de leur pouvoir d'achat". Il a également assuré que "les heures supplémentaires pour travailler plus, ça ne marche pas".
Municipales. Le PS tient demain sa convention
de ratification des investitures.
Bruno Le Roux, secrétaire national aux élections du PS, l’avait récemment annoncé en commission électorale. En substance : en matière de représentation de la «diversité», rien ne sert de
donner un objectif précis pour se voir reprocher ensuite de ne pas l’avoir atteint. Fidèle à cette méthode, le socialiste a annoncé un «fort renouvellement dans [les]
candidatures», soigneusement entouré du plus grand flou statistique. Bruno Le Roux, pour l’occasion, était flanqué de Faouzi Lamdaoui, secrétaire national à la diversité… et
candidat malheureux à la candidature à Argenteuil (Val-d’Oise), pour cause d’opposition farouche de la fédération locale, malgré le soutien de la direction. Tout un symbole…
Instances. Le PS, pourtant, l’assure : «Nous sommes bien en avance sur l’UMP.» Et Bruno Le Roux d’annoncer, dans les villes
de plus de 20 000 habitants, «un peu plus d’une vingtaine» de candidats de la «diversité» qui seront les «premiers des socialistes». Donc pas forcément têtes de
liste, accords locaux obligent. Et pas forcément non plus, c’est un euphémisme, sur des terres d’élection gagnables. Combien de ces candidats ont-ils des chances de l’emporter ? «Vous avez de
très bons logiciels», évacue Bruno Le Roux. La question a pourtant son importance. Car dans les villes mises en avant, de Troyes (Aube) à Evreux (Eure) en passant par Cannes
(Alpes-maritimes) et Vaulx-en-Velin (Rhône), rares sont les socialistes de la «diversité» en mesure de l’emporter. «Le PS se réveillera au lendemain des élections en faisant
semblant d’être tout étonné de n’avoir aucun maire issu de l’immigration, alors qu’il n’y a eu aucune volonté politique», note un cadre.
Même ceux qui semblaient initialement les mieux placés, comme Hussein Mokhtari à Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise) et Razzye Hammadi à Orly
(Val-de-Marne), suscitent aujourd’hui moins d’optimisme. D’autres, comme à Argenteuil, Etaples (Pas-de-Calais) ou Evreux (Eure), ont éprouvé les pires difficultés. Entre refus, par les instances
fédérales, des votes des militants ou des décisions du national, et dissidences locales. «Les mecs ont peur de se présenter à cause du racisme latent des barons locaux. Certains se sont
entendu expliquer que les beurs étaient bons à faire perdre des voix», raconte l’un de ces candidats malheureux. «Ce n’est pas le problème de la direction du parti, mais des élites
locales», plaide Stéphane Le Foll, directeur de cabinet de François Hollande. La direction a beau annoncer une «reprise en main»,cela ne convainc guère : «A six mois d’un
congrès, la direction ne se fâchera pas avec les barons locaux», estime un dirigeant.
Alors que des rumeurs évoquent l’intervention de militants furieux, demain à Paris, lors de la convention nationale de ratification des investitures,
certains dirigeants ont ainsi envisagé d’envoyer des socialistes de la «diversité» pour porter la bonne parole aux journalistes
présents. Ambiance…
«Démonstration». Côté parité, les femmes têtes de liste, selon Bruno Le Roux,
représenteront «un peu moins de 25 %» du total des candidats dans les villes de plus de 20 000 habitants. Avec, là encore, peu de précisions sur le nombre exact de villes gagnables.
Commentaire de Laurence Rossignol, secrétaire nationale chargée de la parité : «Ça n’a pas été géré du tout. Le national ne peut imposer quoi que ce soit à qui que ce soit de peur de faire la
démonstration" DAVID REVAULT D’ALLONNES
PARIS (Reuters) - Les velléités affichées par Ségolène Royal de briguer le poste de premier secrétaire ont déclenché une vague d'hostilité au Parti
socialiste en pleine préparation des élections municipales de mars.
