"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas,
ce que nous avons commencé ensemble,
nous allons le continuer ensemble"
"Combattre et proposer"
vous trouverez ici la contribution que nous déposons au Parti socialiste le 2 juillet. Elle est le résultat d’un long travail collectif, d’une large participation de militants, de chercheurs et de femmes et d’hommes politiques.
Vous pouvez y apporter votre signature en cliquant sur le lien prévu à cet effet. Soyons nombreux à porter le changement avec nous. »
Ségolène Royal
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n'oubliez pas la vôtre !
Réforme des institutions. |
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Le rapport de Jean-Pierre BEL sur la réforme des institutions . |
les députés poursuivent l’examen du projet Tepa
Par Tonino Serafini QUOTIDIEN : samedi 14 juillet 2007
Ségolène Royal reconnaît des "faiblesses" et tient à ses valeurs pour rénover le
PS
Mme Royal et son équipe se sont retrouvés dans une salle de l'Assemblée nationale pour une première réunion de travail post-élections: le matin avec une trentaine de membres de son équipe de campagne, celle installée au 282 du Boulevard Saint-Germain, et l'après-midi, pour une réunion élargie aux parlementaires qui l'ont soutenue et aux experts.
"J'ai compris mes forces et mes faiblesses", a confié à l'AFP l'ex-candidate, qui a employé plusieurs fois un mot qu'elle évite d'ordinaire, celui de "défaite". "Certes nous avons perdu mais nous avons aussi fait des choses extrêmement positives, c'était une belle campagne, on en est fiers", a-t-elle ajouté.
Côté forces, elle a rappelé que "même s'il y a eu défaite, il ne faut pas renoncer à tout ce qui a fait lever ce formidable élan pendant la campagne". Elle a rappelé aussi ses "intuitions", même si elles étaient "parfois insuffisamment précises", et les "éléments refondateurs" qui se sont levés: la démocratie participative, la valeur travail, l'ordre juste... "Nous ne devons pas abandonner les raisons pour lesquelles tant de gens nous ont rejoints", a-t-elle déclaré.
Pour elle, le parti socialiste devrait examiner ces éléments "avec beaucoup de clairvoyance". Des éléments sur lesquels "il faut continuer à travailler" et dont il faut "tirer les conséquences en termes d'actions concrètes", et qui devraient servir selon elle d'"éléments de travail pour continuer la refondation du parti". Ces éléments devraient permettre selon elle de rendre le PS plus "attractif".
Elle a reconnu, côté faiblesses, les difficultés de "traduction" de ces concepts et le "manque de réactivité", notamment à la télévision. Elle a réitéré ses regrets de n'avoir pas fait elle-même, quand elle était à Paris, les points de presse quotidiens de campagne. "C'est moi qu'on attendait", a-t-elle dit.
Elle a regretté aussi que la "greffe avec le parti" dans la deuxième phase de campagne ait dû se faire "dans l'urgence".
Mme Royal a donné rendez-vous pour sa rentrée politique le 25 août à la Fête de la rose de Melle (Deux-Sèvres), assurant qu'elle participerait ensuite à l'université d'été du PS, du 31 août au 2 septembre. "Mon action se situe à l'intérieur du Parti socialiste", a-t-elle assuré.
Les participants à la réunion ont manifesté leur satisfaction.
"On s'est dit ce qu'on avait sur le coeur", "la façon dont chacun avait vécu cette campagne", a indiqué Najat Belkacem, une jeune Lyonnaise qui faisait partie de son équipe.
Jean-Louis Bianco, directeur de campagne, a parlé de "séance de travail amicale, sympathique, pleine d'énergie". "On prépare l'avenir, on fera la synthèse le moment venu, à soumettre au débat collectif du PS", a-t-il déclaré.
Il a aussi relativisé l'échec de 2007 en l'incluant dans une mauvaise période pour la gauche. Il faut faire, a-t-il dit, aussi bien "une analyse de ce qui a été fait, et pas bien fait", qu'une "analyse idéologique depuis 2002".
François Rebsamen, co-directeur de campagne, a abondé dans le même sens en parlant de "séance de travail pour analyser les forces et les faiblesses (...) de la gauche en général".
