"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas,
ce que nous avons commencé ensemble,
nous allons le continuer ensemble"
"Combattre et proposer"
vous trouverez ici la contribution que nous déposons au Parti socialiste le 2 juillet. Elle est le résultat d’un long travail collectif, d’une large participation de militants, de chercheurs et de femmes et d’hommes politiques.
Vous pouvez y apporter votre signature en cliquant sur le lien prévu à cet effet. Soyons nombreux à porter le changement avec nous. »
Ségolène Royal
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![]() SEINE MARITIME (76) MUNICIPALES Résultats par commune : AF GM NR SZ |
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Tout au long de la campagne des élections municipales, la gauche a fait grief au gouvernement de tenir secret un plan de rigueur, prêt à entrer en application sitôt le scrutin passé. Ce dont le gouvernement s'est défendu, assurant qu'on lui faisait un mauvais procès. Pourtant, le plan existe, massif, coordonné, auquel travaillent l'Elysée et le gouvernement depuis de longues semaines et qui va entrer en oeuvre dés les prochains jours. Un plan englobant des réformes peu ou pas du tout évoquées durant le débat électoral de ces dernières semaines.
Pourtant, François Fillon et nombre de ses ministres n'ont pas tort de se récrier et jouer avec le mot. Parce que ce qui se prépare n'est pas un plan de « rigueur » à l'identique de celui mis en
oeuvre par les socialistes lors du virage des années 1982-1983 par exemple. Il s'agit plutôt d'un plan de réformes «structurelles» - comme disent les experts -, c'est-à-dire d'un ensemble de
mesures transformant en profondeur l'architecture même de l'administration ou certaines règles de la protection sociale. Et il n'y a pas que les services publics ou le train de vie de l'Etat qui
seront touchés. De la réforme du régime général des retraites, avec le passage aux 41 ans d'activité, jusqu'à une possible suppression pure et simple de l'impôt de solidarité sur la fortune
(ISF)[3], l'augmentation de certaines taxes, en passant par la remise en cause de nombreuses aides sociales, la «banalisation» du Livret A ou encore la
privatisation partielle, dans les tous prochains mois, d'Areva, le champion du nucléaire français, le plan de travail du gouvernement va être musclé.
Certes, d'autres mesures sont dans les tuyaux et viendront compenser l'âpreté de ce qui précède, en matière de pouvoir d'achat (le SMIC, l'intéressement), de redéploiement de certains crédits (les 500 millions d'euros du plan banlieue par exemple), d'aide aux entreprises et de droits nouveaux pour certains salariés parmi les plus précaires. N'empêche, si le gouvernement va au bout de ses intentions, la France va connaître un des bouleversements les plus radicaux de son histoire.
Avant d'en dresser l'inventaire, encore convient-il de garder à l'esprit trois éléments de contexte. Un : la conjoncture économique s'avère plus dégradée que ne le pensait le gouvernement à
l'automne dernier. A l'époque, quand le projet de loi de finances pour 2008 a été débattu par le Parlement, il reposait sur des hypothèses économiques plutôt favorables: un baril de pétrole à 73
dollars; un euro à 1,37 dollar; et, au total, une croissance de l'économie française en 2008 comprise entre +2% et +2,5%. Or, dans l'intervalle, sous le coup notamment de l'entrée en récession
des Etats-Unis, la conjoncture mondiale s'est fortement assombrie. Et la conjoncture française en a été affectée. En bref, avec un baril à plus de 110 dollars, un euro qui a grimpé jusqu'à 1,55
dollar et une croissance française qui ne devrait guère dépasser 1,5%, les finances publiques vont en faire lourdement les frais.
La suppression de l'impôt sur la fortune à l'étude [3]
Mobilité, fusion des corps: les fonctions publiques dans la tourmente [4]
L'arme fatale de la révision générale [5]
La contrainte de la dette
Deux : la dette publique hante les esprits, notamment celui de Nicolas Sarkozy qui ne rate jamais une occasion de pointer les 1.100 milliards d'euros que le budget se traîne, et il n'est pas étonnant que Michel Pébereau, le président du conseil d'administration de BNP Paribas, l'auteur d'un rapport véhément [6] sur le sujet ait été impliqué dans ce qui se mijote.