Pour la première fois depuis son échec présidentiel, il y a huit mois, Ségolène Royal a déclaré qu'elle envisageait de prendre la tête du parti lors du congrès du PS, qui verra François
Hollande tirer sa révérence après onze ans.
En 2008, "j'ai l'intention d'aller jusqu'au bout de ce que j'ai entamé pendant la campagne présidentielle pour rénover la gauche",
a déclaré l'ancienne candidate à l'Elysée sur France 2.
Avant de se lancer, elle veut "d'abord réussir les étapes précédentes", au nombre desquelles "mobiliser beaucoup d'intelligences", "continuer à
bouger les lignes politiques" et "définir ce qu'est une nouvelle force politique à gauche".
"Si je suis capable de rassembler les socialistes sur cette offre politique, à ce moment-là, j'irais au bout de cette démarche",
a-t-elle ajouté en réponse à une question précise sur une éventuelle candidature au poste de premier secrétaire du PS.
Dans l'entourage politique de Ségolène Royal, qui se réunit boulevard Raspail tous les mardis matins, deux camps s'affrontaient sur la stratégie à
adopter pour l'année 2008: partisans d'une annonce rapide avant les municipales et tenants d'une temporisation, François Rebsamen en tête.
"Elle n'avait pas le choix, il fallait qu'elle se lance très vite", estime un membre de la direction du PS. "Après mars,
(Bertrand) Delanoë va prendre son envol et ce sera beaucoup plus dur pour elle d'exister".
C'est justement cette concomitance avec les municipales qui dérange Jean-Christophe Cambadélis. "Les présidentiables devraient penser à ceux qui
'en bas' travaillent pour contrer le gouvernement et réussir les municipales", déclare le député de Paris dans un communiqué.
"Au moment où les Français sont confrontés à une rafale de hausses et la perspective de mauvais coups du gouvernement, l'annonce de la ronde des
présidentiables n'est pas inattendue mais vraiment malvenue", déplore-t-il.
"J'AVANCE"
Avant tout, le PS doit se reconstruire, se remettre au travail et préparer les scrutins de mars, plaide également Arnaud Montebourg qui fut l'un
des porte-parole de Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle.
"Il faut que nous évitions à tout prix une primaire interminable entre des présidentiables qui s'affronteraient dès maintenant", a ajouté le député
de Saône-et-Loire sur RMC.
Pour Benoît Hamon, depuis son échec présidentiel, Ségolène Royal n'est plus "légitime à incarner la rénovation".
"Tout le monde n'a que la modernité à la bouche en ce moment mais dans une démocratie moderne, quand on perd, en général, on se retire", a déclaré
le député européen à Reuters. "Il faut laisser sa chance au PS, au collectif et en terminer avec une classe politique qui préempte le leadership politique pendant quinze ans".
Même au conditionnel, ces déclarations marquent une étape importante pour Ségolène Royal, qui restait jusqu'alors évasive sur ses projets au sein
du PS.
"J'avance. Je n'ai pas de stratégie particulière, la politique c'est d'avancer, pas de faire du surplace", a-t-elle confié jeudi
soir à quelques journalistes.
Que pense-t-elle des réactions que ses déclarations ont provoquées? "Pas grand chose", a-t-elle lâché après avoir rendu visite à José Bové, qui a
entamé une grève de la faim pour réclamer un "véritable moratoire" sur les OGM.
"Ce n'est pas une accélération mais une progression. Elle fait un pas auprès l'autre mais le point d'arrivée n'est pas encore
défini", confirme à Reuters Jean-Louis Bianco, son ancien directeur de campagne présidentielle.
"Elle prend ses responsabilités et a le mérite de la clarté. Ses déclarations brouillent le jeu d'apparatchiks qui continuent à essayer de
jouer le congrès en catimini", ajoute le député des Alpes-de-Haute-Provence.
