"Bien sûr, il faut faire des alliances partout avec le MoDem", a-t-elle déclaré dimanche soir sur France 3, "vous connaissez ma position très claire sur ce sujet : j'ai tenté d'ailleurs lors de l'élection présidentielle de faire alliance avec le MoDem."
"Si le MoDem l'avait accepté, on aurait pas la France dans cette situation dans laquelle nous sommes et nous ne souffririons pas du sarkozysme comme nous en souffrons aujourd'hui".
"Donc, bien évidemment, partout, les maires en ballotage favorable devraient faire alliance avec le MoDem".
Interrogée sur l'attitude de François Bayrou à Pau, qui regrette l'alliance "socialo-communiste, Ségolène Royal a répondu : "François Bayrou n'a pas compris le sens de l'Histoire. Il ne peut pas à la fois dire que Nicolas Sarkozy fait les pires horreurs pour le pays et tire le pays vers le bas et en même temps ne pas tout faire pour qu'il y ait d'autres valeurs qui l'emportent".
"Donc, il faut que les électeurs du MoDem soient plus responsables que ne l'est François Bayrou et vraiment mettent leur discours en conformité avec leurs actes."
Reuters Nicolas Delame
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[09/03/08]
"Il faut que ce vote sanction s'amplifie" |
| Ségolène Royal sur France 2 et sur France Inter |
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Ségolène Royal a demandé dimanche soir à François Fillon de "renoncer au paquet fiscal" voté l'été dernier, en commentant sur France 2
les résultats du premier tour des élections municipales. "J'ai écouté attentivement le Premier ministre. Je ne sais pas dans quel monde il vit". "Je demande à François Fillon de renoncer à ce fameux paquet fiscal qui a coûté 15 milliards d'euros". "S'il y renonce pour l'année qui vient, il pourra doubler la prime pour l'emploi de 8 millions de salariés, c'est à dire leur donner un 13e mois, et il pourra améliorer le sort des petits retraités et des petits salariés en ciblant beaucoup mieux la dépense publique". Pour des "alliances partout avec le MoDem" Ségolène Royal a plaidé dimanche soir sur France 3 pour des alliances de la gauche "partout avec le MoDem" d'ici le second tour des élections municipales. "Bien sûr, il faut faire partout des alliances avec le MoDem, vous connaissez ma position très claire sur ce sujet". Interrogée sur les propos de François Bayrou qui avait auparavant fustigé "l'alliance socialo-communiste", elle a estimé que "François Bayrou n'a pas compris le sens de l'Histoire". "Il faut que les électeurs du MoDem soient plus responsables que ne l'est François Bayrou" |
| > Ecouter l'interview de Ségolène Royal sur France Inter |
| > Voir la vidéo de l'intervention de Ségolène Royal sur France 2 |
Cette initiative, intervenue alors que les communistes et les Verts enregistraient une défaite présidentielle de grande ampleur, a libéré la parole de ceux qui considèrent que la gauche traditionnelle est désormais structurellement minoritaire dans le pays.
La conclusion d'accords dès le premier tour des municipales, en particulier à Dijon, Grenoble ou Montpellier, a été présentée par le PS comme un
pendant de "l'ouverture" sarkozyenne : les représentants du MoDem n'apparaissaient qu'à titre "individuel". Or, depuis dimanche 9 mars, des fusions de listes ont lieu à Marseille, à Chartres ou
Asnières.
Les conditions imposées à ses nouveaux partenaires par le PS – l'engagement sur un programme municipal et la reconnaissance de tous les autres alliés de gauche – sont inchangées mais la nature du rapprochement a changé; dorénavant, il s'agit d'accords de parti à parti.
Pourtant, cet élargissement – auquel ils ont tout intérêt – est difficile à gérer pour les socialistes, portés par les bons résultats d'une union de
la gauche plutôt performante dans les urnes municipales mais beaucoup moins lorsqu'il s'agit de conquérir l'Elysée. En position de faiblesse, compte tenu de l'ensemble de ses scores du premier
tour, le MoDem ne dispose pas d'une stratégie claire au niveau national.