Trois : nos partenaires européens commencent à perdre patience et exigent que la France se remette dans une conformité budgétaire compatible avec les traités et l'esprit dans lequel les 27 sont
tombés d'accord pour maintenir la croissance sur le vieux continent.
Du coup, la gauche a tort d'estimer à 20 milliards d'euros le plan en question
[7]. En fait, c'est un ensemble beaucoup plus vaste, dans son ampleur et sa durée, qui est en gestation et qui va très au-delà du seul volet des finances
publiques. la suite ici
Revue de presse• Maintien des réformes, plébiscitées par les Français, et de leur rythme. C'est le message lancé par François Fillon et la majorité après la défaite de la droite aux municipales. Mais, lundi 17 mars, la presse internationale ne fait pas tout à fait la même analyse.
"La droite française mord la poussière" titre ainsi Le Temps. Le quotidien suisse estime que "les déconvenues du pouvoir amènent deux questions". Il s'interroge sur un éventuel "vent de révolte" à droite. Même s'il est improbable, le quotidien note que "les élus de droite auront sans doute plus de mal à suivre un chef qui les a conduits à la défaite". L'autre question porte évidemment sur le rythme et la réussite des réformes que le président annonce vouloir mener. Le Temps dresse un bilan bien terne pour Nicolas Sarkozy : "Son image de gagneur, capable de réaliser la 'rupture' à vitesse grand V, a été sérieusement écornée."
Dans sa rubrique Opinions, le Financial Times estime que si Nicolas Sarkozy a lancé quelques chantiers méritant d'être salués, il ne s'agit pas de la rupture annoncée. Le FT raille même le côté "comique" de la commission Attali. Celle-ci ayant plongé dans le travers européen consistant à dresser une liste sans fin de réformes à mener sans toutefois prévoir les détails de leur application. "Les réformes de Sarkozy doivent aller au-delà des licences des taxis", souligne le FT pour qui il ne s'agit pas forcément d'une priorité pour la France. Pas plus que de faire de l'aéroport Charles de Gaulle le premier en Europe, devant Heathrow... Le FT vote pour la fin effective des 35 heures et une réforme des "lois archaïques" encadrant les contrats de travail.
NICOLAS SARKOZY, "FASHION VICTIM"
Le conservateur Wall Street Journal affiche quant à lui une photo bizarrement déformée du président français tout sourire, présentant à l'objectif un sac Louis Vuitton. Et d'expliquer que les Français ont été déçus par la rupture annoncée. Celle-ci s'étant traduite par un affichage visiblement peu prisé : "Rolex à 14 000 dollars", "jogging en Ralph Lauren", " bague de fiançailles Christian Dior à 30 000 dollars "... Le journal note que les marques, elles, ont bénéficié de l'effet publicitaire. Mais si les Français aiment la mode, ils ne goûtent pas l'idée que leur président soit un représentant publicitaire, estime le WSJ. De "bling-bling", le président français est devenu une "fashion victim", conclut le quotidien financier.
Si le cap des réformes sera tenu, le style du président sera revu, parie l'International Herald Tribune. Après "Sarko l'américain" et "le président bling-bling", on s'acheminerait vers un style présidentiel plus traditionnel selon l'IHT. Mais il s'agira toujours d'image, selon le quotidien : le président devrait multiplier les voyages en province, au contact de la population et les conseillers élyséens devraient être invités à une plus grande discrétion.
Enfin, la plupart des journaux, comme El Pais ou l'Orient-Le-Jour, notent la défaite du ministre de l'éducation, Xavier Darcos. Pour le quotidien madrilène, l'UMP fait clairement les frais de l'impopularité de Nicolas Sarkozy. La gauche enregistre une large victoire tandis que le parti du président évite de peu une défaite humiliante grâce à sa victoire à Marseille. Mais, pour El Pais, la politique de Nicolas Sarkozy ne devrait pas changer pour autant : après ce résultat, "le gouvernement fait la sourde oreille", note le quotidien espagnol.