Après plusieurs visites sur le terrain à dominante sociale au mois de décembre, elle est annoncée le 12 janvier à Saint-Brieuc, dans les Côtes
d'Armor, une ville gagnée par l'UDF en 2001 après trente années de gestion municipale de gauche.
Elle a également annoncé sa présence au troisième et dernier "forum de la rénovation" du PS fin janvier après avoir été absente lors des deux
premiers.
La socialiste met en garde "ceux qui s'amuseraient, une fois de plus, à se tirer une balle dans le pied", car "c'est le mouvement qui fera gagner des mairies
supplémentaires".
Ségolène Royal appelle au rassemblement des socialistes pour les municipales de mars prochain, et les met en garde
contre les polémiques qui "nuiraient à la dynamique de la campagne", dans un entretien au quotidien Le Parisien - Aujourd'hui en France à paraître vendredi 4
janvier. "Ce sont les polémiques entre socialistes qui nuiraient à la dynamique de la campagne
municipale", déclare-t-elle. "Et je mets en garde ceux qui s'amuseraient, une fois de plus, à se tirer une balle dans le pied", car "c'est le mouvement qui fera gagner des
mairies supplémentaires", poursuit l'ancienne candidate à la présidentielle.
Forum sur la rénovation le 20 janvier
Interrogée sur son programme immédiat Ségolène Royal répond : "retravailler avec tous les socialistes, y compris ceux qui
hier n'ont pas été à mes côtés, pour rassembler, réunir, consulter, discuter, proposer". Elle veut aussi "stimuler les forums participatifs dans le cadre des municipales.
M'impliquer pleinement aux côtés des candidats aux municipales et cantonales qui me le demandent". "Et participer, le 20 janvier, au forum sur la rénovation du PS qui se tiendra à la Mutualité, à Paris", ajoute-t-elle. Interrogée sur l'éventualité de se rallier à un premier secrétaire qui ne serait pas elle, Ségolène Royal répond: "La question n'est pas d'actualité".
MATTHIEU ÉCOIFFIER QUOTIDIEN : samedi 5 janvier 2008
Ségolène Royal en première secrétaire du parti socialiste ? Chez les militants, certains disent «enfin», d’autres «bof»,
voire «pitié !» Mais une majorité redoute que le duel annoncé avec Bertrand Delanoë (Libération de vendredi) ne phagocyte la
rénovation du parti.
Globalement le coming out de l’ex-candidate à la présidentielle semble «Même Yannick Noah tape plus fort sur Sarkozy !», se désespère
Sylvie, la trentaine (Montreuil). «La base est dépitée du manque de réaction du PS, alors que l’UMP avance», ajoute Christine (Saint-Brieuc). Plutôt royaliste, elle
caresse l’espoir «qu’un(e) chef mette fin à la guerre… des chefs. Ce que je veux, c’est un PS fort avec une tête capable de nous mettre en ordre de marche et surtout de ne pas
recommencer l’éternel combat de virgules entre motions pour aboutir à une synthèse molle au congrès». réveiller des troupes en
plein marasme sur l’incapacité de leurs dirigeants à s’opposer en proposant :
Déconstruction. Vincent, jeune entrepreneur «pro-Ségo» (Annecy) se dit prêt à aller à la baston : «Ségolène
n’est pas une femme d’appareil, mais elle paraît tellement indestructible que si elle prend le parti, ils auront peur. Pour que la rénovation marche, il faut qu’elle soit portée par des personnes
crédibles. Delanoë l’est aussi, mais on lui reproche d’être entré dans l’aigreur de Jospin vis-à-vis de Ségolène. Et sur le plan idéologique, Bertrand est encore très années 70, alors qu’elle est
dans la déconstruction totale, prête à prendre des risques, à organiser des primaires de toute la gauche, à l’italienne.» Vincent est sûr qu’un rapprochement Royal-Hollande est dans
les tuyaux. Et imagine pour l’actuel premier secrétaire «un rôle de gardien du temple à la Pierre Mauroy. Hollande a acté le fait qu’il ne passe pas dans l’opinion».