Coupable d'un léger écart de langage qui risquait de laisser penser que des négociations pouvaient se généraliser avec le parti de François Bayrou, Ségolène Royal a dû corriger le tir. Après avoir, au soir du premier tour, prôné "des alliances, partout" avec le MoDem, la présidente de la région Poitou-Charentes a précisé lundi 10 mars, sur France Inter, qu'il s'agissait de "lancer un appel aux électeurs" centristes afin qu'ils votent à gauche au second tour.
Lundi, François Hollande a rappelé que le PS "n'est pas dans une stratégie d'alliances" avec le parti de M.Bayrou qui, dans la grande majorité des cas, est incapable de se maintenir au second tour.
Pour autant, on ne peut réduire la question du rapprochement avec le MoDem à un simple effet d'aubaine municipale qui se refermera au soir du second
tour. Bertrand Delanoë, à peine avait-il conclu un accord avec les Verts, n'a-t-il pas proposé lundi soir à Marielle de Sarnez "un partenariat original avec le MoDem" ?
L'offre a été repoussée mais elle suggère que le maire de la capitale ne veut pas laisser le MoDem parisien s'échapper de sa sphère d'influence. Mme Royal ne dit pas autre chose lorsqu'elle propose de forger "un nouvel alliage progressiste" allant des altermondialistes aux centristes.
Dans ces conditions, la question des alliances devrait être au cœur du prochain congrès socialiste. Encore faudrait-il que ce thème ne soit pas
seulement évoqué en termes de tactique électorale mais aussi de projet. "Il est naturel de se poser la question de la conquête d'un électorat hostile à la surenchère idéologique, sensible
enfin à la problématique de l'intérêt général; la gauche doit prendre en compte cette réalité, qui est celle d'une opinion publique en avance sur les partis politiques", assure Gaëtan Gorce,
député socialiste "rénovateur".
Quant à Gérard Collomb, assuré de sa réélection à Lyon, il estimait, au soir de sa victoire, que le PS doit "évoluer en interne" et faire
"sa mue culturelle" avant de s'interroger sur l'attitude du parti vis-à-vis du MoDem.
Lille : Martine Aubry s'allie avec le MoDem et les Verts
Ségolène Royal s'auto-congratule. La candidate socialiste à l'élection présidentielle de 2007, ravie d'avoir "défriché" le terrain sur l'alliance PS-MoDem, a salué mardi les accords entre les candidats socialistes et centristes pour le second tour des municipales.
Lors d'un déplacement à Colombes (Hauts-de-Seine), la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes a appelé les électeurs centristes à
sanctionner le pouvoir dimanche prochain.
"Je vois que mes idées progressent. C'est une bonne chose (...) cette idée qui était très contestée en 2007 devient une vérité sur les territoires, je ne peux que m'en féliciter", a déclaré Mme Royal à Colombes, où elle était venue soutenir le candidat socialiste Philippe Sarre. Ce dernier affronte Nicole Goueta et la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme Rama Yade, troisième sur la liste de la maire UMP sortante, dans un duel serré.
"C'est toujours difficile de défricher de nouveaux espaces pour l'action publique", a remarqué Ségolène Royal, très critiquée au printemps dernier par ses "amis" socialistes pour ses appels du pied à François Bayrou entre les deux tours de la présidentielle.
Alors que la question des alliances divise toujours les socialistes dans la perspective de leur congrès, son appel dimanche soir après le premier tour des municipales à des accords "partout entre la gauche et le MoDem" a été contredit par François Hollande, son ex-compagnon et Premier secrétaire du PS, venu soutenir M. Sarre mardi à Colombes. Mais de nombreux candidats socialistes, à commencer par Martine Aubry à Lille, ont fusionné leurs listes avec celle du MoDem.
Dautres candidats MoDem ont choisi l'alliance avec l'UMP. A Colombes, Nicole Goueta, devancée par Philippe Sarre au premier tour avec 42,46% des voix contre 43,56%, a fusionné sa liste avec celle du centriste Laurent Trupin.
