"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas,
ce que nous avons commencé ensemble,
nous allons le continuer ensemble"
"Combattre et proposer"
vous trouverez ici la contribution que nous déposons au Parti socialiste le 2 juillet. Elle est le résultat d’un long travail collectif, d’une large participation de militants, de chercheurs et de femmes et d’hommes politiques.
Vous pouvez y apporter votre signature en cliquant sur le lien prévu à cet effet. Soyons nombreux à porter le changement avec nous. »
Ségolène Royal
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devant une salle de 900 sympathisants pour un "socialisme qui ose dire les choses telles qu'elles sont". "Afin de renouer la confiance" avec les Français, il faut "agir juste et réformer vite", a-t-elle dit. Ségolène Royal s'est par ailleurs exprimé sur la mondialisation, demandant à la population française de "regarder de façon positive ce qui se passe dans le monde". Aux politiques, a-t-elle poursuivi, "d'expliquer ces formidables mutations qui sont une chance, un progrès, pour tous"."L'ordre public doit aussi être un ordre public social"
Sur la question de l'insécurité, la députée des Deux-Sèvres s'est étonnée que "le monopole de la tranquillité publique soit de droite", alors que la sécurité est "en faillite". Selon elle, "la sécurité est un concept de gauche. C'est nous qui allons la réaliser face à Nicolas Sarkozy".
Pour l'ancienne ministre socialiste, "l'ordre public doit aussi être un ordre public social car on construit du solide, du durable sur les socles de la justice". "C'est ce que j'appelle l'ordre juste", a observé Ségolène Royal. "Jaurès le disait déjà quand il appelait à en finir avec l'injustice qui du père au fils passe avec le sang. Et François Mitterrand aussi pour qui le premier scandale était dans l'injustice fauteuse de désordre". (AP) © Le Nouvel Observateur
La citoyenneté a un sens juridique. Le citoyen n’est pas un individu concret. Joseph de Maistre allait même plus loin dans ses Considérations sur
La citoyenneté est d’abord le principe de la légitimité politique.
A ce titre, le citoyen est détenteur d’une part de la souveraineté politique. C’ est l’ ensemble des citoyens, constitués en « collectivité politique », qui est à la source du pouvoir et qui justifie que les décisions prises par les gouvernants soient bien exécutées.
Aujourd'hui, la modernité politique se caractérise par des formes politiques inédites selon deux traditions historiques différentes:
- en Angleterre, le citoyen est d’ abord libéral. Il a exigé la sûreté des personnes, la liberté de penser, de parler et d’ agir. Il reste attaché au pluralisme des appartenances et des attachements qu’ il perçoit comme l’ expression « naturelle » des libertés.
- en France, le citoyen est l héritier de l’ absolutisme royal qui avait construit une relation directe entre le Roi et ses sujets. C’est d’ abord un démocrate, disposant de la liberté politique par
La citoyenneté n’ est pas seulement le principe de la légitimité politique. Elle est aussi la source du lien social.
Être citoyen, c’est appartenir à une collectivité dont les liens entre les membres qui la constituent ne sont plus religieux ou dynastiques, mais POLITIQUES. Vivre ensemble c’est être citoyen de la même organisation politique. Cet aspect collectif est aujourd'hui remplacé par la prééminence toujours plus affirmée de l individu citoyen. Les modifications apportées au droit de la famille depuis 1960 ont consisté à reconnaître les droits des individus aux dépens de l’institution familiale, telle que l’ avait construite le code civil.
Cet individualisme démocratique affaiblit les institutions nationales par lesquelles était assurée l intégration de la société. La crise de légitimité ne concerne pas seulement les institutions politiques mais aussi l École, l’Église, les Syndicats qui n’ exerce plus une autorité s’ imposant par elle-même. D’ où l’évocation de ces « crises de l’enseignement », « crise des syndicats », « crise religieuse », « crise de la justice ». En 2006, à travers son discours « anti institutionnel », l’individu justifie ses comportements par son besoin d’épanouissement PERSONNEL et par son jugement AUTONOME.
Pour toutes ces raisons, je suis convaincu que la démarche de Ségolène Royal, , s’ inscrit dans la remise en ordre d’ une citoyenneté collective privilégiant l’ ensemble face à l’ individu. La citoyenneté participative, en renforçant le « groupe » protégera mieux l individu. Ch.CHARTREUX
par Jean-Pierre Mignard*

Je ne regrette pas que Ségolène soit allée trop loin. Je lui reproche de ne pas être allée assez loin. Mais au moins a-t-elle eu le courage de lancer le débat, sans les circonlocutions d'usage, les grandes promesses et les trous de mémoire.