Pour expliquer les raisons de l'échec, "les tendances sont lourdes, profondes, et ne datent pas d'aujourd'hui", a-t-il dit, notant que depuis 1993 "le PS ne vole pas de succès en succès".
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Ségolène Royal: "Nous devons tous nous remettre au travail"
"Nous devons tous nous remettre au travail, en examinant avec beaucoup de clairvoyance tous les éléments refondateurs qui se sont levés pendant la campagne, et sur lesquels il faut continuer à travailler", a déclaré Mme Royal à l'AFP, à l'issue de la première réunion du "séminaire de travail sur l'analyse de la campagne".
Une trentaine de personnes, dont ses codirecteurs de campagne François Rebsamen et Jean-Louis Bianco, se sont réunis à huis clos autour de l'ex-candidate PS lundi matin au Palais-Bourbon, avant une séance élargie dans l'après-midi.
"J'ai beaucoup appris pendant la campagne. J'ai compris aussi mes forces et mes faiblesses. Nous ne devons pas abandonner les raisons pour lesquelles tant de gens nous ont rejoints", a poursuivi Mme Royal.
Pour la présidente de la Région Poitou-Charentes, "même s'il y a eu défaite, il ne faut pas renoncer à tout ce qui a fait lever ce formidable élan pendant la campagne".
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Ségolène Royal et son équipe se sont retrouvés dans une salle de l'Assemblée nationale pour une première réunion de travail post-élections: le
matin avec une trentaine de membres de son équipe de campagne, et l'après-midi pour une réunion élargie aux élus qui l'ont soutenue et aux experts. "Je suis engagée dans le bilan de la campagne présidentielle, mais pour ouvrir des perspectives", explique Ségolène Royal. Le but de cette réunion est de "regarder ce qui s'est passé". Elle souhaite qu'"à la lumière de ce qui c'est passé, ce travail, cette réflexion puissent contribuer fortement à la rénovation des idées socialistes, pour faire en sorte que la société française soit mieux connue et que l'espoir qui s'est levé pendant l'élection présidentielle ne soit pas perdu". Ségolène Royal a en effet décidé de mettre en place"un groupe de coordination" et "des groupes de travail" autour des valeurs qu'elle a défendues pendant la campagne présidentielle et des "insuffisances des réponses concrètes apportées". "Ce travail sera mis à disposition du parti socialiste" précisant qu'une première synthèse en serait faite le 25 août à la Fête de la rose de Melle (Deux-Sèvres), lors de sa rentrée politique. "Je viendrai régulièrement restituer le produit, le fruit de ces réflexions collectives devant les instances du parti, je viendrai chaque fois que j'aurai avancé dans le cadre de ces groupes de travail sur des idées bien construites et bien structurées, je viendrai, puisque l'occasion m'en est proposée, devant le bureau national du parti socialiste pour les restituer et mettre dans le patrimoine commun". "J'ai confiance, je suis optimiste, nous allons reconstruire, nous allons rénover, accompagner la société française, répondre au désarroi et aux attentes des militants. Je suis là et bien là, avec eux, je vais le faire avec ma parole libre de femme libre, mais appuyée sur un mouvement collectif , je serai là et bien là au sein du parti socialiste". "Nous devons tous nous remettre au travail, en examinant avec beaucoup de clairvoyance tous les éléments refondateurs qui se sont levés pendant la campagne, et sur lesquels il faut continuer à travailler". "J'ai compris mes forces et mes faiblesses. Certes nous avons perdu mais nous avons aussi fait des choses extrêmement positives, c'était une belle campagne, on en est fiers. Je ne fuirai pas ce bilan dans ses points forts, dans ses points faibles, dans ses lumières, ses échecs, et ses insuffisances, c'est en ayant le courage de faire ce bilan de vérité et d'authenticité que l'on pourra ensuite bâtir sur des bases très solides". Côté forces, elle rappelle que "même s'il y a eu défaite, il ne faut pas renoncer à tout ce qui a fait lever ce formidable élan pendant la campagne". Elle évoque également ses "intuitions", même si elles étaient "parfois insuffisamment précises", et les "éléments