A Colombes, où elle reprenait ses déplacements de soutien aux candidats socialistes, Mme Royal s'est efforcée de mobiliser l'électorat des banlieues, qui avait massivement voté pour elle à la présidentielle. Elle s'est notamment rendue dans le quartier des Fossés Jean, où a vécu Rama Yade, pour un meeting improvisé au pied des immeubles devant plusieurs centaines d'admirateurs enthousiastes. "Je vous demande de venir voter massivement", a-t-elle lancé sous les vivats.
Un peu plus tôt devant la permanence de Philippe Sarre, Ségolène Royal a appelé les électeurs centristes et de gauche à sanctionner le pouvoir dimanche. "J'ai entendu Nicolas Sarkozy à Toulon dire que les résultats du premier tour étaient pour lui encourageants. Il n'a pas compris le message du premier tour", a estimé Mme Royal.
"Les Français doivent faire entendre très fortement ce message de sanction et de mécontentement au second tour de ces élections municipales", a-t-elle ajouté. "Il faut que le pouvoir en place comprenne la leçon que les Français veulent lui donner", a-t-elle dit en dénonçant "l'arrogance ministérielle".
Après Colombes, Ségolène Royal poursuivra mercredi son marathon à Noisy-le-Sec et Longjumeau, en banlieue parisienne, puis en Lorraine. Des déplacements destinés à soigner sa popularité autant qu'à préparer son offensive à venir sur le Parti socialiste. AP
Mais il avoue son trouble après les désaccords internes au MoDem à Toulouse, où une partie de la liste à rejoint la listes soutenue par l'UMP de
Jean-Luc Moudenc. "La situation à Lyon avait déjà semé un certain trouble, donnant l'impression d'un MoDem incapable de prendre des décisions collectives, un parti d'addition de personnes où
le projet politique semble accessoire, au moins pour une minorité active", explique-t-il. Avant d'ajouter : "C'est peut être aussi cela le problème de Bayrou, une ambition
présidentielle, fut-elle légitime, placée au-dessus de tout" . Nicolas, sympathisant
socialiste, note lui aussi que "le bipartisme n'est pas une solution", mais critique la "stratégie du MoDem qui permet juste de faire perdre toute lisibilité à la politique
française".
Le "strauss-kahnien" Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris, remarque lui sur son blog que "la tentative de tactique" du parti centriste "n'est pas couronnée de succès". Et juge plus important de maintenir l'union de la gauche, avec souplesse : "La stratégie de l'alliance prioritaire à gauche, sans exclure du dialogue ceux qui refusent l'UMP, est plutôt gagnante."
ORPHELINS DE LA PRÉSIDENTIELLE
Mais même sur Désirs d'avenir, le site des
partisans de Ségolène Royal, c'est l'omniprésence de François Bayrou qui agace : "Il faut en finir avec ce jeu où l'on ne regarde que l'arbitre", s'énerve "Lapatch", largement soutenu
par les commentaires.
Beaucoup de ségolénistes, orphelins de 2007, regrettent toujours que l'alliance PS-MoDem n'ait pas eu lieu entre les deux tours de la présidentielle.
"Bayrou, c'est Tarzan qui a raté la liane tendue par Ségolène, note "Pranakundalini". Ça aurait pu être une belle histoire." "Vous savez très bien depuis l'entre-deux-tours
de la présidentielle que François Bayrou n'appellera jamais à voter pour la gauche. Par contre, il s'était déplacé pour aller soutenir Alain Juppé à Bordeaux avant le premier tour !",
s'énerve "Agefnaw", pour qui le MoDem est un "leurre" pour les électeurs de gauche.
A l'inverse, "Asse42" appelle de ses vœux un "arc républicain contre cette droite au pouvoir qui n'est pas républicaine dans l'esprit et qui s'attaque sans vergogne à tout ce qui constitue notre socle républicain". Et Chris, l'un des posteurs les plus réguliers sur Désirs d'avenir, rappelle l'importance de ces accords pour le futur du PS :"Ceux qui disent, dans la presse ou sur les forums et blogs, sur les plateaux de télévision les nombreuses alliances PS/MoDem ne sont que conjoncturelles et n' ont aucun sens 'historique', ceux-là mentent et se mentent à eux-mêmes." Et d'y voir une nouvelle chance pour Ségolène Royal : "Il sera difficile d'expliquer que les victoires locales rendues possible grâce aux voix du MoDem n'ont rien à voir avec la victoire qui eût été possible si Bayrou avait accepté la main tendue par Royal..."