La sortie du bois de Ségolène Royal répond pour lui à une autre urgence : «Affaiblir vite Olivier Besancenot avant qu’il ne gauchise une bonne partie des socialistes
de Haute-Savoie.»
L’ex-candidate à l’Elysée, patronne du PS ? «C’est courageux, car elle va s’en prendre plein la gueule, mais c’est souhaitable et
pertinent»,la suite ici
En affirmant sa capacité à "rassembler les socialistes" sur la base d'une "nouvelle
offre politique", Ségolène Royal a fait de sa candidature au poste de premier secrétaire du Parti socialiste ce que les exégètes appellent une donnée objective. De ce fait, la présidente de
la région Poitou-Charentes a libéré la parole de ses détracteurs. Et ceux-ci apparaissent d'autant plus déterminés qu'ils ont le sentiment d'avoir sous-estimé leur rivale lors des primaires de
2006. Thème fédérateur des "anti-Royal" : l'heure n'est pas à afficher des ambitions mais à préserver l'unité du parti alors que le président de la République connaît ses premières
difficultés sérieuses.
L'offensive de Mme Royal vise à prendre de vitesse Bertrand Delanoë. Candidat implicite à la direction du PS, le maire de Paris
ne pourra mobiliser ses soutiens qu'après avoir assuré sa réélection. "Les questions de leadership apparaissent décalées. Cela exaspère les militants", insiste HarlemDésir,
député européen et proche de M. Delanoë.
Quant aux partisans de Dominique Strauss-Kahn et aux fabiusiens, qui redoutent d'être éclipsés par un face-à-face Royal-Delanoë, ils se disent
déterminés à éviter ce que Jean-Christophe Cambadélis, député strauss-kahnien, qualifie de "conflit délétère". Claude Bartolone, lieutenant de Laurent Fabius, observe
"qu'aucune grosse fédération n'a apporté son soutien à l'ancienne candidate" et dit éprouver un sentiment de déjà-vu. "On retrouve la Ségolène Royal de la présidentielle,
celle de la fuite en avant", persifle le député de Seine-Saint-Denis. Pour les chantres du "ni Ségolène ni Bertrand", le prochain congrès a déjà commencé. Fin janvier, ils doivent
publier un "manifeste de la rénovation" qui marquera en particulier leur attachement à la représentation proportionnelle au sein du PS. Ils envisagent ensuite - et l'affaire s'annonce
délicate - de désigner un "porte-parole". Autrement dit, un candidat au poste de premier secrétaire.
RAPPORT DE FORCES
Anti-Royal patenté, Jean-Luc Mélenchon rend hommage à son adversaire. "C'est bien qu'elle assume ses ambitions ; cela va enfin obliger
tout le monde à se positionner", se réjouit-il. Le sénateur de l'Essonne veut profiter de l'occasion pour "regrouper la gauche du parti" en rassemblant, outre son propre
courant, les amis d'Henri Emmanuelli, ceux de Marie-Noëlle Lienemann, "mais aussi beaucoup de fabiusiens".
Maître du calendrier, François Hollande n'a guère apprécié l'entrée en lice précoce de Mme Royal qui, selon lui, n'a pas les
moyens d'aller seule à la bataille. Fort du soutien de plusieurs fédérations et résolu à peser sur la désignation de son successeur, le premier secrétaire veut jouer sa propre carte dans la
perspective de 2012. Il n'accordera son soutien que sur la base d'un rapport de forces qui reste à établir.
Pour l'instant, la préparation du congrès du PS se résume à des stratégies d'empêchement croisées. La "rénovation" promise n'y a
pas encore trouvé son compte.