D'abord, la mise sous tutelle des allocations familiales des familles déficientes. C'est bien mieux que la suppression punitive suggérée par certains. Une école des parents ? A la simple condition que ça ne soit pas une séance d'humiliation. Les fameuses familles démissionnaires sont d'abord des familles privées de la langue, de l'argent, de la culture, avec un terrible renvoi d'image pour leurs enfants. Pourquoi pas un référent par famille, une main pour une main, afin de délivrer des parents submergés par le casse-tête des papiers à remplir, des carnets scolaires à déchiffrer, des démarches à entreprendre ?
Ségolène dit prôner, pour les éléments les plus rétifs, un encadrement militaire. Le tollé est né ici. S'il s'agit de chantiers humanitaires, de travaux utiles, avec des ONG, des militaires, des sapeurs-pompiers ou de la protection civile, encore une fois, oui. Mais avec un encadrement compétent et un juge au sommet. Reste que le mot « militaire », placé en exergue, est de trop. Je m'explique. Il renvoie, qu'on le veuille ou non, et quelle que soit l'honorabilité des intéressés, à une situation d'exception, à un état d'urgence rampant. Or inutile de pousser des cris d'orfraie : tout cela se met peu à peu en place. Hélas ! Les unités de CRS quadrillent les cités, les bus de police les sillonnent, filment à tout va. On arrête à tort et à travers, si j'en crois le taux révélateur de relaxe des juridictions correctionnelles de Bobigny. J'oubliais l'hélicoptère et son projecteur dans la nuit de Clichy et de Montfermeil ! Ce n'est pas Belfast, mais patience : on y vient, stratégie de la tension de Nicolas Sarkozy à l'appui. Lors de son dernier conseil des ministres avec un gouvernement de gauche, le 24 mars 1993, Mitterrand avait prophétisé : «Vous verrez, ils feront tirer sur les jeunes des cités.» Ségolène, alors en larmes, s'en souvient. Fasse qu'il se soit trompé. L'exception, c'est aussi l'injustice. Le droit à la différence, c'est ici la différence des droits.
Il y a là aussi, Ségolène, de la souffrance, beaucoup trop de souffrance dans cette sous-France. Ne rien concéder à la délinquance n'est possible que si l'on fracasse la pauvreté. Six millions de personnes dans les cités, soit 10% de la population francaise. Etre socialiste, c'est régler cela ou alors mieux vaut aller se coucher. Une toute dernière chose : les jeunes des cités sont nos compatriotes, nos jeunes concitoyens, inscrits par centaines de milliers sur les listes électorales. Cessons de parler d'eux mais parlons avec eux. Rien ne se fera contre eux et rien ne se fera sans eux. L'autorité est là, Ségolène. Parfait ! Maintenant il faut de l'audace, beaucoup plus d'audace, et enfin du coeur, beaucoup de coeur. Je te fais donc une proposition : viens débattre et réfléchir, dans les semaines qui viennent, avec les jeunes et leurs associations. A Clichy et à Montfermeil, par exemple. Et alors, tu verras : la parole éteint la violence
*) Avocat, docteur en droit pénal, maître de conférences à l'IEP de Paris. Coauteur avec Emmanuel Tordjman de « l'Affaire Clichy », Stock.
La candidate à l'investiture à la présidentielle du PS a estimé vendredi 9 juin qu'il ne "comprend pas la mutation de la violence" et a de nouveau qualifié sa politique de sécurité de "faillite".
Au lendemain de la conférence de presse de Nicolas Sarkozy sur son bilan place Beauvau, Ségolène Royal s'est "étonnée" sur France-Inter de "cette espèce de fébrilité du ministre de l'Intérieur qui, au bout de quatre ans, fait face à son échec et fait des propositions tous azimuts alors qu'il est au pouvoir et aux responsabilités". Et de lancer: "c'est très inquiétant".
"Je n'ai pas envie de rentrer dans le club des gens qui échouent", a ironisé
l'ancienne ministre socialiste, qui a avancé que Nicolas Sarkozy "ne comprend pas la mutation de la violence aujourd'hui dans la société". "Elle est à la fois plus brutale et elle s'est généralisée, il a oublié quelques chiffres dont un qui est symptomatique de la dégradation: celui de la violence scolaire", avec une augmentation de 73%.Interrogée sur la proposition d'exclure les perturbateurs de plus de 16 ans du système scolaire, Mme Royal a jugé que "c'est totalement insuffisant". "Les élèves en grave situation de déséquilibre de rupture scolaire de manque de repères qui n'ont pas été correctement cadrés, on les repère beaucoup plus tôt dès l'école primaire, il faut leur mettre un tuteur, voir avec les parents pourquoi il y a des déstructurations profondes, il faut détecter les souffrances familiales". (AP) © Le Nouvel Observateur
"Réussir ensemble le changement"
Son ambition: "transformer la société" face à "la domination de la finance mondiale". Quelques-uns de ses points forts : le SMIC à 1500 euros d'ici 2012, un "bouclier logement" pour les plus démunis, une "couverture professionnelle universelle" et l'avènement d'une "République parlementaire".