Dimanche dernier, c'est un vote d'espoir que nous avons exprimé. Le premier tour du scrutin municipal a placé la gauche largement en tête avec 47 % des suffrages. Je félicite tous les maires, qui, parce qu'ils ont su moderniser leur ville avec un sens reconnu de l'intérêt général, ont été réélus dès le premier tour, notamment Jean-Claude Boulard au Mans, Gérard Colomb à Lyon, Michel François Delannoy à Tourcoing, François Hollande à Tulle, Jean-Marc Ayrault à Nantes, François Rebsamen à Dijon, Manuel Valls à Evry, Maxime Bono à La Rochelle. Mais je félicite aussi ces candidats de gauche qui, dès le premier tour, ont conquis des bastions de la droite : Jean-François Debat à Bourg-en-Bresse, Guillaume Garot à Laval, Valérie Fourneyron à Rouen, Joaquim Pueyo à Alençon, Christophe Sirugue à Chalon-sur-Saône, Christian Teyssedre à Rodez.
Cette poussée de premier tour doit maintenant être confirmée et amplifiée dimanche prochain. Et là, je
pense à tous ces candidats qui sont en bonne position pour gagner ou conserver des villes, petites, moyennes ou grandes comme Blois avec Marc Gricourt, Saint Brieuc avec Danielle Bousquet,
Angoulême avec Philippe Lavaud, Caen avec Philippe Duron, Reims avec Adeline Hazan, Strasbourg avec Roland Ries, Lille avec Martine Aubry, Paris avec Bertrand Delanoë,
Toulouse avec Pierre Cohen (voir la vidéo), Marseille avec Jean-Noël Guérini et bien d'autres encore.Tous, nous avons le sentiment d'entrer dans une période à risque parce que le gouvernement n'a pas pris la mesure des problèmes, parce qu'il n'a pas de cap. Aujourd'hui, trois français sur quatre vivent avec moins de 1900 euros nets par mois, la moitié des retraités touchent une pension inférieure à 700 euros, les prix augmentent parfois de 30%. La droite baisse les impôts pour certains et les augmentent pour tous les autres. Taxe sur la santé avec les franchises médicales, hausse du rendement de la TIPP et de la TVA, création d'un impôt sur les séjours hôteliers, taxation de la publicité, retour en clair-obscur de la TVA sociale : le gouvernement demande aux revenus moyens et modestes de rembourser un paquet fiscal qui coûte 15 milliards chaque année, 75 milliards sur cinq ans.
Afin de lutter contre le déclin qui s'annonce, nous devons choisir de bonnes équipes pour nos territoires. J'ai sillonné toute la France pour épauler de nombreux candidats aux élections municipales et cantonales. Les équipes qui portent nos valeurs sont les meilleures parce qu'elles font de la politique autrement. Ce sont des équipes au travail, à l'écoute, sérieuses, qui rendent compte, qui tiennent leurs engagements, qui respectent tout le monde. C'est cela que nous attendons de la politique et c'est cela que nous proposons à nos concitoyens.
D'ici dimanche, il nous incombe de rassembler toutes les forces progressistes à gauche et au centre, sur des idées fortes. J'appelle de mes vœux un rassemblement fondé sur des valeurs communes, sur des projets partagés, partout où cela est nécessaire et possible : je crois qu'il y a une nouvelle voie à ouvrir. De nombreuses villes ont d'ores et déjà donné l'exemple. Il faut amplifier le mouvement.
Amis, nous devons tous voter massivement dimanche prochain pour sanctionner une majorité qui reste sourde au premier désaveu que les citoyens lui ont infligé le 9 mars. La victoire de la gauche aux élections municipales sera celle de tous les Français qui désirent trouver dans l'action publique des réponses concrètes aux problèmes qu'ils rencontrent. Alors, régions, départements et communes agiront dans le même sens et seront au service de tous.