refondateurs" qui se sont levés: la démocratie participative, la valeur travail, l'ordre juste... "Nous ne devons pas abandonner les raisons pour lesquelles tant de gens nous ont rejoints". Ségolène Royal reconnaît, côté faiblesses, que "l'élaboration du pacte présidentiel est intervenue très tard par rapport à celui de Nicolas Sarkozy, qui lui était prêt beaucoup plus tôt". Elle évoque aussi les difficultés de "traduction" de ces concepts et le "manque de réactivité", notamment à la télévision. Elle réitère ses regrets de n'avoir pas fait elle-même, quand elle était à Paris, les points de presse quotidiens de campagne: "C'est moi qu'on attendait". Ségolène royal regrette également que la "greffe avec le parti" dans la deuxième phase de campagne ait dû se faire "dans l'urgence". |

Par David Revault d’Allonnes, David Revault d’Allonnes
Ségolène Royal entend mettre sa réflexion
au service de la "rénovation du PS"
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Plus qu'une séance d'introspection, le besoin de marquer que la "rénovation" du Parti socialiste ne se fera pas sans elle. "Je
suis là, et bien là", a affirmé Ségolène Royal à la sortie du séminaire réunissant, lundi 16 juillet, son équipe de campagne présidentielle puis élargi aux élus et responsables du
PS qui en avaient constitué l'ossature. Après avoir semblé vouloir se tenir à l'écart des échéances internes du parti, l'ancienne candidate s'est dite prête à "assumer (ses)
responsabilités devant les instances du PS". Elle répond ainsi au souhait de certains de ses partisans, comme Jean-Marc Ayrault, qui plaident pour qu'elle s'inscrive dans la
constitution d'"un bloc rénovateur majoritaire" au sein du PS.
Si elle souhaite revenir sur les raisons de la "défaite" et soumettre sa campagne à un examen critique, ce sera, avertit-elle, "sans complaisance mais sans masochisme". "J'ai beaucoup appris au cours cette campagne, je ne suis plus la même après qu'avant", consent la présidente de la région Poitou-Charentes, qui assure avoir "maintenant bien identifié (ses) forces et (ses) propres faiblesses". "MUTATION POLITIQUE" Au premier rang de ces "faiblesses", la réunion de lundi - à laquelle avaient été invités plusieurs intervenants extérieurs tels que Brice Teinturier, le directeur du département politique de TNS Sofres, l'éditorialiste Jacques Julliard ou l'universitaire Olivier Duhamel - a souligné les "difficultés de calage" avec la Rue de Solférino. Dans une longue contribution sur la "mutation politique", ce dernier a pointé les "archaïsmes" du PS. S'il reconnaît à la candidate "un charisme aussi indiscutable qu'inexplicable", l'ancien député européen estime que cela restera insuffisant tant que n'aura pas été résolu "le problème du nouveau parti à inventer". "La droite est devenue hégémonique, analyse M. Duhamel, il nous faut absolument inventer des manières collectives de penser et d'agir, sans quoi nous n'avons aucune chance de revoir l'alternance, hors peut-être l'hypothèse où, un jour, la droite s'autodétruirait à nouveau comme elle a si bien su le faire par le passé." Pour les "royalistes", la chose est entendue. Les causes de l'échec préexistaient aux "raisons conjoncturelles" qui n'ont fait que sceller l'"antériorité de la droite dans la refondation idéologique". L'ancienne candidate est convaincue que sa campagne a permis de faire émerger un certain nombre de valeurs mais que celles-ci n'ont pas été suffisamment portées par le PS. "Il nous faut repérer les valeurs qui ont été comprises par les Français et les réponses que je n'ai pas pu apporter", indique Mme Royal. Elle a annoncé la mise en place de "groupes de travail thématiques" et d'un "groupe de coordination" pour mener à bien cette analyse, qui sera "mise à disposition du PS". De son côté, elle en livrera "une première synthèse" le 25 août, à l'occasion de la Fête de la rose à Melles, dans son département des Deux-Sèvres.
Mme Royal entend ainsi continuer à mener son propre travail de réflexion, "avec une parole libre", sans couper les
ponts avec le PS. "Ne soyez pas désemparés, nous allons continuer à porter la rénovation", a-t-elle lancé à ses fidèles.