Dans un festival de langue de bois, manifestement télécommandé de l’Elysée, les responsables de l’UMP s’obstinent à nier l’évidence. Mais Marseille, conservée de justesse par Jean-Claude Gaudin, ne peut pas cacher la forêt. La gauche est désormais majoritaire en voix et conquiert un grand nombre de villes ; elle remporte plusieurs succès emblématiques, comme à Toulouse, à Périgueux, à Lille, à Reims ou à Metz. Et surtout, la mobilisation voulue par les partisans de Nicolas Sarkozy entre les deux tours débouche sur un fiasco. L’échec confirme bien, dans un sondage portant sur 44 millions de personnes interrogées, ce qu’on avait deviné : le charme sarkozien s’est rompu en quelques mois.
Atteints d’autisme électoral, les porte-coton élyséens incriminent l’abstention. Mais si elle est forte, elle a surtout frappé la majorité, ce qui réduit l’argument à néant. Ils affirment aussi que ce vote est avant tout local. Mais s’il n’y avait que cette seule dimension dans la consultation, pourquoi les candidats UMP ont-ils à ce point camouflé leur proximité avec Nicolas Sarkozy ? Et pourquoi de nombreux maires de droite sortants, qui n’ont pas forcément démérité dans leur ville, ont-ils mordu la poussière ? La ligne de défense des vaincus - circulez, il n’y a rien à entendre - ne résiste pas au simple examen des faits.
La ligne future des gouvernants est à l’avenant. Les Français nous disent que nous allons dans la mauvaise direction ? Une seule réponse : il faut y aller plus vite. Voilà qui présage un étrange acte II pour le sarkozysme agissant, dans cette pièce sifflée dès les premières répliques…
La gauche pavoise. On peut la comprendre. Elle l’emporte dans des lieux où il était écrit de toute éternité électorale que ses adversaires dominaient. Mais cette victoire est aussi lourde de menaces. Outre que l’opposition profite, sans avoir fait grand-chose, de la déconfiture présidentielle, elle doit, elle aussi, comprendre le message de l’électorat. Si la gauche gagne, c’est en raison d’une configuration très particulière. Les scrutins locaux la contraignent à une stratégie très précise. Il lui faut, pour l’emporter dans les villes, désigner à l’avance un chef de file crédible, qui emmène la liste et porte le projet. Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette condition, élémentaire dans une municipale, n’est pas remplie au niveau national. Certes les leaders ne manquent pas. Mais, selon le mot du Général, la gauche doit craindre non pas le vide mais le trop-plein. Déjà, les nombreux pères - et mères - de la victoire se disputent le rejeton…
Il faut enfin, pour gagner une mairie, proposer un plan réaliste et imaginatif, ce qui fut souvent fait. Où est-il à l’échelle du pays ? La critique abonde mais les idées de changement font défaut. Il ne manque, au fond, qu’une seule chose à cette gauche devenue pour l’essentiel réformiste : des projets de réforme.
La gifle
Dimanche dernier le Premier ministre avait tenté de nier l’évidence en parlant d’un 1er tour "indécis mais plus équilibré qu’annoncé". Ce soir il est évident que le vote sanction a bien eu lieu. La droite, qui avait déjà perdu Rouen, Laval, Alençon, Bourg en Bresse, Annonay et Rodez dès le premier tour, perd Toulouse qui était à droite depuis trente-sept ans, Strasbourg, Reims, Metz, Caen et Périgueux la ville du ministre de l’éducation Xavier Darcos. Le PS ayant confirmé avec éclat ses conquêtes de 2001 à Paris, Lyon, Lille, Rennes et Nantes, il détient maintenant la quasi-totalité des grandes villes, la droite ne conservant que Bordeaux et Marseille d’extrême justesse. La gauche est majoritaire dans les villes de plus de 20.000 habitants, elle va diriger la majorité des conseils généraux, elle préside vingt des vingt et une régions métropolitaines. Les Français lui ont donc donné tous les pouvoirs locaux. Mais le pouvoir national reste à la droite. Nicolas Sarkozy et le gouvernement devront tirer les leçons de la sanction de ce soir sinon le divorce avec les Français risque de s’aggraver. Robert Schneider
L'ex-candidate à l'élection présidentielle appelle la gauche à "imaginer et surtout réparer ce que le gouvernement a abîmé et détruit au cours
des derniers mois".
Ségolène Royal (Sipa)
"Dans un contexte de profonde inquiétude, nous, élus locaux, devons à la fois protéger, imaginer et surtout réparer ce que le gouvernement a abîmé et détruit au cours des derniers mois", a estimé l'ex-candidate socialiste à la présidentielle. Selon elle, "la peur du lendemain s'empare même de celles et ceux qui se croyaient à l'abri".