À très bientôt,
Ségolène Royal
Formulons une hypothèse : l'effondrement de Nicolas Sarkozy dans les sondages marque d'abord la défiance du peuple à l'égard de sa personne, tandis que la défaite municipale de dimanche révèle surtout la désapprobation à l'égard de sa politique. Et si le désaveu est moins massif dans le second cas, c'est que Nicolas Sarkozy a été proprement exfiltré de la campagne électorale au cours des deux dernières semaines. Sanglant échec pour un homme qui est passé en quelques mois du statut de potion magique de la droite à celui de mouton noir ! Echec d'autant plus cuisant qu'il lui a été infligé par ses propres troupes. Cette fois-ci, on ne pourra plus, comme on l'a fait impudemment un peu plus tôt, imputer l'impopularité du président à la presse. Ce sont les notables de droite; ce sont les électeurs de droite qui répétaient en choeur : «Surtout, surtout, M. Sarkozy, restez chez vous; reposez-vous un peu, vous en avez grand besoin.» Telle est la première leçon d'un scrutin, qu'avec le sens de l'humour qu'on leur connaît, les leaders de la droite ont qualifié dimanche de purement local, sans incidence sur la politique générale de la France. Si les choses continuent ainsi hypothèse de Jean-François Kahn formulée ici même il y a quinze jours -, François Fillon sera bientôt en situation de faire la peau à Sarkozy, comme celui-ci l'avait faite précédemment à Jacques Chirac.
Deuxième leçon de la campagne : le MoDem a réussi à exister, mais à un niveau modeste. Cette existence traduit essentiellement la répugnance d'une partie des classes moyennes à se reconnaître dans la droite. Mais la stratégie du ni droite ni gauche prônée par François Bayrou trouve, à l'épreuve des élections, ses limites naturelles. Elle peut séduire un large électorat à l'occasion d'une élection présidentielle où ce sont d'abord des hommes qui sont en concurrence. Mais dans toute autre élection, le jeu de bascule entre la gauche et la droite se révèle illisible. Le ni droite ni gauche devient, au gré des situations locales, un oui droite oui gauche. Une incohérence qui traduit l'absence d'une stratégie autonome. Le MoDem n'est qu'un réseau entièrement dépendant de la stratégie personnelle de François Bayrou.
Troisième enseignement, le plus important : il concerne l'avenir du Parti socialiste. Une suggestion à François Hollande : il serait bien inspiré, avant de quitter la Rue-deSolférino, d'y faire élever dans la cour une statue à l'électeur socialiste inconnu. Ou mieux peut-être : à l'électeur socialiste méconnu. Cet électeur, en dépit de la double défaite, présidentielle et législative de l'an dernier; en dépit surtout des incessantes luttes d'appareil et du flou de la doctrine conserve à son parti une fidélité inébranlable.
Voilà des troupes vaillantes, des notables solides au poste qui n'ont pas toujours les chefs qu'ils méritent. En tout cas, leur choix est fait : pendant toute la campagne, électeurs et notables socialistes ont plébiscité Ségolène Royal, réclamée un peu partout pour soutenir les candidats et accueillie en leader légitime. C'est ainsi qu'elle a parlé dimanche soir, préconisant, comme allant de soi, des alliances de second tour avec le MoDem. Et si François Bayrou s'y refusait, une nouvelle fois après la présidentielle, il faudrait néanmoins faire appel sans hésitation à l'électorat de son mouvement.

En d'autres temps, cela se serait appelé : «plumer la volaille centriste». Seules les vieilles chaisières d'une union de la gauche cadenassée à double tour renâclent devant cette évidence. Une gauche structurellement minoritaire dans l'électorat français se trouve devant l'occasion historique de s'élargir sur sa droite, et elle la repousserait ! Dans sa tombe, François Mitterrand doit en hausser les épaules.
Comme Ségolène Royal fut dimanche soir la seule dirigeante socialiste à préconiser une tactique qui a l'appui des troupes, elle se trouve dans la posture qu'elle affectionne : seule contre tous les autres. Je ne connais d'ailleurs pas de dirigeant socialiste qui se prive à l'échelon local de la tactique qu'il récuse au niveau national. Comme si au PS le double langage était devenu une seconde nature.