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Par Julien Martin (Rue89) 17/07/2007
Première réunion d'autocritique d'une longue série. Ségolène Royal a réuni ses proches et des personnalités extérieures, lundi à l'Assemblée
nationale, pour faire le bilan de sa campagne présidentielle. Objectif: montrer qu'elle sait tirer les leçons de son échec pour mieux se replacer dans la prochaine course à l'Elysée:
Fidèle à ses habitudes depuis sa défaite, Ségolène Royal ferme à la presse chacune des démonstrations de démocratie participative. Interdiction de parler en dehors de la salle de réunion. Seules quelques langues bien pendues s'autorisent à bafouer le mot d'ordre.
Ancien porte-parole de la candidate socialiste, Arnaud Montebourg ne peut se retenir face aux caméras. Mais il n'aborde que la méthode, trouvant "intéressant d'avoir les analyses d'experts qui [les] ont observés durant toute la campagne".
Tête pensante de Ségolène Royal, Sophie Bouchet-Petersen se montre, elle, plus prolixe. D'abord poète: "Je ne vais pas inventer une détresse qui ne nous étreint pas." Avant de livrer son analyse: "Les raisons de l'échec remontent à 1986. Le premier symptôme que le truc nous échappe dans les classes populaires, c'est l'émergence du vote FN."
Elle clame à qui veut l'entendre: "Pas de tactico-tactique, c'est une réunion." La présidente de la région Poitou ne la contredit pas à la sortie de ladite réunion. Exit les critiques de ceux qui lui ont mis des bâtons dans les roues, l'heure est à l'autocritique. On est bien loin de la fracassante démission de Lionel Jospin en 2002. Mais on n'en saura pas beaucoup plus, les conclusions de ses réflexions feront prochainement l'objet d'un livre.
Certains intervenants extérieurs ("personnes ressources" en langage ségoliste) ont toutefois livré quelques pistes. Pour Brice Teinturier,
politologue à l'institut de sondages TNS Sofres, la défaite provient d'abord d'une impréparation de la candidate, d'un "retard à l'allumage":
Ségolène Royal veut se servir de cette analyse pour rebondir. Et compte bien ne plus répéter ses erreurs. "Le PS, c'est notre parti, il n'y a pas eux et nous", dit Sophie Bouchet-Petersen. L'ex-candidate socialiste acquiesce: elle interviendra même au bureau national du parti, instance qu'elle dénigrait jusque-là. C'est ainsi qu'elle entend redonner espoir aux "militants désemparés"... par sa propre défaite.
Le monde change, pourquoi pas la Gauche?
Au lendemain de l’échec des élections législatives, suite à la troisième défaite consécutive du Parti socialiste à l’élection présidentielle, Gaëtan Gorce, Arnaud Montebourg et Manuel Valls, accompagnés d’élus socialistes provenant de tous les horizons et de toutes les sensibilités, ont voulu entamer un cycle de réflexion sur l’avenir de la gauche.
Le premier séminaire se tiendra à Evry :
le vendredi 20 juillet 2007, de 10h à 18h00
à la Faculté des Métiers
(3 chemin de la Grange Feu Louis 91035 EVRY Cedex)
Pour combattre les idées claires de la droite dure, le PS ne peut se contenter d’idées floues et de vieilles recettes. Pour mener une opposition combative, l’emporter aux élections locales en 2008 et 2010 et gagner en 2012, les socialistes n’ont d’autres choix que d’engager une transformation profonde, une rénovation exigeante et sincère. C’est pourquoi, cette journée de travail tentera de comprendre les raisons de leurs échecs et mettra en perspective les principaux chantiers de réflexion qui structurent la société française d’aujourd’hui.
Programme :
Matin : Séminaire de travail
§ Quelle évolution des inégalités en France ? Avec Camille Landais, Chercheur à l’Ecole d’Economie de Paris.
§ 1995, 2002, 2007 : quels enseignements tirer de nos échecs électoraux ? Avec Gérard Le Gall, délégué national du PS chargé des études d'opinion.
12 h 30 : Accueil des journalistes, suivi d’un déjeuner de presse
14h30 : Débats
§ Quelles conséquences politiques la gauche doit-elle tirer de l’individualisation de la société française ? Avec François de Singly, sociologue et philosophe.