"Le gouvernement a dit après le premier tour qu'il entendrait le message, eh bien, qu'il le fasse et qu'il change sa politique et son comportement", a affirmé Ségolène Royal, qui a demandé au gouvernement d'"augmenter les retraites", de renoncer au paquet fiscal et de supprimer les franchises médicales.
"Faire preuve d'audace"
"Nous devons être à la hauteur, face au désordre, notre projet doit faire preuve d'audace", a-t-elle ajouté. Pour l'ancienne candidate PS à la présidentielle, "il ne s'agit pas d'arrêter des réformes mais de faire de bonnes réformes". "La situation est grave, il faut que le pouvoir se ressaisisse et écoute ce que viennent de dire les Français", a-t-elle poursuivi.
"Nous avons aujourd'hui de l'improvisation, du désordre gouvernemental, nous avons une perte de sens, de repères, de valeurs. Nous avons une crise morale, sociale, économique, écologique", a ajouté Ségolène Royal.
Stéphane Alliès [1] Enquête
Si le PS a perdu 40% de ses adhérents [2], il pourrait théoriquement voir revenir les quelques 110.000 encartés qui ont pris le large depuis la présidentielle. Les afflux et reflux de population militante sont recensés dans le fichier Rosam (Repertoire Open Source des Adhérents et Militants), objet de fantasmes les plus suspicieux de la part de l'opposition interne.
Selon Philippe-Xavier Bonnefoy, responsable du bureau national des adhésions du PS, le processus de décompte est le
suivant: «Rosam est renseigné par les fédérations et dit deux choses: le nombre d'adhérents sur une année civile et, sur les 24 derniers mois, le nombre d'adhérents pouvant voter au prochain
congrès. Il garde en mémoire les radiations et les mouvements dans le parti. Tous les responsables départementaux ont accès au fichier concernant leur fédération. En revanche, seuls trois
permanents gèrent le cœur du fichier et me font remonter toute anomalie. Je vous assure que Rebsamen n'y a pas accès». Ce que personne ne croit vraiment au parti.
«Dès l'annonce d'un congrès, le nombre d'adhérents devient l'un des enjeux principaux et il ne peut y avoir de processus de congrès sans maîtrise de ce chiffre», confirme le député
strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis, pour qui «un chiffre entre 120.000 et 150.000 est bien plus contrôlable que 300.000». Or, selon les statuts du PS, on reste membre du parti
sans repayer sa carte durant un délai de deux ans. Ils pourraient ainsi théoriquement être 276.500 (chiffre officiel communiqué par le parti à Médiapart
[2]) à voter lors du prochain congrès, probablement en novembre, du moment qu'ils se mettent à jour de cotisation avant d'entrer dans l'isoloir.
Puissantes fédérations
Alors que s'ébauchent déjà les stratégies d'alliances et que naissent les ambitions personnelles pour succéder à François Hollande, les protagonistes du PS estiment que le contexte d'un parti renouvelant sa direction laisse «le jeu ouvert». Ils veulent croire que le contrôle des fédérations ne pèsera pas comme par le passé sur la consultation.
Benoît Hamon, député européen et chef de file de l'ex-courant NPS lors du congrès de Dijon en 2003, explique ainsi: «Deux semaines avant le vote, il a fallu convaincre les dirigeants des Bouches-du-Rhône qu'on méritait 7% et non 2,5%. Et on a fait 7%… Depuis dix ans, il y avait comme une loi d'airain au PS: à chaque congrès, quelque soit l'état de l'opposition, François Hollande et la motion majoritaire recueillaient entre 55 et 60%, assis sur le score des cinq plus grosses fédérations. Cette fois-ci, tout le monde va pouvoir convaincre sur un projet de rénovation du parti et une orientation. C'est ce qui rend ce congrès passionnant».
Contactées par Médiapart, ces fédérations faiseuses de roi avancent des chiffres qui, si tant est qu'ils soient
sincères, laissent apparaître une répercussion locale bien moindre que la baisse globale d'adhérents. Paris semble être la fédération qui a le plus souffert, après avoir le plus augmenté lors de
la campagne de recrutement. Celle qui fut la première fédération de France lors de la dernière primaire, avec 18.144 adhérents au lieu des 4.272 inscrits lors du référendum interne de décembre
2004, compte désormais 12.165 membres, son effectif lors des investitures à la dernière municipale.