Jacques Julliard
Le Nouvel Observateur
Parler dès maintenant de vote sanction ou pas ? Le dilemme a occupé une partie du bureau national du PS mardi. La direction du parti a jugé
qu'il valait mieux attendre dimanche pour tirer ce genre de conclusions et entre-temps mettre l'accent sur des projets municipaux concrets. Sur le terrain, Ségolène Royal, elle, ne se
soucie pas de ces questions sémantiques. «Personne ne peut nier qu'il y a une sanction du pouvoir en place.» Ce message, qu'il faut «amplifier au second tour», elle le répète partout où elle
passe. Très demandée par les candidats socialistes, l'ex-candidate à l'Élysée était jeudi dans le sud de la France. «Nicolas Sarkozy, personne ne veut le voir»,
s'amuse-t-elle, dans l'avion, en affirmant que les candidats UMP ne revendiquaient plus le soutien du président de la République. «Moi qui ai été battue, tout le monde veut me
voir !»
Après un passage à Valence, elle était en meeting à Aix-en-Provence, devant quelque 1 500 personnes, pour soutenir Alexandre Medvedowsky, qui veut ravir la mairie à Maryse Joissains. Elle a lancé un appel à «tous les républicains». À Romans-sur-Isère (Drôme), elle a été accueillie par des applaudissements en arrivant devant le magasin de chaussures Charles Jourdan. En décembre, elle était venue soutenir les salariés de cette usine menacée de fermeture. Depuis, un repreneur a été trouvé. Soulagé, le responsable CGC Gilles Apoix l'a remerciée pour son action. Il figure sur liste PS. Après lui, la petite-fille du fondateur prend la parole pour la remercier aussi. Mais elle, elle figure sur la liste MoDem, qui s'est maintenue…
L'ouverture du PS vers le centre est toujours l'une des préoccupations de Ségolène Royal. Sans remise en cause des alliances traditionnelles à gauche, tient-elle à préciser. Elle ne regrette pas de s'être adressée aussi bien aux électeurs qu'au MoDem en tant que tel. «Face à l'incohérence de François Bayrou, soyons de bonne foi. La dynamique d'union est du côté de celui qui tend la main.» Ségolène Royal est aussi persuadée que son geste a permis de «déculpabiliser, désinhiber les gens sur le terrain», permettant la conclusion d'accords locaux.
Former «un autre pouvoir»
Adepte du principe de non-cumul des mandats, Ségolène Royal est convaincue que «les gens veulent des maires à plein-temps». «L'opinion commence à sanctionner le cumul.» Elle cite en exemple l'élection d'Alain Juppé à Bordeaux comme le bon résultat de Martine Aubry à Lille, alors que ni l'un ni l'autre ne sont députés. «Les gens les ont assignés à résidence», dit-elle. Plus largement, elle considère que les villes et les régions de gauche peuvent former un «autre pouvoir», auquel il faut donner «plus de visibilité», un «contre-modèle» au pouvoir national. Au-delà du principe, occuper une fonction nationale et être le chef d'un exécutif local important est «impossible», ajoute-t-elle. Bertrand Delanoë, qui pourrait vouloir briguer la tête du PS après son élection à Paris appréciera… Ségolène Royal rit et ne répond pas.
Si l'ancienne candidate n'a pas apprécié la remarque de Martine Aubry sur l'année politique 2007 qu'elle avait «mal vécue», Ségolène Royal évite d'y
répondre, sauf pour rappeler que le maire de Lille ne s'était pas investi durant la présidentielle. Pour Royal, le spectre d'un affrontement généralisé au PS après les élections, d'un
congrès de Rennes bis, est un épouvantail agité par ses adversaires. «C'est un peu gros comme ficelle.» En tout cas, affirme-t-elle, «si le climat se dégrade, ce ne sera pas de mon
fait».
lefigaro.fr
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Référent DA 76
"Nous devons tous voter massivement dimanche prochain pour sanctionner une majorité qui reste sourde au premier désaveu que les citoyens lui ont infligé le 9 mars. La victoire de la gauche aux élections municipales sera celle de tous les Français qui désirent trouver dans l'action publique des réponses concrètes aux problèmes qu'ils rencontrent. Alors, régions, départements et communes agiront dans le même sens et seront au service de tous."