§ Le PS, la sécurité et les problèmes de la paix. Avec Louis Gautier, Délégué national du PS aux questions stratégiques.
§ En quoi la gauche française ne répond-elle pas aux attentes de la société ? Avec John Crowley, Directeur du Centre International de Recherche Comparatives en Sciences Sociales.
17h30 : Conclusion
L’hebdo des socialistes n° 455
Mercredi 18 juillet 2007
Au sommaire de
L’hebdo cette semaine :
Edito : Quelles institutions demain?
Actualités France
- Interview de François Hollande
- Institutions : extrait du projet des socialistes « Refonder la République »
Cahier de vacances
Culture
L’invité Olivier Falorni
Tribune par Jean-Pierre Mignard
Nous étions quatre. Ou plutôt cinq. François Hollande, Jean-Michel Gaillard Jean-Yves Le Drian, Jean-Pierre Jouyet et moi. Je crois avoir été l'instigateur vers 1983
de ce complot rénovateur. On nous appelait «les transcourants». Nous refusions le morcellement du PS en factions adverses. Nous pressentions que le communisme agonisant et l'internationalisation
accélérée des relations économiques changeraient la face du monde et ruineraient les concepts qui avaient dessiné la seconde moitié du XIXe siècle et la première moitié du
XXe. Nous voulions éviter que la victoire de la gauche en mai 1981 ne s'achève dans un malentendu désastreux. Glacée par la brutalité du monde réel, harassée par des assauts aussi
désespérés que ruineux lancés contre les citadelles financières, insaisissables car déjà mondialisées, la gauche s'enlisait. Chaque dévaluation confirmait la malédiction du marché aux yeux de ses
détracteurs, et les chantres du repli national ou du choc frontal donnaient déjà de la voix. Il fallut Delors et Mauroy pour sauver la gauche, et la France, de la déroute. Rajoutons la sagesse de
Mitterrand. Nous explorions les chemins du réformisme, c'est-à-dire du compromis. Rocard l'avait déjà prophétisé, mais, l'associant à sa personne, il le rendait suspect dans un parti voué à
François Mitterrand, marqué de surcroît par le tropisme d'une longue compétition avec le PCF.
Notre objectif était simple: reforger nos convictions devant la débâcle idéologique d'un socialisme dirigiste, prémunir la gauche du cortège des petits arrangements qui suivent l'inhumation des
idéologies défaites. Puisque l'anticapitalisme dogmatique se révélait impuissant à changer l'ordre des choses, il fallait se ressourcer auprès de la société en mouvement et conjurer ainsi le
spectre de la SFIO. Notre devise était peut-être simple, mais elle tenait à cela: comme Barrès pour la terre, nous affirmions «la société ne ment pas». Si l'on y rajoutait la méthode de «la
démocratie jusqu'au bout», définition lumineuse du socialisme de Jaurès, nous étions, je crois, en avance. Nous voulions amortir le choc de la mondialisation naissante, recoudre le tissu social
déchiré entre les exclus et les secteurs d'élite. Dans «La gauche bouge», publié en 1985 sous le pseudonyme riche d'équivoques de Jean-François Trans, Jean-Michel Gaillard, que nous pleurerons en
2005, intitulait son chapitre «La puce et les Minguettes». Les Minguettes étaient le Clichy-sous-Bois de la France de 1985. Qu'il met parfois du temps, ce pays, à se réveiller quand personne ne
lui ouvre les yeux! Quelle avarice de courage politique face à cette Marche des Beurs de 1983 dont le sens fut occulté avec application! La facture a été présentée en novembre 2005, avec les
pénalités de retard en sus. Nous critiquions déjà la facilité de croire que la gauche pourrait l'emporter sans projet, par un simple effet de ressac.