Moins précis, mais ne rechignant aucunement à communiquer ses chiffres, le Rhône (-10%, 4.500 adhérents), le Nord (-15%, 10.000) et les Bouches-du-Rhône (-20%, 8.000) concèdent une baisse depuis
la présidentielle, mais une hausse par rapport à la période précédant la campagne de recrutement des nouveaux adhérents. La fédération de l'Hérault n'a elle pas souhaité communiqué ses chiffres,
mais selon l'un de ses responsables fédéraux, elle compterait autour de 5.000 adhérents.
Enfin, fidèle à sa réputation de «fédé à l'ancienne», le Pas-de-Calais assure que les adhérents «n'ont pas cessé d'augmenter». Son secrétaire fédéral, Jean-Paul Pelinski, lâche ainsi:
«Nous, on est 15.000, on a gagné 3.000 adhérents depuis 2005. Mais il faut dire qu'on a refusé les adhésions par internet. Chez nous, c'est du réel!»
De nouveaux statuts
Face aux votes traditionnels des fédérations, garantes de 160.000 adhérents «réels» que les courants maîtrisent à peu
près, le sort du congrès pourrait à nouveau dépendre de l'intervention des 120.000 adhérents «virtuels», ceux qui décideraient de revenir au parti après l'avoir délaissé depuis le 5 mai 2007, en
se remettant à jour de cotisation. Pour éviter de nouvelles tensions internes entre «réels» et «virtuels», les différents courants du PS se sont entendus sur une réforme des statuts, qui sera
annoncée lors du conseil national du 25 mars. Une première phase de congrès, afin de limiter les abus électoraux.
Le poids des différentes fédérations et le nombre des délégués qu'elles enverront au congrès seront ainsi calculés en fonction des électeurs qui se seront déplacés jusqu'aux urnes et non du
nombre de cartes potentielles. Cette nouvelle règle de représentativité s'accompagnera du dispositif mis en place lors de l'investiture à la présidentielle. Les listes d'émargements seront
envoyées par la direction aux fédérations et des contrôleurs nationaux seront nommés pour contrôler la régularité des votes dans les endroits sélectionnés par les différents
courants.
D'autre part, la date limite d'adhésion retenue pour pouvoir voter pourrait être le 31 décembre 2007, rompant ainsi avec
la règle des 6 mois avant le jour du scrutin. «Si on choisissait le 1er mai, ça ouvrirait la porte à toutes les fenêtres, rit Philippe-Xavier Bonnefoy, alors que là, la sérénité sur
les chiffres est assurée». Enfin, une grille nationale des tarifs d'adhésion sera mise en place, afin d'unifier les montants sur tout le territoire et ne plus les laisser à la discrétion des
premiers secrétaires fédéraux.
Appelée «respiration unitaire» par Jean-Christophe Cambadélis, cette réforme des statuts prendra la forme d'une «convention nationale de la rénovation» et devrait avoir lieu en
juin. Sans doute adoptée à l'unanimité, elle doit permettre au PS de clarifier l'état de ses forces. Afin d'attaquer les choses sérieuses en s'évitant les polémiques de chiffres et les conflits
générationnels qui l'ont miné durant la dernière primaire.
- Lire les statuts actuels [3] du parti socialiste
- Pour les accrocs de l'informatique, lire une interview sur la mise en place technique [4] du fichier Rosam
- Pour rappel, ce fichier a connu bien des péripéties à l'époque de son instauration, Le Canard enchaîné s'y introduisant comme dans un moulin [5]
Liens:
[1] http://www.mediapart.fr/club/blog/stephane-allies
[2] http://www.mediapart.fr/journal/france/160308/le-parti-
socialiste-a-perdu-plus-de-40-de-ses-adherents-depuis-la-presidentiel
[3] http://www.psinfo.net/documents/statuts.html
[4] http://xulfr.org/entreprises/gestranet.php
[5] http://vedel.blogspot.com/2006/12/le-canard-visite-les
-sites-internet-du.html
Vincent Peillon : Je pense deux choses : ils ont exprimé au plan national un vote de défiance très fort à l'égard de Nicolas Sarkozy et François Fillon, et au plan local, un vote d'adhésion aux équipes et aux projets de la gauche.
bibounette : Vous avez gagné les élections municipales et remporté plus de trente villes de 30 000 habitants, et alors ? Contrairement à la droite, vous n'avez pas de projets, pas d'idées de réforme... Allez dans d'autres pays européens et regardez comment la gauche s'en sort !
