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Désirs d'Avenir 76

L'écologie positive prônée par Ségolène Royal expliquée aux nuls de l’environnement

21 Avril 2014 , Rédigé par DA 76 Publié dans #Ségolène ROYAL, #Ecologie, #Economie

L'écologie positive prônée par Ségolène Royal expliquée aux nuls de l’environnement

 

 

Atlantico : Ségolène Royal veut que son action passe sous le signe de l'écologie positive, ses premières déclarations semblent ambiguës, de quelle écologie positive se veut-elle la promotrice ?

Rémy Prud'homme : Personne ne connaît le sens exact de l’expression « écologie positive ». Ségolène Royal l’utilise pour s’opposer à l’écologie punitive qui se caractérise par des impôts conséquents qui pèsent sur les entreprises et les citoyens. Préserver l’écologie en imposant des taxes, ce n’est pas déraisonnable. L’idée d’avoir des impôts qui pénalisent certains comportements est justifiée.

Ségolène Royal va essayer d’appliquer la philosophie d’ « écologie positive » sur son premier dossier qui est l’écotaxe. Elle a le courage de s’opposer à l’écotaxe contrairement à de nombreux ministères, à la commission parlementaire, au ministre du transport. La situation des transporteurs routiers est extrêmement compliquée, toutes les semaines il y a des dizaines de dépôts de bilan, des centaines de routiers qui perdent leur emploi. Un impôt supplémentaire accélèrerait cette situation délicate. L’idée de ne pas pénaliser ce secteur est raisonnable car cela pourrait avoir des répercussions dramatiques sur l’emploi. Est-ce une réelle position ou juste pour « sauver la face » ? C’est une question qui se pose et qui trouvera sa réponse dans le temps.

L’idée de faire payer en partie les camionneurs étrangers qui effectivement font le plein de carburants dans leur pays car les impôts sont moins conséquents en Espagne ou au Portugal par exemple, est une bonne démarche. Néanmoins, cette mesure semble compliquée à mettre en place.

Si c’est cette orientation qu’elle souhaite donner à « l’écologie positive » consiste à prendre en compte toutes les dimensions des décisions environnementales y compris celles qui sont négatives pour l’économie, alors la démarche est bonne.

 

En quoi ce mouvement peut-t-il être perçu comme un moteur économique et servir l'écologie qui est souvent perçue comme un frein ?

La plupart des mesures environnementales ne sont malheureusement pas des moteurs pour l’économie. Prenons l’exemple du rejet de CO2, pour le réduire il faudrait refaire des immeubles entiers et le prix est élevé. L’idée de dire que l’écologie peut servir l’économie est une utopie. Aujourd’hui, le CO2 n’est plus au cœur du sujet écologique, les dommages causés par les particules sont mis sur le devant de la scène.

Qu'est-ce que ses dernières mesures et prises de position, nous apprennent ?

Ségolène Royal a une grande confiance dans le véhicule électrique, mais c’est assez imprudent. Le véhicule électrique n’est viable qu’avec des subventions publiques considérables. Or les coffres d’argent de l’Etat ne sont pas assez importants pour que l’on puisse prendre des milliards d’euros afin de vendre des voitures électriques. Le pari est dangereux pour les pouvoirs publics de se lancer dans le véhicule électrique.

Est-ce que la vision de l'écologie positive à la Ségolène Royal peut apporter un désir d'écologie ?

C’est une philosophie qui est de nature à mieux vendre l’écologie. Si l’écologie reste attachée à l’idée de punition, de taxes, d’augmentation des coûts, elle ne se répandra pas auprès de la population. Prenons l’exemple de l’obligation en matière d’isolation des habitations, cela a pour conséquences d’augmenter le prix du logement et donc d’aggraver la crise du logement.

Finalement, il est crucial de redorer l’image de l’écologie afin qu’elle séduise le plus grand nombre et qu’elle génère une modification des comportements.

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