Pour se protéger de la tentation, si facile, si alléchante, de tout jeter par-dessus bord quand la boussole s'affole, nous avions projeté d'immerger le parti dans la société, de le nourrir de ses organismes vivants, un parti aux frontières aisément franchissables. Mieux que la carte d'adhérent à 20 euros, nous avions lancé l'idée des primaires sous la plume de François Hollande. La référence au Parti démocrate américain ne nous faisait pas peur. Outre que nous y voyions l'occasion d'associer nos électeurs à la désignation du candidat, nous tenions que c'était le plus sûr des codes de bonne conduite pour la sélection des candidats. Prémonitoire... La démocratie participative, mais peu importe le nom, cette fulgurance de la campagne de Ségolène Royal, est redevable à tout cela, aux primaires américaines, aux forums de Porto Alegre, aux conclaves de la deuxième gauche, à nos universités d'été de Lorient. La germination d'une bonne idée est multiple. Nous esquissions, peut-être même sans le savoir, ce monde cosmopolite, décrit par Ulrich Beck, qui abolit les anciennes distinctions devenues invalides entre le dedans et le dehors, le national et l'international, nous et les autres.
Je n'oublie pas ces discussions toujours libres, sans souci de complaire, sur les communautés et le communautarisme, l'écologie et le nouveau modèle économique, les relations avec le centre déjà, ces traits d'union constants entre hier et aujourd'hui. Mais quand on relit les notes, le foisonnement des thèmes, au-delà de l'amitié vivace, le chagrin des visages disparus, l'amertume des séparations politiques, on découvre soudain que ce ne sont ni la lucidité ni la vision qui ont fait défaut pour reconfigurer en vingt ans le corps de références de la gauche. Tout était là. Mais la connaissance est un antidote bien inoffensif contre le poison lent du conformisme de la pensée et la lourdeur des positions installées. Ce sont le courage et la volonté qui ont fait défaut. C'est la modeste leçon que je livre à ceux qu'intéresse l'avenir du Parti socialiste, figure majeure de la démocratie française.
EVRY (AFP) - Plusieurs responsables du PS, dont les députés Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Gaëtan Gorce, soucieux d'en finir avec "l'immobilisme" dont ils accusent le parti, ont entamé vendredi à Evry un cycle de
réflexion sur "l'avenir de la gauche".
"Il faut beaucoup de courage et ne pas accepter cet immobilisme qui a empêché les vrais débats", a déclaré le député-maire d'Evry Manuel Valls, qui accueillait dans sa ville ce séminaire qui a rassemblé "des responsables, militants, intellectuels venant d'horizons différents, et qui ont envie de participer à cette nécessaire refondation".
"On ne peut pas attendre, il faut décloisonner le parti socialiste qui depuis des années n'organise le débat interne qu'à travers ses courants, ses clans, ses chapelles, ses écuries présidentielles", a-t-il ajouté.
"Ce dont le parti socialiste souffre le plus, c'est de ne pas porter le vrai et le bon regard sur la société française", a-t-il souligné, affirmant qu'il faut "en finir avec le système qui depuis des années empêche le parti socialiste de formuler un projet à la hauteur des enjeux de la société française".
Pour le député de la Nièvre Gaëtan Gorce, cette journée a démontré qu'il est possible de "dépasser les divisions et les désaccords pour amorcer un débat de fond". Il s'agit selon lui d'un mouvement qui porte "d'abord sur les idées", et qui n'est "instrumentalisé par personne".
Manuel Valls, dont le nom est parfois évoqué parmi les candidats éventuels à l'investiture présidentielle pour 2012, a affirmé que cela "n'aurait aucun sens" d'afficher des ambitions personnelles. "Chaque chose en son temps", a-t-il ajouté.
"En affirmant ma participation à un mouvement profond de rénovation de la gauche, j'affirme déjà une ambition, chacun peut en tirer les conclusions qu'il souhaite. C'est une ambition collective, c'est une ambition personnelle. Je vais y participer et y prendre toute ma place", a-t-il déclaré, affirmant vouloir "être pleinement acteur".
Il a assuré que les socialistes réunis à Evry n'étaient pas en train de "constituer un courant". "Si on faisait cela, cela voudrait dire que l'on rentrerait dans un processus qui est par lui-même vicié et qui aboutira forcément au même échec et au même résultat", a-t-il encore déclaré.
Ces députés se sont montrés depuis la présidentielle très critiques à l'égard du premier secrétaire François Hollande. Ils ont à plusieurs reprises réclamé son départ à bref délai.
Un autre séminaire devrait se tenir au mois de septembre à Tours.