Vincent Peillon : D'abord, nous allons dans les autres pays européens. Il y a même eu une mission conduite par Henri Weber pour regarder comment ils font dans les autres pays. Deuxièmement, à 15 heures, nous rencontrons avec Ségolène Royal Martin Schulz, président du groupe socialiste au Parlement européen.
Il n'est pas vrai de dire que la gauche n'a pas de proposition, que ce soit sur les retraites, la protection sociale, la décentralisation ou les institutions. Mais ce qui est juste, c'est que cette élection ne portait pas sur cette question, et qu'il nous reste, d'ici à 2012, à bâtir un projet crédible pour proposer une alternance aux Français.
Charles : Ségolène Royal a prôné des alliances systématiques avec le MoDem. Le jeu d'alliance proposé par Ségolèn Royal est-il donc le bon pour porter la gauche en 2012 à la tête du pays ?
Vincent Peillon : D'une certaine façon, il y a un faux débat. Notre stratégie est simple : il faut un PS fort, des alliances avec la gauche, et ensuite, ouvrir vers ceux et celles qui ne se reconnaissent pas dans la politique conduite par la droite de Nicolas Sarkozy. C'est le cas de beaucoup de militants et de responsables du MoDem, qui ont d'ailleurs fait leur choix dans beaucoup de collectivités locales, soit au premier tour, soit au second.
En réalité, la question qui se pose est d'abord posée au MoDem : veut-il être conséquent avec lui-même, donc accepte-t-il de travailler avec la gauche ?
Adrien_L. : Le PS va-t-il se poser en rassembleur de la gauche, alors qu'il a lui-même tenté de prendre des bastions au PCF ? N'y a-t-il pas une stratégie opportuniste dans tout cela ?
Vincent Peillon : Dans les élections locales, il y a toujours une grande diversité et, par rapport à la ligne générale, des exceptions. Notre volonté reste la même : clarifier le projet du PS, rassembler la gauche et élargir ensuite.
dede13 : Comment le PS va-t-il pouvoir transformer son succès électoral municipal en alternative crédible pour l'élection présidentielle ?
Vincent Peillon : De plusieurs façons. D'abord, il doit trancher – sans se diviser – un certain nombre de débats de fond concernant les problèmes des Français qui ne l'ont pas été suffisamment ces dernières années.
Ensuite, il doit s'inspirer des expériences et des politiques conduites sur le terrain par ses présidents de région, ses responsables de conseils généraux, ses municipalités, pour formuler un projet qui soit à la fois cohérent, crédible, clair et qui réponde aux défis du présent et de l'avenir. C'est l'enjeu des mois qui viennent.
Malon : Vous avez engagé un travail de "refondation de la gauche" en publiant des textes du XIXe siècle... Que nous disent ces auteurs (Leroux, Jaurès, Malon, Bouglé, Fouillée, Bourgeois, Pécaut, etc.) pour aujourd'hui et pour demain ? Pourquoi ceux-là ? et pourquoi maintenant ?
Vincent Peillon : Le paradoxe, c'est que pour accoucher de l'avenir, il faut souvent se réengendrer, d'une certaine façon, et cela passe par une réécriture de l'histoire. Un nouveau récit. De nouvelles fondations.
Le renouveau de la gauche française suppose de reprendre contact avec la tradition du socialisme républicain, oubliée à partir de 1905, et qui dépassait déjà certaines des fausses alternatives où nous nous trouvons enfermés : alternative entre l'individu et l'Etat, entre le socialisme et le libéralisme, entre la liberté et l'égalité, entre la nation et l'internationalisme, entre la responsabilité et l'assistance.