Le projet va maintenant être débattu dans les sections par les militants, qui voteront le 22 juin, avant sa ratification le 1er juillet

Invités à choisir dans une liste de personnalités socialistes celle qu'ils préféreraient pour conduire la liste du PS à l'élection présidentielle, les sondés sont 43% à répondre la présidente de la région Poitou-Charentes, loin devant DSK (13%), Jack Lang (9%), Lionel Jospin (8%), Laurent Fabius (4%) et François Hollande (3%).
Par ailleurs, si le PS accédait au pouvoir, 54% des Français pensent qu'il "mènerait à peu près la même politique que la droite aujourd'hui". Quarante-deux pour cent estiment qu'il "mènerait une politique vraiment différente".
Interrogés sur les propositions du Parti socialiste, 92% sont favorables au développement des services publics, 82% à ce que le SMIC passe à 1.500 euros d'ici cinq ans et 73% à l'augmentation des pénalités imposées aux communes ne respectant pas l'obligation d'avoir 20% de logements sociaux.
Soixante-huit pour cent approuvent le droit de vote aux élections municipales pour les étrangers installés légalement depuis cinq ans, tandis que 63% sont favorables à la régularisation automatique des immigrés vivant en France depuis au moins dix ans. Six Français sur dix sont d'accord pour que les couples homosexuels obtiennent le droit au mariage. Mais 50% s'opposent à ce qu'ils puissent adopter.
- sondage réalisé par téléphone les 2 et 3 juin auprès d'un échantillon de 955 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. AP © Le Nouvel Observateur bva sondage détails PDF

Jean Daniel,cofondateur et directeur du Nouvel Observateur

Alors, Ségolène ? Eh bien, on ne pourra pas dire cette fois que ce sont les médias qui l’ont fabriquée. Ebaubis et ricaneurs, les commentateurs l’ont découverte dans les sondages. Et l’on n’a pas manqué de l’attendre au tournant. Avait-elle seulement la moindre idée ? Hélas, hélas, voici qu’il faut bien lui concéder qu’elle prétend restituer à la gauche de grandes orientations populaires. Elle ne s’est pas trompée comme Fabius. Elle n’a pas cru que les « nonistes » constitueraient un rassemblement ni un sursaut. Elle a bien réalisé que plus du tiers des partisans du non avaient voté à droite. Alors, elle s’est tranquillement adressée à eux.
Et cela avec deux sujets au moins, dont nous répétons inlassablement qu’ils devraient être au cœur des préoccupations de la gauche - à savoir la sécurité et l’immigration. ../..
Et aujourd’hui, le plus inattendu est que ce soit Ségolène Royal qui donne l’impression, lorsqu’elle dit quelque chose, de ne pas penser à ses rivaux ou à ses détracteurs. Cela ne suffit pas pour constituer un grand tempérament ni pour procurer une pensée solide. Mais seulement voilà, lorsque ces gens-là parlent, je les écoute.
Parlons de la trop fameuse « sécurité ». Pierre Mauroy, pour sa part, a toujours aimé citer le propos de Pierre Bérégovoy, alors militant syndicaliste, lorsqu’il adjurait que l’on n’oublie pas que les premières victimes de l’insécurité, c’est dans les milieux et les quartiers populaires qu’on les trouve. L’idéal de l’ordre humaniste a été et demeure sans aucun doute l’honneur de la gauche. ../..
Voilà qui montre tout le décalage entre les dirigeants du PS et la réalité sociale du pays. Un divorce qu'aux dernières élections présidentielles le PS a payé cher. Mais depuis, aucun aggiornamento n'est intervenu, aucune introspection, aucune analyse sérieuse sur les raisons de cette défaite historique à une élection présidentielle.
Au lieu de ce travail en profondeur et, certainement salvateur, les leaders de gauche continuent à s'en tenir à leur doctrine de gauche qui sonne de plus en plus faux aux oreilles non seulement de leur électorat mais de la population française face à une réalité sociale qui a évolué. Ou disons régressé, avec la progression de la précarité, de la promiscuité pour beaucoup d'immigrés, comme l'ont montré les tragiques incendies à Paris dans les immeubles délabrés où ils ‘'survivaient'', et l'explosion de la violence.
