Depuis le jour où Lionel Jospin nous a quitté sans se retourner laissant quelques-uns uns d’entre nous en charge d’une maison, dévastée, en état de choc, nous nous sommes habitués à nous passer de lui.

Quelques-uns uns ont retroussé leurs manches, se sont mis au travail et ont reconstruit la vieille maison. Ils sont comme ça les socialistes. C’est aussi ce que Mitterrand nous a appris. A peine tombé de cheval, on remonte et on repart.

Nous devons beaucoup à Lionel Jospin. Personnellement, je n’oublie pas que nous lui devons la loi sur la Parité. Incomplète sans doute mais qui représente une ouverture majeure. D’autres savent aussi ce qu’ils lui doivent. Et il fut un très bon Premier Ministre. Pour tout cela et bien d’autres choses encore, il faut le remercier.

Mais les temps ont changé. Le pays a changé. Vient un moment où la politique a besoin de sang neuf indispensable à la rénovation. A son adaptation aux temps nouveaux. Vient aussi un moment où ceux qui ont su servir dignement doivent savoir quitter la table avec la même dignité et servir autrement. C’est ce que modestement, je tente de faire à mon niveau. Sur le chantier du socialisme, les ouvriers se lèvent et se remplacent.

Nous avons la chance d’avoir une candidate qui a vu, de près, travailler les meilleurs d’entre nous et qui comprend le monde tel qu’il est devenu. Elle a l’expérience, l’imagination, la force les convictions, la volonté indispensable pour remettre la France en bon ordre de marche. Elle a démontré ses compétences dans une région qu’elle dirige avec ce qu’il faut d’intelligence et ce qu’il faut de fermeté.

Elle apporte dans un monde de violence où règne la loi du plus fort et l’écrasement des plus faibles un courage tranquille, une qualité d’écoute pleine d’humanité, un traitement des problèmes fait de bon sens et de justice, quelque chose de neuf qui peut redonner aux Français le goût de la politique qu’ils ont perdu.

Lionel Jospin peut soutenir son entreprise comme certains d'entre nous ont décidé de le faire. Sans se renier. Les anciens que nous sommes peuvent encore servir. Différemment sans doute mais efficacement. Et l’important est de faire vivre nos idées, n’est il pas vrai ?

Yvette ROUDY Ancienne Ministre Membre du Bureau National du PS