Donc nous avons beaucoup à apprendre des élaborations théoriques de ceux qui ont à la fois établi la République, fait voter les premières lois
sociales, construit le mouvement syndical et mutualiste, c'est-à-dire un modèle républicain et social français dont, d'ailleurs, à l'issue de la seconde guerre mondiale, ceux qui, issus de la
Résistance, ont mis en place la Sécurité sociale ou la doctrine de l'Etat se sont à nouveau inspirés. C'est un élément essentiel de la refondation, qui suppose de se trouver de nouveaux
fondements. la
suite ici
LEMONDE.FR | 18.03.08
Jean-Louis Bianco, ancien codirecteur de la campagne présidentielle de Ségolène Royal, souhaite que le processus de rénovation du Parti socialiste aille vite afin de choisir un projet et un nouveau leader avant l'été.
Il a estimé que la présidente de la région Poitou-Charentes était "la meilleure" pour le rôle.
"Je ne crois pas qu'on puisse expliquer aux Français qu'on a nos règles, nos statuts, qu'on va prendre notre temps, qu'on va faire une convention au mois de juin, un congrès au mois de novembre et d'ici là 'circulez y'a rien à voir'", a expliqué le député des Alpes-de-Haute-Provence sur Canal+.
Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a réaffirmé lundi qu'il souhaitait que le calendrier interne ne soit pas accéléré et que le congrès soit maintenu à "la date normale".
Jean-Louis Bianco n'est pas de cet avis. "Il faut qu'on aille vite, qu'on choisisse un leader et qu'on se mette en ordre de marche pour monter un projet alternatif", a-t-il dit. "Je souhaiterais que cela puisse avoir lieu avant l'été".
De plus, "il faut que l'on joue collectif", a-t-il expliqué. "Le but n'est pas d'être contre X ou Y, ce n'est pas d'avoir un front contre Ségolène Royal. Le but est de savoir quel est le projet qu'on propose pour la France et qui est le mieux placé pour le porter".
Il faut "une ligne et une vision" pour le PS, "ce que Ségolène Royal a commencé à faire pendant la campagne" présidentielle, a-t-il estimé, citant les positions de celle-ci sur les 35 heures, les entreprises ou la nation. "Le donnant-donnant, le gagnant-gagnant, tous ces thèmes elles les a mis en marche. C'est pour cela que pour moi elle est la meilleure", a-t-il ajouté Laure Bretton
Réaction de Ségolène Royal au soir du 2ème Tour
envoyé par radnab
Ségolène Royal constate que "Le mouvement du premier tour s'est amplifié au second" ce qui implique que"nous devons être à la hauteur, des espoirs que les électeurs placent en nous ce soir pour transformer ce vote sanction en vote d'avenir
La gauche doit faire face a ses nouvelles responsabilités "Dans un contexte de profonde inquiétude, nous, élus locaux, devons à la fois protéger, imaginer et surtout réparer ce que le gouvernement a abîmé et détruit au cours des derniers mois. La peur du lendemain s'empare même de celles et ceux qui se croyaient à l'abri".
Ségolène Royal dresse un bilan de la siutation en France "Nous avons aujourd'hui de l'improvisation, du désordre gouvernemental, nous avons une perte de sens, de repères, de valeurs. Nous avons une crise morale, sociale, économique, écologique".
Elle demande en conséquence au gouvernement "de renoncer aux mesures fiscales injustes et d'augmenter les retraites et les salaires, de renoncer au paquet fiscal et de supprimer les franchises médicales.
Le gouvernement a dit après le premier tour qu'il entendrait le message, eh bien, qu'il le fasse et qu'il change sa politique et son comportement >".
Pour Ségolène Royal,"il ne s'agit pas d'arrêter des réformes mais de faire de bonnes réformes". "La situation est grave, il faut que le pouvoir se ressaisisse et écoute ce que viennent de dire les Français".
Le
numéro 2 du Parti socialiste François Rebsamen s'est dit prêt aujourd'hui à travailler au projet que Ségolène Royal veut rédiger dans la perspective du prochain congrès du PS, sans doute en
novembre.Alors qu'on lui demandait sur LCI: "Etes-vous prêt à prendre la plume pour travailler avec elle?", M. Rebsamen, ancien codirecteur de campagne de Ségolène Royal pour la présidentielle, a répondu "oui".
Au soir de la victoire de la gauche aux municipales et cantonales, Mme Royal avait indiqué qu'elle voulait, "avec d'autres", préparer un projet "crédible, solide, cohérent" en vue du congrès du PS.