Ségolène Royal a justifié ses propos, alors que rien ne l'y obligeait, en parlant de "souffrance" vécue par la population en proie à cette violence sans fin. A croire que Ségolène Royal vient de découvrir cette réalité ! Bienvenue donc à Ségolène Royal dans ce nouveau monde qu'elle semblait, au mieux méconnaître, au pire ignorer, au vu de sa défense ! ...../...
le texte intégral stephane rossard
barrissent tous en chœur face à la "gazelle" Ségolène Royal. Si on les avait écoutés, elle ne serait qu’une création des médias, les sondages ne prouveraient rien, on ne saurait même pas ce qu’elle pense et enfin la présidence de la république mérite quand même plus qu’une simple femme. Maintenant qu’elle parle avec décision, en brisant quelques tabous, ils paniquent. Car en quelques jours, alors même qu’ils viennent péniblement de mettre sur pied un programme mi-chèvre mi-chou, visiblement très "tisane", pour employer une formule de Montebourg, la candidate socialiste préférée des Français vient, de leur donner un terrible coup de vieux. Sur la sécurité d’abord où avec quelques déclarations parfois à l’emporte-pièce elle a réussi à déplacer les lignes tout en restant aussi populaire dans l’électorat de gauche, laminant les autres prétendants à la candidature. Lundi, elle poursuivait son travail de déminage en rappelant cette évidence que les 35 heures n’avaient pas eu que des résultats positifs, "dégradation de la situation des plus fragiles" et "flexibilité accrue".
Jean-Marcel Bouguereau © Le Nouvel Observateur
"personne ne peut battre"Royal au PS aujourd'hui
PARIS (AP) -- Ralliant le camp des "ségolistes", le député socialiste européen Vincent Peillon
estime mercredi que "personne ne peut battre" actuellement Ségolène Royal au parti socialiste et dénonce les attaques "inacceptables" des jospinistes et autres présidentiables. Quant aux présidentiables du PS qui accusent leur rivale de marcher sur les plates-bandes de Nicolas Sarkozy ou du Front national, le député européen prévient: "cela relève de l'injure", "ces pratiques-là sont indécentes", "on fait passer des camarades devant la commission des conflits pour beaucoup moins que cela". AP
| - Ségolène Royal L'Invité de RTL |
Tous derrière et elle devant. Loin devant. Tous ce soir autour de la même table pour finaliser l'avant-projet du parti pour la présidentielle. Et elle qui y fera entendre sa différence pour conquérir l'opinion. A mesure que Ségolène Royal exerce, sans ménagement, son «droit d'inventaire» sur le logiciel socialiste, elle creuse l'écart sur ses concurrents dans la quête à l'investiture élyséenne. Ainsi, après la sécurité, thème sur lequel la présidente de la région Poitou-Charentes a dévoilé la semaine dernière des propositions musclées, voilà qu'elle remet en cause l'une des vaches sacrées du jospinisme: les 35 heures. Au moment même où les éléphants roses boucleront ce soir un document prônant, notamment, la «généralisation des 35 heures», Ségolène Royal prend ses camarades à contre-pied: elle met en pièces la RTT à la mode Aubry en lui reprochant, dans le deuxième chapitre de son livre disponible sur son blog «Désirs d'avenir», d'avoir engendré une «dégradation de la situation des plus fragiles»charge propre à susciter, de nouveau, à gauche, l'exaspération des dirigeants, le trouble des militants... et, peut-être, l'approbation des sympathisants../..
En jouant l'opinion contre l'appareil, la base contre le sommet, et même sa propre partition contre le projet du PS, Ségolène Royal écrase donc les autres aspirants présidentiables. De Fabius à Strauss-Kahn en passant par Lang ou Aubry, tous font mine de jouer collectif en concoctant un projet dont certaines mesures sont attendues avec impatience par l'électorat de gauche comme l'augmentation du Smic jusqu'à 1500 euros, plébiscitée par 45% d'entre eux, ou des baisses de charges modulées pour les entreprises selon le type d'emplois créés (36%). Qu'importe que ces mesures aient été portées par d'autres, telle la hausse du SMIC réclamée par Fabius, c'est Royal qui en tire profit... Elle réussit surtout à faire tourner la planète socialiste autour de ses propres idées, telle la mise sous tutelle des allocations des familles d'enfants délinquants classée au 4è rang des priorités des sympathisants de gauche (26%), loin devant trois dispositions emblématiques du projet du parti: la généralisation des 35 heures, réclamée par seulement 16% des électeurs de gauche, la création d'un droit à la formation tout au long de la vie (15%) ou la fusion de l'impôt sur le revenu et de la CGS (9%).







